Bilan NHL : la division Nord-Est

La division Nord-Est regroupe trois des six équipes historiques de la NHL et c'est aussi la seule division de la ligue (avec la division Nord-Ouest) à être composée majoritairement d'équipes canadiennes. Boston était donné favori en début de saison après son titre de champion de la conférence l'an passé mais les Bruins n'ont pas réussi à dominer la division. Ce sont les Sabres de Buffalo qui ont profité de la baisse de régime de Boston pour s'adjuger la division, même si les Bruins prendront leur revanche en playoffs.

Du côté des équipes canadiennes, Ottawa a tenté de digérer le départ de Dany Heatley à San José, Montréal a été plutôt décevant pendant la saison régulière mais les playoffs ont été bien meilleurs alors qu'à Toronto la saison a été un calvaire, l'équipe terminant dernière de la conférence.


Logo_Buffalo_petit1. Buffalo Sabres  , 100 points
Classement conférence : 3e
Classement ligue : 11e
Attaque : 10e de la ligue, 2,82 buts marqués par match
Défense : 4e de la ligue, 2,45 buts encaissés par match
Parcours en playoffs : éliminés en quart de finale de conférence par les Bruins de Boston 4 matchs à 2
Meilleurs marqueurs : Derek Roy (C) : 26 buts, 69 points
                                   Tim Connolly (C) : 17 buts, 65 points
                                   Jason Pominville (AD) : 24 buts, 62 points
                                   Thomas Vanek (AG) : 28 buts, 53 points
                                   Tyler Myers (D) : 11 buts, 48 points
En 2008/09 : 91 points, 3e de la division, 10e de la conférence, 18e de la ligue.


Les Sabres de Buffalo ont enfin retrouvé les playoffs après deux ans d’attente, à quelques points d’une qualification. Ces deux contre-performances étaient advenues après le départ des deux co-capitaines et leaders de l’attaque à l’été 2007, Daniel Brière (à Philadelphie) et Chris Drury (aux Rangers de New York). C’était un coup d’arrêt d’autant plus important que les Sabres avaient atteint la finale de conférence en 2006 puis 2007.

Buffalo a affiché cette année un visage bien connu des fans, puisque l’équipe était assez proche de celle qui avait atteint la finale de la coupe Stanley en 1999. En effet, les Sabres ont pu s’appuyer sur une défense performante menée par un gardien dominant (Ryan Miller cette année, Dominik Hasek il y a dix) tandis que la production offensive a été très homogène dans l’équipe. Ainsi, il n’y a pas vraiment de superstar dans les lignes des Sabres et aucun joueur n’a dépassé le stade des 30 buts, mais l’apport offensif vient de nombreux joueurs (12 joueurs ont marqué 10 buts ou plus) ce qui permet à Buffalo de terminer avec la dixième attaque de la ligue.

Le joueur qui a principalement marqué la saison à Buffalo est évidemment Ryan Miller. Le gardien américain ne s’est pas contenté de sa brillante performance lors des jeux olympiques, où il a été élu MVP et meilleur gardien de la compétition avec 94,6% d’arrêts bien qu’il n’ai obtenu que la médaille d’argent, il a aussi brillé en NHL. Il termine ainsi la saison régulière avec le deuxième meilleur pourcentage d’arrêts de la ligue (92,9%) derrière Tuukka Rask, des Bruins de Boston et il a reçu le trophée Vezina, qui récompense le meilleur gardien de la saison.

Les deux gardiens se sont d’ailleurs affrontés au premier tour des playoffs et c’est Rask qui a eu le dessus. Miller a ainsi reproduit ce qui s’était passé pour Henrik Lunqvist en 2006 : après avoir énormément contribué à la médaille d’or de son pays à Turin, le Suédois avait été éliminé prématurément des playoffs avec les Rangers de New York. Les Sabres ont aussi dû faire face lors de cette série à la blessure de leur meilleur buteur de la saison régulière (Vanek) lors du troisième match et au manque de production offensive de Tim Connolly, le deuxième meilleur marqueur de la saison (une seule assistance en six matchs).

Une des forces de Buffalo dans la saison régulière avait été leur capacité à tenir le score. Ainsi, quand les Sabres terminaient la deuxième période en menant, ils finissaient immanquablement par remporter le match (30 victoires dans ce cas de figure). Face à Boston, ils n’ont pas réussi à réitérer cette performance : lors du deuxième match de la série, Buffalo menait 2 à 1 au début de la troisième période avec la perspective de mener 2 matchs à 0 dans la série. Finalement, ce sont les Bruins qui l’ont emporté 5 buts à 3. La situation s’est reproduite pour le quatrième match : Buffalo menait 2 à 0 mais s’est incliné 3 buts à 2 en prolongation.

La bonne surprise de la saison est à mettre au crédit de Tyler Myers. Drafté en 2008 en douzième position du premier tour, le défenseur géant est passé du statut de rookie qui découvre la ligue en début de saison (et risquant de retourner dans son club de WHL) à celui de défenseur indispensable pour l’équipe. Il est ainsi le premier défenseur de l’équipe en terme de temps de jeu (24 minutes en moyenne par match), utilisé aussi bien lors des phases de supériorité que d’infériorité numérique. Même s’il n’est pas encore à l’aise quand il a le palet (beaucoup de pertes de palet), il a beaucoup impressionné par ses mises en échec et un grand nombre de tirs bloqués (137 en 82 matchs). De bonne augure pour un joueur qui a fêté ses vingt ans en début d’année et qui a remporté le trophée Calder du meilleur rookie de la saison.



Logo_Ottawa_petit2. Ottawa Senators, 94 points
Classement conférence : 5e
Classement ligue : 13e
Attaque : 15e de la ligue, 2,68 buts marqués par match
Défense : 18e de la ligue, 2,84 buts encaissés par match
Parcours en playoffs : éliminés en quart de finale de conférence par les Penguins de Pittsburgh 4 matchs à 2
Meilleurs marqueurs : Daniel Alfredsson (AD) : 20 buts, 71 points
                                   Jason Spezza (C) : 23 buts, 57 points
                                   Mike Fisher (C) : 25 buts, 53 points
                                   Alexei Kovalev (AD) : 18 buts, 49 points
                                   Milan Michalek (AG) : 22 buts, 34 points
En 2008/09 : 83 points, 4e de la division, 11e de la conférence, 22e de la ligue.


La saison avait commencé difficilement pour le club canadien avec le transfert de Dany Heatley. L’affaire s’annonçait délicate pour le manager général Bryan Murray : Heatley exigeait de partir et il avait refusé un transfert à Edmonton que lui proposait Murray grâce à une clause de son contrat. Heatley voulait en effet partir pour une équipe pouvant prétendre à la coupe Stanley, ce qui réduisait la marge de manœuvre de Murray. Finalement, l’ailier gauche a été envoyé aux Sharks de San José, au début de la saison, contre Milan Michalek, Jonathan Cheechoo et un choix de deuxième tour pour la draft de 2010.

Les Senators ne sont pas sortis vainqueurs de cet échange : si Cheechoo a autrefois été sacré meilleur buteur de la ligue (56 buts en 2005/06), il n’est plus que l’ombre de lui-même et sa production n’a fait que chuter au fil des années, jusqu’à atteindre 5 buts cette saison avec un différentiel de -13. Ottawa a donc cherché à s’en séparer, même s’il était peu probable qu’une équipe souhaite s’adjoindre les services d’un ailier droit payé 3 millions par an aussi peu productif. Son contrat a finalement été racheté par le club.

Michalek est le joueur le plus intéressant pour Ottawa dans ce transfert. Le Tchèque remplace poste pour poste Heatley comme ailier gauche de la première ligne même s’il est moins productif que le Canadien : si Michalek marque en moyenne une vingtaine de buts depuis qu’il a été drafté en 2003, Heatley a atteint deux fois la marque des 50 buts et se situe dans la quarantaine de buts.

Pour compenser ce déficit, les Senators ont embauché Alexei Kovalev sur le marché des agents libres, après son départ de Montréal, avec un contrat de deux ans pour 5 millions par année. Le choix était plutôt risqué car le Russe, âgé de 37 ans, a des difficultés de constance dans son jeu qui lui ont valu d'être beaucoup critiqué à Montréal. De fait, Kovalev a signé une saison assez similaire à sa dernière saison avec le club québécois : bien qu’il ait montré des signes de son talent (notamment quand il a marqué 3 buts et 4 assistances en quatre matchs avant la coupure olympique), il n’a pas réussi à être vraiment décisif. La fin de saison fut même mauvaise pour lui : il n’a inscrit qu’un but et une assistance dans ses 17 derniers matchs de saison régulière et il s’est blessé au genou à quelques matchs des playoffs, blessure qui a écourté sa saison. Ce fut un épilogue de saison d’autant plus décevant pour les dirigeants qu’ils espéraient que Kovalev apporterait à l’équipe son expérience des playoffs.

La principale arme offensive des Senators reste l’inoxydable Daniel Alfredsson, le capitaine de l’équipe, qui a fêté cette année son millième match sous les couleurs d’Ottawa. A 37 ans, l’ailier droit a été une nouvelle fois en haut du tableau des marqueurs de son équipe avec 71 points en 70 matchs. Il a également été très actif lors des playoffs, avec 8 points en 6 matchs. Néanmoins, il n’a plus l’efficacité de buteur qu’il avait auparavant et son total de 20 buts est son plus mauvais résultat depuis la saison 1998/99.

Il est suivi par Jason Spezza, le centre numéro 1 de l’équipe, qui signe une saison plutôt décevante. Il faut dire qu’il ne peut plus compter sur le talent de sniper d’un Heatley sur sa ligne. Toutefois, sa production offensive est en baisse depuis quelques saisons : après avoir inscrit environ 90 points par an entre 2006 et 2008, il est ensuite passé à 73 points en 2009 et 53 en 2010. Les fans ont commencé à le huer lors des playoffs, ce qui n’a évidemment pas plu à l’intéressé, qui a déclaré qu’il ne refuserait pas une offre d’échange.

L’aventure des Senators en playoffs a été courte, elle s’est terminée au bout de six matchs face aux champions sortants, les Penguins de Pittsburgh. La mission s’annonçait très compliquée pour Ottawa et le fait d’être privé de deux joueurs offensifs à cause de blessure (Michalek et Kovalev) n’a pas facilité les choses. La place de Michalek avec Spezza et Alfredsson a été occupée par Peter Regin avec succès. Le jeune Danois de 26 ans a signé de bons playoffs avec 3 buts en 6 matchs après une saison régulière plutôt discrète avec 29 points. L’autre joueur en vue a été Matt Cullen. Arrivé à la deadline contre un choix de draft pour apporter son expérience, il n’a pas déçu avec ses 8 points en 6 matchs.

Sur le plan défensif, la saison n’a pas été simple et l’équipe a terminé avec plus de buts encaissés que de buts marqués. Les défenseurs ont pourtant été très actifs, ayant pour la plupart un profil de défenseur physique (Volchenkov, Philipps et Campoli) et permettant à l’équipe d’être la quatrième de la ligue en terme de tirs cadrés reçus, derrière notamment Chicago et New Jersey. Si le défenseur débutant suédois Erik Karlsson, 20 ans, a un profil plus offensif que ses camarades de la bleue, il s’est lui aussi illustré dans son domaine avec 26 points en 60 matchs en saison régulière mais surtout 6 points en 6 matchs lors des playoffs.

Le problème est venu des gardiens : les Senators avaient échangé un de leurs centres, Antoine Vermette contre Pascal Leclaire lors de la draft 2009. Leclaire venait de perdre son poste de gardien numéro 1 à Columbus et il espérait devenir le titulaire à Ottawa. Malheureusement pour lui, ça n’a pas été le cas. Outre les blessures qui l’ont écarté un moment de la glace, ses performances n’ont pas été concluantes : 12 victoires pour 14 défaites avec 88,7% d’arrêts, ce qui est loin d’être ce que l’on peut attendre d’un gardien titulaire.

C’est finalement Brian Elliott qui a pris le poste quand Leclaire s’est blessé, avec de meilleures performances. Ainsi, l’équipe a signé une série de 11 victoires d’affilée à la fin du mois de janvier (un record pour la franchise) quand il était dans les buts. Toutefois, les choses sont devenues plus compliquées pour Elliott lors des playoffs, avec une moyenne de 4 buts encaissés lors des quatre premiers matchs. Finalement, Cory Clouston, l’entraîneur des Senators, a fini par remettre Leclaire dans les buts en désespoir de cause après une défaite 7-4. Le coup de poker a été positif : lors de son premier match comme titulaire, Leclaire effectue 56 arrêts (3 buts encaissés) et Ottawa arrache un sursis dans la série. Bien que Leclaire ait signé un autre match plutôt correct face à Pittsburgh (39 arrêts, 4 buts encaissés), Ottawa n’a pas réussi à écarter les Penguins de la compétition.



Logo_Boston_petit3. Boston Bruins, 91 points
Classement conférence : 6e
Classement ligue : 14e
Attaque : 30e de la ligue, 2,39 buts marqués par match
Défense : 2e de la ligue, 2,33 buts encaissés par match
Parcours en playoffs : éliminés en demi-finale de conférence par les Flyers de Philadelphie 4 matchs à 3
Meilleurs marqueurs : Patrice Bergeron (C) : 19 buts, 52 points
                                   David Krejci (C) : 17 buts, 52 points
                                   Zdeno Chara (D) : 7 buts, 44 points
                                   Mark Recchi (AD) : 18 buts, 43 points
                                   Blake Wheeler (AD) : 18 buts, 38 points
En 2008/09 : 116 points, 1re de la division, 1re de la conférence, 2e de la ligue, éliminés en demi-finale de conférence par Carolina 4 matchs à 3


Assez curieusement, même si Boston a chuté de la 2e à la 14e place au classement de la ligue en saison régulière, ils sont parvenus au même stade que l’an passé au playoffs, à la différence près qu’ils étaient considérés l’an passé comme des favoris sérieux pour le titre et cette année ils n’avaient que le statut d’outsider. La raison principale de cette chute provient du manque d’efficacité offensive de l’équipe. Ainsi, les Bruins avaient la 2e meilleure attaque de la ligue en 2008/09, avec 3,29 buts marqués par match, et ils ont terminé la saison régulière 2009/10 avec 2,39 buts par match, la plus mauvaise de toute la ligue.

Les déboires de l’équipe avec ses attaquants ont démarré dès l’intersaison : Phil Kessel, meilleur buteur en saison régulière avec 36 buts (plus 6 buts en 11 matchs de playoffs), n’a pas réussi à s’entendre avec les dirigeants pour un nouveau contrat. Peter Chiarelli, le manager général de l’équipe, a donc transféré les droits pour le signer aux Leafs de Toronto, contre leurs choix de premier tour de draft de 2010 et 2011 plus leur choix de deuxième tour de 2011. Chuck Kobasew, un autre buteur de l’effectif, a pour sa part été transféré au Wild de Minnesota à la mi-octobre 2009 (il avait inscrit 21 buts en 68 matchs en 2008/09).

Ce sont ensuite les blessures qui ont décimé l’équipe : Marc Savard, meilleur marqueur l’an passé avec 88 points, a été plusieurs fois blessé et n’a disputé que la moitié des matchs . Sa blessure la plus grave a été causée par Matt Cooke, de Pittsburgh, sur une charge dangereuse qui a écarté le centre des Bruins de la glace du début mars jusqu’au second tour des playoffs. Il termine toutefois avec un total honorable de 33 points en 41 matchs. Milan Lucic a lui aussi manqué beaucoup de matchs (32) alors que le club espérait qu’il compense le départ de Kessel. De plus, quand il a joué, il n’a pas eu le rendement attendu, terminant la saison régulière avec 20 points. Il a toutefois réussi des playoffs plus probants car, s’il démarre sans marquer de point lors de ses 5 premiers matchs, il enchaîne ensuite avec 9 points lors des 8 derniers matchs.

Les défenseurs n’ont également pas eu cette année la production de l’année précédente : ils avaient marqué un total de 50 buts l’an passé, menés par la paire numéro 1 Zdeno Chara (19 buts) et Dennis Wideman (13 buts), ils n’en ont inscrit que 32 cette année. Chara, le capitaine de l’équipe, aurait été handicapé par une légère blessure qui aurait empêché le géant slovaque d’utiliser pleinement son slapshot généralement dévastateur (il termine avec 7 buts). Quand à Wideman, il a vécu une année difficile et le public de Boston l’a souvent hué, notamment à cause de sa baisse de production offensive (il est passé de 50 points à 30).

Afin de renforcer l’attaque, les Bruins ont transféré Wideman aux Panthers de Florida avec un choix de premier tour de draft contre Nathan Horton, ailier droit de 25 ans. Horton a été drafté haut par les Panthers en 2003 (3e choix au total) mais il n’a jamais vraiment réussi à répondre aux attentes du club, en ne réussissant pas à marquer plus de 30 buts par an en saison régulière et en se forgeant une réputation de joueur parfois paresseux. Le staff de Boston espère sans doute qu’une partie du manque de production d’Horton venait de son envie de quitter le club.

Boston a envoyé leur choix en 15e position au premier tour à la draft à la Floride mais il leur reste un choix en 2e position, qui leur vient du transfert de Kessel. Grâce à ce choix très élevé, les Bruins ont repêché un des deux prodiges de cette promotion 2010, Tyler Seguin. L’arrivée de Seguin devrait apporter de l’offensive à l’équipe même si le poste de centre va devenir très fourni : il y a déjà beaucoup de centres de qualité dans l’équipe (Marc Savard, Patrice Bergeron et David Krejci), il pourrait donc y avoir du mouvement sur ce poste. La rumeur parle actuellement d’un départ de Savard pour Ottawa ou Toronto.

La satisfaction de Boston provient cette année encore de la défense, qui a permis à la plus mauvaise attaque de la ligue de participer aux playoffs. Cela ne semble pas étonnant quand on sait que les Bruins comptent dans leur effectif Tim Thomas, qui a été élu le meilleur gardien de la ligue l’an passé (en recevant le trophée Vezina). Il avait alors terminé premier de la ligue en terme de pourcentage d’arrêts avec 93,3%. Mais cette année a été plutôt difficile pour lui : il a joué la moitié des matchs de saison régulière avec plus de défaites que de victoires et finalement c’est le jeune finlandais Tuukka Rask qui a pris le poste de numéro 1. Cette baisse de régime de Thomas n’a pas surpris les observateurs nord-américains qui estimaient que ce gardien au style pas vraiment orthodoxe ne pourrait pas continuer à avoir des statistiques aussi élevées que 93% d’arrêts de moyenne.

Rask, 23 ans, a joué sa première saison avec l’équipe première après deux saisons prometteuses avec l’équipe mineure d’AHL des Bruins et il a été à la hauteur des attentes avec plus de victoires que de défaites en saison régulière et le meilleur pourcentage d’arrêts de la ligue (93,1%). Il a également découvert les playoffs de NHL et cela s’est plutôt bien déroulé avec de belles performances lors de la série face à Buffalo (où il a remporté son duel face à Ryan Miller) et au début de la série contre Philadelphie. Toutefois, comme le reste de l’équipe, il a souffert lors des quatre derniers matchs de la série perdus contre Philadelphie.

En effet, même si Boston peut se féliciter d’avoir atteint les demi-finales de conférence malgré les blessures et le manque de production offensive, la série perdue contre Philadelphie laisse un goût amer aux Bruins car ils menaient la série 3 matchs à 0. Le chemin semblait donc ouvert pour la finale de conférence mais les Flyers ont réussi l’exploit de sortir les Bruins 4 matchs à 3, cas de figure qui n’était plus arrivé depuis 1975. La série laisse donc beaucoup de regrets, comme lors du match 4 que Philadelphie remporte en prolongations ou le septième match où les Bruins ont mené 3 buts à 0, mais en vain.



Logo_Montral_petit4. Montréal Canadiens, 88 points
Classement conférence : 8e
Classement ligue : 19e
Attaque : 26e de la ligue, 2,56 buts marqués par match
Défense : 13e de la ligue, 2,66 buts encaissés par match
Parcours en playoffs : éliminés en finale de conférence par les Flyers de Philadelphie 4 matchs à 1
Meilleurs marqueurs : Tomas Plekanec (C) : 25 buts, 70 points
                                   Scott Gomez (C) : 12 buts, 59 points
                                   Michael Cammalleri (AG) : 26 buts, 50 points
                                   Brian Gionta (AD) : 28 buts, 46 points
                                   Andrei Markov (D) : 6 buts, 34 points
En 2008/09 : 91 points, 2e de la division, 8e de la conférence, 13e de la ligue éliminés en quart de finale de conférence par Boston 4 matchs à 0


Les Canadiens ont-ils réussi leur saison ? La question semble curieuse puisqu’ils n’ont été éliminés qu’en finale de conférence. La saison a été pourtant mouvementée et l’exceptionnel parcours de l’équipe en playoffs reste encore à confirmer, d’autant plus que l’un de principaux héros de l’épopée, le gardien slovaque Jaroslav Halak, a été transféré entre-temps. De fait, réaliser un bon parcours en playoffs alors qu’on est un outsider n’est pas forcément gage de réussite future. Ainsi, les Oilers étaient passés à une victoire près de l’obtention du précieux trophée en 2006. Toutefois, cette performance fut sans lendemain et Edmonton n’est pas retourné en playoffs depuis, jusqu’à atteindre la dernière place du classement cette année.

Cette saison des Canadiens a d’abord été marquée par les nombreux mouvements effectués à l’intersaison par Bob Gainey, le manager général de l’équipe de l’époque. En effet, Gainey a fait le choix de ne pas reconduire de nombreux contrats. Les quatre attaquants les mieux payés de l’équipe sont donc partis comme agents libres : Alex Tanguay, Saku Koivu, Alexei Kovalev et Robert Lang. Au niveau des défenseurs, ce sont Mike Komisarek, Francis Bouillon, Mathieu Dandenault, Mathieu Schneider et Patrice Brisebois qui sont partis. Gainey trouvait que les résultats n’étaient pas à la hauteur des espérances avec seulement une 8e place dans la conférence et une élimination rapide en playoffs face à Boston, le rival historique. L’objectif était de réussir à rajeunir l’équipe afin de la rendre plus compétitive, pour que les célébrations du centenaire du club soient réussies.

Le processus a donc conduit le club à se séparer de sa première ligne d’attaque Tanguay – Koivu – Kovalev. C’était d’autant plus étonnant que Koivu était le capitaine de l’équipe depuis 1999 et qu’il reste comme étant le dixième meilleur marqueur de l’histoire du Canadien (641 points en 792 matchs entre 1995 et 2009). C’est d’autant plus impressionnant de la part du Finlandais qu’il n’est devancé que par les grands noms du club historique (Guy Lafleur, Jean Béliveau, les frères Richard, Larry Robinson etc.) et surtout qu’il a joué à une période où les Canadiens étaient nettement moins dominateurs par rapport à l’époque des joueurs devant lui. Il est à noter également que seul Jean Béliveau et Saku Koivu ont été capitaines pendant dix ans dans l’histoire de Montréal. Le départ de Koivu a donc signifié la fin d’une époque, la seule décennie où le club historique n’a pas remporté de coupe Stanley. En outre, cette saison 2009/10 est la première dans l’histoire du club où l’équipe a évolué sans capitaine.

L’opération de refondation démarre même avant l’ouverture du marché des agents libres : Gainey transfère l’ailier Higgins et de jeunes prospects contre Scott Gomez et Tom Pyatt, deux centres. Le pivot de cet échange était Gomez, qui avait gagné deux coupes Stanley avec le New Jersey avant de signer un contrat très lucratif avec les Rangers de New York de 7 ans pour 7,35 millions de moyenne par an. Il s’est toutefois rapidement avéré que Gomez n’était pas à la hauteur de ce salaire avec 70 points la première année puis 58 points en 2008/09. Les fans furent assez déçus de cet échange car ils trouvaient que Gomez était surpayé, et d’autre part ils espéraient que Gainey ferait venir Vincent Lecavalier, joueur né à Montréal. Surtout, un des griefs contre Koivu était son absence de puissance du fait de sa petite taille, or Gomez n’est guère plus grand.

Cet échange eut plus de sens quand Gainey a effectué quelques signatures sur le marché des agents libres. Ainsi, le manager général du Canadien a signé Brian Gionta, qui avait joué auparavant sur la même ligne que Gomez à New Jersey avec une bonne alchimie qui leur a permis notamment d’atteindre tous les deux le plateau des 80 points en 2005/06. Autre signature importante réalisée par Gainey le 1er juillet, celle de Michael Cammalleri : l’ailier gauche venait de réaliser une superbe saison de 82 points avec Calgary (dont 39 buts). Certains observateurs étaient néanmoins sceptiques sur sa valeur, estimant que son contrat de 6 millions de dollars en moyenne par an était trop élevé.

Au niveau des défenseurs, Gainey fait signer Hal Gill (qui venait tout juste de remporter la coupe Stanley avec Pittsburgh), Jaroslav Spacek et Paul Mara. Ces arrivées compensent les départs mais aussi l’absence en début de saison d’Andrei Markov, le défenseur numéro 1 du club, à cause d’une opération à la cheville gauche.

Le début de saison est plutôt difficile pour le Canadien : Gomez est plutôt décevant et c’est Plekanec qui joue au centre de la première ligne. Quant aux buteurs de l’équipe, ils manquent beaucoup de matchs pour cause de blessure : Gionta se casse la jambe droite à la mi-novembre et manque 20 matchs. D’autres buteurs déçoivent : Guillaume Latendresse, l’ailier québécois, manque complètement son début de saison avec 2 buts en 23 matchs et est transféré au Wild du Minnesota contre Benoît Pouliot à la fin novembre.

À la mi-décembre, l’équipe est proche du fond du classement. Heureusement, Markov revient de blessure et l’impact est immédiat : le Canadien enchaîne avec 6 victoires en 7 matchs. Gomez trouve enfin de la complémentarité quand Pouliot vient sur la gauche de sa ligne avec Gionta à sa droite. En première ligne, Cammalleri et Kostitsyn sont chargés de marquer sur les ailes avec l’assistance de Plekanec, qui tient pendant une longue période la moyenne d’un point par match. La saison est néanmoins compliquée car les trois buteurs principaux de l’équipe (Cammalleri, Gionta et Kostitsyn) ne jouent qu’une soixantaine de matchs. Il en résulte que l’équipe est l’une des plus médiocres offensivement (26e de la ligue). Gainey finit par laisser sa place en février à Pierre Gauthier.

Le seul point réellement positif de l’équipe concerne le poste de gardien, partagé par Price et Halak. Le gardien slovaque effectue une saison régulière réussie avec plus de victoires que de défaites (contrairement à Price) et l’un des meilleurs pourcentages d’arrêts de la ligue. Toutefois, cela suffit juste à ce que l’équipe accroche les playoffs, à la 8e position comme l’an passé mais avec 5 points de moins et 32 buts marqués en moins. Tous ces changements d’intersaison pour ça ?

Curieusement, non. Alors que personne n’attend Montréal dans ces playoffs, l’équipe va réussir un parcours étonnant en éliminant la meilleure équipe de la saison régulière (Washington) puis le champion en titre (Pittsburgh) dans des séries de sept matchs. C’est alors la frénésie au Québec, qui s’enflamme pour le Canadien en espérant la première coupe Stanley depuis 1993. Mais, sans surprise, ces espoirs vont être douchés par la finale de conférence face à Philadelphie où Montréal est promptement éliminé en 5 matchs (dont 2 blanchissages d'entrée). Le Canadien a finalement été victime de son manque de production offensive, ses seuls atouts étaient la capacité des défenseurs à bloquer les tirs ou à repousser les attaquants adverses et évidemment Halak, devenu le héros des playoffs à Montréal. En attaque, seul Cammalleri se montre présent et décisif avec 13 buts en 19 matchs.

Autre joueur qui a été décisif dans les playoffs, le jeune défenseur P.K. Subban (21 ans) a été une bonne surprise pour les Canadiens. Il ne devait intégrer l’effectif qu’au début de la saison prochaine mais, en raison de blessures chez les défenseurs, il a été appelé pour la fin de saison et les playoffs. Il a été à la hauteur de la tâche ce qui n’était pas simple puisque il a dû affronter des équipes très offensives lors de ces playoffs.



Logo_Toronto_petit5. Toronto Maple Leafs, 74 points
Classement conférence : 15e
Classement ligue : 29e
Attaque : 25e de la ligue, 2,56 buts marqués par match
Défense : 29e de la ligue, 3,21 buts encaissés par match
Meilleurs marqueurs : Phil Kessel (AD) : 30 buts, 55 points
                                   Tomas Kaberle (D) : 7 buts, 49 points
                                   Alexei Ponikarovsky (AG) : 19 buts, 49 points (transféré à Pittsburgh)
                                   Matt Stajan (C) : 16 buts, 41 points (transféré à Calgary)
                                   Nikolai Kulemin (AG) : 16 buts, 36 points
En 2008/09 : 81 points, 5e de la division, 12e de la conférence, 24e de la ligue.


La saison des Leafs a commencé quand le fantasque manager général de l’équipe, Brian Burke, a transféré plusieurs choix de draft pour obtenir Phil Kessel, le meilleur buteur de Boston en 2008/09. Cet échange était plutôt controversé car Burke a envoyé les choix de premier tour de draft de l’équipe pour 2010 et 2011 pour un seul joueur. L’avantage de cet échange était toutefois qu’il apportait à l’équipe un surcroît de production offensive immédiat. Pour ce qui est de la défense, Burke a signé les agents libres Mike Komisarek et François Beauchemin pour apporter de la puissance.

Ces mouvements ont conduit des observateurs à estimer que Toronto pourrait être en lice pour une place en playoffs. Effectivement, l’arrivée de Kessel compensait largement le départ d’Antropov pour Atlanta au niveau de l’attaque. Mais le problème était que l’handicap majeur de l’équipe n’était pas offensif. En effet, Toronto a terminé l’année 2008/09 avec la dixième attaque de la ligue mais surtout avec la plus mauvaise défense. En cause, le gardien titulaire Vesa Toskala qui, bien qu’il avait terminé avec plus de victoires que de défaites, avait eu un pourcentage d’arrêts inférieur à 90%.

Pour remédier à cela, Burke a choisit durant l’été de signer un jeune gardien suédois de 25 ans, Jonas Gustavsson, qui jouait l’an passé à Färjestad. La pression fut grande pour celui qui était surnommé « monstret » en Suède car il lui a fallu s’adapter au jeu et au niveau de la NHL. Sans surprise, les débuts furent difficiles pour lui, d’autant que Toskala s’avéra aussi médiocre que l’an passé. Le premier mois de Toronto fut ainsi catastrophique : alors que les Leafs attendaient Kessel (blessé en début de saison), l’équipe a terminé le mois d’octobre avec une victoire et 11 défaites (dont 7 dans le temps règlementaire), le plus mauvais départ de l’histoire de la franchise. De plus, Komisarek se blesse après un début de saison difficile et voit sa saison terminée après une trentaine de matchs.

Toronto atterrit alors dans les tréfonds de la conférence Est et ne parviendra jamais vraiment à rattraper ce retard. Bien que l’équipe relève lentement la tête, les affaires se compliquent en janvier avec un nouveau mois compliqué (3 victoires pour 12 défaites dont 10 dans le temps règlementaire). Face à cette situation où les Leafs étaient définitivement hors course pour les playoffs, Burke a choisi de faire beaucoup de mouvements afin de compenser les carences de l’équipe ou de récupérer de jeunes prospects.

Ainsi, Burke a transféré Toskala et Jason Blake (décevant cette année après avoir été le meilleur marqueur de l’équipe l’an passé) pour obtenir Jean-Sébastien Giguere, le gardien vétéran d’Anaheim. Au niveau de la défense, Dion Phaneuf est récupéré de Calgary contre plusieurs joueurs dont Stajan, le centre de la première ligne. Ces arrivées apporte un nouveau souffle à l’équipe : Giguere vient épauler Gustavsson et jouer le rôle de mentor, alors que Phaneuf apporte du leadership à l’équipe. Ponikarovsky est quant à lui transféré à Pittsburgh en l’échange d’un des meilleurs prospects des Penguins, Luca Caputi.

Ron Wilson, l’entraîneur des Leafs, change les lignes suite à ces nombreux changements et il forme notamment une nouvelle première ligne Kulemin – Bozak – Kessel qui s’est avérée prometteuse. Gustavsson signe alors une brillante fin de saison avec une fiche de 7-2-1, de bonne augure pour la saison prochaine. L’équipe s’est, en plus, trouvé un nouveau capitaine en la personne de Phaneuf, intronisé après que la fin de la saison. Il est le premier capitaine de l’équipe depuis le départ à la retraite de Mats Sundin.