Italie - Russie (match 2, à Bolzano)

Le champion du monde se fait surprendre

Quelques dizaines de supporters russes ont trouvé le chemin jusqu'à Bolzano, pour ce match de prestige au PalaOnda auquel les abonnés et les moins de 13 ans étaient conviés gratuitement (tarif général de 14 à 25 euros).

Le premier tiers-temps est du grand classique : les Russes patinent deux fois plus vite, et les Italiens sont très souvent contraints à la faute, quatre fois en tout en vingt minutes. Fort logiquement, les visiteurs transforment un de ces jeux de puissance, par un bon tir du poignet à mi-distance d'Aleksandr Svitov. Et il faut que le gardien local Günther Hell soit dans un bon soir pour arrêter les nombreuses tentatives adverses (14 tirs à 2), dont la plus dangereuse de Krysanov.

La physionomie du match semble écrite, et rien ne prédispose alors à ce qui va suivre. En effet, les Italiens ne vont plus prendre la moindre pénalité, et la soirée réserve encore quelques surprises...

GorovikovKonstantinDès le début de la deuxième période, Stefan Zisser sonne l'alerte en mettant le feu dans la défense russe. Puis, comme hier, l'attaquant des New York Rangers, Artem Anisimov, assiste depuis la banc de prison au but italien, un lancer de la bleue d'Armin Helfer (1-1). Mais ce but ne restera pas seul. L'Italie se sent pousser des ailes et se sent capable de prendre l'avantage, avec un service de Ramoser pour Ansoldi ou encore un poteau de Iannone à la suite d'une belle percée de Pittis.

Lorsque Konstantin Gorovikov exploite un palet traînant devant la cage que Willeit n'a pas réussi  à écarter, on se dit que le doux rêve italien prend fin. Ramoser ne conclut pas une contre-attaque idéale à deux minutes de la fin du tiers, et l'Italie concède un but idiot quand Hell repousse un tir de Tarasenko sur son propre défenseur Hofer qui marque involontairement contre son camp juste avant la seconde pause (1-3).

La Russie est tranquille, et après une transversale de Varnakov au début du troisième tiers-temps, elle se relâche franchement. Elle ne semble avoir rien à craindre, et les deux équipes paraissent se satisfaire de ce score. Mais à sept minutes de la fin, Christian Borgatello délivre une longue passe à Stefano Margoni qui prend de vitesse son défenseur en entrée de zone et se présente seul devant Bobrovsky (2-3). À peine une minute plus tard, Armin Helfer s'échappe à son tour, il est pressé par le défenseur mais parvient à laisser le palet à Nicola Fontanive qui arrive en soutien et égalise à 3-3. Sonnés, les Russes pressent jusqu'à la fin sans parvenir à modifier ce résultat qui fait tache pour eux.

Ce match nul inespéré pour les Italiens est le deuxième de l'histoire contre la Russie après celui du Mondial 1993. Joueur à l'époque, Bykov vit celui-ci comme entraîneur et est furieux en fin de match. Chez les Russes, bonne prestation pour Korneev, Parshin, Taratukhin et le colosse Artyukhin. Dans le camp italien, très bons Plastino, Hell, Strazzabosco, Helfer et Ansoldi, mais tous ont donné leur contribution.

Sérieuse concurrence

Les Russes sont pressés de passer aux choses sérieuses et de mettre en place la grosse équipe. Le gardien Bobrovsky ne survivra pas à ce match, mais il était sans doute prévu que son séjour en équipe nationale s'arrête là. En revanche, les défenseurs Vorobiev et Biryukov ont peut-être été victimes de leur prestation ce soir : à la maison.

Seule la moitié des attaquants sera aux Hockey Games à Stockholm la semaine prochaine : la première ligne "musclée", les centres Gorovikov et Anisimov, plus... Vladimir Tarasenko, le talent de 18 ans qui a réussi à tirer son épingle du jeu. Grosse déception donc pour les ailiers Denis Parshin et Nikita Filatov, les deux virtuoses techniques du CSKA : avoir été les deux meilleurs marqueurs russes lors de ces deux rencontres en Italie n'aura pas suffi pour ne serait-ce qu'espérer une place dans la composition finale.

Il faut dire que les places sont chères, car les renforts offensifs seront nombreux à rejoindre la Sbornaïa avant le départ pour Stockholm le week-end prochain : Radulov, Fedorov, Kozlov, Mozyakin, Sushinsky et les trois joueurs de NHL Afinogenov, Kulemin et Lisin (ce dernier ne semblant avoir qu'une chance marginale de figurer dans l'effectif final). La compétition s'annonce intense en attaque... et uniquement en attaque, comme souvent avec l'équipe russe.

Désignés joueurs du match : Günther Hell pour l'Italie et Vladimir Tarasenko pour la Russie.

Commentaires d'après-match (dans Sovietsky Sport)

Konstantin Korneev (défenseur de la Russie) : "Beaucoup de joueurs n'avaient pas joué depuis longtemps, il était important de retrouver les habitudes. Hier nous avons mérité notre victoire. Ce second match suivait le même scénario, le seul problème est que nous avons raté la fin. Je ne peux même pas dire que l'adversaire a montré quelque chose de surnaturel. C'est un peu de chance, et un peu de passivité en défense. Je n'appellerais même pas ça une perte de concentration. C'est juste qu'en hockey les buts peuvent vite tomber... Jouer sans erreurs est impossible. Nous avons du temps avant les championnats du monde pour les réduire au minimum."

 

Italie - Russie 3-3 (0-1, 1-2, 2-0)
Samedi 24 avril 2010 à 19h30 au Palaonda de Bolzano. 2500 spectateurs.
Arbitrage de Glauco Colcuc et Fabio Lottaroli (ITA).
Pénalités : Italie 8', Russie 6'.
Tirs : Italie 19 (2, 9, 8), Russie 38 (14, 17, 7).
Évolution du score :
0-1 à 17'32" : Svitov assisté de Korneev et Kulyash (sup. num.)
1-1 à 24'20" : Helfer assisté de Borgatello (sup. num.)
1-2 à 27'21" : Gorovikov assisté de Filatov et Parshin
1-3 à 39'27" : Skachkov assisté de Tarasenko
2-3 à 53'14" : Margoni assisté de Borgatello
3-3 à 54'19" : Fontanive assisté de Helfer


Italie

Gardien : Günther Hell.

Défensurs : Armin Helfer - Armin Hofer ; Nick Plastino - Michele Strazzabosco (A) ; Christian Willeit (2') - Christian Borgatello ; Matt De Marchi (4').

Attaquants : Nicola Fontanive - Luca Ansoldi (2') - Roland Ramoser (C) ; Alexander Egger - Max Oberrauch - Luca Felicetti ; Jonathan Pittis - Pat Iannone - Anton Bernard ; Stefan Zisser - Marco Insam - Christian Pichler ; Stefano Margoni.

Remplaçant : Daniel Bellissimo (G).

Russie

Gardien : Sergei Bobrovsky.

Défenseurs : Denis Kulyash - Konstantin Korneev (A) ; Dmitri Vorobiev - Vitali Atyushov (C) ; Denis Denisov - Evgeni Biryukov ; Evgeny Ryasensky - Nikolaï Belov.

Attaquants : Oleg Saprykin - Aleksandr Svitov - Evgeni Artyukhin ; Denis Parshin - Konstantin Gorovikov (A) - Nikita Filatov ; Evgeni Skachkov - Anton Krysanov - Vladimir Tarasenko ; Mikhaïl Varnakov - Artem Anisimov - Maksim Rybin.

Remplaçant : Aleksandr Eremenko (G).