Kazakhstan - Slovaquie (Mondiaux 2010, Groupe A, 3e journée)

Les Slovaques dissipés en fin de cours

Les Slovaques ont espéré jusqu’au bout la venue de Pavol Demitra, qui a terminé sa saison outre-Atlantique après l’élimination mardi des Vancouver Canucks. Mais pour des raisons physiques et personnelles, le meilleur joueur de la sélection aux Jeux 2010 a décliné l’invitation de Glen Hanlon. Tout comme l’attaquant de Los Angeles, Michal Handzuš, qui, avec une centaine de sorties à son actif cette saison, est sur les rotules. Peter Bondra, le manager de l’équipe, faisait toutefois part des retours sur la feuille de match du gardien Peter Hamerlík et du défenseur Peter Frühauf ainsi que la confirmation de Roman Kukumberg. Le vainqueur de la Coupe Gagarin avait reçu un palet sur le genou gauche contre les Biélorusses et avait dû quitter prématurément la glace mardi soir.

Le fait que la formation slovaque soit enfin au complet n’est certainement pas un élément de taille pour battre le Kazakhstan, modeste formation toujours à la quête d’un premier point dans ce championnat et qui, malgré une grosse envie, reste l’une des formations les plus tendres de ce cru 2010. Dans la mémoire collective des Slovaques, les Kazakhs ont surtout laissé un souvenir désagréable lorsque leurs favoris avaient chuté contre les joueurs à la tunique frappée du soleil lors des Olympiades 1998 à Nagano (3-4), privant ainsi la Double-Croix de passer à l’étage supérieur de la compétition. On aime à chercher du côté des Tatras l’aspect négatif des choses : en sept rencontres, ils n’ont plié l’échine qu’une seule face à leur adversaire du jour. Et c’était justement au Japon.

L’intérêt principal de la soirée réside à savoir si la Slovaquie parviendra enfin à faire un match plein. « Contre les Russes, on a fait une excellente dernière période, expliquait le portier Peter Budaj. Contre la Biélorussie, on a été bons seulement à partir du deuxième tiers-temps. Je crois que contre le Kazakhstan, on sera présent dès le coup d’envoi. » Les prévisions du natif de Banská Bystrica se sont vérifiées à Cologne. Mais la tendance actuelle des protégés de Glen Hanlon s’est pour une fois inversée ; impitoyables lors des quarante premières minutes de la partie, ils ont subi le réveil des Kazakhs dans le dernier acte, qu’ils ont pourtant réussi à emporter. Rien de bien grave cependant.

Il ne faut guère attendre pour se rendre compte de la dureté du jeu kazakh ; après seulement onze secondes, Tomáš Bulík est obligé de rejoindre son banc, victime d’une rude charge de Maxim Semenov alors qu’il était en train de mener l’attaque slovaque. Il reviendra cependant en cours de jeu. La rencontre a du mal à partir, les Kazakhs ne parvenant pas à trouver la faille d’une défense slovaque certes bien en place mais parfois fébrile sur quelques actions. L’élan offensif des « Bleus », caractérisé par les tentatives du capitaine Aleksandr Koreshkov (0'56") ou de Konstantin Shafranov (2'34"), est stoppé toutefois par la faute qui envoie Dmitri Dudarev en prison (3'30"). Les Slovaques ne profitent pas de cette supériorité numérique pour marquer mais ils se mettent quand même dans le bain en multipliant les frappes via Marek Zagrapan, Marek Svatoš ou encore Richard Lintner.

Les deux formations évoluent toujours avec prudence, ce qui explique le faible nombre d’occasions franches après un petit quart d’heure de jeu. Andrej Podkonický tente de rompre cette monotonie en recevant – démarqué – une passe de Milan Bartovi? devant les buts mais Vasili Yeremeyev se positionne parfaitement pour endiguer l’action (14'31"). Les arrières kazakhs repoussent d’abord la frappe d’Ivan Majeský mais Andrej Sekera récupère sur la ligne bleue et adresse une passe on-ne-peut-plus précise à Marek Zagrapan qui, dans un joli mouvement, ouvre le score (0-1, 16'30"). Le power-play provoqué par la sortie de Richard Pánik en fin de période (18'26") n’inspire pas plus que cela la formation d’Andrei Shayanov.

Les « Blancs » accentuent davantage leur mainmise en début de deuxième période en menant des actions rarement futiles et en se montrant impartiaux en zone centrale. Svatoš se bat comme un beau diable le long de la bande et, après avoir chipé la rondelle, s’en va vers les buts avant de dévier pour Ivan ?iernik qui double la mise pour les siens (0-2, 25'04"). Le Kazakhstan montre clairement ses faiblesses en défense, donc, ainsi qu’en attaque où Peter Budaj annule sans souci l’assaut de Starchenko. Les pénalités successives d’Andrei Spiridonov (27'20") puis d’Alexei Vassilchenko (29'47") n’arrangent rien à l’affaire. Tranquillement mais sûrement, la Slovaquie enquille les réalisations : c’est cette fois-ci Lintner qui trouve ?iernik devant les cages mais la conclusion est identique (0-3, 33'52"). Le joueur de Cologne se sent comme un poisson dans l’eau dans "sa" Lanxess Arena ; avec trois buts, il est l’un des attaquants les plus en verve de ce Mondial.

La réaction kazakh entrevue après le hat-trick slovaque et presque conclue avec succès par Alexei Litvinenko (38'04") se transforme en véritable tempête dans le dernier opus. Ruinés au possible, ils jettent leur reliquat de forces dans la bataille et monopolisent alors les offensives. Budaj est oppressé de toute part ; il repousse d’abord un premier tir, puis un deuxième et un troisième avant que Dudarev termine cette partie de billard en réduisant la marque (1-3, 44'03"). Ça chauffe pour les Slovaques qui en encaissent un autre dans la foulée mais la production de Vadim Krasnoslabodtsev n’est pas validée par les arbitres après consultation de la vidéo. La révolte des Eurasiens trouve son terme en même que celui de la pénalité de Svatoš (50'01"). Ils avaient alors tiré dix fois aux buts contre aucune pour leurs adversaires !

Sans paniquer, les Slovaques laissent passer l’orage avant de placer l’estocade finale. Vassilchenko, juste de retour de prison (52'29"), commet une faute sur Tomáš Tatar qui ne peut dès lors poursuivre à bien son échappée. Un tir de pénalité est accordé par conséquent et le candide attaquant de 19 ans ne se prive pas pour inscrire son premier but dans un championnat du Monde senior (1-4, 54'18"). L’addition est alourdie pour le Kazakhstan par Andrej Podkonický en toute fin de rencontre  après que le « Tigre blanc » de Liberec a finalisé un joli travail instigué par Tatar et Pánik et parfaitement relayé par les défenseurs Tomáš Starosta et Frühauf (1-5, 58’05).

Les hommes du match sont Maxim Semenov pour la Biélorussie, Ivan ?iernik pour la Slovaquie.

Commentaires d’après-match (source : www.hokeportal.sk)

Andrei Shaïanov (sélectionneur du Kazakhstan) : « Nous n’avons pas su utiliser les bonnes occasions que nous nous sommes créées en début de match alors que nous tenions l’allure de notre adversaire. Je dois avouer que le jeu des attaquants slovaques m’a émerveillé, ils ont montré comment on joue au hockey. Nous avons commis des fautes en défense et c’est ce qui a fait la décision. Chez nous, en attaque, il n’y a que Dudarev qui s’est imposé. Si l’on veut gagner, il faut marquer ! »

Richard Lintner (capitaine de la Slovaquie) : « On s’améliore de match en match, c’est très bien. Le résultat d’aujourd’hui nous donne davantage de confiance en nous. Nous avons appris de toutes les rencontres que nous avons jouées jusqu’à maintenant. Si l’on compare avec notre arrivée en Allemagne, on a sans conteste un meilleur groupe. Nous n’avons pas beaucoup de temps devant nous pour récupérer mais nous avons toujours des forces. Les Danois ont prouvé de belles choses sur les matches de poule mais nous avons l’équipe et l’énergie qu’il faut pour les battre. »

Peter Frühauf (défenseur de la Slovaquie) : « Dudarev a mis un but hasardeux, il a frappé le palet en se retournant sans savoir lui-même ce qu’il faisait. Les Kazakhs se sont bien battus, ils n’avaient plus rien à perdre et moi, personnellement, j’ai commencé à souffrir car ils étaient excités. Ils ont senti qu’ils pouvaient revenir au score et nous ont vraiment pressé dans la dernière période. »

 

Kazakhstan – Slovaquie 1-5 (0-1, 0-2, 1-2)

Jeudi 13 mai 2010 à 20h15 à Lanxess Arena de Cologne. 13 556 spectateurs.
Arbitres : Vladimir Sindler (TCH) et Patrik Sjöberg (SUE) assistés de Ansis Eglitis (LET) et Tobia Wehrli (SUI).
Pénalités : Kazakhstan 8' (2', 4', 2'), Slovaquie 8' (2', 0', 4')
Tirs : Kazakhstan 36 (8, 12, 16),  Slovaquie 37 (13, 15, 9)

Évolution du score :
0-1 à 16'30" : Zagrapan assisté de Sekera et Majeský
0-2 à 25'04" : ?iernik assisté de Svatoš
0-3 à 33'52" : ?iernik assisté de Lintner
1-3 à 44'03" : Dudarev assisté de Koledayev
1-4 à 54'18" : Tatar (tir de pénalité)
1-5 à 58'05" : Podkonický assisté de Frühauf et Starosta

 

Kazakhstan

Gardien : Vitali Eremeïev.

Défenseurs : Maksim Semenov (A) - Roman Savchenko ; Aleksei Koledaïev - Vladimir Antipin ; Aleksei Vasilchenko - Aleksei Litvinenko ; Evgeni Fadeev.

Attaquants : Dmitri Dudarev (A) - Roman Starchenko - Konstantin Shafranov ; Andrei Gavrilin - Aleksandr Koreshkov (C) - Talgat Zhailauov ;Evgeni Bumagin - Vadim Krasnoslobotsev - Ilya Solarev ; Aleksandr Shin - Andrei Spiridonov - Evgeni Rymarev.

Remplaçant : Aleksei Kuznetsov (G). En réserve : Pavel Zhitkov (G), Anton Kazantsev.

Slovaquie :

Gardien : Peter Budaj.

Défenseurs : Ivan Majeský (A) - Andrej Sekera ; Dominik Gra?ák - Richard Lintner (C) ; Tomáš Starosta - Vladimír Mihálik ; Peter Frühauf [à 43'].

Attaquants : Marek Zagrapan - Ivan ?iernik - Marek Svatoš ; Andrej Podkonický - Richard Pánik - Milan Bartovi? (A) ; Vladimír Dravecký - Tomáš Bulík - Tomáš Tatar ; Michal Macho - Roman Kukumberg - Miroslav Zálešák.

Remplaçant : Rastislav Sta?a (G). En réserve : Peter Hamerlík (G), Stanislav Gron.