Caen - Reims (Division 1, Demi-finale, match 2)

Tout feu, tout flamme

Jonathan BoutinDans ces play-offs sans surprise, Reims a décidé de se démarquer avec la manière. En effet, ils ont diposé du leader caennais 3-0 à Bocquaine. En play-offs tout est possible comme tiennent à le souligner les jeunes forces Rémoises. Il ne sera pourtant pas facile de submerger des Drakkars très efficaces à domicile.

Caen a la pression, c'est sûr. Et dès le début du match, les joueurs indiquent la stratégie choisie : Droit au but... Moins d'une minute est nécessaire à Boutin pour partir en contre, servir Oravec qui tire. Le portier champenois s'interpose mais laisse un rebond. Les trois attaquants encerclent la cage et Kévin Da Costa pousse la rondelle au fond des filets (0-1 à 00'42"). Il en faut plus pour impressionner les troupes de Dusseau qui repartent à l'attaque. La défense caennaise est placée et repousse beaucoup de palets. Mais les Phoenix font feu de tout bois et sur un tir anodin de Jan Rehor, le rebond revient à Florian Sabatier qui tire. Un ricochet sur la défense prend le goal au dépourvu et Reims revient au score (1-1 à 02'47").

Le contexte est désormais posé et reflète l'ensemble du match. L'attaque des Phoenix fait preuve d'une énergie débordante, créant le danger à tout instant. Et Filip Kubis est impressionnant devant les filets, arrêtant tirs et rebonds pourtant largement distillés par ses adversaires. En face, les Bas-Normands sont solidaires devant Clément Fouquerel qui sait être décisif en dernière instance, y compris dans la captation des rebonds et les relances. Ainsi l'équipe peut reprendre du souffle en attaque et lancer des contres incisifs, à l'image de Pierre Bennett, qui parvient à défier Kubis en duel et prend l'avantage (2-1 à 07'19").

L'engagement des deux équipes est extrême. En terme de jeu, cela se traduit par l'obligation de créer l'exploit pour marquer. Tommy Lafontaine choisit donc de courir le risque d'un dégagement interdit pour servir à pleine puissance Jonathan Boutin, fraîchement sorti de prison. Boutin récupère la passe, contrôle son palet et aligne Kubis, réellement impuissant (3-1 à 29'25"). Reims appelle alors un temps mort pour réorganiser son jeu.

Kirill SokolovEt en terme d'agressivité, la défense des Phenix, régulièrement prise de vitesse, fait le ménage assez physiquement devant son gardien, et les attaquants locaux ont tendance à laisser leur enthousiasme heurter la mitaine du gardien. Peu de pénalités sont sifflées dans le premier tiers, et les contacts virent à l'affrontement. Les premiers « combats » arrivent à la mi-match, sans trop de surprise car des actions douteuses ne sont pas sifflées, et les motifs des prisons mises aux deux équipes ne semblent évidentes à personne. Bref, le match part à l'affrontement et les échauffourées sont nombreuses.

Au troisième tiers, la construction du jeu est complètement annihilée par cet excès d'agressivité. Seul Geslain tire son épingle du jeu en faisant trembler les filets, démarqué devant les filets (4-1 à 45'22").

C'est visiblement trop pour le banc rémois qui prend à partie le public. Surtout pour Sokolov, qui prend 25 minutes grâce à ses dons de communication tout en doigté à l'égard du public (sujet largement commenté ailleurs). Dans l'intermède, Vandecandelaere prend également une pénalité de match pour une mauvaise charge. Les arrêts de jeu sont très longs à l'opposé de l'intérêt du match qui décroit fortement. Heureusement la sirène retentit deux minutes plus tard...

Finalement, Caen a réussi à rester dans la course face à l'équipe surprise de ces play-offs. Il reste encore à jouer la belle mais un pas a été franchi. Un pas qui a uni une équipe dont chaque joueur a donné le meilleur, où le public a poussé bien plus fort qu'il ne l'a fait auparavant et surtout où les rumeurs sur l'avenir de l'entraîneur n'ont pas parvenu à entacher sa performance. De l'autre côté, Reims montre un jeu séduisant car plein d'énergie. Mais plusieurs éléments montrent que cette jeune équipe manque encore de mental pour aborder ce niveau de compétition. Certains comportements ne sont pas dignes de sportifs de haut niveau. Il est possible que ces « échanges » regrettables avec le public signifient que les Phénix aient déjà donné leur maximum.



Caen – Reims 4-1 (2-1, 1-0, 1-0)
Samedi 17 avril 2010 à 20h00 à la patinoire de Caen la mer. 1400 spectateurs.
Arbitrage de Marc Mendlowictz assisté de Aurélien Smeeckaert et Thomas Caillot.
Pénalités : Caen 63' (4'; 6'+10'; 8'+10'+25') ; Reims 61' (0'; 10'+10'; 6'+10'+25').
Evolution du score :

1-0 à 00'42" : Da Costa assisté de Oravec et Boutin
1-1 à 02'47" : F. Sabatier assisté de Rehor et Vrielynck
2-1 à 07'19" : Bennett assisté de Geslain
3-1 à 29'25" : Boutin assisté de Lafontaine
4-1 à 45'22" : Geslain assisté de J. Avenel et Bennett



Caen

Gardien : Clément Fouquerel.

Défenseurs : Tommy Lafontaine – Jonathan Janil ; Alexis Gomane (A) – Udo Marie ; Olivier Vandecandelaere (C) – Slavomir Vorobel.

Attaquants : Tomas Oravec – Kevin Da Costa – Jonathan Boutin ; Charles Geslain – Pierre Bennett – Julien Lebey ; Jonathan Avenel (A) – David Dostal – Graham Avenel.

Remplaçants : Arnaud Goëtz (G), Mans Papaux, Raphaël Mazie.

Reims

Gardien : Filip Kubis.

Défenseurs : Kevin Dusseau – Juhani Kaisjoki ; Martin Vesely (A) – Damien Morel (A) ; Filip Prochazka – Tristan Lohou ; Armand Coustenoble.

Attaquants : Sébastien Savoie – Eddy Martin Whalen (C) – Jérémy Sabatier ; Valere Vrielynck – Florian Sabatier – Jan Rehor ; Kirill Sokolov – Thybaud Rouillard – Michaël Marchand.

Remplaçant : Axel Denis Rambaud (G).