Caen - Reims (Division 1, Demi-finale, match 3)

La quête de l'élévation

Revenus à une victoire partout la veille, les Caennais ont fait plus qu'égaliser. Ils ont pris l'avantage psychologique face à une jeune équipe de Reims dont les nerfs ont craqué. Toutefois les deux effectifs sont diminués : Reims est privé de Sokolov et Caen de son capitaine Vandecandelaere, tous deux suspendus à l'issue du match d'hier. Pour la circonstance, le charismatique défenseur québécois Lafontaine porte le « C » du capitaine.

Le retour sur le terrain se fait donc comme il se doit pour une belle : avec  « les crocs ». Caen compte bien prendre les devants, avec Tomas Oravec qui remonte le palet. La défense rémoise fait son boulot et le déstabilise dans son avancée. Il réussit tout de même à passer la bleue et servir Janil qui avait suivi à droite. Ce dernier croise son tir qui passe sous le bras de Kubis avant d’allumer la lucarne gauche (1-0 à 01'18").

Caen pose là sa domination à l’attaque, et même si dominer n’est pas gagner, cela a quelques avantages dont l’expérience peut tirer parti. Ainsi Dostal prend le meilleur face à Rouillard à l’engagement. Gomane prend le shoot. Mais le palet est repoussé vers Jonathan Avenel qui prend le rebond et met quelques secondes à comprendre qu’il est au fond (2-1 à 08'44"). Et l’on peut ainsi parler de chaque Caennais dans son engagement : les relances et contres acharnés de Gomane, le calme et la maîtrise de Vorobel, les échappées de Graham Avenel, la polyvalence de Bennett… Tous les Caennais ont réglé leur jeu un cran au-dessus.

Toutefois, Marie ne reste pas longtemps sur la glace, blessé à l’épaule. Et ceci désorganise une défense où manquait le capitaine habituel. Preuve par l’acte, sur une montée de Vrielynck, Gomane et Lafontaine hésitent à monter sur le porteur. Finalement, Lafontaine y va mais avec un retard permettant au Phoenix de servir Rehor démarqué devant la cage. Fouquerel ne peut rien faire devant la reprise de son adversaire à bout portant (1-1 à 02'47").

Mais le jeune portier caennais a l’occasion de s’illustrer par la suite. Sanctionnés à trois reprises avant la fin du premier tiers, les Drakkars doivent peaufiner la défense. Les joueurs se jettent pour stopper les tirs et y laissent de l’énergie. C’est loin d’être facile car Reims a compris que c’est le moment de revenir. L’avantage est pour les attaquants qui passent plusieurs fois mais se heurtent au gardien bas-normand, assuré aussi bien dans ses arrêts acrobatiques que dans ses relances. Il permet à ses coéquipiers de revenir dans les vestiaires avec un but d’avance.

Même avec ces trois pénalités, cette troisième rencontre est bien moins agressive que la précédente. Monsieur Peronnin tient son match et fait valoir son autorité. Gare à ceux qui discutent ou contestent : Dostal et Kubis en feront les frais en se retrouvant chacun dix minutes au frais. Seules deux altercations sont signalée dans un match qui met le jeu beaucoup plus en valeur. Un jeu qui peut être physique, comme celui de Dusseau et qui lui vaut deux minutes pour charge contre la bande. Là, les forces Caennaises montrent des signes de faiblesse : passes mal cadrées, départ sans le palet, mais à nouveau, Oravec fait l’effort. Il part en contre, passe la bleue, remet derrière pour Da Costa. Ce dernier s’approche du but et puisque la trajectoire avec son partenaire est coupée par le défenseur restant, il prend un tir intelligent qui rebondit sur le gardien. Oravec est le premier sur le rebond et il glisse le palet dans le filet (3-1 à 23'54").

Le cap étant fixé à nouveau, le HCC repart à l’attaque et sème le chaos chez son adversaire. Premier témoin, les cages commencent à se désocler aux moments les plus chaud : d’abord à la 30e minute sous l’action de Savoie puis une nouvelle fois à la 35e. Toutefois, il n’est pas facile de repousser l’inévitable puisque les attaquants locaux fondent sur la cage. Les deux équipes évoluent à 4 contre 4, et Boutin prend un tir. Le rebond est récupéré par Da Costa mais il est contré et le palet part en cloche de l’autre côté du but. Janil arrive à ce moment, rabat le palet au sol et bat Kubis en deux tentatives (4-1 à 31'11").

À ce moment, François Dusseau appelle un temps mort. Le principal effet est de recentrer ses troupes vers un défi physique où ils excellent sans se faire pénaliser. Ce jeu d’usure a pour effet de créer des espaces dont Dusseau profite dans le dernier tiers. À 4 contre 4, il profite d’être démarqué pour armer un slap puissant qui trouve la lucarne côté fermé (4-2 à 47’29").

Avec deux buts d'écart, tout est possible au hockey, mais Reims a laissé trop d’énergie dans cette confrontation en trois actes et enchaîne les pénalités. Les locaux, bien peu inspirés dans leurs jeu de puissance, peuvent une dernière fois s’appuyer sur leur représentant tchèque Oravec. Alors que le palet circule sans parvenir à déranger la boîte défensive, Oravec prend l’initiative du tir au ras du poteau et, puisqu’on est mieux servi par soi-même, vient rentrer le rebond de son tir (5-2 à 55'30").

Finalement, les Drakkars l’emportent et accèdent à la finale. A Reims, on y a certainement cru plus qu’on ne voulait le dire, et la défaite rend les joueurs tristes. Toutefois, cette jeune équipe n’a pas démérité, et l’avenir promet d’être radieux avec cet effectif. Les Caennais préparent donc leur voyage dans le Finistère. Dans leurs valises, ils emmènent une détermination plus forte que jamais, pour le duel Normandie-Bretagne promis dès le début de la saison. Chaque individu de l’équipe s’est démarqué sur ces deux rencontres à domicile. Mais cet engagement a laissé des marques, et l‘équipe doit récupérer plus vite que son futur adversaire.

Commentaires d'après-match (dans Ouest France)

David Dostal (entraîneur de Caen) : "Après le match aller, il a fallu remobiliser tout le monde. Chacun a eu une mission, et tout le monde a fait le travail, ensemble. Quelque part aussi, c'est une réconciliation entre les joueurs, parce qu'un petit doute s'était insinué après le premier match. On a joué ce 3e match à fond, agressif, comme une vraie équipe de play-offs. Chacun s'est sacrifié pour le copain, c'est ça le vrai hockey, et c'est comme ça qu'il faudra jouer contre Brest en finale. Les deux meilleurs du championnat se retrouvent, ça va se jouer à des petites choses, sur la fraîcheur, la défense, l'efficacité devant la cage. On dispose de deux jours pour mettre quelque chose en place."

Jonathan Janil (défenseur de Caen) : "Aller en finale, c'était l'objectif de notre saison, on y est, à notre place. On s'était fait un peu chambrer chez eux, il fallait montrer qui était le patron sur la glace, se faire respecter. On y croyait dur comme fer, et maintenant il faut qu'on aille chercher ce titre, après la déception de l'année dernière contre Gap. Mais je pense que Brest est plus abordable que Gap, même si les Bretons montent en puissance depuis quelques semaines. Il faudra être à 200% pour les battre, mais on y mettra tout notre cœur."

 

Caen – Reims 5-2 (2-1, 2-0, 1-1)
Dimanche 18 avril 2010 à 18h30 à la patinoire de Caen la mer. 1110 spectateurs.
rbitrage de Stéphane Peronnin assisté d’Aurélien Smeeckaert et Thomas Caillot.
Pénalités : Caen 18'+10' (6'; 4'+10'; 8') ; Reims 16'+10' (6'; 4'+10'; 10').
Evolution du score :
1-0 à 01'18" : Janil assisté d’Oravec et Da Costa
1-1 à 02'47" : Rehor assisté de Vrielynck
2-1 à 08'44" : J. Avenel assisté de Gomane et Dostal
3-1 à 23'54" : Oravec assisté de Da Costa (sup. num.)
4-1 à 31'11" : Janil
4-2 à 47’29" : Dusseau assisté de Savoie
5-2 à 55'30" : Oravec (sup. num.)

Caen

Gardien : Clément Fouquerel.

Défenseurs : Tommy Lafontaine (C) ; Jonathan Janil ; Alexis Gomane (A) ; Udo Marie [jusqu’à 20'] ; Slavomir Vorobel.

Attaquants : Tomas Oravec – Kevin Da Costa – Jonathan Boutin ; Charles Geslain – Pierre Bennett – Julien Lebey ; Jonathan Avenel (A) – David Dostal – Graham Avenel.

Remplaçants : Arnaud Goëtz (G), Mans Papaux, Raphaël Mazie. Absent : Olivier Vandecandelaere (suspension).

Reims

Gardien : Filip Kubis

Défenseurs : Kevin Dusseau - Juhani Kaisjoki ; Martin Vesely (A) - Damien Morel (A) ; Filip Prochazka - Tristant Lohout; Armand Coustenoble.

Attaquants : Sébastien Savoie – Eddy Martin Whalen (C) – Jérémy Sabatier ; Valere Vrielynck – Florian Sabatier - Jan Rehor ; Thybaud Rouillard ; Michaël Marchand.

Remplaçant : Axel Denis Rambaud (G). Absent : Kirill Sokolov (suspension).