Djurgården - HV71 (Elitserien, finale, match 6)

ThornbergMartinSupporters interdits de déplacement

La finale suédoise est a connu quelques débordements en tribune. Avant que la série ne commence, le club de HV71 avait pris sa précaution en annonçant une sécurité supplémentaire dans sa patinoire. Il voulait se prémunir contre les "hooligans en cravate" qui lui avaient fait une mauvaise réputation. Ils avaient été surnommés ainsi parce qu'ils occupaient les sièges les plus chers, réservés aux VIP, juste derrière le banc adverse. Certains équipes de passage s'étaient plaint de l'accueil durant la saison.

Tout le public de Jönköping s'est tenu tranquille cette fois... mais pas les supporters de Djurgården. Au match 2, énervés par un but refusé (car marqué du patin), ils ont jeté des verres de bière - voire d'urine selon certains témoignages - et des pièces sur le public local en faisant fuir des spectateurs de leurs sièges. Depuis, la Kinnarps Arena a été assez logiquement interdite aux visiteurs indélicats... et le DIF a décidé de faire de même en bannissant à son tour les partisans adverses pour ce match 6. Le HV71 a dénoncé cette décision, y voyant des représailles sans fondement.

Sur la glace, la série a aussi connu une petite controverse quand Gustav Wesslau, le gardien de Djurgården, a été blessé dans un contact avec Thörnberg au premier match. Il n'a manqué qu'une rencontre, mais certains ont suspecté un geste délibéré de la part d'un attaquant qui se retient peu en général. Malgré ces prémices tendus, la finale s'est déroulée avec correction dans le jeu proprement dit. En revanche, elle a été extrêmement intense et dramatique, puisque les quatre dernières manches se sont toutes conclues en prolongation.

Avantage à HV 71, qui a remonté un score de 0-3 avant-hier pour s'imposer 5-4 par un but vainqueur de son inévitable première ligne. Johan Davidsson a gagné l'engagement en zone défensive et passé à Jukka Voutilainen sur la droite pour un 3 contre 2. Le Finlandais a centré pour Martin Thörnberg qui a marqué à mi-hauteur, poteau rentrant. Le premier trio de Jönköping, dominant depuis trois saisons en Elitserien, a encore frappé : les trois hommes sont aussi les trois meilleurs marqueurs des play-offs !

Un soutien ministériel

Ils détiennent peut-être la clé de cette finale avant ce sixième match. Djurgården a cependant un peu plus de vigueur dans son patinage au début. Mathias Tjärnqvist s'ouvre une brèche jusqu'à la cage mais échoue dans le dernier geste devant le gardien. Ölvestad provoque aussi une crosse haute de Torp, pour une première supériorité numérique non utilisée.

Torp-LaineA la dixième minute, collision à bonne distance du palet entre les deux espoirs Mattias Tedenby et Jacob Josefson. Les deux joueurs se sont vus trop tard et n'ont pas pu s'éviter. Le Hovet gronde cependant en voyant Josefson rentrer au banc blessé au genou, surtout que Kyle Klubertanz prend la première pénalité locale un peu plus tard. Johan Lindström y obtient une occasion dangereuse en recevant une passe en profondeur sur un mauvais placement défensif en zone neutre. Simple avertissement pour le DIF, on en reste à 0-0.

Le chef du gouvernement - le "ministre d'État" comme on dit en Suède - Fredrik Reinfeldt vient parader à la télévision pendant la pause avec une écharpe de Djurgården négligemment passée autour du cou. Un bon signe pour le hockey : il est redevenu suffisamment "populaire" dans la capitale pour être "électoral". Quoi qu'il arrive dans cette finale, le DIF aura réussi son pari, refaire du hockey un sport qui compte à Stockholm.

Djurgården ne construit pas son jeu

Porté par ses supporters nombreux (et parfois prestigieux), Djurgården démarre donc pied au plancher en deuxième période. Le défenseur Andreas Holmqvist est fait trébucher par son homologue Pasi Puistola en plongeant bien pour que la faute soit sifflée. Il se fait justice lui-même avec un lancer de la bleue parfaitement masqué par un écran de Mathias Tjärnqvist. Il a tout juste le temps de célébrer le but que, 25 secondes plus tard, Puistola rattrape sa faute en égalisant d'un tir lointain (1-1).

Holmqvist ne s'arrête pas là : il envoie un nouveau Finlandais en prison - Teemu Laine - en s'infiltrant dans l'enclave après une action derrière la cage d'Ottosson. Le DIF déclenche une bonne attaque collective, et c'est au tour d'Almquist d'accrocher Krüger : 38 secondes à 5 contre 3, non exploitées. De retour au complet, le HV71 réplique avec une passe transversale en or de Voutilainen pour Kris Beech, mais le gardien Gustav Wesslau s'avance et fait front.

Les minutes suivantes sont à l'avantage des blancs qui connaissent de bonnes séquences en zone d'attaque. Djurgården, pour sa part, peine à construire son habituel jeu offensif et doit parfois reculer en zone neutre face au pressing adverse. Il suffit pourtant d'une contre-attaque rapide d'Ölvestad pour que Torp se jette dans ses patins et soit sanctionné de nouveau. Mais les rouges n'arrivent toujours à rien face à des joueurs de Jönköping bien placés et bons gratteurs de palets. Malgré quatre pénalités contre les visiteurs, l'équipe locale n'a pu vraiment installer son jeu de puissance qu'une fois, sur l'action qui a amené le but.

"Ne pas ramasser sa crosse", à copier cent fois

HV71 prend l'initiative du jeu dès le retour sur la glace. La révélation locale Marcus Krüger se fait pénaliser dès la première minute, et le défenseur David Petrasek, sans pitié, envoie un missile au moment où la vue du gardien est masquée (1-2). Petrasek sauve aussi un palet de but, sans faire de geste délibéré, lorsqu'un rebond d'Ottosson ricoche sur la lame de son patin, seul obstacle avant l'angle du but ouvert. Le ministre d'État peut bien applaudir au rythme des chants des autres supporters, mais le temps s'écoule pour Djurgården...

C'est à moins de six minutes de la fin que Petrasek, qui avait tout du sauveur, concède une pénalité qui peut remettre le DIF en selle. La passe transversale de Marcus Krüger pour Marcus Nilson est parfaite, mais Stefan Liv est à la parade. L'avantage numérique n'est pas terminé pour autant. Janne Niinimaa perd sa crosse derrière la cage dans un duel avec Ölvestad, et le temps qu'il la ramasse, Kristofer Ottosson s'est avancé dans l'angle qu'il aurait dû boucher et a ajusté Liv côté plaque (2-2). Une certaine naïveté de la part du défenseur finlandais si expérimenté, dont les nombreux détracteurs vont encore se régaler ! Il râle sur le banc, réclame sans doute une faute et a peut-être doute raison, mais doit d'abord s'en prendre à lui-même d'avoir ainsi ramassé son bâton en pleine infériorité.

L'inévitable dénouement

DavidssonJohan2Comment en aurait-il pu en être autrement ? Après tout, ce n'est jamais que le cinquième match consécutif qui s'achève en prolongation dans cette finale ! Et jusqu'ici, HV71 en a gagné trois sur quatre.

Pourtant, dès la troisième minute, Marcus Nilson centre pour Andreas Engvist seul face au gardien après une mise au jeu en zone offensive. Il tire sur le poteau, se saisit du rebond... et trouve la barre. En effet, une grosse minute plus tard, Teemu Laine voit un tir de la bleue de Grillfors lui arriver dessus alors qu'il fait écran devant la cage, et dès que le palet touche le sol, il pivote pour le glisser dans la cage (2-3). La faute de Niinimaa est ainsi rachetée par un compatriote.

Après 2004 et 2008, les joueurs de HV71 peuvent donc revêtir de nouveau les casques d'or des champions. Et ils se fichent des sifflets venus des tribunes, savourant ce titre entre eux, même sans leurs supporters et en terrain hostile.

Commentaires d'après-match (sur Kanal 5 et dans Expressen)

Martin Thörnberg (attaquant de HV71) : "Nous attendons la vraie célébration quand nous retrouverons nos supporters. J'avais un peu peur de recevoir quelque chose sur la tête. C'était mieux que les autres fois, mais il y a eu quelques pièces de monnaie."

Hans-Göran Frick (président du HV71) : "J'étais sur la glace et je peux vous confirmer les pièces. Mais par rapport au comportement précédent du public de Djurgården, ça allait. Quand on avait gagné à Linköping [en 2008], le public s'était levé et nous avait applaudi en tant que champions de Suèce. On ne peut pas en dire autant du public de Djurgården. Mais peut-être qu'on n'y comptait pas non plus."

Jukka Voutilainen (attaquant de HV71) : "Sur notre ligne, si quelqu'un a un mauvais jour, l'autre l'aide pour qu'il ne paraisse pas si mauvais. Nous gardons les choses simples et efficaces. Je ne pense pas que notre ligne ait encaissé un seul but dans cette finale. J'ai été champion deux fois en Finlande, mais je n'ai jamais connu une équipe avec autant de caractères de vainqueurs qui ne lâchent jamais. L'énergie et la volonté de Teemu Laine sont énormes. J'ai juste envie de pleurer de joie. C'était plus dur qu'en 2008, même si nous avions déjà gagné en prolongation."

Per Ledin (attaquant de HV71) : "J'étais en tribunes à Luleå lors du titre de 1996 et je regardais 'Bump' [Thomas Berglund], Hurtig, Åkerström et Holmström. Si on veut gagner, cela fait mal et il faut se sacrifier. J'ai connu quelques capitaines au fil des ans [dont Sakic et les frères Jönsson]. Johan Davidsson est le meilleur capitaine qui soit. Il a toujours du temps pour chacun. On veut se pousser pour se confronter à lui à l'entraînement, parce qu'on sait ainsi qu'on peut jouer contre les meilleurs."



Djurgården - HV 71 Jönköping 2-3 après prolongation (0-0, 1-1, 1-1, 0-1)
Samedi 24 avril 2010 à 16h00 au Hovet de Johanneshov. 8094 spectateurs.
Arbitrage de Sören Persson et Marcus Vinnerborg assistés de Jimmy Dahmén et Peter Sabelström.
Pénalités : Djurgården 4' (2', 0', 2', 0') ; HV71 12' (2', 8', 2', 0').
Tirs : Djurgården 36 (7, 12, 14, 3) ; HV71 30 (9, 7, 11, 3).
Évolution du score :
1-0 à 24'24" : A. Holmqvist assisté de Nilson (sup. num.)
1-1 à 24'49" : Puistola assisté de Petrasek et Laine
1-2 à 41'27" : Petrasek assisté de Puistola et Voutilainen (sup. num.)
2-2 à 56'05" : Ottosson assisté d'Engqvist et Ölvestad (sup. num.)
2-3 à 64'19" : Laine


Djurgårdens IF

Gardien : Gustaf Wesslau.

Défenseurs : Marcus Ragnarsson - Andreas Holmqvist ; David Printz - Kyle Klubertanz (USA) ; Timmy Pettersson - Oscar Eklund.

Attaquants : Jimmie Ölvestad - Kristofer Ottosson - Nicklas Danielsson ; Marcus Nilson - Andreas Engqvist - Marcus Krüger ; Tim Eriksson - Jacob Josefson [puis Falk à 9'] - Patrick Cehlin ; Mathias Tjärnqvist - Nichlas Falk [puis Christian Eklund à 9'] - Michael Holmqvist ; Daniel Brodin.

Remplaçant : Stefan Ridderwall (G). Absent : Mike Zigomanis (CAN, épaule).

HV 71 Jönköping

Gardien : Stefan Liv.

Défenseurs : Pasi Puistola (FIN) - David Petrasek ; Janne Niinimaa (FIN) - Adam Almquist ; Johan Björk - Daniel Grillfors - Nichlas Torp.

Attaquants : Martin Thörnberg - Johan Davidsson - Jukka Voutilainen (FIN) ; Mattias Tedenby - Andreas Falk - Oscar Sundh ; Teemu Laine (FIN) - Kristopher Beech (CAN) - Johan Lindström ; Per Ledin - David Ullström - André Petersson.

Remplaçants : Andreas Andersson (G), Simon Önerud, Lance Ward (CAN). Absent : Björn Melin (épaule).