Allemagne - Norvège (match 2, à Dresde)

ZuccarelloAasenMatsUne Norvège en forme peu olympique

Même si la finale de leur championnat n'est pas terminée, cela ne gêne guère les Norvégiens dont la plupart des cadres évoluent à l'étranger, et surtout en Suède. Il manque juste Vikingstad, en finale de DEL avec les Scorpions de Hanovre, et pourtant les stars offensives (Thoresen, Zuccarrello Aasen & co) sont restées muettes hier lors du premier match. Deux mois après ses éclats olympiques à Vancouver, la Norvège est en train de redescendre sur terre. L'actualité consiste surtout à préparer un match capital pour le maintien dans l'élite mondiale face à l'équipe de France.

La Norvège est-elle capable de mieux ce soir ? Elle encaisse le premier but de Marcel Müller sur une passe en retrait de Wolf, mais égalise en seulement 25 secondes par Robin Dahlström. La première pénalité du match est sifflée contre une charge avec la crosse d'Ullmann, et les Scandinaves prennent l'avantage par Kristian Forsberg (1-2).

Mais en deux slaps, le défenseur Constantin Braun renverse le score (3-2) et marque au passage ses deux premiers buts en équipe nationale. Le gardien Ruben Smith s'est fait transpercer deux fois, même si, à sa décharge, il a arrêté dans l'intervalle une échappée de Sven Felski en infériorité. Lorsque, dès la reprise, il encaisse un nouveau but de Barta, Smith n'a plus de circonstance atténuante et se voit indiquer le chemin de la sortie.

André Lysenstøen entre donc dans les cages norvégiennes, sans faire beaucoup mieux. Patrick Hager lui nettoie rapidement la lucarne. Pour son grand retour en sélection, l'expérimenté Daniel Kreutzer se montre plein d'énergie et ajoute un sixième but. La supériorité allemande en patinage est devenue très nette.

Que l'Allemagne batte la Norvège, ce n'est pas en soi surprenant : ce n'est jamais que la 33e fois en 45 confrontations. Mais le tableau d'affichage a de quoi étonner : 8-2 après les derniers buts d'Osterloh et de Kink. C'est le plus gros score depuis vingt ans !

La Norvège va devoir remodeler sa défense. Sachant que son joueur de NHL Tollefsen est suspendu pour la première phase du championnat du monde à la suite de sa charge sur Bartecko aux JO, elle aura besoin de l'éternel Jakobsen et des finalistes du championnat local (Csiszar, Kaunismäki, Solberg) pour essayer de stabiliser des lignes en déroute. L'enseignement de ce match, c'est que, lorsque les Norvégiens osent aligner un autre gardien que Grotnes, c'est vraiment la bérézina ces derniers temps.

Ah, si seulement l'Allemagne pouvait prêter un gardien ! Elle a plutôt un problème d'abondance : après Kotschnew hier, c'est Patrick Ehelechner, vainqueur au classement des "étoiles de match" en DEL, qui a fait bonne impression. Alors que les joueurs éliminés en demi-finale doivent rejoindre la sélection, Uwe Krupp a donc décider de renoncer à faire appel à Dimitri Pätzold, son habituel titulaire ces dernières années. Il ne veut avoir à éliminer qu'un gardien parmi ceux qu'il a sous la main, sachant que le jeune Dennis Endras a propulsé Augsbourg jusqu'en finale et sera très certainement aux championnats du monde. Il y a donc quatre portiers pour trois places, sachant que Thomas Greiss ne fait pas partie des plans quoi qu'il arrive : le second gardien de San José est en manque de compétition, n'ayant presque plus joué depuis les JO.

Désignés joueurs du match : Daniel Kreutzer pour l'Allemagne et Jonas Holøs pour la Norvège.

Commentaires d'après-match

Uwe Krupp (entraîneur de l'Allemagne) : "Le plus important avant un championnat du monde est de rester réaliste. Je crois que le résultat ne reflète pas la comparaison des forces entre les deux nations. Il n'y a pas de raison de se laisser aller à l'euphorie et à des pronostics peu sérieux. Le 3-2 à la fin du premier tiers est flatteur, mais pourquoi le gardien adverse ne serait-il pas mauvais de temps en temps... Ensuite, j'ai vu de bonnes choses, mais j'ai aussi clairement identifié des points à améliorer."

 

Allemagne - Norvège 8-2 (3-2, 3-0, 2-0)
Samedi 17 avril 2010 à 17h30 à la Freiberger-Arena de Dresde. 3087 spectateurs.
Arbitrage d'Andreas Koch (SUI) assisté de Tony Engelmann et Robert Schelewski (ALL).
Pénalités : Allemagne 12' (4', 4', 4'), Norvège 22' (2', 4', 6'+10').
Tirs : Allemagne 54, Norvège 31.
Évolution du score :
1-0 à 04'23" : Müller assisté de Wolf et Ullmann
1-1 à 04'48" : Dahlström assisté de Paulsen
1-2 à 08'31" : Forsberg assisté de Holøs (sup. num.)
2-2 à 11'03" : Braun assisté de Krueger et Y. Seidenberg (sup. num.)
3-2 à 18'18" : Braun assisté de Lewandowski et Barta
4-2 à 20'31" : Barta
5-2 à 23'33" : Kreutzer assisté de Holzer et Barta
6-2 à 32'13" : Hager assisté de Kink
7-2 à 47'42" : Osterloh assisté de Kreutzer et Barta (sup. num.)
8-2 à 57'26" : Kink assisté de Seidenberg


Allemagne

Gardien : Patrick Ehelechner.

Défenseurs : Jens Baxmann - Korbinian Holzer ; Constantin Braun - Justin Krueger ; Sven Butenschön - Denis Reul ; Frank Hördler - Sebastian Osterloh.

Attaquants : Eduard Lewandowski - Alexander Barta - Daniel Kreutzer (2') ; Sven Felski (C, 4') - Christoph Gawlik - André Rankel (2') ; Michael Wolf - Christoph Ullmann (2') - Marcel Müller ; Marcus Kink (2') - Yannic Seidenberg - Patrick Hager.

Remplaçant : Dimitrij Kotschnew (G). En réserve : Rob Zepp (G), Chris Schmidt, John Tripp.

Norvège

Gardien : Ruben Smith puis André Lysenstøen à 20'31".

Défenseurs : Erik Follestad - Henrik Odegaard ; Christopher Henriksen (2') - Lars Løkken Østli ; Alexander Bonsaksen - Jonas Holøs ; Mats Larsen Mostue.

Attaquants : Mathis Olimb (4') - Ken Andre Olimb - Jonas Andersen ; Robin Dahlström - Patrick Thoresen - Mats Zuccarello Aasen ; Martin Røymark - Christopher Paulsen - Marius Holtet (10') ; Andreas Martinsen (2') - Anders Bastiansen (2') - Mads Frøshaug ; Kristian Forsberg (2').

En réserve : Pål Grotnes (G).