Bilan NHL : la division Atlantique

La saison NHL étant à présent terminée, c'est l'heure du bilan pour chaque équipe de la NHL. Tout d'abord, la division Atlantique, dans la conférence Est, qui est toujours une des plus relevée de la ligue : Pittsburgh a remporté la coupe Stanley l'an passé et, cette année, c'est Philadelphie qui a représenté la division en finale de coupe Stanley.


1. New Jersey DevilsLogo_NewJersey_petit, 103 points
Classement conférence : 2e
Classement ligue : 6e
Attaque : 19e de la ligue, 2,63 buts marqués par match
Défense : 1re de la ligue, 2,27 buts marqués par match
Parcours en playoffs : éliminés en quart de finale de conférence par les Flyers de Philadelphia 4 matchs à 1
Meilleurs marqueurs : Zach Parisé (AG) : 38 buts, 82 points
                                   Travis Zajac (C) : 25 buts, 67 points
                                   Jamie Langenbrunner (AD) : 19 buts, 63 points
                                   Patrik Elias (AG) : 19 buts, 48 points
                                   Brian Rolston (AD) : 20 buts, 37 points
En 2008/09 : 106 points, 1er de la division, 3e de la conférence, 5e de la ligue, éliminés en quart de finale de conférence des playoffs par Carolina 4 matchs à 3


L’intersaison des Devils du New Jersey a été marquée par l’arrivée de Jacques Lemaire au poste d’entraîneur. L’homme n’était pas un inconnu puisque c’est lui qui a mis en place au début des années 1990 la philosophie défensive qui est devenue la marque de fabrique de l’équipe (qui termine meilleure défense de la ligue cette année), notamment grâce à la mise en place de la trappe dans la zone neutre.

Les fans espéraient donc une redite des Devils de 1995 qui avaient remporté le titre. Car, depuis le titre de 2003, New Jersey peine dans les playoffs, avec 2 séries remportées contre 5 perdues. Si les Devils parviennent toujours à être performants en saison régulière, ils calent en playoffs, ce qui crée une grande instabilité au poste d’entraîneur (cinq en cinq saisons) du fait du niveau d’exigence important imposé par le manager historique de la franchise Lou Lamoriello. En fait, les fans ont eu une redite des Devils de 1998.

Cette année-là, les Devils avaient terminé en première position dans la conférence. Ils apparaissaient comme des candidats sérieux pour le titre et s’étaient adjoint les services d’un vétéran coté : Doug Gilmour. Finalement, les Devils avaient été éliminés par Ottawa (huitième de la conférence) et Jacques Lemaire avait été renvoyé. Si l’on remplace Gilmour par Kovalchuk, on a un résumé assez proche de la saison 2009/10.

Ainsi, à l’approche de la deadline en mars dernier, comme Ilya Kovalchuk n’avait pas trouvé d’accord pour signer un nouveau contrat, il apparaissait évident qu'Atlanta devrait échanger son capitaine. Finalement, c’est New Jersey qui parvient à obtenir le Tusse, l’un des meilleurs snipers de la ligue, qui a dépassé le seuil des 40 buts lors des 6 dernières saisons. On pense alors que cette arrivée va permettre au New Jersey de résoudre ses carences offensives (l’équipe termine la saison à la 19e place en terme d’attaque).

Toutefois, cette arrivée pose des problèmes. Tout d’abord, Kovalchuk évolue au poste d’ailier gauche, comme Zach Parisé, le meilleur buteur du club, il faut donc trouver comment harmoniser la première et la deuxième ligne. Ensuite, les Devils doivent une partie de leur efficacité défensive au travail des attaquants en défense, ce qui ne correspond guère à la réputation du Russe. Enfin, New Jersey attendait du joueur un impact dans les playoffs, or Kovalchuk n’en a quasiment jamais joué dans sa carrière (4 matchs en 7 saisons de NHL).

Malgré ces bémols, les observateurs s’accordaient à dire que les Devils étaient sur le papier un des favoris. Las, New Jersey a été la première équipe éliminée de ces playoffs après 5 matchs contre leur rival de division Philadelphie, avec notamment un blanchissage à domicile lors du dernier match.

Il est évidemment compliqué de déterminer les tenants et les aboutissants de cet échec. Un article paru dans la presse du New Jersey s’est penché sur la question en recueillant des confidences anonymes de joueurs. Parmi les problèmes qui ont précipité la fin de saison des Devils, certains ont pointé du doigt les constants changements de lignes opérés par Lemaire et le traitement de faveur de Kovalchuk (Lemaire n’exigeait pas de son ailier russe le travail défensif que les autres devaient accomplir). Une mésentente entre Lemaire et le capitaine Jamie Langenbrunner a aussi été évoquée. Cette mésentente a été perçue publiquement quand Lemaire a placé Langenbrunner en réserve le 3 avril pour un match contre Carolina, sans donner d’explication. Le joueur lui-même avait refusé d’évoquer cette décision devant la presse dans les jours qui ont suivi.

La question de la performance de Kovalchuk a aussi été posée : elle est capitale car le Russe va devenir un agent libre et les Devils pourraient se mettre sur les rangs pour le signer. D’un côté, on peut estimer qu'il a eu un bon rendement, avec 27 points sur ses 27 matchs avec le New Jersey même s’il n’a pas beaucoup marqué (10 buts avec un pourcentage buts/tirs de 9% contre plus de 17% avec Atlanta cette saison). En playoffs, Kovalchuk a été le meilleur marqueur de son équipe avec 6 points.

Le vrai problème de Kovalchuk, c’est que le signer va être coûteux. Il apparaît peu probable qu’il reçoive moins que les 6,39 millions de dollars de son contrat en cours. Or, les Devils ont encore des joueurs à signer pour boucler l’effectif de l’an prochain (au moins cinq : 2 attaquants, 2 défenseurs et 1 gardien). Ainsi, on peut penser que l’équipe va vouloir conserver Paul Martin, un de ses meilleurs défenseurs, et signer à la fois Kovalchuk et Martin semble impossible. De plus, Les Devils disposent déjà de deux joueurs de qualité au poste d’ailier gauche : Parisé et Elias.


2. Pittsburgh PenguinsLogo_Pittsburgh_petit, 101 points
Classement conférence : 4e
Classement ligue : 8e
Attaque : 5e de la ligue, 3,04 buts marqués par match
Défense : 20e de la ligue, 2,87 buts marqués par match
Parcours en playoffs : éliminés en demi-finale de conférence par les Canadiens de Montréal 4 matchs à 3
Meilleurs marqueurs : Sidney Crosby (C) : 51 buts, 109 points
                                   Evgeni Malkin (C) : 28 buts, 77 points
                                   Sergei Gonchar (D) : 11 buts, 50 points
                                   Jordan Staal (C) : 21 buts, 49 points
                                   Bill Guerin (AD) : 21 buts, 45 points
En 2008/09 : 99 points, 2e de la division, 4e de la conférence, 8e de la ligue, vainqueurs de la coupe Stanley 4 matchs à 3 contre Detroit


Tout semblait être favorable à Pittsburgh dans ces playoffs 2010 : alors que tous les champions de division de la conférence Est étaient éliminés dès le premier tour, les Penguins devenaient les derniers favoris dans le quatuor des demi-finalistes. Après la première victoire des Penguins contre les Canadiens de Montréal, les observateurs se sont répandus sur les différences entre Pittsburgh et Washington, soulignant que les champions en titre n’avaient pas les lacunes des Capitals et donc qu’ils parviendraient à battre Montréal sans encombre. Las, comme Ovechkin et ses coéquipiers, les Penguins ont été contraints à jouer un septième match de série face aux Québécois, à domicile, et ils l'ont perdu.

Si c’est Marc-André Fleury, le gardien des Penguins, qui a été le plus à la peine lors de ce septième match (il encaisse 4 buts en 13 tirs et sort au bout de 25 minutes), il faut noter que Sidney Crosby a été très en deçà des espérances des fans du club. Ainsi, après avoir été omniprésent lors des quarts de finale de conférence face à Ottawa (4 buts pour 14 points en 6 matchs), il a été plutôt transparent face aux Canadiens (1 but pour 5 points en 7 matchs). Les champions en titre sont ainsi sortis de la compétition alors qu’ils semblaient promis à une troisième finale de coupe Stanley d’affilée.

Un des éléments les plus surprenants chez les Penguins de cette année est la performance de Crosby en termes de buts. Certes, le jeune prodige canadien a toujours marqué beaucoup lors de sa carrière avec environ une trentaine par an sur ses quatre saisons dans la NHL. Mais cette fois, Crosby a marqué 51 buts et remporte le trophée Maurice Richard du meilleur buteur de la ligue (à égalité avec Steven Stamkos, du Lightning de Tampa Bay). Ce n’est pas une statistique étonnante pour Crosby, qui avait marqué 120 buts en 121 matchs avec Rimouski dans la ligue junior majeur du Québec, mais elle stigmatise le manque de production des ailiers.

Ainsi, les trois meilleurs marqueurs chez les attaquants de Pittsburgh lors de la saison régulière ont été les trois centres (Crosby, Malkin et Jordan Staal). Toutefois, si Crosby a connu une année offensivement remarquable, celle d’Evgeni Malkin a été plus compliquée. Le centre russe termine avec un différentiel de -6 et 100 minutes de punition (troisième joueur le plus pénalisé de son équipe, derrière les agitateurs professionnels Mike Rupp et Matt Cooke). Ses 77 points en 67 matchs constituent le total le plus faible de sa carrière en NHL, surtout après une saison 2008/09 parfaite (meilleur pointeur de la ligue avec 113 points et MVP des playoffs avec 36 points). On peut attribuer cette contre-performance à une blessure en début de saison, qui l’aurait empêché de trouver son bon rythme.

Le manque dans l’apport offensif des ailiers des Penguins fut donc important. Après des playoffs plutôt réussis l’an passé, la ligne Kunitz – Crosby – Guerin a repris du service. Toutefois, on ne peut pas attendre de Guerin, à 39 ans, un rendement supérieur à la vingtaine de buts par an. Quant à Kunitz, son jeu très physique (beaucoup de mises en échec) conduit ce petit ailier à être souvent blessé (il a manqué 32 matchs cette saison). Lors de ses blessures, Kunitz a généralement été remplacé par Pascal Dupuis, même si celui-ci a plutôt un profil de joueur de troisième ou quatrième ligne.

Pour ce qui est de la deuxième ligne, Malkin a été le plus souvent aligné avec Fedotenko et Dupuis. Bien que Fedotenko ait ainsi longtemps patiné à côté du meilleur pointeur de l’an passé, il n’a marqué que 10 buts pour 30 points avec en prime un différentiel total de -17. En playoffs, il ne s’est pas révélé plus décisif puisqu’il n’a marqué aucun point et s’est rapidement retrouvé en réserve, loin de sa performance de l’an dernier (14 points). Les Penguins ont fait venir Ponikarovsky de Toronto pour seconder Malkin, mais l’ailier gauche n’a pas convaincu, avec 9 points lors de ses 16 matchs de saison régulière avec Pittsburgh mais surtout avec un seul but pour 5 points lors des 11 matchs de playoffs auxquels il a participé (il en a lui aussi passé une partie en réserve).

Au niveau de la défense, l’équipe a souffert du départ de Hal Gill (à Montréal) et Rob Scuderi (à Los Angeles) qui ont laissé l’effectif sans beaucoup de défenseurs physiques. Les quatre principaux arrières de l’équipe cette saison ont été Sergei Gonchar, Brooks Orpik (seul défenseur véritablement physique) et les jeunes Kris Letang et Alex Goligoski. Si Gonchar a été le défenseur numéro 1 et animateur du jeu en supériorité numérique, il arrive en fin de contrat et sa resignature reste encore incertaine. Le départ du Russe impliquerait alors une responsabilité plus forte sur les épaules de Letang (alors sans doute aligné avec Orpik en première ligne).

Pour ce qui est de Marc-André Fleury, le gardien québécois a eu une saison plutôt compliquée (90,5% d’arrêts) malheureusement stigmatisée par son dernier match de la saison, face à Montréal en playoffs.


Logo_Philadelphia_petit3. Philadelphia Flyers, 88 points
Classement conférence : 7e
Classement ligue : 18e
Attaque : 8e de la ligue, 2,83 buts marqués par match
Défense : 15e de la ligue, 2,71 buts encaissés par match
Parcours en playoffs : éliminés en finale de coupe Stanley par les Blackhawks de Chicago 4 matchs à 2
Meilleurs marqueurs :  Mike Richards (C) : 31 buts, 62 points
                                    Jeff Carter (C) : 33 buts, 61 points
                                    Chris Pronger (D) : 10 buts, 55 points
                                    Daniel Brière (AD/C) : 26 buts, 53 points
                                    Claude Giroux (AD/C) : 16 buts, 47 points
En 2008/09 : 99 points, 3e de la division, 5e de la conférence, 9e de la ligue, éliminés en quart de finale de conférence des playoffs par Pittsburgh 4 matchs à 2


Il valait mieux ne pas être cardiaque pour les fans des Flyers cette année. En effet, la saison de Philadelphie a été plus proche des montagnes russes que du long fleuve tranquille. Le ton avait été donné dès l’intersaison par quelques actes du manager général de l’équipe, Paul Holmgren. Ainsi, le jour de la draft 2009, il effectue un échange avec les Ducks d’Anaheim : il envoie Joffrey Lupul (ailier gauche de deuxième ligne), le jeune défenseur Luca Sbisa (drafté au premier tour en 2008) et les choix du premier tour de draft pour 2009 et 2010 pour recevoir Chris Pronger. Il a donc fallu payer le prix, mais Holmgren a obtenu un des joueurs les plus craints de la ligue, même si cela pouvait sembler cher pour un défenseur de 35 ans.

Autre mouvement risqué, il a choisi de s’adjoindre les services de Ray Emery, le fantasque gardien blacklisté de la NHL après son départ fracassant des Senators d’Ottawa en 2008 à cause de nombreuses altercations sur et en dehors de la glace. Il avait ainsi rejoint la KHL et l’Atlant pour la saison 2008/09 même s’il souhaitait retourner en NHL. D’ailleurs, Holmgren, mécontent des performances de ses deux gardiens (Biron et Niittymaki) n’en a gardé aucun et a préféré embaucher un ancien Flyer, Brian Boucher. Un des avantages évident de la paire Emery – Boucher pour garder les buts était le faible prix : 1,5 million de dollars pour le premier et 925 000 pour le second.

Les Flyers était donc considérés comme des favoris potentiels. Pourtant, la saison commence difficilement et l’entraineur, John Stevens, est remercié alors que son équipe affiche 27 points en 25 parties. Peter Laviolette le remplace le 4 décembre mais rien ne semble aller : le nouveau coach démarre avec 8 défaites lors des 10 premiers matchs. De nombreux joueurs sont blessés durant cette période, comme Brière, Carter, Gagné et Timonen. De plus, Emery se blesse à la mi-décembre alors qu’il signait une saison plutôt correcte. Il est revenu ponctuellement courant janvier mais il a contracté une autre blessure à la cuisse qui s’est révélée persistante. Il a dû déclarer forfait pour le reste de la saison, voire pour la prochaine.

Brian Boucher est alors devenu le gardien titulaire, jusqu’à ce qu’il se blesse à un doigt le 21 décembre face aux Panthers de Floride. Les Flyers viennent alors juste de récupérer Michael Leighton, laissé disponible par Carolina : il se retrouve donc propulsé gardien titulaire, lui qui n’a joué que 76 matchs en 8 ans de carrière en NHL (pour 4 clubs) dont 5 cette saison sans grand succès (4 défaites et 84,8% d’arrêts). Contre toute attente, l’arrivée de Leighton dans les buts est bénéfique, car il enchaîne 8 victoires lors de ses 10 premiers matchs avec l’équipe. Finalement, il en joue 27, pour 16 victoires et 91,8% d’arrêts. Il est alors le titulaire indiscutable au poste de gardien… jusqu’à ce qu’il se blesse, à la mi-mars contre Nashville.

Boucher reprend le poste de numéro 1 mais peine à convaincre : alors qu’il rentre en cours de match face à Nashville, il encaisse son premier but après 20 secondes de présence sur la glace puis enchaîne les défaites. La position de Philadelphie au classement s’effrite sur la fin de saison et la qualification pour les playoffs se joue finalement sur le dernier match face aux Rangers de New York. Les Flyers passent aux tirs aux buts grâce à un arrêt crucial de Boucher face à Olli Jokinen.

Les choses s’emballent ensuite : ils écartent d’abord le rival New Jersey puis rentrent dans l’histoire en devenant la première équipe depuis 1975 à combler un déficit de 3 défaites dans une série pour finalement la remporter, aux dépens des Bruins de Boston. Alors que Boucher réussissait une belle performance depuis le début des playoffs, il se blesse face aux Bruins. Heureusement, Leighton revient de blessure juste à ce moment-là et parvient à clore la série face à Boston. Leighton se montre ensuite à son avantage face aux Canadiens de Montréal, en démarrant la série avec deux blanchissages de suite à domicile, et Philadelphie remporte la série en 5 matchs. Toutefois, en finale de coupe Stanley, les Flyers sont confrontés aux Blackhawks de Chicago, qui sont considérés comme les favoris. Malgré les efforts de Daniel Brière, qui termine à un point du record NHL de points lors de la finale de coupe Stanley (avec ses 12 points), Chicago remporte logiquement la série.

Après une intersaison 2009 animée pour Holmgren, celle de 2010 s’annonce aussi pleine de rebondissements. Le manager général pourrait ainsi de nouveau s’illustrer avant la draft, afin de récupérer par exemple un choix de premier tour (pour compenser celui perdu pour récupérer Pronger). L’équipe est proche de la limite du salary cap et il n’est pas impossible que Holmgren soit obligé de transférer un de ses meilleurs joueurs (on parle beaucoup d’un départ de Jeff Carter).


 

Logo_NewYorkRangers_petit4. New York Rangers, 87 points
Classement conférence : 9e
Classement ligue : 21e
Attaque : 16e de la ligue, 2,67 buts marqués par match
Défense : 10e de la ligue, 2,61 buts encaissés par match
Meilleurs marqueurs :  Marian Gaborik (AD) : 42 buts, 86 points
                                    Vinny Prospal (C) : 20 buts, 58 points
                                    Brandon Dubinsky (C) : 20 buts, 44 points
                                    Ryan Callahan (AD) : 19 buts, 37 points
                                    Michael Del Zotto (D) : 9 buts, 37 points
En 2008/09 : 95 points, 4e de la division, 7e de la conférence, 12e de la ligue, éliminés en quart de finale de conférence des playoffs par Washington 4 matchs à 3.


Lors d’un bilan de mi-saison, un blog notait parmi les bonnes surprises Marian Gaborik, l’ailier droit slovaque, et parmi les déceptions « tous les joueurs offensifs des Rangers qui ne s’appellent pas Marian Gaborik ». Cela pourrait presque faire office de résumé de la saison des Rangers. Pourtant, au début de la saison, Gaborik suscitait beaucoup de questions.

Drafté en 3e position en 2000 par la franchise naissante des Wild du Minnesota, Gaborik (28 ans) a connu une carrière intéressante mais difficile, souvent blessé (il n’a jamais joué une saison dans son intégralité), évoluant dans une équipe tournée essentiellement vers la défense (sous la houlette de Jacques Lemaire) mais offensivement toujours productif (219 buts et 437 points en 502 matchs avec Minnesota). C’est ainsi que, n’ayant pas été re-signé en fin de saison dernière, Marian Gaborik apparaissait comme l’un des agents libres les plus convoités sur le marché. Ce finalement sont les Rangers de New York qui ont signé l’ailier droit avec un contrat de 7,5 millions de dollars par an pendant 5 ans.

Pour parvenir à le signer, il leur a fallu libérer de l’espace dans leur masse salariale, ce qu’ils ont fait en transférant Scott Gomez à Montréal. Les Rangers sont des habitués de ce type de contrat qui consiste à payer au prix fort des agents libres. C’est ce qui s’est passé ces dernières années avec des joueurs comme Jaromir Jagr, Markus Näslund, Chris Drury, Scott Gomez ou Wade Redden. Pourtant, cette stratégie n’a pas toujours été couronnée de succès et, à part Jagr, aucun joueur signé n’a été à la hauteur de ses performances passées ou de la valeur de son salaire.

Mais Gaborik a été à la hauteur des espérances que le club avait placé en lui : 5e buteur de la ligue, il a marqué près de 19% des buts de son équipe à lui seul et a été impliqué dans près de 39% de ces buts, distançant largement ses coéquipiers au tableau de pointage. Le sniper slovaque a également joué un rôle important dans les périodes de supériorité numérique, marquant 14 buts (3e de la ligue). Il n’a finalement manqué que peu de matchs (6) et termine la saison avec le meilleur résultat statistique de sa carrière.

Il faut aussi évoquer un autre artisan dans la saison new-yorkaise : le gardien suédois Henrik Lundqvist. Le « roi Henrik » a encore été en première ligne pour sa cinquième saison sous les couleurs des Rangers, jouant un grand nombre des matchs de son équipe (73 sur 82, seul Martin Brodeur en a joué plus) et récoltant de bonnes statistiques (8e de la ligue au pourcentage d'arrêts comme à la moyenne de buts encaissés). Il aura aussi été héroïque lors du dernier match de la saison face à Philadelphia, mais ses 46 arrêts (sur 47 tirs) ne suffiront pas à assurer la qualification pour les playoffs.

Ainsi, même si les Rangers ont plus marqué et moins encaissé que l’an passé, ils n’ont paradoxalement pas réussi à atteindre les playoffs. Il faut dire que certains joueurs ont connu une baisse sensible de leur performance, comme le capitaine Chris Drury (passé de 56 points à 32, le plus mauvais résultat de toute sa carrière) et que l’équipe a perdu ses deux meilleurs buteurs de l’an passé : Näslund (parti à la retraite) et Nikolai Zherdev (parti en Russie jouer en KHL). La production offensive est parfois venue de joueurs inattendus. Ainsi, Sean Avery (que le site internet SB Nation, pour caractériser son niveau de jeu, qualifie d’« agitateur de classe mondiale ») termine septième place marqueur (31 points), juste derrière Drury. Olli Jokinen, arrivé de Calgary à la limite des transferts, a connu une fin de saison moyenne (4 buts et 15 points en 26 matchs) mais meilleure que les joueurs contre lesquels il a été transféré, Ales Kotalik et Christopher Higgins.

Les Rangers ont été proches d’avoir leur place dans le dernier carré. Ce n’est qu’en perdant leur dernier match face à leur concurrents directs (les Flyers de Philadelphie) qu’ils ont dû abandonner la course aux playoffs. S’ils avaient gagné, les Rangers auraient retrouvé les Capitals de Washington, en espérant renouveler leur belle prestation de l’an passé (deux victoires à Washington puis une avance de 3 matchs à 1, série conclue par une défaite au septième match). La fin de saison est plus amère cette année, conclue par une série de tirs aux buts perdue face aux Flyers.

 

 

Logo_NewYorkIslanders_petit5. New York Islanders, 79 points
Classement conférence : 13e
Classement ligue : 26e
Attaque : 21e de la ligue, 2,61 buts marqués par match
Défense : 28e de la ligue, 3,15 buts encaissés par match
Meilleurs marqueurs :  John Tavares (C) : 24 buts, 54 points
                                    Kyle Okposo (AD) : 19 buts, 52 points
                                    Mark Streit (D) : 11 buts, 49 points
                                    Matt Moulson (AG) : 30 buts, 48 points
                                    Frans Nielsen (C) : 12 buts, 38 points
En 2008/09 : 61 points, 5e de la division, 15e de la conférence, 30e de la ligue.


Reconstruction année 1 sur Long Island : après avoir drafté l’an dernier le jeune prodige John Tavares, les Islanders repartent autour d’un noyau de jeunes joueurs draftés ces dernières années (grâce aux piètres prestations de l’équipe) comme Kyle Okposo (21 ans, 7e choix de la draft de 2006) ou Josh Bailey (20 ans, 9e choix de la draft 2008).

Toutefois, la vraie révélation offensive de l’équipe est venue de Matt Moulson. Signé à l’intersaison, l’ailier gauche de 26 ans, qui n’avait joué que 29 matchs (pour 6 buts) lors de deux saisons avec les Kings de Los Angeles, a cassé la baraque en marquant 30 buts cette saison, grâce à une bonne alchimie avec Tavares. Toutefois, les observateurs doutent qu’il puisse réitérer cette saison.

Tavares termine premier pointeur de son équipe, ce qui est un bon signe pour lui, même si 54 points en 82 matchs n’est pas forcément le rendement que certains observateurs attendaient de lui. Le fait est que, dans ces années post-lockout, la NHL a connu une moisson d’excellents rookies et notamment deux prodiges précoces : Sidney Crosby (102 points lors de sa première saison à 18 ans) et Alexander Ovechkin (106 points à 20 ans). La pression est donc devenue importante sur les épaules des premiers choix de draft, Tavares cette année comme Stamkos l’an passé.

Le jeune buteur de Tampa Bay avait en fait surtout connu un début de saison dernière compliqué avant de trouver une bonne dynamique offensive sur la fin de saison. Tavares a connu un parcours assez semblable : il démarre bien avec 19 points lors de ses 21 premiers matchs puis connaît une baisse de régime en milieu de saison (17 points en 48 rencontres). Sa fin de saison est plus réussie : après un match référence de 5 points le 16 mars face à Vancouver, il réalise un bon dernier mois avec 18 points en 13 matchs. Les fans peuvent donc espérer que Tavares suive les traces de Stamkos et voir sa production offensive rester au niveau de sa fin de saison. Apparemment, la fracture du pied subie aux championnats du monde ne devrait pas l’empêcher de participer aux camps d’entraînement.

C’est d’ailleurs l’équipe toute entière qui a réussi une bonne fin de saison, même s’il va encore falloir travailler pour attendre le seuil d'équilibre (34 victoires pour 37 défaites dans le temps règlementaire cette année). Les Islanders terminent néanmoins avec 18 points de plus que l’an passé. C’est une bonne performance pour une équipe qui avait démarré la saison par 9 défaites lors de ses 10 premiers matchs.

New York a surtout eu de la difficulté au niveau défensif, à cause d’une escouade défensive largement jeune et inexpérimentée, à part Mark Streit qui a encore tenu son rôle de défenseur numéro 1 avec ténacité et est l’un des rares joueurs de l’équipe à ne pas finir avec un différentiel négatif. Quant à Brandon Witt, l’un des rares vétérans à ce poste, il s’est montré décevant avec un différentiel de -17 et a terminé la saison en AHL.

La situation des gardiens a encore été assez compliquée cette année. En effet, pour les Islanders, leur numéro 1 est Rick Di Pietro, drafté en première position il y a dix ans par l’équipe. Malheureusement, il a passé la majeure partie des deux dernières saisons à l’infirmerie, suite à une opération au genou. Le remplacement était effectué l’an passé par le tandem Yann Danis – Joey MacDonald mais leurs performances ont été jugées insuffisantes par l’équipe et le management est allé chercher à l’intersaison deux vétérans solides : Martin Biron, en rupture de ban avec Philadelphie, et Dwayne Roloson, à qui Edmonton ne voulait pas signer un contrat plus long qu’un an. Roloson, 40 ans, a obtenu un contrat de deux saisons et s’est révélé le véritable titulaire du poste.

Le retour de Di Pietro fut un tournant de la saison, mais pas dans le sens où l’équipe l’espérait. En janvier, les Islanders se situaient encore dans la course. C’est alors qu'il revient de blessure. Il joue 8 matchs avec 2 victoires et 6 défaites et finit par se blesser à nouveau. La cohabitation des 3 gardiens n’est pas profitable à l’équipe car elle ne remporte que 4 victoires pour 14 défaites dans la période qui suit le retour de Di Pietro, ce qui l'a définitivement écartée des playoffs.