La DEL se jouera à ... (complétez les pointillés si vous êtes BAC+5 en droit et comptabilité)

Ah, l'été, saison des grandes sagas avec leurs rebondissements éternels pour maintenir le suspense. On connaissait la coproduction NHL/KHL "Où ira Kovalchuk", où un jeune premier au grand patrimoine est courtisé par les plus belles filles (une Russe aguicheuse et une Californienne sexy en bikini) avant qu'une jeune fille du New Jersey le persuade qu'elle était le parti le plus sérieux pour une union à très long terme. Dans l'épisode de cette semaine, l'autorité implacable refuse de croire le jeune premier quand il explique candidement qu'il jouera encore au hockey sur glace à 44 ans...

Mais un autre feuilleton prétend concurrence le favori des audiences : une série allemande plus austère, dont les personnages centraux sont des avocats et des comptables. Les épisodes "T'as tort" - Kassel - et "Un cas pour deux (millions)" - Francfort - n'ayant pas suffi à passionner les foules, on nous ressort les grosses ficelles du champion sur le point de disparaître. En bande sonore, une ballade sirupeuse des Scorpions...

KasselCela avait beaucoup râlé ces derniers jours chez les clubs de DEL. La ligue se voyait en effet contrainte par la justice de réintégrer Kassel "pour l'instant". Les Huskies ont immédiatement annoncé de nouvelles recrues et se sont mis à préparer leur nouvelle saison. Mais, en août, ils auront du mal à trouver des adversaires ! Leur attitude leur a mis tout le monde à dos, et plus personne ne veut jouer contre eux en amical. Iserlohn a annulé son match à domicile contre Kassel "pour raisons d'organisation"... juste avant d'en fixer un nouveau le même jour à la même heure contre Wolfsburg ! La DEL est elle aussi prête à aller jusqu'au bout sur le terrain judiciaire (prochaine audition le 2 août) pour exclure les Huskies, même si ça doit être en cours de saison.

En attendant, le calendrier, qui devait commencer le 10 septembre, a été suspendu, puisqu'il doit être avancé d'une semaine afin d'ajouter ce quinzième club honni de tous. Quoique... On pourrait revenir à 14 plus tôt que prévu.

Nouveau coup de théâtre hier : Günther Papenburg a annoncé son retrait immédiat des Scorpions de Hanovre. N'ayant pas réussi à trouver des partenaires pour la gestion de la TUI-Arena, il ne veut en effet plus assumer seul les risques et les déficits. Un ultimatum de deux jours a été laissé pour que la ville de Hanovre sauve le club. Dans le cas contraire, c'est tout simplement le champion en titre qui disparaîtra probablement de la DEL !

On se souvient, déjà, que Francfort n'avait survécu que deux ans à la maladie puis au décès de son mécène Gerd Schröder. Pourtant, les Lions avaient un public nombreux qui remplissait leur patinoire traditionnelle. Leur problème était, d'une part que Schröder concentrait tous les pouvoirs et usait d'artifices (caisse noire sur la billetterie des play-offs...) qui ont laissé une situation très compliquée à reprendre, d'autre part que ses successeurs n'ont pas su réduire le train de vie.

HanovreCe n'est pas le cas à Hanovre, où la cure d'amaigrissement a été effectuée l'an passé. Mais les réductions forcées de salaire avaient été compensées par des primes plus élevées... Le titre de champion a donc obligé Papenburg à repasser à la caisse ! Et surtout, les Scorpions n'ont pas prouvé qu'ils étaient viables depuis qu'ils se sont installés dans la TUI-Arena (ils viennent d'un village en banlieue nord) sans jamais être adoptés par la ville de Hanovre qui leur préfère les Indians. Le faible intérêt des spectateurs laissent planer un doute sur leur capacité à payer durablement le loyer d'une arena en payant une équipe compétitive.

La faible affluence, c'est aussi le problème actuel de Krefeld. Il est cependant plus passager : les spectateurs étaient présents, mais ils ont fui en masse devant le spectacle déplorable proposé par leurs dirigeants (licenciement sans motif des médecins bénévoles puis guerre des chefs). Les actionnaires ont remis 350 000 euros dans la capital mardi pour que le club poursuive ses activités, en sachant que cela passe nécessairement par la reconquête du public perdu.