La DEL perd une région

La DEL se jouera - normalement - à 14 la prochaine saison (contre 15 cette année). Le promu Munich a été admis, tandis que Francfort et Kassel n'ont pas obtenu de licence en raison de leur situation financière.

Une décision commune pour les deux clubs de la même région (la Hesse, au centre du pays), mais deux situations très différentes. Le cas Francfort s'est dénoué vite et a fait l'effet d'une douche froide, tandis que l'affrontement judiciaire continue dans le cas Kassel.

La veille de l'assemblée générale, les dirigeants des Lions de Francfort avaient en effet annoncé avoir réussi le sauvetage de leur club. Ils avaient communiqué sur les discussions enfin abouties avec la municipalité, dont l'adjoint aux sports avait travaillé avec eux pendant la soirée pour finaliser leur dossier. Mais pendant qu'ils claironnaient leur confiance, le dossier qu'ils remettaient n'était en réalité pas recevable. Pour un club endetté comme Francfort, la DEL exigeait une caution égale à 1,8 millions d'euros (sur un budget de 6 millions), que les actionnaires autour du président Siggi Schneider n'ont pas pu ou pas voulu apporter. Malgré leur bluff à l'attention du public, ils ne pouvaient pas l'ignorer. Mais après ces faux espoirs, la communication - tardive - de la DEL sur l'exclusion de Francfort a été extrêmement brutale pour tous ses supporters.

Brutale, mais sans rémission. En quelques jours, la plupart des joueurs des Lions se sont déjà recasés. Le pilier de longue date, le gardien Ian Gordon, jouera désormais à Ingolstadt. Le défenseur Michel Périard, que Nuremberg aurait voulu voir revenir, a finalement signé au plus offrant (en DEL, le "plus offrant" signifie toujours Mannheim). Straubing a pour sa part récupéré le centre Derek Hahn et le défenseur allemand Sebastian Osterloh, qui y avait déjà joué une saison en 2e Bundesliga il y a six ans avant d'intégrer la DEL. Reste notamment le meilleur marqueur du championnat Jeff Ulmer, qui pourrait atterrir à Berlin.

Par contre, le cas des Kassel Huskies reste toujours aussi emberlificoté. Les positions des uns et des autres n'ont pas bougé. Les autres clubs reprochent toujours à l'avocat qui dirige la manoeuvre (Fritz Westhelle) d'avoir effacé artificiellement une dette de deux millions d'euros par une faillite, ce qui fausse toute compétition. Les créanciers n'ont en effet récupéré que 8% de leur mise - chiffre qui s'est finalement élevé à 20% selon Westhelle du fait de l'opposition de certains créanciers dont la DEL (remboursés afin que les créanciers restants votent à l'unanimité le plan proposé et mettent un terme à la procédure de faillite).

Kassel, pour sa part, maintient sa position en faisant valoir que le règlement de la DEL prévoit que les clubs "peuvent" voter l'exclusion d'un club en faillite, mais qu'ils n'y sont pas obligés. Ils l'ont cependant toujours fait, et les Huskies avaient voté comme les autres. Ce qui les en a empêchés cette fois, ce sont les multiples référés - quatre ! - que Kassel a obtenu d'un juge de Cologne (sans audition contradictoire, fait valoir la DEL) pour empêcher son exclusion au moyen de menaces judiciaires. L'assemblée générale a cependant trouvé un "truc". Elle a gardé les Huskies comme membre de la DEL pour l'instant, mais sans leur délivrer la licence pour jouer la saison prochaine. Une situation de "membre inactif" qui est évidemment inédite pour la ligue.

Le compromis proposé par le club - le laisser jouer la saison 2010/11 quitte à accepter toute décision par la suite - a été refusé par la DEL. Les Huskies en retour ont refusé la proposition d'un arbitrage indépendant avant le 31 juillet, car ils veulent en préalable cette assurance sur la saison à venir. On en reste donc à un échange de lettres ouvertes avec un ton plus cinglant.

Le courrier commun des 14 autres clubs fait un résumé sans concession en soulignant que la procédure de faillite a été ouverte trois jours après la prise en main du nouveau propriétaire (Dennis Rossing) dont chacun sait que le but est de construire une salle multi-fonctions où le hockey sur glace occuperait une place importante. En regard de l'investissement de plusieurs dizaines de millions d'euros, le rapprochement est vite fait : Rossing rachète le club pour préserver ses bénéfices futurs mais se débarrasse des dettes. Il est en effet notoire que si la reprise du club par Rossing a pris autant de temps - deux mois d'atermoiements entre l'annonce fin janvier et la prise d'effet fin mars - c'est justement à cause de cette ardoise de deux millions d'euros qu'il ne voulait pas récupérer.