Bilan de la KHL (partie 1) : équipes classées de 16 à 24

La présentation de la KHL commence par les équipes non qualifiées pour les play-offs. A priori ce ne sont pas celles qui regorgent le plus de stars, mais ce sont celles qui permettent le mieux de "prendre le pouls" de la ligue.

D'un côté, des clubs formateurs qui révèlent de futures stars (le Sibir avec Vladimir Tarasenko), de l'autre, des anomalies sur le plan de la sécurité en tribune ou du comportement sur la glace. Le meilleur et le pire de la KHL vous sont présentés afin livrer les éléments essentiels pour comprendre cette ligue.

 

Avtomobilist Ekaterinburg (16e) : et le contrôle des admissions ?

AvtomobilistL'Avtomobilist aurait pu être la bonne surprise de la KHL. Pour sa première saison, et alors qu'on lui prédisait le pire, cette équipe très limitée offensivement, sans aucun joueur capable d'atteindre la barre des trente points, a été emmenée en play-offs par l'entraîneur tchèque Marek Sikora. Ironie du destin, la qualification a été acquise à la dernière journée sur la glace du SKA Saint-Pétersbourg, l'équipe d'Aleksei Yashin, joueur originaire d'Ekaterinbourg.

Malheureusement, tout a été gâché lors des play-offs par un directeur commercial de 37 ans nommé Sergei Shafikov qui s'est pris pour un hooligan en surgissant sur le banc du Salavat et en blessant avec la crosse le second gardien Vitali Kolesnik. Profondément choqués par l'incident, Bykov et ses hommes ont perdu 4-3 ce soir-là, mais se sont vengés 8-1 le lendemain alors que les tribunes derrière les visiteurs ont été vidées par décision de la KHL avec expulsion des gens qui avaient payé leurs places.

Une amende d'un million de roubles a été infligée à l'Avtomobilist pour défaut de sécurité. La configuration de la patinoire devra être revue durant l'été. On a appris après coup que, lors du séminaire annuel sur la sécurité, un seul club avait manqué à l'appel : devinez lequel. Un comble quand on sait qu'Ekaterinbourg avait été admis en KHL... sur dossier !

 

Torpedo Nijni Novgorod (17e) : "je retourne ma veste"

Nijni NovgorodLe Torpedo Nijni Novgorod a réussi le changement d'entraîneur le plus grotesque de la saison : Evgeni Popikhin a été écarté en octobre parce que son équipe était rentrée bredouille d'une série de quatre déplacements, alors que son bilan global était équilibré. Mais, son successeur Sergei Mikhalev ayant perdu quatre rencontres sur cinq, Popikhin a été rappelé trois mois plus tard. Entre-temps, la cassure était faite, et jamais rattrapée.

Popikhin ne sera pas conservé, mais les supporters ne lui en tiennent pas rigueur, d'autant que l'entraîneur avait mis en place un jeu de puissance efficace autour du duo tchèque Pavel Brendl / Jaroslav Bednar. Ils pointent plutôt du doigt le directeur sportif Nikolaï Gorshkov, responsable de cet évitable "licenciement provisoire" en fixant des objectifs irréalistes, et surtout d'un recrutement qui a été très critiqué.

Les joueurs étrangers n'ont en effet pas eu l'apport espéré. Le défenseur tchèque Angel Krstev a été viré en novembre. Ses compatriotes attaquants et le centre suédois Joakim Lindström ont terminé avec un bilan négatif de buts encaissés, a contrario de leurs coéquipiers russes. Quant au gardien autrichien Bernd Brückler, il a connu un début de saison difficile avant sa blessure en novembre. Le Torpedo a alors récupéré Aleksandr Fomichev, dont le Sibir ne voulait plus et qui a montré de beaux restes.

Ces mauvais choix managériaux ont provoqué une réorganisation dans le club, avec la nomination d'un président pour reprendre les responsabilités décisionnaires : Andreï Ossipenko, conseiller municipal qui avait autrefois été membre d'un parti libéral d'opposition avant d'être poussé à en démissionner par une campagne de calomnie, est aussi un hockeyeur pendant ses loisirs, et il a été formé par l'école du club dans sa jeunesse.

 

Severstal Cherepovets (18e) : apparition d'un entraîneur

SeverstalDmitri Kvartalnov avait raccroché les patins à 41 ans. Meilleur marqueur du championnat soviétique 1990 avec son club formateur du Khimik Voskresensk, cet ailier de poche avait dû partir en Amérique du nord et exploser tous les compteurs en IHL pour gagner un contrat NHL avec les Bruins de Boston, où il a marqué 72 points dès sa première saison. Ayant ensuite été recalé en AHL, le petit gabarit a fait les beaux jours d'Ambri et de Klagenfurt au cours de sa longue carrière achevée il y a deux ans. Sa reconversion comme entraîneur a pris une nouvelle dimension lors des premiers jours de novembre lorsque, de simple adjoint, il a pris la succession d'Andrei Pyatanov. Une promotion rapide pour le jeune coach, qui ne devait être qu'une solution transitoire mais a fait son trou dans ce nouveau rôle.

Le redressement du Severstal en décembre (6 victoires d'affilée) a coïncidé exactement avec l'arrivée de Viktor Tikhonov, dont le grand-père au nom identique, ancien sélectionneur de l'URSS, avait coaché Kvartalnov au titre de champion du monde 1989... Après une année prometteuse sous l'égide de Wayne Gretzky, le petit-fils a pâti du changement de coach à Phoenix, puisque Dave Tippett avait tout de suite donné priorité aux vétérans, et il a donc obtenu d'être prêté en KHL. Il a marqué 14 buts - et une seule mention d'assistance ! - en 25 parties et dit avoir beaucoup travaillé son patinage à Cherepovets avant de retourner en NHL.

Kvartalnov a vite établi son autorité, et tant pis pour ceux qui ne suivaient pas le mouvement. Le troisième marqueur Nikolaï Lemtyugov a été envoyé sans remords à Kazan (où il n'a presque plus joué) en échange d'Evgeni Ketov, qui n'avait rien fait sous les couleurs d'Ak Bars mais a immédiatement réussi dans son nouveau club.

Le changement de référentiel a surtout profité à Vadim Shipachev. Formé au club, il n'était devenu titulaire en équipe première qu'en fin de saison dernière. À 22 ans, ce parfait inconnu s'est pourtant révélé soudainement en finissant meilleur marqueur de l'équipe.

 


Dynamo Minsk (19e) : sans Hanlon et sans âme

Dynamo MinskVladimir Naumov, désormais ex-président omnipotent du Dynamo Minsk et de la fédération biélorusse, a laissé un sacré bordel derrière lui avant de filer à Moscou pour de nouvelles missions professionnelles. Quand il a licencié Glen Hanlon fin octobre, il ne se doutait peut-être pas que le Canadien riposterait en démissionnant de son poste de sélectionneur national. Par contre, il devait savoir qu'il laissait une escouade canado-finlandaise aux bons soins d'un entraîneur local, Aleksandr Andrievsky.

Il était improbable que la mayonnaise pût prendre. Juste après la victoire en Coupe Spengler - le tournoi suisse aura été le seul rayon de soleil de la saison enbtre Noël et le Jour de l'An - le buteur de l'équipe Hannes Hyvönen a été écarté et envoyé à Kazan, pour cause d'incompatibilité de caractère avec le coach. De toute manière, il n'y avait plus rien à gagner. Le Dynamo Minsk était encore à la limite de qualification lors du renvoi de Hanlon, mais il a fini loin du compte, avant-dernier de la conférence ouest, même s'il aurait eu assez de points pour se qualifier à l'est.

Juste avant la clôture des transferts fin janvier, le club a même songé à vendre son meilleur marqueur Geoff Platt et sa star Ville Peltonen. Il se dit que c'est le président de la république lui-même qui y a mis son veto ! Si ces transferts froissaient la moustache de Loukachenko, c'est parce que celui-ci venait juste d'inaugurer la plus grande patinoire de KHL (15000 places, quatre mille de plus qu'à Saint-Pétersbourg). Or, la Minsk-Arena, nouveau projet d'envergure destiné à faire parler du Bélarus et de son bien-aimé président dans toute la planète, sonnait creux. Seuls 9300 spectateurs s'étaient déplacés au match d'ouverture contre Magnitogorsk (1-2). Et les supporters ont même menacé de boycotter le Dynamo en cas de départ des vedettes.

Platt et Peltonen sont donc restés, mais l'équipe a quand même lâché prise, à la fois physiquement et mentalement, en fin de saison. Lors du dernier match à domicile contre les bourrins du Vityaz, le public a même relevé qu'aucun coéquipier n'est allé aider Vladimir Denisov lorsque le défenseur international s'est retrouvé aux prises avec plusieurs joueurs adverses. Un manque de solidarité interprété comme un manque d'âme.

Le projet "Dynamo Minsk en KHL", né de la seule volonté de Naumov, va donc devoir repartir de zéro sans son concepteur après deux années désastreuses. Le club s'est vainement cherché une identité, ne formant ni une base pour l'équipe nationale, ni une vitrine efficace malgré l'afflux d'étrangers.

 


Sibir Novosibirsk (20e) : au nom du père et du fils

SibirLe Sibir continue d'être dirigé par l'humeur du gouverneur de la région. Ceci explique que la moindre contre-performance à domicile puisse remettre en cause tous les plans. Comme l'an passé, un nouvel entraîneur était arrivé avec un contrat de deux ans. Il est resté... deux mois. Deux semaines après un premier avertissement ("suspension" un soir de défaite puis maintien en poste le lendemain matin), Aleksei Semenov a été renvoyé pour de bon à la fin novembre.

Entraîneur intérimaire, Andrei Tarasenko a finalement, comme l'an dernier, été chargé de mener l'équipe jusqu'à la fin de saison, puisque les résultats étaient en hausse. Il a pu compter sur des attaquants efficaces, y compris le joker Igor Mirnov, arrivé en janvier et directement employé en première ligne.

Mais que peut-on espérer avec des gardiens tous en dessous de 89% d'arrêts ? Thomas Lawson, très peu performant, a été écarté en janvier, remplacé par son compatriote canadien Adam Munro qui n'a pas réussi à s'imposer. Yuri Klyuchnikov présentait le meilleur bilan et était logiquement titulaire, mais il a du même coup participé à la débâcle de la dernière journée. Le Sibir menait en effet 2-0 sur la glace du Vityaz... avant d'encaisser trois buts dans les deux dernières minutes du deuxième tiers-temps ! Battus 5-2, les Sibériens ont ainsi vu les play-offs leur passer sous le nez, et le manager Aleksei Kantsurov a remis sa démission.

Il paraissait acquis que le club était aussi à la recherche d'un nouvel entraîneur, et l'arrivée de Vladimir Vujtek était presque officielle... mais les négociations ont échoué avec le Tchèque. Comme le Sibir n'est pas à un revirement près, Andrei Tarasenko a finalement été confirmé comme coach !

Il aura l'avantage de s'occuper de son fils : Vladimir Tarasenko a en effet précisé qu'il resterait sous contrat avec le Sibir l'an prochain, quoi qu'il en coûte à sa position à la draft NHL. L'ailier de 18 ans, buteur explosif, a déjà pris un rôle prépondérant cette année (13 buts et la meilleure fiche avec +9) et a été convoqué en équipe de Russie senior en avril. Il est plus que jamais le talent russe qui se développe le mieux, et sa ville natale de Novosibirsk est un environnement idéal pour lui. Plus que pour un entraîneur en tout cas...

 


Amur Khabarovsk (21e) : loin... du compte

AmurLa nouvelle répartition géographique de la KHL a été décidée contre les clubs asiatiques - situés à l'est de l'Oural - qui en subissaient les inconvénients (moins d'affiches contre les prestigieuses équipes moscovites) mais pas les avantages, car ce sont surtout les clubs de l'ouest qui font les économies. C'est encore plus vrai de la seule équipe d'Extrême-Orient, tellement éloignée de toutes les autres que n'importe quel déplacement est long. Pourtant, c'est grâce à la création de deux conférences que Khabarovsk a pu être dans la course aux play-offs jusqu'à la fin. Il ne lui a manqué que 4 points pour se qualifier dans la conférence est... mais il en aurait fallu 24 de plus dans la conférence ouest !

Personne n'a vraiment réussi à surnager sur les bords du fleuve Amour. Il faut dire que les deux joueurs les plus connus de l'équipe n'ont pas terminé la saison. L'international biélorusse Viktor Kostyuchenok, pourtant capitaine, a en effet été écarté par le staff en novembre. L'ancien Brestois est alors parti au Spartak Moscou, avec lequel il avait déjà fait quelques matches amicaux en 2004/05 sans finalement signer de contrat. Kostyuchenok était peut-être moins efficace derrière que la saison précédente, mais cela ne s'est pas mieux passé en son absence. Vitali Shulakov s'est retrouvé leader défensif, un costume un peu grand pour lui puisqu'il a fini avec le pire bilan de la KHL (-22).

L'autre perte, c'est celle du gardien Tyler Moss, qui a dû rentrer en Amérique du nord début janvier pour se faire opérer du ménisque. Le petit gardien formé au club Aleksei Murygin (175 cm) a été plongé dans le grand bain en cours de match par cette blessure, alors que ses seules apparitions en équipe première il y a quelques années s'étaient mal passées. Mais cette fois, il s'en est bien sorti, et a été le titulaire pendant la fin de saison.

 


Lada Togliatti (22e) : la civilisation automobile remplacée par... celle du pétrole

LadaC'est la chronique d'une mort annoncée. La saison avait à peine commencé que déjà les joueurs adressaient déjà une pétition à la KHL pour protester contre leurs salaires en retard. Le gardien Vassili Koshechkin a demandé à être libéré de son contrat, et il a été exaucé le 15 novembre en partant pour Magnitogorsk. Ce second départ de son club formateur s'est beaucoup mieux passé que le premier et lui a permis de retrouver l'équipe nationale.

Mais à Togliatti, il ne restait plus que des ruines. Le directeur général Aleksandr Chebotarev a été suspendu à vie par la KHL pour avoir violé le règlement sur les cautions financières. Personne ne se faisait plus d'illusions sur le sort d'un club abandonné par ses sponsors et par les autorités locales.

L'entraîneur Piotr Vorobiev, qui avait tenu le fort dans la tourmente financière depuis des longues années, a été hospitalisé au même moment pour des problèmes de tension artérielle, remplacé par Sergei Svetlov. Il en fallait du courage, pour tenir ce poste : si les joueurs étaient payés systématiquement avec deux mois de retard car c'est la limite légale pour qu'ils ne soient pas délivrés de toute obligation contractuelle, les entraîneurs, eux, n'ont pas été payés de la saison. Et lorsque Vorobiev a recouvré la santé, il est parti ailleurs, à Yaroslavl.

Si les joueurs ont payé eux-mêmes leurs billets d'avion pour Moscou pour y retrouver le bus affrêté par le club et se rendre aux trois dernières rencontres après la trêve olympique, c'est parce qu'ils savaient que terminer le championnat "normalement" était une condition essentielle pour toucher leurs arriérés de salaire en fin de saison.

La fin de l'histoire était connue de tous. La KHL n'avait plus qu'une solution : exclure un Lada qui était déjà à la casse. Cette ville née au hockey dans les années 80 et championne d'Europe 1997, avant de subir le contrecoup d'une industrie automobile en crise, sera remplacée par une ville sans aucune culture sportive mais avec du pétrole dans son sous-sol, Khanty-Mansiysk...

 

Vityaz Chekhov (23e) : les brutes livrées à elles-mêmes

Vityaz ChekhovLe Vityaz n'a toujours pas mérité d'améliorer sa réputation exécrable. La réception de l'Avangard Omsk, si elle n'a pas fait de mort par manque d'encadrement médical cette fois, a viré au pugilat et n'a pu se terminer, 707 minutes de pénalité ayant été distribuées en moins de quatre minutes. Amende et menace d'exclusion de la ligue en cas de récidive : le Vityaz est plus que jamais dans le colimateur. Même le bailleur de fonds du club Boris Gromov, le gouverneur de la région de Moscou, a lui aussi eu des mots très durs en apprenant qu'une plainte criminelle avait même été déposée.

Comment en est-on arrivé là ? La réponse évidente est que l'effectif a été sciemment construit avec des hommes au passé douteux, censés importer en Russie le (pire visage du) hockey nord-américain. Le dernier en date est Brandon Sugden, un joueur suspendu à vie en ECHL pour avoir jeté sa crosse dans les tribunes en direction d'une supportrice qui lançait des chants faisant allusion à ses problèmes de drogue passés. Un mois après son arrivée en KHL, Sugden (136 minutes de pénalité en NHL et 983 minutes en AHL) a été un des principaux protagonistes de la fameuse bagarre.

La seconde partie du problème, c'est que ces cas parfois pathologiques ont été livrés à eux-mêmes, sans personne pour au moins essayer de cadrer leurs bas instincts. Juste avant que Sugden n'arrive, l'équipe avait en effet été privée en même temps des deux hommes capables de détenir une telle autorité : son coach et son capitaine.

Le coach, c'est Mike Krushelnyski. Peu de temps auparavant, le manager Aleksei Zhamnov avait fait l'éloge de cet entraîneur canadien très impliqué dans son travail qui commençait à parler en russe aux joueurs et qui s'abîmait les yeux sur les écrans pour préparer ses séances de vidéo. Cela n'a pas empêché le conseil d'administration du club de le licencier le 3 décembre pour le remplacer par l'entraîneur des juniors Aleksei Yarushkin, un peu "tendre" à 37 ans pour gérer une équipe aussi dure.

Or, le jour du premier match de Yarushkin, le club annonçait officiellement la fin du contrat du capitaine Chris Simon, rentré à New York pour raisons familiales en novembre. Simon est pourtant revenu en janvier, et il s'est même entraîné le matin du (non-)match infâmant, mais il avait été laissé en tribunes le soir et n'avait pu intervenir.

Bien sûr, ni Krushelnyski ni Simon ne sont des anges : le premier avait montré son majeur à un arbitre en début de saison, et le second avait pris 4 matchs de suspension. Mais ils auraient peut-être pu faire la part des choses. D'ailleurs, quand Simon est revenu au jeu, il a marqué sept points pour permettre au Vityaz d'aligner quatre victoires de suite. Les joueurs de Chekhov sont même restés ensuite invaincus sur leur glace jusqu'à la fin de la saison. Comme quoi ils seraient capables aussi de jouer au hockey sur glace et pas seulement au combat de rue ! Une incroyable nouvelle qui demande encore confirmation.

 

Metallurg Novokuznetsk (24e) : rajeunissement sur la glace et sur le banc

Metallurg Novokuznetsk105 buts en 56 matchs définissent la pire attaque de la KHL, et la saison écoulée n'a donc guère prêté à sourire. Novokuznetsk s'y attendait cependant. Même quand douze défaites se sont enchaînées consécutivement en novembre-décembre, le jeune entraîneur Dmitri Parkhomenko, intronisé à 36 ans, a donc pu travailler en paix. Il était consterné par la faiblesse de ses attaquants, mais il n'y pouvait rien.

Blâmer le recrutement ? Sûrement pas ! Le seul nouveau, Aleksandr Golovin, a été de loin le plus efficace (16 buts) et on peut être heureux qu'il ait été là dans une attaque tenue à bout de bras par les joueurs venus du Kazakhstan (Fedor Polishchuk et Dmitri Dudarev). Si les moyens alloués étaient si faibles, c'est qu'il s'agissait avant tout de stabiliser le club financièrement. Le maire Sergei Martin se vante aujourd'hui que le club n'ait de dette envers personne et puisse envisager un budget bientôt en hausse.

Le Metallurg Novokuznetsk a certes terminé dernier, mais, champion sortant chez les juniors, il a été jusqu'en finale de la MHL, la nouvelle ligue nationale junior créée par la KHL, en n'étant battu que par l'autre Metallurg (de Magnotogorsk). Les deux meilleurs marqueurs des play-offs de cette MHL, l'attaquant Maksim Kitsyn et le défenseur Dmitri Orlov, figuraient d'ailleurs dans les rangs des "Kuznetskie Medvedi", les Ours de Kuznets.

L'avenir appartient donc à Novokuznetsk... si ces jeunes restent, bien entendu. Le gardien Sergei Bobrovsky, pourtant une des priorités du club, a en effet signé un contrat NHL de trois ans avec les Flyers de Philadelphie.