Bilan NHL : la division Sud-Est

La division Sud-Est est sans doute la division la plus paradoxale de la ligue. En soi, jouer au hockey dans une région au climat proche du tropical est déjà très paradoxal. Mais surtout, la division est réputée pour être la plus faible de la ligue - ce qui se confirme à la moyenne de points en saison régulière - alors qu’elle contient deux équipes qui ont remporté la coupe Stanley dans les années 2000 (Tampa Bay en 2004 puis la Caroline en 2006), le meilleur buteur de la saison régulière, Steven Stamkos, et celui qui est sans doute l’un des meilleurs joueurs au monde, Alexander Ovechkin.


1. Washington Capitals, 121 points  Logo_Washington_petitClassement conférence : 1er
Classement ligue : 1er
Attaque : 1re de la ligue, 3,82 buts marqués par match
Défense : 16e de la ligue, 2,77 buts encaissés par match
Parcours en playoffs : éliminés en quart de finale de conférence par les Canadiens de Montréal 4 matchs à 3
Meilleurs marqueurs : Alexander Ovechkin (AG) : 50 buts, 109 points
                                   Nicklas Bäckström (C) : 33 buts, 101 points
                                   Alexander Semin (AG) : 40 buts, 84 points
                                   Mike Green (D) : 19 buts, 76 points
                                   Brooks Laich (C) : 25 buts, 59 points
En 2008/09 : 108 points, 1er de la division, 2e de la conférence, 4e de la ligue, éliminés en demi-finale de conférence par Pittsburgh 4 matchs à 3

Ovechkin et son équipe ont vécu une saison assez semblable : ponctuée de réussites mais au final plutôt décevante. Ainsi, l’ailier droit russe a encore réussi une saison pleine en dépassant la barre des 50 buts et 50 assistances. Ovechkin a d’ailleurs intégré le club très fermé des joueurs qui ont inscrit au moins 250 buts et 250 assistances lors de leurs 5 premières saisons dans la ligue, rejoignant ainsi Wayne Gretzky, Mario Lemieux et Mike Bossy. Le Russe s’est également fait remarquer par ses nombreuses mises en échec et il est devenu capitaine de l’équipe en janvier, quand Chris Clark a été transféré à Columbus. La capitanat d’Ovechkin a d’ailleurs commencé sous les meilleurs auspices puisque l’équipe a terminé la saison avec une fiche de 30 victoires en 41 matchs, dont un record de franchise de 14 victoires d’affilée.

Pourtant, Ovechkin n’a rien remporté cette saison alors qu’il pouvait nourrir de légitimes ambitions pour la coupe Stanley comme pour les titres personnels. En effet, il avait été élu MVP de la saison régulière ces deux dernières années et avait terminé meilleur buteur de la ligue l’an passé. La moisson d’Ovechkin avec l’équipe nationale de Russie n’a pas non plus été fameuse, battu sèchement par les Canadiens aux Jeux Olympiques et en finale des championnats du monde par la République Tchèque.

OVECHKIN_Alexander-2005-1090981Toutefois, si Ovechkin n’a pas réussi à être de nouveau le meilleur buteur de la ligue, ce n’est pas à cause d’une baisse de régime de sa part, bien au contraire : s’il a marqué 56 buts en 79 matchs l’an passé il en a inscrit 50 en 72 matchs cette saison. Le problème est qu’il a manqué dix rencontres, beaucoup plus que ses adversaires. Or, s’il était parfois absent car blessé à l’épaule, il s’est surtout signalé par des suspensions pour des charges trop rudes ou dangereuses.

Washington a terminé la saison régulière largement première de sa conférence (18 points d’avance sur le deuxième, New Jersey) et en dominant facilement sa division (38 points d’avance). Les Capitals ont également affiché la meilleure attaque de la ligue et beaucoup d’observateurs voyaient dans l’équipe un concurrent très sérieux pour la coupe Stanley. Toutefois, ces espoirs ont été rapidement douchés par une sortie des playoffs dès le premier tour face aux Canadiens de Montréal. Fatalement, les performances des joueurs des Capitals dans cette saison sont donc pour la plupart réparties en deux parties : une saison régulière réussie et des playoffs ratés.

L’exemple le plus emblématique de cette tendance est Alexander Semin, le talentueux ailier gauche droitier de la deuxième ligne. Il signe la meilleure saison régulière de sa carrière avec 40 buts et 44 assistances en 73 matchs, réussissant ainsi à accrocher la septième place des buteurs de la ligue (bien qu’il soit sans doute le seul joueur des vingt premiers du classement à évoluer en deuxième ligne). Pourtant, la chute dans les playoffs est brutale puisqu’il ne marquera pas le moindre but en tirant pourtant à 44 reprises sur le but des Québécois.

Même Ovechkin n’a pas été complètement convaincant lors de ces playoffs : bien qu’il ait inscrit 10 points au total, il n’a pas été en évidence lors des trois derniers matchs cruciaux de la série avec seulement un but et une assistance. Ainsi, si Washington a mené la série 3 matchs à 1, les trois derniers matchs (dont deux joués à domicile) ont été remportés par Montréal. L’attaque de feu des Capitals n'y a inscrit qu’un but à chaque fois, loin de la moyenne de 3,82 buts de la saison régulière.

Idem pour Mike Green. Si le jeune défenseur n’a pas marqué autant cette saison que l’an passé (19 buts contre 31), il a été plus efficace dans le jeu défensif en duo avec Jeff Schultz. Il a aussi été très discipliné avec peu de pénalités sifflées contre lui, ce qui lui a permis d’être finaliste pour le trophée Norris de meilleur défenseur de la ligue. Les choses se sont gâtées pour lui en playoffs : il n’est pas plus en forme que ses coéquipiers, il ne parvient pas à peser sur l’attaque de son équipe et la pénalité pour charge avec la crosse qu’il prend à la fin de la première période du septième match entraîne l’ouverture du score par le Canadien.

Les gardiens n’ont pas non plus été en réussite. Le jeune Semion Varlamov a démarré la saison comme titulaire, suite à sa prestation convaincante lors des playoffs de l’an passé où il avait remplacé José Théodore après le premier match. Pourtant, il a connu un début de saison difficile, la faute à une mauvaise préparation physique et il a fini par se blesser. Théodore a donc repris son poste de titulaire, avec des statistiques correctes. Il a démarré les playoffs avec la confiance de Bruce Boudreau, l’entraîneur. Toutefois, il a connu les mêmes mésaventures face aux Canadiens, son ancien club, que face aux Rangers l’an passé et, après un premier match perdu puis un début de second match manqué, il sera définitivement remplacé par Varlamov. La performance du Russe ne réussira pas à qualifier son équipe, dominé par le gardien adverse Jaroslav Halak.

Les Capitals se trouvaient ces dernières années sur une pente ascendante : après être retournés en playoffs en 2008 pour la première fois depuis quelques années, ils s’étaient inclinés l’an passé face aux futurs vainqueurs (Pittsburgh) en demi-finale de conférence. Le titre de meilleure équipe de la ligue régulière devait logiquement leur permettre de passer au stade supérieur et prétendre légitimement à la coupe Stanley, mais l’échec fut rude. La franchise de Washington, fondée en 1974, a toujours eu la réputation de ne jamais bien figurer en playoffs. La nouvelle génération, bien que talentueuse, ne parvient pas pour l’instant à faire mentir cette réputation.

 


2. Atlanta Thrashers, 83 points. Logo_Atlanta_petitClassement conférence : 10e
Classement ligue : 23e
Attaque : 12e de la ligue, 2,8 buts marqués par match
Défense : 25e de la ligue, 3,05 buts encaissés par match
Parcours en playoffs : néant
Meilleurs marqueurs : Nik Antropov (C) : 24 buts, 67 points
                                   Maxim Afinogenov (AD) : 24 buts, 61 points
                                   Ilya Kovalchuk (AG) : 31 buts, 59 points (transféré au New Jersey)
                                   Rich Peverley (C) : 22 buts, 55 points
                                   Tobias Enstrom (D) : 6 buts, 50 points
En 2008/09 : 76 points, 4e de la division, 13e de la conférence, 27e de la ligue.

Le fait majeur à Atlanta dans cette saison est le départ d’Ilya Kovalchuk, le meilleur joueur de la courte histoire de la franchise. En effet, les Thrashers se sont constitués en 1999 et ont repêché Kovalchuk en 2001. L’équipe a connu des fortunes diverses avec ses choix de premier tour de draft lors de sa fondation : Patrik Stefan, sélectionné en 1999, est considéré comme un des joueurs les plus décevants ayant été repêché en première position d’une draft, et Dany Heatley, drafté en 2000, a été échangé à sa demande à l’été 2005 après trois belles saisons sous les couleurs d’Atlanta.

KOVALCHUK_Ilya-2009-7643Mais, avec Kovalchuk, les Thrashers n’ont pas regretté leur choix avec 328 buts marqués en 594 matchs lors des sept saisons et demi sous les couleurs d’Atlanta. Si les Thrashers ont eu dans leur rang d’autres joueurs de talent (Heatley, Marian Hossa ou Marc Savard), aucun n’est resté aussi longtemps que lui. Cette saison 2009/10 était la dernière année de son contrat avec Atlanta et la préoccupation majeure du management de l’équipe en début de saison était de savoir si le sniper russe allait re-signer.

Des négociations ont bien eu lieu au début de la saison, mais le joueur russe n’a pas accepté les offres lucratives de Don Waddell, le manager général, repoussant des propositions de 101 millions de dollars en 12 ans ou 70 millions sur 7 ans. Kovalchuk s’est alors forgé une réputation de joueur exigeant en termes de salaire puisque ces offres auraient fait de lui un des joueurs les mieux payés de la ligue. De fait, si les péripéties que connaît le Russe sur le marché des agents libres tendent à prouver qu’il cherche un contrat lucratif, il faut aussi considérer qu’il est un compétiteur et qu’il cherche à moyen terme à remporter la coupe Stanley.

Or, le bilan des Thrashers dans leurs dix premières saisons d’existence n’est pas fameux : ils ne sont parvenus qu’une seule fois aux playoffs, en 2006/07, et ils avaient été rapidement éliminés en quatre matchs. Si Kovalchuk n’a pas choisi de re-signer, c’est donc aussi parce qu’il a compris qu’Atlanta ne sera pas en mesure d’être un concurrent sérieux pour le titre avant plusieurs années.

Atlanta avait pourtant misé sur une réussite sportive pour garder sa superstar russe. Ainsi, les Thrashers sont allés chercher des agents libres de qualité pour former une première ligne performante : Nik Antropov au centre et Maxim Afinogenov à l’aile droite. Cette ligne fut effectivement plutôt productive : Antropov apportant de la puissance et une présence devant le but, Afinogenov amenant lui sa vitesse de patinage et sa technique pour servir les qualités de buteurs de Kovalchuk.

L’équipe a réussi son début de saison, avec 14 victoires pour 7 défaites dans le temps règlementaire à la fin du mois de novembre. Atlanta pouvait alors envisager de pouvoir participer aux playoffs mais un mois de décembre difficile (4 victoires pour 11 défaites) a remis en question cette ambition.

L’équipe est alors confrontée à la faiblesse du duo de gardiens : Johan Hedberg n’a pas le niveau pour être titulaire tandis qu'Ondrej Pavelec est encore trop inexpérimenté pour assumer le rôle. Le titulaire est normalement Kari Lehtonen, mais le gardien finlandais a été blessé quasiment toute la saison avant d’être transféré à Dallas en février.

KANE_Evander-20100508-154Autre problème : à part la première ligne très active, peu de joueurs offensifs se sont mis en valeur. En fait, seul Peverley, le centre de la deuxième ligne, a passé la barre des 20 buts. Le vétéran Vyacheslav Kozlov, 38 ans, a fini par être écarté de l’effectif après 8 buts en 55 matchs (il restait sur une saison 2008/09 à 26 buts et 76 points). Evander Kane a quant à lui été à la hauteur des espérances : drafté l’été dernier, le jeune ailier gauche de 18 ans termine avec 14 buts et 26 points en 66 matchs.

Le transfert de Kovalchuk est devenu rapidement inéluctable : puisqu’il ne voulait pas re-signer à Atlanta, le club devait l’échanger avec une autre équipe pour éviter qu’il parte sans compensation en juillet. La négociation s’annonçait difficile pour Waddell : seule une équipe en compétition pour le titre avait intérêt à s’adjoindre les services d’un joueur qui deviendrait agent libre à l’été, et il fallait que cette équipe ait suffisamment d’espace sur sa masse salariale pour amortir le salaire de Kovalchuk. Autre facteur qui ne facilitait pas la tâche du manager général des Thrashers : le risque que l’ailier russe signe en KHL. Ce risque pesait dans la négociation dans la mesure où cela réduisait la valeur de Kovalchuk pour l’échange : l’équipe qui le recevrait n’étant pas disposée à envoyer en échange les mêmes joueurs s’il s’agit d’un CDD de six mois ou s’il y a de bonnes chances de le re-signer en fin de saison.

Finalement, Kovalchuk est parti au New Jersey et les Thrashers ont reçu plusieurs jeunes joueurs, les plus intéressants étant deux Suédois, le défenseur Johnny Oduya et l’ailier droit Niclas Bergfors. L’attaquant a d’ailleurs connu une bonne fin de saison sous ses nouvelles couleurs avec 17 points en 27 matchs. Le départ de Kovalchuk a eu un impact sur la production offensive de l’équipe qui est passée de 3,01 buts à 2,51 buts de moyenne. Difficile de se passer sans encombre d'un tel buteur.

Toutefois, la fin de saison n’a pas été catastrophique pour les Thrashers, qui ont espéré accrocher une place pour les playoffs presque jusqu'à la fin (ils n’échouent qu’à 5 points du premier qualifié. La prochaine saison sera néanmoins un test important pour Atlanta, la première sans Kovalchuk depuis presque dix ans.


3. Carolina Hurricanes, 80 points. Logo_Carolina_petitClassement conférence : 11e
Classement ligue : 24e
Attaque : 13e de la ligue, 2,76 buts marqués par match
Défense : 26e de la ligue, 3,06 buts encaissés par match
Parcours en playoffs : néant
Meilleurs marqueurs : Eric Staal (C) : 29 buts, 70 points
                                   Jussi Jokinen (AG) : 30 buts, 65 points
                                   Ray Whitney (AG) : 21 buts, 58 points
                                   Joni Pitkanen (D) : 6 buts, 46 points
                                   Brandon Sutter (C) : 21 buts, 40 points
En 2008/09 : 97 points, 2e de la division, 6e de la conférence, 11e de la ligue, éliminés en finale de conférence par Pittsburgh 4 matchs à 0


Les Hurricanes de la Caroline avaient été l’équipe surprise des playoffs de 2009, en éliminant deux équipes championnes de division (New Jersey puis Boston), avant d’être battue par Pittsburgh en finale de conférence. Il était toutefois difficile de savoir quelle allait être la teneur de la saison 2009/10 de cette équipe si inconstante lors de la dernière saison régulière. Elle avait alors démarré la saison sans bruit, mais un très bon mois de mars (10 victoires en 13 matchs) leur avait permis d’accrocher les playoffs à la sixième place de la conférence.

Cette année, le suspense a rapidement tourné court : les deux premiers mois de la saison sont catastrophiques en Caroline. Ainsi, l’équipe termine le mois de novembre avec 23 défaites en 28 matchs (dont 17 dans le temps règlementaire), ce qui l’exclut presque définitivement de la course. En effet, malgré une fin de saison plus probante avec 30 victoires lors des 55 derniers matchs, le club ne s’est pas qualifié pour les playoffs.

La déception la plus importante de l’effectif est venue du capitaine Rod Brind’Amour, qui a vu sa production chuter dramatiquement : il est ainsi passé de 51 points l’an passé à 19 cette année (le plus mauvais total de toute sa carrière) avec l’un des plus mauvais différentiels de la ligue (-29). Il a donc été rétrogradé dans les lignes au fil de la saison, terminant par jouer sur la quatrième. En janvier, on lui a même enlevé son grade de capitaine pour lui donner celui d’assistant. Une disgrâce que l’intéressé a pris avec philosophie en ne se plaignant jamais de son traitement devant la presse.

À presque 40 ans, il a choisi logiquement de raccrocher les patins après 10 saisons sous les couleurs des Hurricanes, dont 5 comme capitaine. L’équipe a annoncé que le numéro de Brind’Amour serait retiré et une bannière sera accrochée au plafond dès la saison prochaine. Une façon de rendre hommage au capitaine de l’équipe qui avait rapporté la coupe Stanley en Caroline en 2006 et qui était le visage de la franchise. Il ne quitte d’ailleurs pas l’organisation et il devrait y occuper un poste administratif, comme d’autres anciens joueurs (Ron Francis ou Glen Wesley)

WHITNEY_Ray-20100508-125Son remplaçant au poste de capitaine est Eric Staal. Le centre de la première ligne confirme ainsi qu’il est bien l’homme fort de cette franchise, terminant une nouvelle fois meilleur marqueur même si ses 70 points sont loin de son total de 100 points de 2006. Sa nomination comme capitaine a été l’un des éléments qui ont donné un second souffle à l’équipe en deuxième partie de saison. Ray Whitney a signé aussi une saison très satisfaisante même si son contrat n’a pas été prolongé. Un autre joueur déterminant pour l’attaque a été Jussi Jokinen, qui a terminé la saison avec 30 buts, le meilleur total se sa carrière.

Personne n’attendait Jokinen à ce niveau, lui qui était jusqu’à présent plus connu pour ses qualités aux tirs au but que pour ses capacités de buteur dans le jeu. Son précédent record dans une saison était de 17 et il n’avait marqué qu’un but en 25 matchs avec les Hurricanes la saison passée, après avoir été transféré par Tampa Bay. Il a profité d’une place à la gauche de Staal sur la première ligne pour avoir du temps de jeu et montrer ses qualités de buteur. Il faudra toutefois qu’il confirme ces dispositions la saison prochaine.

Jokinen a profité de la place laissée libre par la baisse de régime d’Erik Cole, l’un des anciens vainqueurs du titre de 2006, qui subit de nombreuses blessures depuis quelques années et voit sa production offensive baisser. Il termine ainsi l’exercice 2009/10 avec 11 buts en 40 matchs. Autre déception offensive : Sergueï Samsonov. L’ailier russe a eu beaucoup de difficultés à s’intégrer au système de l'entraîneur Paul Maurice, très défensif, loin du système de Peter Laviolette, il y a deux ans, qui convenait à un joueur petit et rapide comme lui. Il termine avec 29 points et est au centre de rumeurs de transfert.

Le problème principal de l’équipe est venu des gardiens. L’équipe démarre la saison avec un duo Cam Ward – Michael Leighton mais il montre vite ses limites : Ward se blesse après un début de saison difficile et Leighton est catastrophique. Personne ne pouvait alors imaginer que Leighton parviendrait en finale de coupe Stanley comme titulaire… Même pas Philadelphie, qui l’a récupéré dans les waivers de Carolina en urgence suite aux blessures d’Emery et de Boucher.

Pour remplacer Ward le temps de sa convalescence, les Hurricanes sont allés chercher le vétéran Manny Legace, qui jouait en AHL avec Chicago (une équipe liée avec les Thrashers d’Atlanta). Legace a parfaitement tenu son rôle de remplaçant jusqu’au retour de Ward et, quand ce dernier s’est blessé au dos en février, c’est encore lui qui s’est retrouvé à garder les buts des Hurricanes.

La saison prochaine ne devrait pas être simple en Caroline. L’équipe cherche actuellement à réduire les coûts de sa masse salariale. Cela s’est notamment traduit par le départ du vétéran Whitney, qui souhaitait re-signer mais qui n’a pas reçu d’offres. Evidemment, ce type de politique pourrait avoir des répercutions négatives sur les performances de l’équipe.

 


4. Tampa Bay Lightning, 80 points Logo_TampaBay_petitClassement conférence : 12e
Classement ligue : 25e
Attaque : 23e de la ligue, 2,6 buts marqués par match
Défense : 27e de la ligue, 3,08 buts encaissés par match
Parcours en playoffs : néant
Meilleurs marqueurs : Steven Stamkos (C) : 51 buts, 95 points
                                   Martin St Louis (AD) : 29 buts, 94 points
                                   Vincent Lecavalier (C) : 24 buts, 70 points
                                   Ryan Malone (AG) : 21 buts, 47 points
                                   Steve Downie (AD) : 22 buts, 46 points
En 2008/09 : 66 points, 5e de la division, 14e de la conférence, 29e de la ligue.


STAMKOS_Steve-20100508-148Le joueur majeur du Lightning est sans conteste Steven Stamkos, qui a remporté le trophée du meilleur buteur de la ligue (à égalité avec Sidney Crosby) à 20 ans, alors qu’il ne dispute que sa deuxième saison dans la ligue. Cette performance n’est pas vraiment étonnante de la part de ce centre drafté en première position en 2008 et qui accumulait les buts en junior. Toutefois, sa première saison n’avait pas vraiment convaincu, notamment à cause d’un début très difficile (aucun point lors de ses sept premiers matchs dans la ligue). Il avait terminé avec un total honorable de 23 buts grâce à une fin de saison plus convaincante : il marque 16 buts lors des 26 derniers matchs.

Sa deuxième saison a suivi ce rythme. La principale caractéristique de sa production offensive est qu’elle est portée sur les situations de supériorité numérique. On peut ainsi remarquer qu’il a marqué 24 de ses 51 buts dans ce cette situation, alors que Crosby n’en a inscrit que 13 pour le même total. La botte de Stamkos est très simple : alors que la palet se trouve du côté droit de la patinoire, il se positionne généralement sur le côté gauche pour ouvrir l’angle de son tir de droitier, un coéquipier effectue une transversale vers lui qu’il reprend de volée. Son tir puissant trompe souvent le gardien qui n’a pas eu le temps de se replacer.

Stamkos a joué la plupart du temps avec Martin St Louis à sa droite et Steve Downie à sa gauche, ce qui a donné une des premières lignes les plus inattendues de la ligue : un jeune joueur dont la première saison avait déçu (Stamkos), un vétéran qui restait sur des performances en baisse ces dernières années (St Louis) et un agitateur de troisième ligne (Downie). Finalement, le trio a trouvé une alchimie gagnante avec St Louis qui construit le jeu et Downie qui est la caution physique du trio. Downie a également profité de sa position pour engranger les points et termine avec 22 buts et 24 assistances. À elle seule, la première ligne a inscrit quasiment la moitié des buts de l’équipe.

La deuxième ligne d’attaque, Malone – Lecavalier – Tanguay, a été décevante. Ryan Malone a commencé la saison très fort avec 15 buts dans les 22 premiers matchs mais il été plus discret ensuite (6 buts sur ses 47 derniers matchs), voyant même sa saison terminée prématurément à cause de blessures. Vincent Lecavalier, le capitaine, termine lui avec 24 buts, son plus mauvais total depuis 2002. Sans doute que le fait de ne plus être aligné avec St Louis a eu un impact négatif sur sa production, mais la baisse de celle-ci est toutefois notable sur ces dernières années : 52 buts en 2007, 40 en 2008 puis 29 en 2009.

Quant à Tanguay, c’est la déception du recrutement de l’intersaison : l’ailier québécois n’a jamais réussi à trouver l’alchimie avec ses camarades de lignes et il termine avec moins de points qu’avec Montréal l’an passé bien qu’il ait joué trente matchs de plus. En fin de saison, il a même été remplacé par le jeune Purcell, arrivé en cours de saison en provenance de Los Angeles. Sans surprise, il n’a pas été re-signé et est parti à Calgary.

HEDMAN_Victor-20100513-6082Autre déception du recrutement : Matthias Öhlund, en défense. Le vétéran suédois avait été signé avec un salaire intéressant pour être le mentor de son jeune compatriote Victor Hedman, drafté l’an passé en deuxième position. Öhlund n’a toutefois pas été à la hauteur de sa charge de défenseur numéro 1 de l’équipe. Quant à Hedman, 19 ans, il a eu une saison discrète mais il a encore une marge de progression importante.

Dans les buts, la saison n’a pas non plus été simple : Mike Smith et Antero Niitymäki se sont partagé la tâche sans que l’un des deux ne parvienne à s’affirmer comme titulaire indiscutable. Niitymäki avait démarré fort la saison avant de marquer le pas. Quant à Smith, il n’est toujours pas parvenu à endosser le costume de gardien numéro 1 pour la franchise, ce que le club espérait en le faisant venir de Dallas en 2008.

L’autre arrivée importante à Tampa Bay lors de la saison fut celle de Steve Yzerman comme manager général. Après sa brillante carrière à Detroit, le centre canadien avait choisi de rejoindre l’équipe administrative de son club de toujours, les Red Wings. Toutefois, il était de notoriété publique qu’il aspirait à des responsabilités plus importantes, celles de manager général. Quand ce poste s’est libéré à Tampa en mai dernier, la rumeur a rapidement couru que le nouveau manager pourrait être Yzerman, malgré la réputation de l’équipe (le management des dernières années a parfois été comparé à un cirque).

L’arrivée d’Yzerman a été officialisée à la fin mai et c’est un coup de poker de la part des propriétaires puisque Yzerman est un novice au poste de manager, bien qu’il ait longtemps côtoyé l’une des meilleures organisations de ces dernières années à Detroit. Outre le manager général, l’entraîneur Rick Tocchet, avait aussi été limogé. L’une des premières tâches d’Yzerman a donc été d’embaucher un remplaçant. Son choix s’est porté sur un entraîneur d’AHL novice en NHL, Guy Boucher, qui officiait l’an passé à Hamilton dans le club affilié des Canadiens de Montréal. Boucher sera, à 38 ans, le plus jeune des entraîneurs de la ligue la saison prochaine. Des observateurs n’ont pas manqué de faire remarquer que le profil de Boucher, bardé de diplômes universitaires allant de la psychologie du sport à l’histoire, était assez proche de celui de Mike Babcock, l’entraîneur des Red Wings et du Canada lors des derniers Jeux Olympiques, lui aussi titulaire de nombreux diplômes et que Yzerman a longtemps côtoyé.

Les observateurs ont scruté les premiers actes d’Yzerman et ont été plutôt convaincus. Evidemment, il y a une part d’état de grâce pour un des joueurs les plus respectés dans la ligue ces dernières années mais ses décisions semblent jusqu’à présent plutôt sensées. On l'a vu faire quelques signatures intéressantes au début de la période des agents libres comme Kubina ou Ellis, mais il a fait encore plus fort en transférant Simon Gagné à Tampa.

Ainsi, depuis quelques semaines, la rumeur était très insistante que Gagné allait être transféré de Philadelphie à cause de tensions sur la masse salariale. La situation était déjà tendue en fin de saison, elle ne s’est pas améliorée quand le manager général Holmgren a fait venir Meszaros de Tampa Bay où il avait un contrat assez élevé et a fait signer Nikolai Zherdev. Le Russe, qui revient en NHL après un exil d’un an en KHL, est certes un impact supplémentaire sur la masse salariale mais il apparaissait surtout ostensiblement comme le remplaçant de Gagné dans l’effectif.

Fatalement, comme toute la ligue était au courant que les Flyers devaient transférer quelqu’un et que ce serait sans doute Gagné, cela a réduit la valeur d’échange du joueur puisque l’équipe semblait dos au mur pour le faire. De plus, l’ailier québécois avait à la base une valeur d’échange diminuée, comme il a une propension importante à se blesser et qu’il vient de passer la trentaine. Tout était donc en place pour un transfert en défaveur de Philadelphie mais les fans étaient sans doute loin de s’imaginer à quel point il serait défavorable.

Ainsi, quelques heures après la signature de Kovalchuk au New Jersey, la nouvelle du transfert de Gagné au Lightning était officialisée. Les fans des Flyers ont vite été ulcérés par ce transfert : en l’échange de l’un de leurs meilleurs ailiers, qui avait été déterminant lors des playoffs, ils ont reçu Matt Walker et un choix de quatrième tour de draft, c'est-à-dire un défenseur de troisième ligne au mieux et sans doute un futur joueur d’AHL.

Ce transfert a aussi eu une autre conséquence positive pour Tampa : Gagné avait sur son contrat une clause de non-transfert qu’il a activé pour venir au Lightning, ce qui prouve qu’il n’a pas été contraint de venir à Tampa mais qu’il en a fait le choix, ce qui a implicitement montré que le club se dirigeait vers plus de respectabilité dans la ligue. Le cas était identique pour Boucher, que l’on annonçait d’abord aux commandes des Blue Jackets de Columbus mais qui s’est déclaré plus intéressé par la prise en main du Lightning. Toutefois, il faudra confirmer cette tendance positive du club sur la glace l’an prochain pour le baptême du feu de Yzerman et surtout de Boucher.

 


5. Florida Panthers, 77 points. Logo_Florida_petitClassement conférence : 14e
Classement ligue : 28e
Attaque : 28e de la ligue, 2,46 buts marqués par match
Défense : 19e de la ligue : 2,85 buts encaissés par match
Parcours en playoffs : néant
Meilleurs marqueurs : Stephen Weiss (C) : 28 buts, 60 points
                                   Nathan Horton (AD) : 20 buts, 57 points
                                   Michael Frolik (AD) : 21 buts, 43 points
                                   Bryan McCabe (D) : 8 buts, 43 points
                                   Steven Reinprecht (C) : 16 buts, 38 points
En 2008/09 : 93 points, 3e de la division, 9e de la conférence, 14e de la ligue

Terminer dernier de ce qui est considéré comme la division la plus faible de la NHL n’est pas glorieux, et les Panthers ont effectivement beaucoup déçu lors de l’exercice 2009/10. Après avoir frôlé les playoffs l’an passé (ils avaient le même nombre de points que le huitième et dernier qualifié), ils en étaient cette fois très loin. Cela fait maintenant dix ans que l’équipe n’est pas parvenue à atteindre les playoffs, ce qui est quasiment un record pour la ligue.

VOKOUN_Tomas-20100513-6315Le seul joueur à vraiment se démarquer dans l’équipe est Tomas Vokoun. Le gardien tchèque a réussi une saison pleine en terminant avec l’un des meilleurs pourcentages d’arrêts de la ligue. Grâce à sa vivacité et à son talent, les Panthers n’ont terminé la saison qu’en position de 19e alors qu’ils ont été l’équipe qui a reçu le plus de tirs par match. Même s’il n’a pas pu amener son équipe jusqu’aux playoffs, il a brillamment terminé la saison en remportant le championnat du monde dans les buts de la République Tchèque.

Le reste de l’équipe n’a pas été à la hauteur de cette performance. En attaque, seul Stephen Weiss a réussi à faire aussi bien que l’an passé avec ses 60 points, mais cela reste encore insuffisant. Quant au deuxième marqueur de l’an passé, David Booth, des concussions l’ont longtemps éloigné de la glace cette année et il a inscrit 16 points en 28 matchs. Sinon, seuls Frolik et Horton ont passé la barre des vingt buts, ce dernier étant depuis parti pour Boston. Frolik aura l’occasion d’augmenter sa production l’an prochain puisqu’il remplacera sans doute Horton sur la première ligne avec Weiss et Booth.

La défense ne s’est quant à elle jamais vraiment remise du départ de son numéro 1 de l’an dernier à l’intersaison, Jay Boumweester. Cela a toutefois permis de libérer du temps de glace pour de jeunes joueurs comme Dmitry Kulikov, défenseur offensif de 19 ans drafté l’an passé, qui a apporté sa contribution offensive de 16 points en 68 matchs à une équipe qui en avait bien besoin. L’équipe a encore drafté un défenseur cette année, mais dans un registre plus défensif, en la personne d’Erik Gudbranson, qui pourrait faire ses débuts en ligue nationale l’an prochain.

Les fans ont eu un regain d’optimisme en fin de saison quand ils ont appris que le nouveau manager général de l’équipe était Dale Tallon. L’homme est reconnu à travers la ligue pour avoir participé à la construction de l’équipe victorieuse de la coupe Stanley cette année, les Blackhawks de Chicago. Sous sa direction, Chicago était ainsi passé des profondeurs du classement jusqu’au sommet. Son embauche apparaît donc un choix pertinent pour une équipe des Panthers qui végète depuis longtemps.