États-Unis - Kazakhstan (Mondiaux 2010, poule de relégation, 1re journée)

OkposoLes États-Unis en poule de relégation, c'est une situation anormale qui était déjà arrivée ces dernières années puisqu'en 2003, les Américains (déjà vaincus à l'époque par les Danois) avaient dû écarter la Slovénie, le Bélarus et le Japon pour rester dans l'élite mondiale. L'erreur de l'époque se devait ne pas être réitérée mais voilà, deux défaites après prolongation et une dans le match décisif contre la Finlande renvoient les Américains dans une situation douteuse.

En face, l'adversaire du jour est plus à place. Logiquement dominé par les Russes, les Slovaques et les Biélorusses, le Kazakhstan joue la poule de maintien à laquelle il s'était préparé. Seulement, leur premier adversaire, même mal en point, semble un peu disproportionné pour espérer prétendre à l'exploit.

Ceux qui doutaient de la supériorité américaine ou qui espéraient une révolte du Kazakhstan en sont pour leur frais dès l'entame du match puisqu'en moins d'une minute, Maxim Semenov perd le palet derrière son but offrant ainsi à TJ Oshie un tour de cage sans soucis et avec but (1-0, 0'55"). Premier tir, premier but, pas bon pour le moral des joueurs de l'Est ça ! Dix-huit secondes plus tard, nouvelle perte de palet derrière le but, nouvelle récupération de Oshie qui, ce coup-ci, préfère envoyer au centre à Okposo qui trompe Kuznetsov (2-0, 1'13"). Après ce deuxième but, le moral kazakh est déjà au plus bas…

 

On le déclarera définitivement décédé cinq minutes plus tard lorsque les hommes en blancs transformeront leur première supériorité numérique. Gilroy récupère le palet dans sa zone, traverse toute la glace, feinte le pauvre Semenov – qui n'en finit plus de se faire déborder – et adresse un tir mi-hauteur qui trompe le portier Kazakh (3-0, 6'53"). Il s'agit là du premier point inscrit par Matt Gilroy dans ce championnat du monde : Cet ex-attaquant avait été pris à l'essai par Boston University comme huitième défenseur et avait été élu meilleur universitaire du pays quatre ans plus tard. Alors qu'il n'avait été jamais drafté, ce joueur venu de loin – comme son but du soir d'ailleurs – a donc signé avec les New York Rangers l'an dernier. Le bonhomme ne compte pas en rester là puisque moins de quatre minutes plus tard, il est à la conclusion d'un mouvement Oshie/Galiardi qui lui permet d'inscrire un but en poteau rentrant dans un angle quasi-impossible (4-0, 10'20").

Quatre buts d'avance à la mi-tiers, les choses sont déjà pliées même si Kuznetsov tient mieux ses buts et ne s'inclinera plus. Plus du tout même, puisqu'après avoir concédé un retard de jeu dans l'ultime seconde de la période, son coach préfèrera lancer dans le bain son remplaçant. En tribune, Eremeïev ne doit pas regretter d'avoir été laissé au repos...

Le troisième gardien Zhitkov tiendra plus longtemps que son prédécesseur avant de devoir ramasser un puck au fond de ses filets. Ce sont même les Kazakhs qui se créent une bonne occasion lorsque Roman Starchenko adresse un tir du poignet que Clemmensen repousse de la jambière droite. Mais finalement, au bout huit minutes, Nick Foligno déborde côté gauche, repique au centre et trompe le portier kazakh (5-0, 28'03"). Il s'agit là du cinquième but du match, soit un de plus que le nombre de buts inscrits par les Américains durant la première phase !

La leçon ne s'arrête pas là. Potulny est à la conclusion d'un jeu en triangle impliquant également Yandle et Dubinsky (6-0, 36'34") avant que, dans la foulée, ce dernier ne profite d'un dégagement raté des Kazakhs pour servir l'intenable Gilroy qui d'un slap de la droite trompe Zhitkov (7-0, 36'46"). Mais ça ne s'arrête pas là, une double punition contre Krasnoslabodtsev et Solarev offre une double supériorité aux Américains qui se traduit par une double trouée de filet signée Dubinsky Kennedy (9-0, 39'29").

Le dernier tiers permet à Ben Bishop de faire son entrée dans les buts américains et il ne décevra pas en repoussant les cinq tirs du Kazakhstan pour offrir un blanchissage à son équipe. Dans le même temps, Chris Kreider récupère son propre rebond pour conclure la marque (10-0, 58'57"). Les Américains se sont offerts un récital offensif (leur dernière victoire aussi large remonte à un 12-2 contre la Suisse en... 1962 !) qui leur fait du bien et qui permet de confirmer qu'il n'y a plus qu'une place pour le maintien et elle se jouera entre les Kazakhs mais aussi les Italiens et les Français.

Commentaires d'après-match

Scott Gordon (entraîneur des États-Unis) : "Cela fait du bien de marquer des buts. Après nos difficultés pour mettre le palet au fond, c'est un soulagement pour certains gars. Bien sûr nous avions besoin de cette victoire et nous avons accompli ce que nous devions faire. Nous allons prendre un peu de repos et être prêts pour la France demain."

Andrei Shaïanov (entraîneur du Kazakhstan) : "Les Américains sont l'équipe la plus forte dans ce groupe. Ils ne devraient pas être là."

 
États-Unis - Kazakhstan 10-0 (4-0, 5-0, 1-0)
Samedi 15 mai 2010 à 16h15 à la Lanxess-Arena de Cologne. 4529 spectateurs.
Arbitrage de Chris Savage (CAN) et Marc Muylaert (CAN) assistés de Daniel Bechard (CAN) et Tobias Wehrli (SUI).
Pénalités : États-Unis 4' (2', 0', 2') ; Kazakhstan 26' (4', 8'+10', 4').
Évolution du score :
1-0 à 00'55" : Oshie assisté d'Okposo et Greene
2-0 à 01'13" : Okposo assisté d'Oshie et Galiardi
3-0 à 06'53" : Gilroy assisté de Dubinsky (sup. num.)
4-0 à 10'20" : Gilroy assisté d'Oshie et Galiardi
5-0 à 28'03" : Foligno assisté de Dubinsky
6-0 à 36'34" : Potulny assisté de Yandle et Dubinsky (sup. num.)
7-0 à 36'46" : Gilroy assisté de Potulny et Dubinsky
8-0 à 38'44" : Dubinsky assisté de Greene (double sup. num.)
9-0 à 39'29" : Kennedy assisté d'Hanson et Hillen (sup. num.)
10-0 à 58'57" : Kreider assisté de Carter


États-Unis

Gardien : Scott Clemmensen puis Ben Bishop à 40'00".

Défenseurs : Jack Johnson (C) - Matt Greene (A) ; Jack Hillen - Keith Yandle ; Andy Greene - Mike Lundin ; Matt Gilroy - Taylor Chorney.

Attaquants : T.J. Oshie - T.J. Galiardi - Kyle Okposo (A) ; Nick Foligno - Brandon Dubinsky - David Moss ; Chris Kreider - Ryan Potulny - Eric Nystrom ; Tim Kennedy - Ryan Carter - Christian Hanson.

Kazakhstan

Gardien : Aleksei Kuznetsov puis Pavel Zhitkov à 20'00".

Défenseurs : Maksim Semenov (A) - Roman Savchenko ; Aleksei Koledaïev - Vladimir Antipin ; Aleksei Vasilchenko - Aleksei Litvinenko ; Georgi Petrov.

Attaquants : Dmitri Dudarev (A) - Roman Starchenko - Konstantin Shafranov ; Andrei Gavrilin - Aleksandr Koreshkov (C) - Talgat Zhailauov ; Vadim Krasnoslobotsev - Evgeni Rymarev - Evgeni Bumagin ; Aleksei Vorontsov - Ilya Solarev - Andrei Spiridonov ; Aleksandr Shin.

En réserve : Vitali Eremeïev (G), Evgeni Fadeev, Anton Kazantsev.