Expérience intéressante pour les Bleuets en Russie

L'année France-Russie 2010, décidée par les diplomaties des deux pays, a donné lieu à une initiative très intéressante pour le hockey tricolore. L'équipe de France junior, entraînée par Lionel Charrier et Stéphane Barin, était en effet invitée chez une des meilleures équipes du monde. Une excellente occasion d'avoir de vrais matchs de haut niveau, à mille lieues de la division II où elle a été reléguée et où elle croisera la Belgique ou l'Islande.

Jamais une équipe de France 20 ans n'avait affronté un adversaire de ce calibre depuis le passage en élite de 2002 (les Russes de l'époque jouent aujourd'hui en NHL ou en KHL, alors que presque plus personne dans cette génération française n'évolue en Magnus : matière à réflexion ?).

Le président Luc Tardif s'est félicité de cet échange bienvenu lors de la petite cérémonie d'ouverture où il a pris la parole aux côtés de son homologue russe Vladislav Tretiak. C'est même dans la conférence de presse que Tretiak a expliqué aux journalistes plusieurs sujets chauds, comme la proposition de contrat faite au sélectionneur Bykov en vue des JO de Sotchi (2 années fermes + 2 en option en cas de bons résultats) et la prolongation de l'Euro Hockey Tour - attaqué par la KHL - au-delà de 2012, avec des changements : pas de tournoi senior en septembre lorsque les clubs préparent leur saison (sauf en saison olympique), et matchs contre les nations du niveau en dessous (Allemagne, Suisse, Danemark) en préparation des championnats du monde.

Des trois rencontres, la première a été la plus déséquilibrée (8-0), et la seconde la plus équilibrée (7-4 grâce à un jeu ouvert de part et d'autre). Entre-temps, les Bleuets ont été invités à visiter le Kremlin tout comme leurs homologues russes (photo en fin d'article issue du communiqué de la FHR). Sympathique alors que la période n'était pas la plus propice à visiter Moscou, avec l'air vicié par les incendies provoqués par la canicule. Cet après-midi, les Français ont bien résisté au premier tiers-temps avant de subir logiquement le jeu sur la durée (7-1). Anthony Rech s'est fait sortir pour une bagarre avec Kuznetsov, la "superstar" vantée par Nazarov (voir bilan de la KHL).

Celui qui s'est le plus mis en valeur cette semaine est Nicolas Ritz, avec trois buts. Le Dijonnais semble de nouveau en forme tôt cette saison, en espérant qu'il la conserve encore plus longtemps. Cote en hausse également pour le gardien Léo Bertein, qui a pris la cage à son prédécesseur comme doublure amiénoise Sébastien Ylönen après deux tiers-temps pour ne plus la quitter. Il a marqué les esprits à son entrée avec un superbe arrêt sur Nikita Dvurechensky : celui-ci croyait le but tout fait, mais se vengera au match suivant avec un triplé. Peu connu car encore rarement aligné par le Dynamo en KHL, Dvurechensky apparaît comme le grand gagnant de la semaine : il avait été transparent aux Mondiaux 18 ans il y a deux ans sur la troisième ligne, mais devrait pouvoir se montrer plus à son avantage chez les 20 ans. Il a aussi marqué le plus beau but le premier jour sur un une-deux avec Tarasenko.

Qu'on ne s'y trompe donc pas : c'était bien leur meilleure équipe que les Russes ont alignés, avec toutes les futures stars du pays. Dmitri Orlov, le défenseur de Novokuznetsk qui cartonne depuis longtemps (voir page russe junior 2009 par exemple), a connu un match à cinq points - 1 but et 4 assistances - cet après-midi. Quant à Vladimir Tarasenko, la star incontournable du Sibir Novosibirsk, ce n'est pas lui qui a fait le plus mal aux tricolores. Ses compagnons de la première ligne Sobchenko et Kitsyn ont marqué respectivement quatre et trois buts. En revanche, Tarasenko a subi une longue disette en manquant pas moins de cinq face-à-face avec les gardiens français avant de finalement trouver une fois le chemin des filets à la fin du deuxième match.

Hockey Archives a calculé pour vous les statistiques complètes des Français :

Gardiens : Léo Bertein (Amiens, 140', 14 buts encaissés), Sébastien Ylönen (Rouen, 40', 8 buts encaissés).

Défenseurs : Aziz Baazi* (Caen, 0+1, 8'), Jérémy Baridon (Gap, 6'), Florian Chakiachvili* (Rouen), Charlie Doyle (Angers, 2'), Kévin Dusseau (Reims, 5x2'), Vincent Llorca* (Grenoble, 0+1, 2'), Léo Paillie* (Rouen), Victor Vitton Mea (Villard-de-Lans, 4').

Attaquants : Jérémy Ares* (Mont-Blanc, 2'), Victor Barbero (Genève-Servette, 0+2, 4'), Loup Benoît (Grenoble, 1+0, 6'), Valentin Claireaux (Amiens, 0+1, 5x2'), Romain Gutierrez' (Rouen), Lucas Orts (Villard-de-Lans), Anthony Rech* (Rouen, 8'+5'+20'), Nicolas Ritz* (Dijon, 2+0, 2'), Matthias Terrier (Chamonix, 2'), Peter Valier (Reims, 1+0), Antoine Vanwormhoudt (Lausanne, SUI), Hugo Vinatier* (Viry, 4').

Non emmenés en Russie : Anthony Koren* (G, Grenoble), Thibault Maggi* (G, Rouen), Christophe Colombel* (D, Tours), Antoine Picot* (D, Tours), Eliot Berthon* (A, Genève), Charles Bertrand (A, Lukko Rauma), Julien Burgert (A, Strasbourg), Robin Gaborit (A, Mont-Blanc), Quentin Jacquier (A, Mont-Blanc).

* joueurs nés en 1992 (juniors 1re année)