Huet est passé avec la Coupe Stanley

HuetParis2La venue de la Coupe Stanley en France s'est bien déroulée, comblant les attentes du principal intéressé, le champion NHL Cristobal Huet : "On ne savait pas trop à quoi s'attendre l'été avec les gens en vacances. Ce fut une super-réception à Grenoble. J'étais très émotif, c'était bizarre. J'ai encore envie de faire des choses, mais c'était comme une pause dans ma carrière. C'était coimme un rêve, même si ça ne l'a jamais été pour moi."

Hier, il y eut donc le retour dans sa ville d'origine, avec le passage obligé vers Clémenceau, la patinoire mythique de ses débuts et de toute sa carrière grenobloise, en compagnie de ses anciens coéquipiers et entraîneurs : "C'était un clin d'oeil comme la Tour Eiffel, c'est pour marquer le coup. J'essaie de profiter à fond de ces moments-là. J'ai voulu en faire profiter mes amis, ma famille, les gens du hockey, et ceux qui ne me connaissaient pas."

Si l'après-midi grenobloise était à la fois festive et organisée, le passage parisien a été plus improvisé. Le lundi matin se prêtait moins aux sorties que le week-end, et on était donc loin des 1500 personnes recensées dans l'Isère, mais il y avait bien 200 supporters dans la cohue autour de Huet, qui gardait le sourire et dédicaçait les maillots ou les photos avec un grand professionalisme, la coupe à ses pieds.

Auparavant, il avait effectué une séance privée de photos avec la Coupe Stanley en haut de la Tour Eiffel, à laquelle il tenait pour ponctuer symboliquement la première victoire d'un Français en NHL.

HuetParis"J'ai mesuré l'effet sur ces deux jours. À Paris, c'était un peu court, mais les gens se sont déplacés d'un peu partout pour venir. Il n'y avait pas beaucoup de place autour de la coupe pour respirer." Du moins jusqu'à le cortège se déplace de nouveau, minuté avec précision.

Suivi de sa cohorte de fans, et sous le regard intrigué des touristes qui faisaient la queue pour entrer dans la Tour Eiffel et qui ne comprenaient pas tous ce qui se passait (même si quelques Nord-Américains étaient venus voir spécialement la Coupe Stanley), le gardien français a en effet porté le précieux trophée jusqu'à un bus noir garé non loin de là. La coupe a alors été enfermée avec ses gardes et est repartie pour de nouvelles aventures (en Suède pour le défenseur Niklas Hjalmarsson).

Cristobal reste pour sa part à Paris pour la nuit après diverses escales médiatiques à Radio France et à L'Equipe. Il est revenu lors d'un point presse sur cet été de festivités, qui avaient commencé à Chicago même : "Les premiers jours, un hélicoptère montrait les images à la télévision pour indiquer 'où est la coupe'. Les gens attendaient ça depuis 49 ans, il y a eu pas mal de réceptions. Puis la parade a rassemblé deux millions de personnes dans les rues pour voir la coupe." Mais après la joie vient le temps de questions.

HuetParis5On ne peut qu'évoquer l'interrogation sur son avenir. On a beau retourner le problème par tous les bouts, les Blackhawks de Chicago, avec leur plafond salarial compressé par les bonus de victoires, n'ont presque aucun moyen d'aligner le Français dans leurs cages en NHL, car ils se doivent de conserver leurs piliers (l'impeccable quatuor défensif et les attaquants Kane, Toews et Hossa principalement) après avoir déjà beaucoup dégraissé.

Alors, où jouera-t-il ? La NHL reste pour l'instant le premier choix : "Mon agent essaie de trouver des solutions d'échange. Mon contrat limite pas mal de choses, surtout que j'ai fini la saison sur le banc."

Un agent qui vient d'expliquer dans les médias canadiens qu'il privilégiait en ce moment des pistes européennes. Huet ne l'exclut pas : "Si c'est pour rester en AHL sans pouvoir être rappelé en NHL, mieux vaut revenir en Europe. Mais je ne veux pas trop m'avancer, c'est trop tôt."

En Europe, mais où ? On sait que la femme de Cristobal est suisse, ce qui en ferait une destination privilégiée... même si les clubs helvétiques ont tous complété leur effectif très en avance, à leur habitude. Des ligues ont des places libres et des arguments financiers, mais ceux-ci n'ont que peu d'importance. "Ce n'est pas une question de salaire, il sera sans doute versé par Chicago de toute façon. Mais il est clair que la Suisse me plairait."

Huet est cependant très prudent sur le sujet et se prépare pour l'instant à rejoindre les Blackhawks pour le début de saison, comme si les savants calculs de masse salariale ne faussaient pas la donne : "Je pars au camp. Je sais que ça jouera à un moment ou à un autre, mais tout ce que je peux faire, c'est me préparer et voir ce qui va se passer."

Y aura-t-il d'autres Français pour le relayer en NHL ? "Philippe Bozon a montré la voie. On n'est pas encore une super-nation européenne. On n'a pas fait partie des rouages juniors, on ne connaît pas tel coach ou ami de coach, ça marche un peu comme ça aussi. Mais un jeune qui a le talent et la volonté peut toujours s'en sortir."

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L'aventure de la coupe Stanley en France vu par les américains : comme pour chaque joueur de Chicago qui a pu profiter de la coupe pour un ou deux jours, le site de la ligue nationale a suivi Huet et a posté plusieurs vidéos sur le site avant le passage du trophée à Hjalmarsson.