Berne - Genève-Servette (LNA, finale, match 7)

Berne enfin championberger

Suspense, c'est bien le maître mot de ce "super samedi" en Suisse, où seront rendus les verdicts de la finale et des barrages de promotion/relégation. Deux événements en soi, qui se disputent tous deux au match décisif. Le septième, au bout du suspens...

Si Lausannois et Biennois sont davantage préoccupés par leur finale, avec une place en LNA comme enjeu, Genevois et Bernois s'affrontent une dernière fois pour la conquête du titre. Qui serait le douzième pour Berne. Le premier pour Genève-Servette.

Passés déjà tout près du sacre en 2008, lors d'une finale frustrante face aux ZSC Lions, les hommes de Chris McSorley n'ont pas manqué l'occasion de revenir en finale après une saison régulière très convaincante, où seul Berne, sur la durée, fut en mesure de rivaliser.

Un constat qui s'applique également pour cette finale même si les Aigles, pas épargnés par les pépins tous genres (blessures de Savary et Toms, suspension de Salmelainen), ont fait abstraction de l'adversité pour recoller aux basques bernoises. Car le SCB, il y a sept jours de cela, menait trois victoires à une. On connaît la suite...

Celle-ci s'écrit d'ailleurs à Berne, dans une PostFinance Arena à guichets fermés, comme toujours dans cette finale à rebondissements. Un public chaud bouillant, sorti frustré, jeudi soir, d'un match qu'ils pensaient synonyme de sacre. Sauf que Goran Bezina, l'homme en forme du moment, en avait décidé autrement en jouant les héros, en prolongation...

Le capitaine genevois ne craint pas l'accumulation des matchs, sachant que ses troupes ont disputé six matchs de plus que le SCB, qui avait préalablement expédié Lugano et Kloten en quatre manches sèches. D'où l'inévitable parallèle avec la finale de l'an passé, qui opposait Davos à Kloten, avec des données similaires. Sauf que la fraîcheur physique n'avait pas souri aux Aviateurs, qui s'étaient inclinés sur le fil face aux "marathoniens" de Davos.

Côté bernois, il faudra gérer l'énorme pression populaire, née d'une "interminable" attente de six ans, date du dernier trophée ramené par les Ours. Une éternité à l'échelle de la capitale fédérale, où les précédents contingents étaient toujours taillés pour le titre... sans pour autant avoir l'étoffe de champions.

Cette saison, avec Larry Huras aux commandes, la donne a changé. Les coéquipiers de Martin Plüss ont cette fois transposé leurs bonnes dispositions de la saison régulière en playoffs, s'annonçant en favoris légitimes. Face à des Genevois indisciplinés et toujours privés de Tony Salmelainen, suspendu quatre matchs après une charge dangereuse au match 5, les joueurs de la capitale vont assumer leur statut en s'imposant 4-1.jobin2

Tout avait pourtant bien commencé pour les Genevois avec l'ouverture du score de Florian Conz dès la deuxième minute de jeu (0-1). Un tour de cage qui ne va pas freiner les ardeurs bernoises, symbolisées par cette égalisation d'Étienne Froidevaux, qui y va d'un centre-tir dévié par John Gobbi (1-1), puis par cette lucarne de David Jobin, sur qui le rebond de Tobias Stephan était orienté (2-1). Un coup de canon de Jean-Pierre Vigier (3-1) et une percée de Pascal Berger (4-1) vont sceller le triomphe bernois, devant 17 000 spectateurs ivres de bonheur.

Voilà Berne champion de Suisse, à domicile de surcroît, pour ce qui est le troisième titre de Larry Huras après ceux glanés avec Zurich (en 2001) et Lugano (en 2003). Larry Huras succède donc à Kent Ruhnke, champion en 2004 avec les Dominic Meier, Marco Bührer, Ivo Rüthemann, Marc Reichert, Christian Dubé, Beat Gerber et autres Thomas Ziegler, vainqueurs il y a six ans.

Genève s'en remettra

Conscients d'être passés tout près de la consécration, les Aigles peuvent ruminer envers un arbitrage qu'ils jugeront défavorable. Mais, plus que tout, les hommes de Chris McSorley savent désormais qu'ils ont tout l'avenir devant eux. Cette défaite, si cruelle soit-elle, n'est pas une fin en soi. Plutôt un commencement pour une formation qui aura su pousser l'ogre bernois dans ses derniers retranchements. Oui, Genève sort grandi de cette finale...

Les Aigles ont d'ailleurs reçu un accueil triomphal de leurs partisans, au retour de la capitale. Mille personnes s'étaient en effet réunies, aux Vernets, pour saluer leurs champions à eux. Une ovation qui en dit long sur le nouveau soutien populaire dont jouit le HC Genève-Servette, dans une ville où le football, redescendu en Challenge League (division 2), n'a plus son lustre d'antan...

 

Berne - Genève-Servette 4-1 (2-1, 1-0, 1-0).
Samedi 24 avril 2010 à la PostFinance Arena. 17 131 spectateurs.
Arbitres :  Danny Kurmann et Brent Reiber assisté de Dany Wirth et Tobias Wehrli.
Pénalités : 4' contre Berne ; 33' contre Genève-Servette.

Évolution du score :
0-1 à 01'20" : Conz assisté de Rivera
1-1 à 08'33" : Froidevaux
2-1 à 11'59" : Jobin assisté de Hänni et Froidevaux (double sup. num.)
3-1 à 21'19" : Vigier assisté de Gamache et McLean
4-1 à 42'09" : Berger assisté de Neuenschwander et Gerber


Genève-Servette

Gardien : Tobias Stephan.

Défenseurs : Jonathan Mercier - Goran Bezina (C) ; Marek Malik (TCH) - Daniel Vukovic ; Robin Breitbach - John Gobbi ; Martin Höhener - Marco Maurer.

Attaquants : Reto Suri - Paul Savary - Thomas Déruns ; Juraj Kolnik (SVK) - Daniel Rubin - Jeff Toms (CAN) ; Florian Conz - Morris Trachsler - Chris Rivera ; Frank Banham (CAN) - Stefan Hürlimann - Pierrick Pivron.

Remplaçant : Federico Tamo (G). Absents : Tony Salmelainen (suspendu), Jan Cadieux (blessé).

Berne

Gardien : Marco Bührer.

Défenseurs : Roman Josi - Beat Gerber ; Andreas Hänni - David Jobin ; Philipp Furrer - Travis Roche (CAN) ; Martin Stettler - Dominic Meier.

Attaquants : Marc Reichert - Brett McLean (CAN) - Jean-Pierre Vigier (CAN) ; Ivo Rüthemann - Martin Plüss (C) - Caryl Neuenschwander ; Thomas Ziegler - Étienne Froidevaux - Pascal Berger ; Trevor Meier - Christian Dubé - Simon Gamache (CAN) .

Remplaçant : Olivier Gigon (G). Absents : Lee Goren (étranger surnuméraire), Philipp Rytz, Tristan Scherwey (suspendu).