La finale la plus inattendue de l'histoire allemande

Augsbourg"L'homme au pull-over rouge" contre "le Volcan des Alpes", telle est l'étonnante affiche de la finale la plus inattendue de l'histoire du hockey allemand, qui commence ce soir. Mais où sont donc passés tous les cadors ?

Cologne ? Il a terminé sans gloire une saison noire dès les pré-play-offs, et ce sont 16 joueurs d'un coup (!) qui ont été chassés de l'effectif, de ceux qui étaient arrivés l'été passé comme Kevin Hecquefeuille aux cadres que l'on pensait intouchables comme le défenseur aux 1000 matches de DEL Andreas Renz, qui rêvait du KEC étant petit et s'identifiait comme personne au club.

Mannheim ? Sorti également dès les pré-play-offs par une tornade nommée Augsbourg, avec son entraîneur au pull-over rouge Larry Mitchell. On sait les Canadiens superstitieux, et il n'a plus quitté son vêtement gagnant... jusqu'au troisième match de quart de finale à Berlin, face aux Eisbären qui avaient archi-dominé la saison régulière. Il a laissé son pull dans la voiture. "Il fait trop chaud dans le O2 World", a-t-il expliqué pour se justifier. C'est le lot des salles modernes, si différentes de l'antique Curt-Frenzel-Stadion d'Augsbourg où les équipes adverses gèlent durant l'hiver. L'absence de pull porte-bonheur n'a pas empêché les Panther de gagner à Berlin où ils restaient sur neuf défaites consécutives, toutes nettes.

Augsbourg a ainsi repris l'avantage de la glace et pouvait donc conclure à domicile. Le Curt-Frenzel-Stadion a affiché complet (7774 spectateurs) pour la première fois depuis six ans... mais les Eisbären sont venus gagner 3-5. Fin du rêve ? Non : Mitchell, qui avait remis son pull, l'a abandonné pour de bon, et les Bavarois ont enchaîné un second exploit à l'extérieur (2-6).

Comment expliquer cette déroute berlinoise ? "Les Eisbären sont de loin l'équipe de la ligue qui bloque le moins de tirs.", a expliqué Mitchell. Sa stratégie de multiplier les lancers a donc eu raison du gardien Rob Zepp, qui a encaissé plusieurs mauvais buts. Il a clairement perdu son duel avec le jeune Dennis Endras, qui a ensuite porté Augsbourg jusqu'en finale en éliminant Wolfsburg 3 victoires à 1. Et voilà donc l'éternelle petite équipe en finale, elle qui n'était jamais entrée dans le dernier carré dans sa longue histoire.

ScorpionsL'adversaire revient lui aussi de très loin. En novembre, les Scorpions de Hanovre étaient derniers, et leur entraîneur Hans Zach avait songé à démissionner, lui qui n'a été viré qu'une fois dans sa vie (à Zurich). Aujourd'hui, ils sont en finale.

Zach va prendra sa retraite, à 61 ans, et le "Volcan des Alpes", ne pouvait pas imaginer plus beau cadeau d'adieu qu'un quatrième titre, dix-sept ans après les précédents.

Michael Waginger, l'attaquant d'Ingolstadt battu en demi-finale, avec parfaitement compris ce qui l'attendait avant la série : "Quand on joue contre une équipe de Hans Zach, on sait exactement à quoi s'attendre et on peut s'y préparer. Mais cela ne donne pas plus de certitudes."

Depuis le temps, effectivement, tout le monde connaît l'ex-sélectionneur Zach, l'homme qui ne sourit jamais. Ses équipes sont toutes bâties dans le même moule : condition physique, discipline, combativité, émotion, et quatre joueurs derrière à la bleue. Ingolstadt le savait, mais a été totalement piégé en trois manches face aux contre-attaques fatales.

Sous ce faciès grimaçant, il y a pourtant un petit coeur qui sommeille. "Les gars jouent certes comme des robots, mais ce sont aussi des hommes. C'est pourquoi ils ont maintenant le droit à deux jours libres.", a ainsi annoncé Zach, magnanime, après la qualification. Ce soir, ses joueurs, dont certains lui vouent un culte et l'ont suivi partout, entameront l'ultime défi de sa carrière.