Bilan de la KHL (partie 2) : équipes classées de 9 à 15

Poursuivons le bilan de KHL avec les équipes éliminées au premier tour des play-offs. Forcément, il y a eu du grabuge. Car il est nécessaire d'expliquer les échecs retentissants de géants supposés et de leurs stars (Yashin, Hudler, Omark, Jagr...) parfois... privées de McDonald's !

 

SKA Saint-Pétersbourg (9e) : le phare coulé dans la Baltique

SKACela fait des années que le SKA Saint-Pétersbourg, le club du président de la KHL Aleksandr Medvedev, s'échine vainement à devenir un "grand". Cette année, les millions de Gazprom ont semblé mieux investis.

Les deux recrues-vedettes ont en effet convaincu : Aleksei Yashin a formé rapidement la meilleure ligne de KHL avec Petr Cajanek et Maksim Sushinsky, pendant que Sergei Zubov, rentré de 17 saisons de NHL, a fini meilleur marqueur des défenseurs de KHL avec 42 points. Sa vision du jeu toujours exceptionnelle compensait l'âge de ses jambes, a été complémentaire de la vitesse de l'arrière canadien Raymond Giroux, son partenaire privilégié en fin de saison.

Le SKA s'est donc envolé, jusqu'à terminer avec 20 points d'avance dans la conférence ouest, pourtant la plus relevée. De quoi en faire l'équipe-phare de la KHL. Même le faible soutien du public de la capitale des tsars, qui ne collait guère à l'image souhaitée d'un grand club, n'était plus qu'un mauvais souvenir. Passant de 6500 à 9500 spectateurs, la patinoire du Mondial 2000 devenait enfin un temple du hockey et non plus un lieu maudit !

Cette réussite a cependant été enterrée par une élimination retentissante au premier tour des play-offs contre le Dynamo Riga. Les deux semaines de pause accordées par l'entraîneur canadien Barry Smith avant la pause olympique ont cassé le rythme de l'équipe, et cette erreur sera sa dernière. Son contrat s'achève sur ce nouvel échec.

Pour autant, le coach ne saurait être seul responsable. L'effectif du SKA avait des lacunes. Smith se plaignait notamment du manque de défenseurs agressifs, un état de fait dû essentiellement à l'absence prolongée de Darius Kasparaitis : jamais remis de sa collision avec Kalyuzhny en janvier 2009 (fracture du pelvis et nombreuses opérations), l'ancienne terreur de la NHL va finalement mettre un terme à sa carrière. Malgré une proposition concurrente de l'AIK (sa famille habitue Stockholm), il deviendra assitant-coach à Saint-Pétersbourg l'an prochain.

Quant à l'attaque, même si le trio Sushinsky, Yashin, Cajanek est resté efficace jusqu'en play-offs, il n'a pas reçu assez de soutien. La deuxième ligne But-Ekman-Korolyuk a très bien fonctionné jusqu'en novembre, au moment où Nils Ekman s'est blessé. Le centre suédois n'a ensuite jamais retrouvé son niveau offensif, alors que son pourcentage d'engagements et sa contribution défensive laissaient à désirer selon son entraîneur.

 


Dynamo Moscou (10e) : le talent... en papier

DynamoLa qualité technique des recrues dynamistes avait de quoi faire saliver, la difficulté résidait dans la cohésion à trouver entre des individualités aussi saillantes. Dès une défaite contre le Severstal fin septembre, leur entraîneur Sergei Kotov se dit fatigué de devoir essayer de persuader ces recrues de talent de jouer au hockey. Pourtant, les vétérans de l'équipe (Eremeev, Markov, Zhitnik, Vyshedkevich) ont demandé au président Mikhaïl Golovkov de ne pas accepter sa démission. Kotov a cependant dû être hospitalisé en raison de fortes douleurs au dos, qui l'obligeaient notamment à rester debout à certaines conférences de presse d'après-match. Il n'y avait donc d'autre choix que de le remplacer, mais les candidats prestigieux envisagés n'étaient pas libres.

Le jeune coach Andrei Khomutov est finalement recruté. Il communique une énergie permanente aux joueurs, contrairement à Kotov, très calme et réfléchi. Khomutov resserre aussi la bride en décrétant qu'il n'y aura aucun traitement de faveur. Il tiendra parole : Oleg Saprykin et Vadim Epanchintsev, deux joueurs arrivés du CSKA durant l'été pour être des leaders offensifs, sont privés de temps de jeu en supériorité numérique, envoyés un match en équipe réserve, et finalement échangés : au SKA pour Saprykin, le buteur décisif de la finale mondiale 2009 qui a perdu son statut d'international au passage, et à l'Atlant pour Epanchintsev.

Les stars ont-elle donc trouvé un maître ? Les play-offs prouveront le contraire. Matthias Weinhandl, seul étranger irréprochable, est diminué par une commotion cérébrale. "Le" centre capable de livrer la rondelle dans la palette du buteur suédois, Jiri Hudler, disparaît totalement lors de ces phases finales, alors que le Tchèque qui avait pourtant correctement contribué aux deux finales de Coupe Stanley de Detroit.

Même absence chez le prodige suédois Linus Omark, qui ne marque plus le moindre but et ne semble pas encore prêt à se mettre mentalement dans une configuration de play-offs. Alors que le Dynamo a remporté le troisième match de sa série contre le Spartak après avoir perdu les deux premiers, Omark va demander l'autorisation d'aller manger dans un fast-food. Le président lui répond qu'il n'en est pas question, mais qu'il sera prêt à payer le dîner à toute l'équipe si elle se qualifie au cinquième match. Las, le Dynamo sera éliminé dès le match suivant.

Déception encore plus large au sujet de Daniil Markov. L'ancien arrière de NHL ne s'implique plus physiquement dans la bataille, et devient dans ces conditions un joueur médiocre. Il n'a pas su compenser l'absence préjudiciable du capitaine Aleksei Zhitnik, blessé avant les play-offs. Le contrat de Markov, qui courait jusqu'en 2012 sera même résilié, tout comme... son permis de conduire ! Après avoir eu un léger accrochage avec sa Mercedes alors qu'il conduisait ivre, il a refusé de se soumettre aux policiers et a vu sa licence suspendue 19 mois pour insubordination.

Les renforts étrangers repartent de leur côté sans avoir rien ajouté à leur gloire. Hudler est libre de retourner à Detroit, un an après son départ fracassant. Les "inséparables" Omark et Harju partent aussi en NHL et vont finalement devoir se séparer puisque leurs droits y appartiennent à des clubs différents. Le don d'Omark pour garder le palet sera-t-il vraiment utile à Edmonton ? Johan Harju aura-t-il le niveau à Tampa Bay après avoir paru franchement limité pour la KHL ?

De toute façon, il ne restera plus rien. Mikhaïl Golovkov, dont le groupe avait investi dans le Dynamo Moscou il y a quatre ans en visant des terrains pour construire des stades et patinoires, n'a en effet jamais pu se mettre d'accord avec le bureau directeur sur la répartition des bénéfices. Le président investisseur est donc parti, et avec lui la principale source de financement du Dynamo. Endetté, désargenté, ce club historique du hockey soviétique, dont la belle équipe n'aura finalement existé que sur le papier cette saison, sera contraint à une fusion avec le MVD pour survivre.

 


Atlant Mytishchi (11e) : tout pour l'attaque

AtlantL'efficacité offensive reste la pierre angulaire du jeu de l'Atlant, et avec un leader de la trempe de Sergei Mozyakin, meilleur marqueur de la KHL (27 buts et 39 assistances), l'attaque reste redoutable, surtout que le Tchèque Jan Bulis a pleinement exploité son potentiel pour cette troisième saison au club (25 buts). Malheureusement, on ne peut pas en dire autant de Nikolaï Zherdev (13 buts), un ton en dessous de ses deux précédentes saisons en NHL, et qui a perdu toute chance d'être rappelé en équipe nationale.

Or, l'équipe de Mytishchi repose sur des talents offensifs pas réputés pour leur pragmatisme défensif. Les deux leaders ont été très efficaces, mais les autres n'ont pas eu une contribution suffisante dans le jeu.

La première victime en a été l'entraîneur qui avait mis en place le style attrayant et offensif de l'Atlant, Fedor Kanereïkin. Après une défaite 0-6 contre Ufa fin octobre, il a été convoqué dans le bureau du vice-gouverneur de la région de Moscou et s'est vu signifier son licenciement. Il a été remplacé par Nikolaï Barshchevski, qui entraînait l'équipe-ferme du Lokomotiv Yaroslavl. Ce club n'aura pas à regretter de l'avoir libéré, car l'Atlant a finalement été éliminé au premier tour des play-offs... par Yaroslavl. Hiérarchie maintenue.

En plus d'une meilleure profondeur offensive, il a manqué un grand gardien à Mytishchi pour aller loin. Beaucoup d'espoirs avaient été placés sur Martin Gerber, préféré à Kevin Weekes dans le recrutement. Mais quand le gardien suisse a enfin retrouvé son niveau après une adaptation difficile, il s'est blessé dans une collision avec un attaquant adverse sur la "glace maudite" de Chekhov en décembre. Après le décès de Cherepanov l'an passé, on a craint le pire pour la colonne vertébrale de Gerber, évacué avec un collier cervical. Après un diagnostic rassurant, il a heureusement pu revenir au jeu pour les championnats du monde. Sa saison à l'Atlant s'est néanmoins achevée là, et son remplaçant, le vétéran slovaque Jan Lasak, n'était pas au même niveau. Chacun sait que la carrière du champion du monde 2002 est derrière lui.

 

Avangard Omsk (12e) : Jagr au milieu du désert

AvangardSi l'Avangard Omsk a retrouvé un bilan positif cette saison, il le doit uniquement au redécoupage géographique. La division Chernyshev est la plus faible de la KHL, et en rencontrant quatre fois au lieu de deux leurs cinq collègues de poule, ils ont amassé la moitié de leurs points ! Même ainsi, ils ont à peine fait illusion à la cinquième place de la conférence est, derrière le Neftekhimik Nijnekamsk, un club très peu renommé qui serait donc leur adversaire au premier tour.

Omsk pouvait-il réussir à se transformer en play-offs comme l'an dernier ? Pour s'en assurer, Anatoli Bardin, toujours le vrai patron du club même s'il était suspendu par la KHL jusqu'au 25 novembre, a pris une décision pour le moins surprenante par son timing : il a mis à la porte le discret entraîneur Igor Nikitin juste avant les play-offs pour le remplacer par le caractériel Raimo Summanen, l'homme qui avait été renversé de son poste de sélectionneur de la Finlande en raison de sa brutalité verbale.

Summanen n'a guère eu le temps de ruer dans les brancards, sinon par un coaching tranchant. Anton Babchuk, qui avait été le meilleur défenseur en saison régulière, a en effet connu la disgrâce après une série de trois buts encaissés d'affilée au début du deuxième match à Nijnekamsk : il a été cloué sur le banc jusqu'à la fin de la série.

Une décision qui n'a rien changé, puisque l'Avangard a été éliminé en trois manches sèches, ce qui n'a pas empêché Summanen d'être confirmé pour la prochaine saison. Le problème des Sibériens est ailleurs, puisque c'est aussi leur plus grand atout : Jaromir Jagr. L'équipe est construite autour de lui, mais elle se repose beaucoup trop sur sa ligne, alimentée par le meilleur joueur de KHL aux engagements (Aleksandr Svitov avec 61,6%). La star tchèque peut se démener tant qu'elle peut, on ne bâtit pas une formation avec un seul joueur.

 


CSKA Moscou (13e) : le président fait diversion sur la glace

CSKAPour sa première année de présidence aux commandes du CSKA Moscou, Vyacheslav Fetisov a surtout fait parler de lui quand... il est monté lui-même sur la glace à 51 ans. C'était mi-décembre, contre le SKA Saint-Pétersbourg, pour pallier l'absence de Denis Kulyash blessé au pied. Le retour de Fetisov n'a duré que onze minutes, avec un bilan de cinq interceptions et un but encaissé, mais il a créé l'évènement compte tenu de l'importance sportive et politique du personnage. Les collègues parlementaires de Fetisov ont à eux seuls réclamé 70 invitations.

Cette diversion médiatique n'a pas masqué le net déclin du CSKA Moscou. Après un début de saison réussi grâce au système défensif qu'il a mis en place, l'entraîneur Sergei Nemchinov n'a plus trouvé de solutions à ce revirement de tendance. Il a régulièrement critiqué ses leaders comme Denis Parshin, accusé de faire des "pirouettes" dans les espaces libres au lieu d'aller dans le trafic vers la cage. Mais avec des renforts étrangers décevants (Schaefer, Hartigan, Dimitrakos) et des joueurs de fond de banc à peine au niveau, le CSKA ne pouvait pas faire autrement que se reposer sur les cadres comme Parshin.

Il restait bien sûr la possibilité de remanier l'effectif. Le CSKA Moscou a ainsi échangé son arrière international Denis Kulyash à Omsk contre le plus défensif Filip Metluyk, et son centre Piotr Schastlivy à Ufa contre le plus jeune Ilya Zubov. Ces modifications ont cependant créé plus de problèmes qu'ils n'en ont résolu. Sans le slap de Kulyash, le jeu de puissance a perdu son arme fatale. Sans l'autorité de Schastilivy, le capitanat a été affaibli, car confié au défenseur international Konstantin Korneev, encore jeune et considéré trop "gentil" pour être aussi écouté dans le vestiaire.

Les play-offs face au MVD ont parfaitement illustré l'absence de plan B pour Nemchinov. Le coach a semblé improviser des mesures désespérées : tour à tour, l'attaquant canadien Mark Hartigan, le gardien Konstantin Barulin, le duo Leshchev-Filatov (constitué en novembre) et même Denis Parshin - pourtant l'attaquant avec le plus gros temps de jeu de toute la KHL - ont fini sur le banc. C'était plus une punition qu'une solution, car les cols-bleus de l'équipe, laissés seuls en piste à la fin du dernier match, n'ont évidemment pas réussi à renverser la série, là où leurs leaders n'y étaient pas parvenus.

Fetisov a été obligé de battre sa coulpe devant ces résultats bien inférieurs à ceux obtenus ces dernières années par Bykov qu'il aime tant critiquer. Il a même mangé son chapeau en proposant à Viktor Tikhonov, l'entraîneur contre lequel il s'était autrefois révolté, de le rencontrer pour discuter des problèmes du CSKA !

 

 

Barys Astana (14e) : un cinq majeur surchargé

BarysLe bilan du Barys Astana est d'une remarquable similitude avec celui de l'an dernier. Même nombre de points (79 points contre 78), et même élimination en trois manches en huitièmes de finale contre le futur champion Kazan.

Le club du Kazakhstan a cependant fait souffrir les Tatars, au propre comme au figuré. Le premier match de la série a été le plus long de l'histoire russe : il a fallu attendre le début de la troisième prolongation de vingt minutes pour que la partie bascule, et cela s'est produit sur un incident lourd de conséquences. Vadim Krasnoslobodtsev a chargé Danis Zaripov contre la bande, et si Kazan y a perdu son ailier international pour la suite de la compétition, la pénalité a permis à Kapanen de marquer le but vainqueur.

Ce match à rallonge rendait tout de même la suite compliquée au vu de la faible profondeur de banc du Barys. Surtout que Kevin Dallman, le défenseur offensif canadien aux 25 minutes par match, était absent car suspendu pour trois rencontres après une charge à la tête à la dernière journée de la saison régulière. Un Dallman qui ne pensait faire qu'une pige au Kazakhstan et qui a changé d'avis le jour où il a vu le "K" de capitaine imprimé sur son maillot (une lettre qui devrait disparaître puisque la KHL veut passer à l'alphabet latin...).

Les autres joueurs de première ligne sont tous sur le départ : le défenseur slovaque Peter Podhradsky et le trio offensif Maksim Spiridonov - Jozef Stümpel - Konstantin Glazachev. Ce cinq majeur a marqué près de la moitié des buts de l'équipe, mais il a aussi terminé avec un bilan négatif quand le reste de l'équipe était positive. À ne plus quitter la glace, ces joueurs se sont usés. Des désaccords entre certains d'entre eux et les entraîneurs ont achevé de régler leur sort.

De plus, le Barys a annoncé qu'il voulait plus impliquer les joueurs du Kazakhstan pour devenir un vrai club de base de l'équipe nationale, qui n'aura fait que passer dans l'élite mondiale. Le temps de jeu doit donc être transféré des vedettes russo-slovaques aux internationaux qui devront assumer un peu plus de responsabilités.

 


Traktor Chelyabinsk (15e) : des banderoles aux applaudissements

TraktorLa crise a été très profonde à l'automne à Chelyabinsk. Après un 1-6 et un 0-7 en deux jours à domicile fin octobre, les supporters ont tourné le dos à la glace et quitté la tribune en déployant une banderole "merci pour la saison", vite évacuée par les agents de sécurité. La crise s'est amplifiée lorsque le jeune gardien titulaire Danila Alistratov a pris un palet dans l'oreille et a dû être hospitalisé en raison d'un tympan percé. Le Traktor a concédé une série de dix défaites en onze matchs, et les supporters n'ont cessé d'appeler à la démission de l'entraîneur Andrei Nazarov, qui leur a répondu qu'ils feraient mieux de ne pas perdre leurs nuits à peindre des banderoles car seul le conseil d'administration pouvait le virer.

Les conseillers en question étaient plus mesurés, se contenant d'appeler Nazarov à arrêter d'employer un langage obscène sur la glace et en dehors. Leurs propos étaient plus durs envers Jan Platil, jugé indigne de son salaire et licencié car trop égoïste et trop pénalisé. Le défenseur tchèque ne saurait être le seul bouc émissaire car le Traktor, avant-dernière défense de KHL, a plongé collectivement. Oleg Piganovich, qui avait établi un record national avec 22 buts il y a deux ans, n'en a mis que quatre cette saison et a fini avec une fiche de -18.

Une faillite à laquelle ont forcément contribué les attaquants. Le centre défensif Andrei Nikolishin, gêné par ses adducteurs, n'a plus été le cadre habituel (-17). Le "record" est détenu par le vétéran Ravil Gusmanov (-22 en saison puis -2 en play-offs) qui a paradoxalement récupéré le "C" de capitaine début décembre. Cette fonction a été retirée à un Evgeni Skachkov nerveux, à qui son coach, l'ancien "enforcer" Nazarov, a dit en plaisantant qu'il prenait le chemin de battre ses totaux de NHL (il venait d'être expulsé deux fois en trois matchs). Libéré de la responsabilité du capitanat, Skachkov a terminé meilleur marqueur de l'équipe, a fait ses débuts sous le maillot de la Russie lors des deux rencontres en Italie en avril et a signé un contrat NHL avec Saint-Louis.

Malgré les mouvements d'humeur automnaux, les supporters ont chaleureusement applaudi l'équipe lorsqu'elle a terminé en beauté par une élimination la tête haute au premier tour des play-offs dans le derby ouralien contre Magnitogorsk : le dernier match de la saison a en effet été le meilleur de tous ! Il n'a été perdu qu'en prolongation, et la veille, le Traktor avait également gagné dans le temps supplémentaire, sur un but de Pierre Dagenais, après une égalisation à trois minutes de la fin d'Evgeni Kuznetsov, attaquant technique et explosif de 17 ans qui a signé un nouveau contrat de deux années supplémentaires.

Il s'agissait de la première victoire en play-offs en trois années de mandat de Nazarov, qui va devenir manager de l'équipe nationale chargé des relations avec les joueurs de NHL. Cela lui permet de partir avec le sentiment du devoir accompli : "Pour nombre de raisons, je devais quitter le club. Et en bon état, car l'équipe est formée d'une ossature de jeunes joueurs. Evgeni Kuznetsov est une étoile montante non seulement dans l'Oural, mais dans le monde du hockey. Soyez assurés qu'en travaillant correctement il deviendra une superstar !"