Finales de conférence (NHL, match 1)

Résumés des matchs du 16/05 : San José Sharks – Chicago Blackhawks et Philadelphia Flyers – Canadiens de Montréal


San José Sharks – Chicago Blackhawks : 1-2
Chicago mène la série 1 match à 0

Voilà donc la finale logique (le premier de conférence contre son dauphin) de la conférence Ouest et c’est une vraie opposition générationnelle, entre la vieille garde de San José et les jeunes Turks de Chicago, entre une puissance déclinante et une qui monte. Toutefois, les Sharks ne peuvent pas faire valoir une grande expérience dans les phases finales de playoffs : ils n’ont atteint ce stade qu’une seule fois, en 2004, et ils avaient perdu. La jeune génération de Chicago a elle aussi participé à une finale de conférence, l’an passé, face à leurs rivaux de Detroit (ils l’ont également perdue). Cette opposition de générations est parfaitement résumée dans l’affrontement des gardiens : d’un côté, il y a Evgeni Nabokov (34 ans, dans sa 10e saison pro) pour les Sharks et de l’autre, il y a Antti Niemi (26 ans, rookie ayant joué un total de 42 matchs de saison régulière en NHL) pour les Blackhawks.

Les gardiens vont avoir une importance cruciale lors de cette série car les deux équipes sont réputées pour leur production offensive : Chicago a terminé la saison régulière avec la troisième attaque de la ligue (3,2 buts par match) tandis que San José en était la quatrième (3,17 buts par match). Sans surprise, il y a eu hier beaucoup de tirs cadrés (45 pour San José contre 40 pour Chicago), mettant les gardiens à rude épreuve. Dans cet affrontement à distance, c’est Niemi qui emporte la première manche, grâce à ses 44 arrêts sur 45 tirs, même si Nabokov n’a pas démérité avec 38 arrêts sur 40 tirs.

C’est pourtant le jeune Finlandais qui s’est incliné le premier : sur une situation de supériorité numérique, le tir du poignet lointain du rookie Jason Demers trouve la lucarne de Niemi (1-0, 11’19). San José semble alors plutôt bien maîtriser son sujet même si les Blackhawks se montrent dangereux : Toews récupère un rebond face au but mais sa frappe ne trouve que le poteau alors que Nabokov se déplaçait pour couvrir une partie du but à découvert (18’18).

Les Sharks cherchent alors logiquement à faire le break en deuxième période, en tirant 18 fois sur Niemi, mais celui-ci ferme la porte sur les attaquants californiens. Chicago en profite alors pour égaliser : suite à une perte de palet en zone offensive par les Sharks, les Blackhawks remontent le palet, Duncan Keith accompagne la contre-attaque pour apporter un surnombre de 4 contre 3 et passe en retrait à Patrick Sharp (qui venait juste de rentrer en zone offensive). L’attaquant de Chicago décoche alors une frappe du poignet quasi-immédiate qui passe entre les jambières de Nabokov (1-1, 27’44). San José n’est pas loin de reprendre la tête en fin de période mais Niemi veille : sur une supériorité numérique, le gardien finlandais, qui s’était avancé, concède un rebond qui termine près de la crosse de Clowe. Celui-ci redresse le palet vers le but mais Niemi plonge sur sa ligne et dégage le palet de la mitaine (36’44).

Le match est donc ouvert pour la troisième période, chaque équipe continuant de pilonner le but adverse. Finalement, suite à une mise au jeu à la gauche du but de Nabokov, Heatley et Blake oublient de marquer Byfuglien, celui-ci reçoit le palet de Patrick Kane et sa reprise de volée trompe le gardien russe (1-2, 53’15). Chicago remporte ainsi la première manche de cette série, avant la prochaine rencontre qui aura encore lieu sur la glace de San José.

16_05_1
Arrêt d’Antti Niemi, devant son coéquipier Duncan Keith et Manny Malhotra – Photo : Getty Images

Tirs cadrés : San José 45 (13, 18, 14), Chicago 40 (8, 14, 18)

Évolution du score :
1-0 à 11’19 : J. Demers (P. Marleau et D. Boyle) en sup. numérique
1-1 à 27’44 : P. Sharp (D. Keith et T. Brouwer)
1-2 à 53’15 : D. Byfuglien (P. Kane et J. Toews)


San José Sharks

Gardien : Evgeni Nabokov

Défenseurs : Douglas Murray – Dan Boyle (A) ; Rob Blake (C) – Marc-Edouard Vlasic ; Nicklas Wallin – Kent Huskins ; Jason Demers

Attaquants : Patrick Marleau – Joe Thornton (A) – Dany Heatley ; Ryane Clowe – Joe Pavelski – Devin Setoguchi ; Torrey Mitchell – Logan Couture – Manny Malhotra ; Scott Nichol ; Jamie McGinn

Remplaçant : Thomas Greiss (G)
En réserve : Jay Leach, Dwight Elminen, Jed Ortmeyer et Brad Staubitz

Chicago Blackhawks

Gardien : Antti Niemi

Défenseurs : Brent Seabrook - Duncan Keith (A); Niklas Hjalmarsson – Brian Campbell ; Brent Sopel - Jordan Hendry

Attaquants : Dustin Byfuglien - Jonathan Toews (C) - Patrick Kane ; Troy Brouwer - Patrick Sharp (A) - Marian Hossa ; Andrew Ladd - Dave Bolland - Kris Versteeg ; Ben Eager - John Madden - Adam Burish

Remplaçant : Cristobal Huet (G)
Absents : Tomas Kopecky, Colin Fraser, Nick Boynton et Bryan Bickell
Blessé : Kim Johnsson


3 étoiles du match : Antti Niemi (Chicago), Evgeni Nabokov (San José) et Dustin Byfuglien (Chicago)


Philadelphia Flyers – Canadiens de Montréal : 6-0
Philadelphia mène la série 1 match à 0

Et si la fièvre était retombée ? Suite à l’élimination de deux des favoris de la compétition, les fans des Canadiens de Montréal se sont pris à rêver d’une 25e coupe Stanley. Un bon nombre de blogueurs sur le web ont fait leur autocritique après avoir passé toute la saison à critiquer les choix de l’entraîneur, Jacques Martin, et de l’ancien manageur général, Bob Gainey. Comme ce dernier avait embauché beaucoup de joueurs de petite taille à l’intersaison (Mike Cammalleri, Brian Gionta et Scott Gomez), des observateurs avaient qualifié les Canadiens du sobriquet « d’équipe de schtroumpfs ». Maintenant, certains ont commencé à prédire « l’année des schtroumpfs ». Comme si un bon parcours en playoffs effaçait toutes les insuffisances du club en saison régulière…

Il ne faut pas oublier que ce bon parcours est avant tout lié aux performances exceptionnelles de Jaroslav Halak dans les buts et de Cammalleri et Gionta sur les ailes (plus les performances défensives sur les tirs bloqués). Lorsqu’un de ces joueurs est en difficulté, les choses deviennent compliquées pour Montréal, qui est plus à l’aise pour conserver un avantage au score que pour remonter un déficit (16,7% de victoire pour Montréal quand l’équipe est menée au score à la fin de la première période dans ces playoffs, contre 57,1% pour Philadelphie et San José et 50% pour Chicago). Cette difficulté a été évidente hier alors que les Canadiens ont été corrigés 6 à 0 par les Flyers, qui réalisent ainsi leur cinquième victoire d’affilée.

Étant donné la façon dont ces équipes se sont qualifiées, on a parlé de « série des Cendrillons », ce qui est dans doute un peu tiré par les cheveux étant donné l’animosité entre les deux équipes : certains affrontements en saison régulière ont terminé en pugilat général. Ce qui n’est pas étonnant puisque, du côté de Philadelphie, on a renoué en partie avec la tradition des « Broad Street Bullies » (surnom des Flyers qui avaient remporté deux coupes Stanley dans les années 70) avec la présence de joueurs physiques comme le capitaine Mike Richards, Dan Carcillo ou le rugueux Chris Pronger.

Les Canadiens avaient affronté, jusqu’alors, des équipes qui se basaient sur leur attaque et leur tactique de défense intraitable avait bien fonctionnée. Mais ils risquent d’être doublé dans cette série par des Flyers qui ont la réputation d’aller jouer les palets dans toutes les zones, sans craindre les mises en échec ou les coups. On voit donc que cette finale de conférence va proposer du hockey old-school, avec une équipe défensive et l’autre physique, contrairement à la finale Chicago - San José qui s’annonce plus offensive et spectaculaire.

Il faut aussi remarquer que les Flyers profitent d’une profondeur de banc que ne semblent pas avoir les Canadiens : les six buts du match ont été inscrits par six joueurs différents, des vétérans (Simon Gagné, Daniel Brière qui a signé hier son huitième but en 10 matchs) comme des jeunes joueurs (James Van Riemsdyk, 21 ans et Claude Giroux, 22 ans).

La soirée a été difficile pour les gardiens de Montréal, Halak, qui a encaissé 4 buts sur 14 tirs puis pour Price, qui l’a remplacé et a encaissé 2 buts sur 11 tirs. En face, Leighton a été impeccable (28 arrêts) en blanchissant les visiteurs, qui ont pour une fois tiré au but plus que leur adversaire, mais en vain. Il faut aussi dire que l’absence de joueur de poids à Montréal pour faire un écran devant le but adverse n’a pas été de nature à gêner Leighton.

Philadelphie a ouvert la marque dès les premières minutes du match, grâce à une intervention en force de Coburn près de Halak sur un rebond laissé par ce dernier (1-0, 3’55). Montréal met ensuite la pression sur le but de Leighton (13 tirs cadrés) mais sans parvenir à marquer.

En tout début de deuxième période, Van Riemsdyk marque dans des conditions quasiment similaires au premier but (2-0, 20’30) puis c’est Brière qui inscrit un but, d’une frappe puissante du côté gauche à la fin d’une situation de supériorité numérique (3-0, 24’23). Après le quatrième but signé Simon Gagné, d’un tir du poignet du côté droit qui trompe Halak, masqué, le gardien slovaque est remplacé par Carey Price. Malheureusement pour lui, le jeune Canadien encaissera deux buts en troisième période.

Outre cette victoire, les Flyers espèrent voir revenir dans l’équipe deux joueurs actuellement blessés : Jeff Carter, le centre numéro 1 et meilleur buteur en saison régulière (33 buts) et Ian Laperrière, bloqueur de tirs en chef. Les Canadiens vont donc avoir fort à faire face à ces Flyers mais rien n’est encore perdu pour eux, s'ils parviennent à les mettre en difficulté comme en première période. Toutefois, Philadelphie pourrait faire le break dans la série lors du prochain match qui se jouera à nouveau sur sa glace.

16_05_2
Arrêt de Michael Leighton face à Andrei Kostitsyn – Photo : Getty Images

Tirs cadrés : Philadelphie 25 (6, 10, 9), Montréal 28 (13, 10, 5)

Évolution du score :
1-0 à 03’55 : B. Coburn (S. Hartnell et V. Leino) en sup. numérique
2-0 à 20’30 : J. Van Riemsdyk (C. Giroux)
3-0 à 24’23 : D. Brière (M. Carle)
4-0 à 29’53 : S. Gagné (B. Coburn et V. Leino) en sup. numérique
5-0 à 52’13 : S. Hartnell (D. Brière et M. Carle)
6-0 à 53’26 : C. Giroux (A. Asham et J. Van Riemsdyk)


Philadelphia Flyers

Gardien : Michael Leighton

Défenseurs : Matt Carle – Chris Pronger ; Kimmo Timonen (A) – Braydon Coburn ; Ryan Parent – Lukas Krajicek

Attaquants : Simon Gagné (A) – Mike Richards (C) – Dan Carcillo ; Scott Hartnell – Daniel Brière – Ville Leino ; James Van Riemsdyk – Claude Giroux – Arron Asham ; Andreas Nodl - Blair Betts – Darroll Powe

Remplaçant : Johan Backlund (G)
Absents : Oskars Bartulis, Mika Pyorala, Danny Syvret, David Laliberté, Jared Ross, John Kalinski et Riley Cote
Blessés : Jeff Carter (jambe cassée), Ian Laperrière et Ray Emery (genou)

Canadiens de Montréal

Gardien : Jaroslav Halak remplacé par Carey Price (29’53)

Défenseurs : Josh Gorges (A) – P.K. Subban ; Roman Hamrlik – Jaroslav Spacek ; Marc-André Bergeron – Ryan O’Byrne

Attaquants : Michael Cammalleri – Tomas Plekanec - Andrei Kostitsyn ; Travis Moen – Scott Gomez (A) – Brian Gionta (A) ; Tom Pyatt – Dominic Moore – Maxim Lapierre ; Benoît Pouliot - Glen Metropolit – Mathieu Darche

En réserve : Ben Maxwell et Sergei Kostitsyn
Blessés : Hal Gill (jambe), Andrei Markov (genou) et Paul Mara (épaule)


3 étoiles du match : Michael Leighton (Philadelphie), Ville Leino (Philadelphie) et Braydon Coburn (Philadelphie).