Russie - Finlande (Mondiaux 2010, 2e phase, groupe E)

Trop forts les Russes ?

OVECHKIN_Alexander-20100516-Russie-Danemark-9206Vingt-trois, c'est le nombre de victoires d'affilée compilées par la Russie en championnats du monde. La Sbornaïa est en effet invaincue depuis 2008, date de son premier sacre au Canada. Une série impressionnante, mais pas autant que l'arsenal réuni pour ce mondial allemand. Alors que de nombreuses sélections nationales ont enchaîné les désistements, Slava Bykov peut lui compter sur tous ses fidèles, bien souvent disponibles dès la fin de leur saison en NHL. C'est encore le cas cette année, avec Ovechkin (photo) au premier tour et le duo Malkin-Gonchar, sitôt l'élimination de Pittsburgh par Montréal en demi-finale de conférence.

Animés de cette "fibre patriotique", les Russes proches de leur configuration optimale, ce qui n'est pas le cas de leur adversaire du soir. La Finlande aborde ce choc privée de Lasse Kukkonen et Petteri Nummelin, ménagés, ce qui ouvre la porte à Juuso Hietanen. Le défenseur de Brynäs fait ainsi ses grands débuts en championnats du monde. Les absences de "Nummy" et Kukkonen  donneront également davantage de responsabilités à Sami Vatanen. "Je vais y aller en profitant de chaque instant" disait le petit (1,75 m) arrière de Jyväskylä avant la rencontre, conscient du travail qui attend son gardien Petri Vehanen, tout frais champion de... Russie avec Kazan !

Pekka Rinne, qui sera sa doublure (de luxe) d'un soir, ne craint pas la Sbornaïa et en appelle à une unité de tous les instants. "C'est une équipe solide, au moins sur le papier" reconnaît le gardien des Nashville Predators. "La moitié de leur équipe est formée d'étoiles de la NHL mais le hockey est un sport d'équipe et jouer en équipe est notre force. Je pense que nous pouvons battre la Russie si nous jouons comme une équipe." Qu'à cela ne tienne !

Sauf que cette Russie-là va encore une fois démontrer sa souveraineté. Pour cela, elle joue de son arme fatale : la supériorité numérique. Les deux premiers buts de "l'armée rouge" sont inscrits en powerplay. Le premier, en toute fin de premier tiers, est l'oeuvre du vétéran Sergei Fedorov, à la finition d'un beau mouvement collectif. Un slap raté d'Ovechkin profite à Semin, dont le tir (qui ressemble plus à un centre qu'autre chose) parvient à Fedorov, qui profite du décalage pour marquer dans une cage vide (1-0 à 16'42").

Une pénalité de Petri Kontiola aurait également profité aux Russes si Petri Vehanen n'avait pas sorti le grand jeu face au duo Kovalchuk-Malkin, qui se présentait à lui. Servi par Kovalchuk au second poteau, Malkin n'avait plus qu'à pousser la rondelle dans les filets. Sauf que Vehanen, pris à contre pied car mal embarqué en couvrant son poteau droit, a le réflexe de tendre le bras pour capter in-extremis le palet (30e). Un arrêt venu d'ailleurs. Tellement que l'arbitrage vidéo est demandé...

Evgeni Malkin aura sa revanche en punissant le laxisme d'une défense finlandaise complètement statique, comme pétrifiée par la qualité de passe adverse. Le schéma n'avait pourtant rien d'exceptionnel sauf qu'Ilya Kovalchuk, en place côté gauche, temporise juste ce qu'il faut pour servir l'attaquant de Pittsburgh. Tout seul dans  l'enclave, sans opposition, Malkin vise juste, entre les jambières de Vehanen (2-0 à 33'52").

Sonnés, les Nordiques se font piéger sitôt la remise au jeu gagnée par Anisimov. Ce diable d'Afinogenov file sur le flanc gauche, se remet sur son bon côté et tente un tir excentrée repoussé dans la mêlée par Vehanen. Ce palet brûlant n'est pas dégagé par la défense... mais il n'est pas perdu pour tout le monde. Aussi Nikolai Kulemin, qui avait bien suivi, se désaxe t-il pour tripler la mise (3-0 à 34'02").

La note est salée pour les hommes de Jalonen, désormais privés de Puistola et Hietanen, blessés. L'épaule de ce dernier a été victime d'une charge contre la bande de Kovalchuk, une action commentée avec colère dans les rangs finlandais.

Le troisième tiers reprend au son du canon. Celui d'Alekseï Emelin, qui expédie un véritable obus sur Petri Vehanen (4-0 à 42'15"). Le cinquième n'est pas loin, oeuvre d'un Maksim Afinogenov oublié par des Finlandais maladroits dans leur changement de ligne. Tellement que le rapide ailier de Buffalo, mis sur orbite par Kulikov, remonte le flanc droit avant de repiquer dans l'axe, se jouant au passage de Sami Kapanen (repositionné derrière pour pallier les blessures) pour marquer entre les bottes du gardien (5-0 à 42'55"). Petri Vehanen n'en méritait pas autant. Semyon Varlamov, lui, signe un jeu blanc du plus bel effet.

La Russie a encore marqué les esprits avant de retrouver le Canada en quarts de finale. L'occasion de laver l'affront de Vancouver et de poursuivre sa remarquable dynamique de victoires. D'autres retrouvailles attendent les Finlandais, face à des Tchèques qu'ils avaient sortis à... Vancouver. L'histoire va-t-elle se répéter ?

Commentaires d'après-match

Vyacheslav Bykov (entraîneur de la Russie) : "Un match contre le Canada est toujours un challenge pour notre équipe, quel que soit le tournoi. Celui-ci ne fait pas exception. Nous n'avons pas choisi notre adversaire, nous avons suivi notre chemin, et si la situation est ainsi, c'est le destin. Mais pour les Canadiens, un match contre la Russie, c'est exactement la même chose. Ils vont le préparer très sérieusement. Leurs précédentes rencontres n'importent pas. Ils vont jouer leur hockey et essayer de neutraliser nos leaders."

 

Russie - Finlande 5-0 (1-0, 2-0, 2-0)
Mardi 18 mai 2010 à 20h15 à la Lanxess Arena de Cologne, 11687 spectateurs.
Arbitres : Rick Looker (USA) et Marc Muylaert (CAN) assistés de Tobias Wehrli (SUI) et Frantisek Kalivoda (TCH).
Pénalités : Russie 22' (4', 10', 8') ; Finlande 32' (8', 12'+10', 8').
Tirs : Russie 35 (12, 12, 11) ; Finlande 36 (18, 6, 12).

Évolution du score :
1-0 à 16'42" : Fedorov assisté de Semin et Ovechkin (sup. num.)
2-0 à 33'52" : Malkin assisté de Kovalchuk et Gonchar (sup. num.)
3-0 à 34'02" : Kulemin assisté d'Afinogenov et Anisimov
4-0 à 42'15" : Emelin assisté de Kovalchuk
5-0 à 42'55" : Afinogenov assisté de Kulikov

 

Russie

Gardien : Semyon Varlamov.

Défenseurs : Denis Grebeshkov - Konstantin Korneïev ; Sergei Gonchar - Dmitri Kalinin ; Alekseï Emelin - Ilya Nikulin ; Dmitri Kulikov - Vitali Atyushov.

Attaquants : Aleksandr Ovechkin (A) - Sergei Fedorov (A) - Aleksandr Semin ; Ilya Kovalchuk (C) - Pavel Datsyuk - Evgeni Malkin ; Aleksandr Frolov - Alekseï Tereshchenko - Viktor Kozlov ; Nikolaï Kulemin - Artyom Anisimov - Maksim Afinogenov.

Remplaçant : Aleksandr Eremenko (G). En réserve : Vasili Koshechkin (G), Maksim Sushinsky, Sergei Mozyakin.

Finlande

Gardien : Petri Vehanen.

Défenseurs : Pasi Puistola - Juuso Hietanen ; Sami Vatanen - Janne Niskala ; Topi Jaakola - Mikko Mäenpää.

Attaquants : Jussi Jokinen - Jarkko Immonen - Antti Miettinen (A) ; Sami Kapanen (C) - Petri Kontiola - Juhamatti Aaltonen ; Antti Pihlström - Lauri Korpikoski - Juha-Pekka Hytönen ; Leo Komarov - Tommi Santala - Riku Hahl (A) ; Oskar Osala, Jori Lehterä.

Remplaçant : Pekka Rinne (G). En réserve : Iiro Tarkki (G), Lasse Kukkonen, Petteri Nummelin.