Le couronnement de Hans Zach

ScorpionsLe grand public allemand ne connaît que les grand hockeyeurs du passé comme Didi Hegen et Gerd Truntschka, qui évoluaient au pic de la popularité de ce sport vers la fin des années 80. Les noms des stars de la DEL sont inconnus, et il ne reste qu'une figure célèbre : Hans Zach, le sévère Bavarois à la mine grimaçante et presque carnassière.

Il était l'entraîneur de la dynastie de Düsseldorf (1991-1993), avec justement Hegen et Truntschka. Il s'agissait de ses premiers titres comme coach après en avoir gagné deux comme joueur (avec le Berliner SC et Rosenheim) et un comme adjoint. Depuis, il n'avait plus rien gagné. Et cette saison, le voilà couronné de manière triomphale avec les Scorpions de Hanovre. Il a imposé une dernière fois son incroyable discipline (un total de sept buts encaissés et sept pénalités concédées seulement en trois matchs de finale) puisqu'il a annoncé sa retraite.

Une retraite, vraiment ? Madame Zach s'est exprimée après la finale pour dire son bonheur de garder son mari auprès d'elle et de ne pas avoir à refaire ses valises en juillet prochain. En juillet, d'accord, mais en mai ? Zach ne serait-il pas tenté de revenir à la tête de l'équipe d'Allemagne, qu'il amenait régulièrement en quarts de finale de 1999 à 2003 ? Sa retraite vaut juste pour un job à plein temps dans un club.

Sa phrase énigmatique après la victoire ("Celui qui veut quelque chose de moi peut me parler") a relancé les spéculations. Il n'en dira pas plus, mais certains porte-parole peuvent exprimer sa pensée. Par exemple son attaquant Klaus Kathan, originaire comme lui du village de Haute-Bavière de Bad Tölz : "Il le ferait bien, et il serait le meilleur candidat."

On parle plus de Hans Zach que de tous les joueurs de Hanovre, même de Thomas Dolak qui a marqué les deux buts décisifs lors des deux dernières rencontres de la finale.

Ils ont pourtant tous leur part dans ce succès, eux qui ont accepté de réduire leur salaire à l'intersaison pour la survie du club. Tant pis pour ceux qui ont refusé et sont partis, comme Eric Schneider. Ne dit-on pas qu'un titre n'a pas de prix ? C'est l'avis de tous ceux qui ont soulevé la coupe chez les Scorpions. Ils ont vécu une incroyable aventure, eux qui étaient derniers en novembre, époque où est arrivé un certain Travis Scott. Un renfort étonnant après les restrictions financières estivales, mais le gardien canadien, fort de son expérience d'ancien champion de Russie, a été prépondérant en play-offs.

Augsbourg, rêve printanier avant le long hiver

Augsbourg, finaliste malheureux et battu en trois manches, a eu droit lui aussi à sa parade au balcon de l'hôtel de ville pour son parcours de rêve. Les Souabes garderont de grands souvenirs de leur formidable aventure, qui n'aura sans doute duré qu'un printemps. L'équipe avait été bâtie sur des Nord-Américains recrutés à un bon rapport qualité-prix avec la volonté de se montrer à des clubs plus fortunés, et logiquement, après de telles performances, ils vont presque tous repartir.

Les 7774 spectateurs (guichets fermés) enregistrés dans ces play-offs constitueront un record pour longtemps. Le Curt-Frenzel-Stadion devra être entièrement fermé pour répondre aux standards modernes, et en gagnant des murs, la patinoire réhabilitée perdra un millier de places. Augsbourg va surtout traverser une période transitoire difficile. L'équipe ne retrouvera sa glace qu'en octobre, et pendant que les tribunes seront refaites une à une, elle n'évoluera que devant trois mille spectateurs à l'automne, et quatre mille ensuite. Faute de recettes aux guichets, recréer une équipe de ce niveau s'annonce difficile, même si ces play-offs auront sans doute permis de constituer des réserves.