Caen – Brest (Division 1, Finale, match 2)

Avis de tempête sur Caen-la-mer!
Les Albatros restent au sol, les Drakkars montent…

2010-04-24_Photo_groupe_Drakkars

La patinoire de Caen-la-mer a atteint son remplissage maximal pour cette finale retour. Les Albatros sont bien représentés puisqu’en plus des 10% de places attribuées aux visiteurs, nombreux sont ceux qui ont profité des réservations par internet pour assister à la rencontre. Mais ces places ne sont pas prévues pour les supporters adverses et on assiste à des situations cocasses où des Brestois sont placés derrière les tambours caennais. Heureusement, le fair-play dans les deux camps prédomine, et aucun incident n’est à déplorer.

Pourtant, les enjeux de ce match sont énormes puisqu’une seule des deux équipes accèdera à la ligue Magnus. Si Caen a pris une bonne option en disposant de son rival à l’extérieur, une victoire bretonne renverserait la pression. Bref, en play-offs, rien n’est acquis.

Le coup d’envoi est symboliquement donné par deux footballeurs du Stade Malherbe, qui remonte au plus haut niveau national. Et après avoir reçu quelques mots d'encouragements, les hommes de Dostal montent à la charge. On retrouve un jeu très dynamique et volontaire où chaque coéquipier fait le mouvement supplémentaire « pour l'équipe ». Les Caennais parviennent donc à prendre légèrement le dessus mais se heurtent à une défense bien en place. Toutefois, les Bretons, un peu pris de court vont être les premiers à la faute sur un faire trébucher de Prosvic. L'arbitre fixe ensuite les limites en expédiant simultanément Prunet et Graham Avenel en prison pour obstruction, augurant un match bien maîtrisé par le zèbre.

Une minute plus tard, Krayzel rejoint Prunet sur le banc des pénalités, laissant ses coéquipiers à 4 contre 3. À égalité numérique, le danger porte également dans les deux camps. Mais là, les espaces sont plus nombreux, plus difficiles à combler, et permettent de pénétrer plus facilement la zone. Dostal arrive en possession du palet près du but, il amorce un mouvement vers la cage mais remet en arrière pour Lafontaine qui feinte un tir pour servir Janil en face de la cage. La défense ne peut pas suivre et le Bas-Normand décoche un slap croisé en pleine lucarne gauche (1-0 à 10'48").

Ignatovics,retenu par Geslain, face à Fouquerel Pris dans l'euphorie, le jeune Caennais est rappelé sur terre par le trio arbitral et écope de deux pénalités d'affilée. C'est un bon coup de pouce aux Albatros, réputés pour leur jeu de puissance. Cependant, comme à l'aller, l'enjeu fait fuir leur inspiration. Deux minutes avant la fin du premier tiers, Ignatovics redonne l'avantage numérique à ses coéquipiers. Profitant de la fatigue de fin de tiers, il pousse sur ses cuisses pour lancer un contre punitif. Geslain ne réussit à l'intercepter qu'en se mettant à la faute. Mais cette nouvelle occasion ne voit pas d'amélioration dans le jeu de Brest.

En tout cas, ce premier tiers tient ses promesses. Le spectacle est au rendez-vous, que ce soit au niveau du jeu ou du défi physique. Et les deux équipes peuvent récupérer en laissant le public face à un autre spectacle puisque le « Duke » dispense ses acrobaties en moto et sur la glace, pour une première nationale. Le HCC a ainsi trouvé une animation à la hauteur de l'événement.

Sur un plan statistique, les Drakkars ont toujours gagné quand ils ont ouvert le score. C'est peut être un excès de confiance qui les fait décliner dans la deuxième période. Bien sûr, pour les Brestois, c'est le moment de réagir. Et lentement mais sûrement, ils confisquent le jeu. D'abord les locaux se voient contrés en attaque, puis ils peinent à rentrer dans la zone adverse. À la trentième minute, l'action se situe clairement dans leur zone défensive, et le pressing haut des hommes de Peloffy interdit toute contre-attaque. Mais le score ne bouge pas. Clément Fouquerel est sublime. À la fois précis et rassurant dans ses arrêts, il ne laisse aucun doute sur ses capacités à protéger les filets, et déjoue tour à tour les canons adverses.

Toutefois, la domination bretonne n'en reste pas là et réussit à essouffler la défense locale. Les talents offensifs peuvent alors s'exprimer. Kiska tranquillement installé devant le but reçoit donc le rebond de Krayzel et remet son équipe dans la course (1-1 à 35'19"). En effet, même lors de matchs d'une qualité exceptionnelle, les meilleurs gardiens finissent par lâcher si leur défense ne tient pas. Revigorée par ce but, la première ligne des Albatros se livre à une combinaison très rapide. Prosvic transmet sur la gauche du but pour Fournier qui renvoie immédiatement à Brunelle seul face à la cage et concrétise la domination brestoise (1-2 à 38'38").

L'atmosphère doit être bouillonnante dans les vestiaires, sous les ronflements de la moto du « Duke ». Boutin réussit à regonfler le moral des troupes, et les Caennais remontent sur la glace pour rappeler la maxime ornant la patinoire : « Vous entrez dans la tempête... en territoire Drakkar ! ». Et le sens du jeu s'inverse, à croire qu'une malédiction régne ce soir-là sur une moitié de patinoire. Ça slalome avec Oravec, ça contre avec les fusées Geslain ou Bennett... Mais que serait un match de Brest où Bozik ne brillerait pas ? Peut être piqué à vif par son jeune homologue normand, le portier tient la dragée haute aux attaquants. Du Bozik du plus beau style, imbattable même lorsqu'il est au sol... ou presque.

Alors que Macek purge la seule pénalité de son équipe pour le troisième tiers, la défense tient bon. Mais à quelques secondes de la fin de cette supériorité, les Caennais enclenchent le turbo, et foncent à quatre devant la cage. Bozik arrête un premier tir et s'allonge sur les rebonds de Geslain et Lebey, mais c'est une nouvelle fois la crosse de Janil qui trouve la brèche (2-2 à 47'06").

Égalité... Le chrono tourne et on commence déjà à penser à la suite des évènements. Au fait, les prolongations durent 5 ou 10 minutes ? En cas de tirs aux buts, qui pourrait faire la différence ? Sur la glace, chacun jette ses dernières forces dans la bataille mais le chemin des filets est clos. Et puis, à huit secondes de la fin, Alexis Gomane lance une remontée offensive comme il les aime. Arrivé au niveau de la balustrade, il remarque que le défenseur a laissé un trou. Il profite de la brèche et va défier Bozik. Ce dernier pare mais laisse un rebond fatal, exploité par l'assistant-capitaine des Drakkars (3-2 à 59'52"). Brest appelle un temps mort sans vouloir sortir Bozik, mais les huit secondes restantes ne permettent même pas de maîtriser le palet, et Caen hérite du titre.

Chacun son tour, entend-on dans la patinoire ! Le public caennais se remémore la défaite un an plus tôt en finale contre Gap. Là aussi le but vainqueur avait été inscrit à la dernière minute. Mais le souvenir fait vite place à la liesse de la victoire, partagée entre les joueurs et leur public.

Les Albatros saluent sportivement le public en général et plus particulièrement le leur. Ils reçoivent leur médaille et rentrent au vestiaire. Ils ont essuyé un gros temps, et la tempête a eu raison d'eux.

Mais le problème avec la tempête, c'est qu'on voit déjà poindre les nuages noirs de l'inter-saison, avec notamment l'éviction programmée de l'entraîneur-joueur David Dostal.


Caen - Brest 3-2 (1-0, 0-2, 0-2)
Pénalités : Caen 12' (8'; 0'; 4') ; Brest 12' (6'; 4'; 2').
Arbitrage de Gilles Durand assisté de Nicolas Cregut et Frédéric Leberre.
Samedi 24 avril 2010 à 20h00 à la patinoire de Caen la mer. 1499 spectateurs.
Évolution du score :
1-0 à 10'48" : Janil assisté de Lafontaine et Dostal (sup. numérique)
1-1 à 35'19" : Kiska assisté de Krayzel
1-2 à 38'38" : Brunelle assisté de Fournier et Prosvic
2-2 à 47'06" : Janil (sup. numérique)
3-2 à 59'52" : Gomane assisté de Lebey et Bennett

Caen

Gardien : Clément Fouquerel.

Défenseurs : Tommy Lafontaine ; Jonathan Janil ; Alexis Gomane (A) ; Olivier Vandecandelaere (C) ;  Slavomir Vorobel.

Attaquants : Tomas Oravec - Kevin Da Costa - Jonathan Boutin ; Charles Geslain - Pierre Bennett - Julien Lebey ; Jonathan Avenel (A) - David Dostal - Graham Avenel.

Remplaçants : Arnaud Goëtz (G), Mans Papaux, Raphaël Mazie. Absent : Udo Marie (blessure à l'épaule)

Brest

Gardien : Mojmir Bozik

Défenseurs : Lilian Prunet (C) - Ivan Borzik (A) ; Vladimir Holik - Peter Macek ; Juraj Sadlon

Attaquants : Mathieu Brunelle - Jaroslav Prosvic - Guillaume Fournier ; Andrej Ignatovics - Ludek Krayzel - Matej Kiska ; Juraj Ocelka - Nicolas Motreff - Tomas Kaspar.

Remplaçants : Pierre Pochon (G), Clement-Thierry Gonzales, Maxime Larvor, Julien Legall, William L'Arvor, Jérémy Cormier.