Brest-Caen (D1, finale, 1er match)

Caen prend les devants

Le choc tant attendu de la D1 est arrivé. Fort logiquement les deux équipes qui ont survolé le championnat tout au long de la saison régulière se retrouvent en finale. Le leader caennais se déplace chez son dauphin brestois avant de recevoir le deuxième et éventuellement un troisième match sur sa glace. Pour Brest l’enjeu est crucial puisqu’il s’agit de s’imposer d’entrée de jeu afin d’arriver sur la glace caennaise avec une victoire en poche. Les gradins sont bien garnis mais avec 200 spectateurs en moins tout de même que lors du dernier choc entre ces deux ténors. Une grosse poignée de supporters caennais a fait le déplacement pour faire un maximum de bruit tout au long du match.

Comme au mois de mars, ce sont les Caennais qui s’installent d’abord dans la zone défensive adverse. Les Drakkars dominent les premières minutes et on sent les Brestois un peu tétanisés. Cela se confirme sur les supériorités numériques concédées par Caen en début de rencontre. Le jeu de puissance d’ordinaire plutôt redoutable des Brestois est ce soir amorphe et parfaitement maîtrisé par la défensive caennaise. Deux prisons successives concédées par Geslain et Boutin ne suffisent pas à Brest qui aurait pourtant du prendre cette opportunité pour passer devant. Les Brestois sont vacillants et concèdent bêtement un surnombre. À 4 contre 4 l’entraîneur David Dostal montre la voie aux siens sur une déviation (1-0).

Piqué au vif par cette ouverture du score, les Albatros réagissent immédiatement. L’égalisation sera fort litigieuse. Sur une entrée de zone, Brunelle effectue une passe lobée qui frappe Vorobel en plein visage. Tandis que le défenseur slovaque se tient le visage, les arbitres laissent le jeu se poursuivre. Brunelle récupère le palet et expédie un centre pour Prosvic au second poteau. L’ancien Caennais égalise de manière imparable. Du côté de Caen les protestations fusent, Vorobel saigne et une intervention de la surfaceuse est nécessaire.

Le jeu reprend est à nouveau les Caennais sont sanctionnés à plusieurs reprises tandis que les locaux n’en profitent toujours pas. Des moments cruciaux comme ceci ne seront jamais exploités (à une exception près). La tension monte entre un Krayzel très agressif et Lafontaine, les deux joueurs vont en prison. La période se termine sur ce score de 1-1 avec clairement une meilleure maîtrise caennaise à cinq contre cinq et des brestois qui laissent passer leur chance avec un powerplay inefficace.

Brest vacille et chute

Les Drakkars ne se posent pas de question en début de deuxième tiers lorsqu’ils bénéficient d’un jeu de puissance. Caen s’installe immédiatement dans sa zone offensive, le collectif est solide avec un jeu extrêmement fluide est efficace. Brest défend et a l’occasion de se dégager lorsque Ignatovics récupère le palet, hélas le Letton tarde beaucoup trop et perd le palet de manière stupide face à Boutin. L’attaquant canadien transmet immédiatement à Da Costa qui trompe Bozik côté bouclier (1-2).

À mi-match Macek et Borzik sont sanctionnés et Brest se retrouve à 3 contre 5. Bozik sauve les meubles en sortant des mitaines hallucinantes sur Lafontaine (30'47") et surtout sur Dostal à bout portant (31'08") sur un palet qui partait en pleine lucarne. Les Albatros tuent donc ces deux pénalités et dans les gradins on recommence à y croire. Geslain va vite refroidir cette ambiance bien servi par Bennett sur une offensive ultra rapide (1-3).

Les Brestois sont méconnaissables et retrouvent parfois leurs défauts de la période « pré-Péloffy », à savoir trop d’actions individuelles. Les passes sont mal ajustées ou mal réceptionnées, bref pas grand chose ne semble aller. Après quelques nouvelles supériorités gâchées Brunelle redonne une lueur d’espoir au Rïnkla juste avant la pause avec une mine de la ligne bleue qui trompe Fouquerel (2-3). Enfin une supériorité concrétisée !

Si Brest veut l’emporter il va falloir montrer un tout autre visage. Malgré un léger mieux, le dernier tiers sera hélas pour les locaux assez similaire aux précédents. Le jeu brestois manque cruellement de tranchant et ne permet pas de se créer de franches occasions dans les dix premières minutes. Une des dernières opportunités intervient à 50'40 lorsqu’Oravec est sanctionné pour cinglage. Dans ces moments et surtout pour une finale le public se doit de pousser ses joueurs, ce qu’il fait mais de manière plutôt timorée au vu de l’enjeu. Fouquerel va tour à tour débouter de sa mitaine Brunelle (51'18") et Krayzel (51'33").

Cette ultime supériorité numérique n’est une nouvelle fois pas exploitée. Caen défend parfaitement et gagne du temps tandis que le public sent peu à peu que ses protégés ont laissé passer leur chance. À 57'20" tout le public se met debout lorsqu’il voit Kiska se présenter en échappée face à Fouquerel, mais l’attaquant slovaque loupe son face-à-face. La sortie de Bozik et le temps mort demandé par Péloffy sont insuffisants pour renverser la tendance.

Les Drakkars ont clairement fait le plus dur en venant remporter la première manche avec une grande maîtrise sur la glace du Rïnkla stadium. Les Albatros ne sont pas encore vaincus mais ils se sont mis en bien mauvaise posture en s’inclinant chez eux. La mission d’emporter deux matchs en autant de jours à Caen s’annonce extrêmement difficile. La victoire normande est parfaitement logique et incontestable. Les Brestois étaient méconnaissables à l’image de leur powerplay dont Sébastien Oprandi et Péloffy se félicitaient à juste titre dans la presse locale et qui ce soir fut particulièrement inefficace. Un petit goût d’amertume doit se trouver dans la bouche du public brestois tant les Albatros les ont éblouis tout au long de la saison avec un jeu bien meilleur que celui développé ce soir. Les Albatros sont donc dos au mur et devront être à leur meilleur à Caen pour espérer l’emporter. De l’autre côté les Drakkars sont sereins et disposent de toutes les cartes en mains pour en finir sur leur glace.



Brest – Caen 2-3 (1-1, 1-2, 0-0)
Mercredi 21 avril 2010 à 20h00 au Rïnkla Stadium. 1219 spectateurs.
Arbitrage de Stéphane Rousselin, assisté de Romain Herrault et Nicolas Piedigrossi.
Pénalités : Brest 10' (4', 6', 0'), Caen 20' (10', 6', 4').
Évolution du score :
0-1 à 11'09" : Dostal assisté de Bennett et Vorobel
1-1 à 13'36" : Prosvic assisté de Brunelle
1-2 à 24'38" : Da Costa assisté de Boutin (sup. num.)
1-3 à 32'01" : Geslain assisté de Bennett et Papaux
2-3 à 38'04" : Brunelle assisté de Prunet et Borzik (sup. num.)



Brest

Gardien : Mojmir Bozik [sorti de 59'20" à 59'52"] .

Défenseurs : Ivan Borzik – Lilian Prunet ; Vladimir Holik – Peter Macek ; Juraj Sadlon.

Attaquants : Mathieu Brunelle - Jaroslav Prosvic - Guillaume Fournier ; Andrej Ignatovics - Ludek Krayzel - Matej Kiska ; Juraj Ocelka - Nicolas Motreff - Tomas Kaspar. 

Remplaçants : Pierre Pochon (G), Maxime L’Arvor, Clément Gonzales, Jérémy Cormier, William L’Arvor, Julien Legall. Absents : Alexei Volkov (blessure à l’œil), Serge Toukmatchev.

Caen

Gardien : Clément Fouquerel.

Défenseurs : Slavomir Vorobel – Alexis Gomane ; Tommy Lafontaine – Jonathan Janil ; Pierre Bennett.

Attaquants : Jonathan Avenel – Davis Dostal – Graham Avenel ; Tomas Oravec – Kévin Da Costa – Jonathan Boutin ; Julien Lebey – Mans Papaux – Charles Geslain.

Remplaçants : Arnaud Goetz (G), Raphaël Mazié. Absents : Olivier Vandecandelaere (suspendu), Udo Marie (blessé).