Italie - Russie (match 1, à Asiago)

L'annulation annulée

EremenkoAleksandrLa prestigieuse visite des doubles champions du monde russes en Italie a bien failli ne jamais avoir lieu. La fermeture du ciel européen en raison des cendres du volcan Eyjafjöll a perturbé la Sbornaïa, qui a commencé sa préparation sans son entraîneur Vyacheslav Bykov, bloqué en Suisse où il était retourné auprès de sa famille. La fédération russe avait même annoncé l'annulation des rencontres et contacté son homologue lettonne qui avait les mêmes soucis pour recevoir la France. Mais vingt-quatre heures plus tard, elle se ravisait après avoir constaté la reprise du trafic.

Les Russes ont donc pu débarquer et s'entraîner sans problème la veille du match. Ils sont arrivés avec deux attaquants de NHL, le jeune Artem Anisimov et surtout le rugueux Evgeni Artyukhin. Celui-ci a pour mission d'amener ses 195 cm droit à la cage, sur une ligne très physique avec Svitov et Saprykin, un trio au style assez inédit dans l'équipe russe. Celle-ci est-elle prête à aligner une ligne de ce genre aux Mondiaux ? La préparation en décidera peut-être.

C'est en fait l'Italie qui a le plus de soucis. Le gardien de ligue mineure Adam Russo et l'attaquant Giulio Scandella, rentré "au pays" (c'est-à-dire au Canada) après la relégation de Rögle en Suède, sont bloqués outre-Atlantique et n'arriveront que plus tard. Le jeune défenseur universitaire Thomas Larkin, entre ses études et les problèmes d'avion, a même renoncé à la convocation.

L'Italie peine à entrer dans la partie et, même si le premier gardien impliqué a été Eremenko (triple arrêt sur Egger), la Russie mène la danse en contraignant Daniel Belissimo, le héros incontesté de cette patinoire de l'Odegar avec le récent titre d'Asiago, à un super travail. Les champions du monde passent devant sur un tour de cage du défenseur Denis Denisov qui glisse le palet entre le poteau et le gardien. La rencontre est dans les mains russes, mais l'organisation défensive de l'Italie est bonne et la première ligne Fontanive-Ansoldi-Ramoser réussit de temps en temps à se rendre dangereuse. En fin de tiers, Skachkov s'échappe et pousse Helfer à la faute. Parco gâche un 3 contre 1 en infériorité, et la réplique russe est immédiate : tir de la bleue de Denis Parshin dévié par Nikita Filatov (0-2). Premier match et premier but en équipe nationale pour le junior qui a claqué la porte de la NHL à l'automne.

L'effectif envoyé dans les Alpes - au caractère encore très provisoire - comprend en effet sept débutants : Bobrovsky, Ryasensky, Belov, Anisimov, Skachkov, Filatov et le junior Tarasenko.

En deuxième période, l'Italie est la plus entreprenante. En supériorité numérique, Christian Borgatello manque d'un souffle la déviation sur une belle initiative de Fontanive. Puis c'est Parshin qui dépasse les défenseurs, feinte le gardien et dépose le palet dans les filets (0-3). L'Italie fait cependant bonne figure en poussant pendant deux bonnes minutes avec une belle occasion pour Pittis et Iannone.

Au troisième tiers-temps, est de plus en plus sollicité et doit faire quelques miracles pour que le score ne s'alourdisse pas. Il doit cependant s'incliner sur un tir de Dmitri Vorobiev qui rebondit sur le corps de Marchetti. Malgré tout, les Italiens parviennent à sauver l'honneur à la faveur d'une pénalité d'Anisimov, avec un lancer de la bleue de Nick Plastino qui trompe Eremenko (1-4). Bellissimo arrête encore deux échappées de Rybin, en sortie de prison, et de Filatov.

Une prestation honorable pour une candidate au maintien aux prochains championnats du monde, qui a su tenir tête au tenant du titre.

Désignés joueurs du match : Daniel Bellissimo pour l'Italie et Denis Parshin pour la Russie.


Italie - Russie 1-4 (0-2, 0-1, 1-1)
Vendredi 23 avril 2010 à 20h30 au Stadio Odegar d'Asiago. 2000 spectateurs.
Arbitrage de Luca Cassol et Claudio Pianezze (ITA) assistés de Marco Stella et Massimiliano Rebeschin (ITA).
Évolution du score :
0-1 à 06'26" : Denisov assisté de Skachkov
0-2 à 17'47" : Filatov assisté de Parshin et Vorobiev (sup. num.)
0-3 à 29'00" : Parshin assisté de Korneev et Gorovikov
0-4 à 46'29" : Vorobiev
1-4 à 53'16" : Plastino assisté de Fontanive et Strazzabosco


Italie

Gardien : Daniel Bellissimo.

Défensurs : Armin Helfer - Christian Borgatello ; Nick Plastino - Michele Strazzabosco (A) ; Steven Gallace - Matt De Marchi ; Stefano Marchetti.

Attaquants : Nicola Fontanive - Luca Ansoldi - Roland Ramoser (C) ; Alexander Egger - Max Oberrauch - Michael Souza ; Jonathan Pittis - Pat Iannone - Anton Bernard ; Stefano Margoni - John Parco (A) - Giorgio De Bettin : Matteo Tessari.

Remplaçant : Günther Hell (G).

Russie

Gardien : Aleksandr Eremenko.

Défenseurs : Denis Kulyash - Konstantin Korneev (A) ; Dmitri Vorobiev - Vitali Atyushov (C) ; Denis Denisov - Evgeni Biryukov ; Evgeny Ryasensky - Nikolaï Belov.

Attaquants : Oleg Saprykin - Aleksandr Svitov - Evgeni Artyukhin ; Denis Parshin - Konstantin Gorovikov (A) - Nikita Filatov ; Evgeni Skachkov - Anton Krysanov - Vladimir Tarasenko ; Mikhaïl Varnakov - Artem Anisimov - Maksim Rybin.

Remplaçant : Sergei Bobrovsky (G).