Bilan NHL : la division Centrale

La division centrale accueille une nouvelle fois la coupe Stanley mais, cette année, elle ne va pas à Detroit. Elle reste néanmoins proche de l’état du Michigan en se rendant à Chicago. Cette division est composée d’équipes historiques de l’« original six » de la ligue (Chicago et Detroit) aussi bien que de franchises d’expansion récentes (Nashville et Columbus).

C’est généralement une des meilleures divisions de la conférence Ouest : cette année, trois équipes ont participé aux playoffs, c’est toutefois un peu moins que l’an passé où quatre équipes y étaient parvenues, et la cinquième avait terminé aux portes de la qualification.

1. Chicago Blackhawks, 112 points
Classement conférence : 2e

Classement ligue : 3e Logo_Chicago_petit
Attaque : 3e de la ligue, 3,2 buts marqués par match
Défense : 6e de la ligue, 2,48 buts encaissés par match
Parcours en playoffs : ils remportent la coupe Stanley face aux Flyers de Philadelphie 4 matchs à 2
Meilleurs marqueurs : Patrick Kane (AD) : 30 buts, 88 points
Duncan Keith (D) : 14 buts, 69 points
Jonathan Toews (C) : 25 buts, 68 points
Patrick Sharp (AG) : 25 buts, 66 points
Marian Hossa (AD) : 24 buts, 51 points
En 2008/09 : 104 points, 2e de la division, 4e de la conférence, 6e de la ligue, éliminés en finale de conférence par Detroit 4 matchs à 1


Le bilan de la saison 2009/10 est évidemment positif pour les Blackhawks de Chicago, qui ont remporté leur première coupe Stanley depuis 1961. Leur épopée en playoffs a été largement couverte sur le site, il convient donc non pas d’y revenir mais plutôt de voir comment ils sont parvenus à ce titre.

CHI_Jonathan_ToewsL’équipe s’est construite au fil des ans en se basant sur le duo Jonathan Toews – Patrick Kane, draftés en 2006 pour le premier et 2007 pour le second, qui symbolise le retour de la franchise au sommet après un passage à vide lors du milieu des années 2000. Le duo est surnommé par les fans « Daydream Nation », référence à l’album culte de Sonic Youth sorti en 1988. Le rapport avec l’album vient de l’année, qui est la conjonction du numéro du Toews (19) et celui de Kane (88) mais également leur année de naissance à tout les deux. Ce surnom leur va plutôt bien car ils ont effectivement fait de Chicago « une nation qui rêve » des sommets. Parmi les autres joueurs d’importance draftés par les Blackhawks, il y a également Duncan Keith et Brent Seabrook, qui forment la première ligne défensive.

Ensuite, il y a eu une suite de signatures importantes ces dernières années : Patrick Sharp, transféré de Philadelphie en 2005, ou Brian Campbell, signé comme agent libre en 2008. Enfin, Les Blackhawks ont recruté Marian Hossa l’été dernier, alors qu’il était sans doute l’un des agents libres les plus en vue du marché. Ce fut une signature cruciale pour l’équipe car elle a apporté un des meilleurs buteurs de la ligue à une équipe qui venait juste de briller dans les playoffs. Chicago est donc rapidement apparu comme un prétendant au titre sérieux.

Mais l’arrivée de Hossa envoyait un autre signal aux concurrents : du fait de son poids dans la masse salariale, même s’il était compensé par une manipulation comme celle du contrat annulé de Kovalchuk, l’équipe de Chicago serait confrontée rapidement à des problèmes de salary cap qui l’obligeraient à transférer beaucoup de joueur l’été suivant. Les Blackhawks savaient donc que l’équipe ne tiendrait pour partie qu’une saison et qu’il fallait capitaliser au maximum sur cette année.CHI_Marian_Hossa

Outre Hossa, Chicago a signé le même jour un autre Slovaque, Tomas Kopecky, qui évoluait avec lui chez les Red Wings de Detroit. Il devait renforcer la réserve de l’effectif et éventuellement jouer sur la troisième ou quatrième ligne. Personne n’aurait cru que les deux Slovaques termineraient la finale en première ligne avec Jonathan Toews.

De fait, les lignes ont énormément changé durant la saison, l’entraîneur Joel Quenneville se livrant à de nombreuses modifications. Ainsi, un site de fans qui s’était fait fort de mettre à jour les lignes à chaque changement a fini par jeter l’éponge, ajoutant au passage l’image d’un mixer. Quenneville a pu toutefois compter sur un effectif suffisamment fourni pour se livrer à ces modifications.

L’autre problème de la saison a été les gardiens. En soi, la performance du duo Huet – Niemi n’a pas été catastrophique mais elle a longtemps constituée un bémol d’importance pour les chances de Chicago de remporter le titre. Les Blackhawks avaient signé Huet en 2008 pour endosser le rôle de titulaire mais il n’a pas vraiment convaincu. Barré en 2008/09 par Khabibulin, il n’a pas réussi à se montrer à son avantage cette saison, enchaînant des périodes probantes (en novembre et décembre) avec d’autres plus compliquées. Il a définitivement été écarté du poste de titulaire après deux défaites terribles en mars contre Detroit puis Columbus.

Finalement, Niemi a donc pris le poste de titulaire et il a réussi des playoffs probants. Toutefois, comme il n’a pas trouvé d’accord avec l’équipe, il est devenu agent libre. Ce n’est pas forcément un calcul très intéressant pour lui : beaucoup d’équipes ont déjà signé leur duo de gardiens et la valeur des gardiens sur le marché des agents libres est cette année plutôt faible. De plus, les managers généraux seront sans doute très prudents avant d’accorder un gros contrat à un joueur qui, s’il a remporté le titre, n’a toutefois pas toujours été extraordinaire.

La bonne réussite défensive des Blackhawks est, en fait, plus à mettre au crédit de la défense que des gardiens. Sa solidité défensive a permis à Chicago de mettre en place un système de jeu basé sur la possession du palet et en a fait l’équipe qui a reçu le moins de tirs cadrés adverses. Il n’y a pas eu beaucoup de modifications dans les lignes de défense, l’équipe trouvant rapidement son rythme de croisière avec Seabrook-Keith sur la première et Campbell-Hjalmarsson sur la deuxième. Seule la troisième a connu quelques modifications, Quenneville ayant des difficultés à trouver un partenaire à Brent Sopel.

Le seul bémol de la défense concerne Campbell. S’il a fait une saison plutôt correcte, il fait l’objet de critiques de la part des fans qui trouvent que son salaire (7,14 millions par an) est trop élevé par rapport à son rendement. S’il est vrai que Campbell est sans doute le joueur de deuxième ligne le mieux payé de la ligue, il ne faut toutefois pas oublier qu’il occupe également le rôle de meneur de jeu lors des situations de supériorité numérique. La question de l’importance du salaire est aussi prépondérante dans les critiques des fans à l’encontre de Cristobal Huet, qui émarge à 5,625 millions par an.

CHI_Patrick_KaneLes Blackhawks ont parfaitement utilisé leur potentiel offensif pour terminer à la troisième place de la ligue dans ce domaine. Six joueurs qui ont dépassé la barre des 20 réalisations (Kane, Toews, Sharp, Hossa, Brouwer et Versteeg), ce qui montre une certaine homogénéitélignes. Le total de 24 buts et 51 points peut paraître chétif pour Marian Hossa, lui qui restait sur une saison à 40 buts et 71 points l’an passé avec Detroit, mais il faut préciser qu’il a été absent les deux premiers mois de la saison et qu’il n’a disputé que 57 matchs.

Sans surprise, les Blackhawks ont dû se résoudre à transférer ou à ne pas re-signer un certain nombre de leur joueurs afin de descendre sous le salary cap de la prochaine saison. Pourtant, il n’y a pas vraiment eu de purge car Chicago a conservé son noyau de joueurs cadres intact. Les seuls départs vraiment importants ont été ceux de Dustin Byfuglien et Kris Versteeg.

Byfuglien a été un des héros de la conquête du titre, en marquant des buts importants en prolongations ou en utilisant sa puissance physique face au but. Toutefois, même s’il était un joueur apprécié des fans, il n’était pas dit qu’il aurait retrouvé ce niveau l’an prochain, lui qui a été critiqué durant la saison régulière pour un manque d’implication lors de certains matchs. Versteeg était également un joueur apprécié des fans, grâce à sa vitesse sur la glace mais il ne pouvait pas rester éternellement sur la troisième ligne de Chicago, il aurait sans doute fini tôt ou tard par partir pour rejoindre une équipe qui lui aurait donné une chance de jouer sur les premières lignes.

Le seul joueur que les fans ont vraiment craint de voir partir est Patrick Sharp. Stan Bowman, le manager général de l’équipe, les a toutefois rassurés en assurant qu’il ne le transfèrerait pas. Néanmoins, les ennuis de Chicago avec la masse salariale ne sont pas encore terminés, et il est maintenant presque inexorable que ce soit Huet qui en fasse les frais.


2. Detroit Red Wings, 102 pointsLogo_Detroit_petit
Classement conférence : 5e
Classement ligue : 7e
Attaque : 14e de la ligue, 2,72 buts marqués par match
Défense : 7e de la ligue, 2,52 buts encaissés par match
Parcours en playoffs : éliminés par les Sharks de San José en demi-finale de conférence 4 matchs à 1
Meilleurs marqueurs : Pavel Datsyuk (C) : 27 buts, 70 points
Henrik Zetterberg (AG) : 23 buts, 70 points
Nicklas Lidström (D) : 9 buts, 49 points
Tomas Holmström (AD) : 25 buts, 45 points
Todd Bertuzzi (AD) : 18 buts, 44 points
En 2008/09 : 112 points, 1er de la division, 2e de la conférence, 3e de la ligue, éliminés en finale de coupe Stanley par Pittsburgh 4 matchs à 3

DET_Henrik_ZetterbergBeaucoup de fans des Red Wings ont été déçus cette année. Bien des fans d’équipes stagnantes dans les profondeurs du classement aimeraient que leur équipe atteigne les 100 points mais cela n’a rien d’exceptionnel à Detroit, qui a toujours atteint cette barre depuis 2000. Pourtant, cette année, les Red Wings ne sont pas parvenus à remporter leur division, pour la première fois depuis dix ans, laissant la couronne à leur rival historique, Chicago.

Après le départ de Marian Hossa et de ses 40 buts en saison régulière, il était logique que la production offensive décline. En fait, le total des buts est passé de 295 en 2008/09 à 229 cette année.

Cela s’explique tout d’abord par les départs : Hossa certes, mais aussi Mikael Samuelsson (19 buts, parti à Vancouver) ou Jiri Hudler (23 buts, parti en KHL). Ensuite, il y a les blessures : Johan Franzen a été limité à 27 matchs et Valtteri Filppula à 55 matchs, lui dont l’équipe attendait qu’il compense les départs. Toutefois, les deux joueurs ont été plutôt actif quand ils étaient en forme : Franzen termine avec 21 points tandis que Filppula a marqué 35 points.

DET_Pavel_DatsyukSans surprise, l’attaque a principalement reposé sur le duo Pavel Datsyuk – Henrik Zetterberg. Les deux joueurs n’ont pas forcément eu le rendement des années précédentes, Datsyuk avait terminé avec 27 points de plus l’an passé et Zetterberg 22 points de plus il y a deux ans, mais ils continuent à être les leaders de l’attaque. Sinon, belle performance du vétéran Tomas Holmström (37 ans), qui signe une des meilleures saisons de sa carrière avec 25 buts en 68 matchs et l’apport offensif significatif d’un autre vétéran, Todd Bertuzzi (35 ans), signé à l’intersaison et qui a apporté 18 buts en saison régulière à une équipe qui en avait bien besoin. En playoffs, il a été encore plus décisif avec 2 buts pour 11 points en 12 matchs.

En défense, les cadres ont été en dessous des attentes et des performances de leurs dernières années. Cela s’explique déjà par l’âge des joueurs : les joueurs de la première ligne Lidström (40 ans) et Brian Rafalski (36 ans) ont clairement leurs meilleures années derrière eux. La deuxième ligne a quant à elle été handicapée par la longue absence entre novembre et janvier de Niklas Kronwall qui n’a joué que 48 matchs.

Les autres défenseurs n’ont pas brillé, notamment Jonathan Ericsson qui avait plus d’opportunités de jouer du fait du départ de Chris Chelios et des blessures d’Andreas Lijla puis de Kronwall. Il termine avec un différentiel de -15 et de nombreuses pertes de palet, ne parvenant ainsi pas à capitaliser sur sa bonne fin de saison l’an passé.DET_Jimmy_Howard

Dans les buts, la surprise est venue du jeune Jimmy Howard. Après une saison réussie l’an passé avec Grands Rapids en AHL, il s’annonçait comme le gardien du futur pour les Red Wings pour remplacer le vieillissant Chris Osgood (37 ans). En fait, même si les débuts du rookie de 26 ans ont été un peu délicat, il s’est vite révélé comme le meilleur gardien de l’équipe. Personne ne pouvait plus en douter quand Howard a battu les Kings de Los Angeles avec 51 arrêts sur 52 tirs en janvier. Il s’est en plus montré très constant, terminant statistiquement parmi les meilleurs gardiens tout en jouant 63 matchs. Au final, il a également été nominé pour le trophée de meilleur rookie de l’année.

Detroit a fini par accrocher la cinquième place de la conférence, mais ce fut de haute lutte. Jusqu’à la fin du mois de février, les Red Wings flirtaient encore avec la huitième place avec le risque de ne pas jouer les playoffs pour la première fois depuis 1990. Toutefois, les Wings ont su se surpasser au bon moment et ont signé un mois de mars flamboyant avec 12 victoires en 15 matchs. C’est néanmoins la première fois depuis 1991 que Detroit n’a pas abordé les playoffs en étant tête de série (dans les quatre premiers de la conférence).

DET_Nicklas_Lidstrom_Johan_FranzenLe parcours en playoffs n’a pas été à la hauteur de celui de l’an passé, qui les avait vu perdre en finale de coupe Stanley au septième match. Les Red Wings ont d’abord difficilement battu une surprenante équipe des Coyotes de Phoenix avant d’être nettement dominés par les Sharks de San José en demi-finale de conférence 4 matchs à 1.

Detroit est sans doute une des dynasties majeures de la NHL des années 90 et 2000, dominant pendant 15 ans la ligue avec Steve Yzerman, Lidström ou Sergei Fedorov puis une nouvelle génération au début des années 2000 (Datsyuk, Franzen et Zetterberg). Toutefois, toute dynastie est condamnée à passer la main. Ainsi, il ne faut pas oublier qu’avant ces deux décennies de domination sur la ligue, la franchise était surnommée « les Dead Wings » car pendant les années 70 et 80 elle ne semblait pas pouvoir sortir des profondeurs du classement.

On voit que les Wings sont maintenant une équipe vieillissante, avec une relève qui ne parviendra sans doute pas à réaliser les mêmes exploits et ce n’est pas l’arrivée du légendaire centre de Dallas Mike Modano (40 ans) qui va inverser la tendance. En effet, sur les dix dernières draft, Detroit n’a choisi que 4 joueurs lors du premier tour et n'a plus bénéficié d'un des dix premiers choix depuis 1991. L’équipe manque donc sérieusement de sang neuf (malgré le retour de Jiri Hudler) mais elle peut toutefois se targuer d’avoir remporté 4 coupes Stanley dans ces 15 dernières années (1997, 1998, 2002, 2008). Même si c'est une puissance sur le déclin, il faudra encore se méfier de Detroit l'année prochaine, car elle reste une équipe suffisamment talentueuse et expérimentée pour bien figurer dans la conférence Ouest.

 


3. Nashville Predators, 100 pointsLogo_Nashville_petit
Classement conférence : 7e
Classement ligue : 10e
Attaque : 18e de la ligue, 2,65 buts marqués par match
Défense : 14e de la ligue, 2,70 buts encaissés par match
Parcours en playoffs : éliminés par les Blackhawks de Chicago 4 matchs à 2 en quart de finale de conférence
Meilleurs marqueurs : Patric Hornqvist (AD) : 30 buts, 51 points
Steve Sullivan (AG) : 17 buts, 51 points
Martin Erat (AD) : 21 buts, 49 points
Jason Arnott (C) : 19 buts, 46 points
Jean-Pierre Dumont (AD) : 17 buts, 45 points
En 2008/09 : 88 points, 5e de la division, 10e de la conférence, 20e de la ligue.


NSH_Shea_WeberComme Detroit, la saison est mi-figue mi-raisin à Nashville. Les Predators, fondés en 1998, sont l’une des franchises les plus jeunes de la ligue mais, contrairement à d’autres franchises de cette génération (comme Columbus ou Atlanta), ils ont connu des saisons relativement bonnes. Ainsi, Nashville est parvenu en playoffs pour la cinquième fois en six ans ce qui est plutôt bon pour une franchise aussi jeune. Toutefois, les Predators n’ont jamais réussi à passer le premier tour et les espoirs de le faire cette année ont été brisés par les futurs champions, Chicago.

La défaite a été d’autant plus mal vécue par les fans des Predators qu’elle a été crève-coeur. Nashville avait parfaitement commencé en battant Chicago sur leur glace 4 à 1. Les Blackhawks sont ensuite revenus dans la série et après quatre matchs le score était de deux matchs partout. Le cinquième match était donc crucial : joué à Chicago, les Predators menait idéalement 4 à 3 à quelques secondes de la fin en situation de supériorité numérique.NSH_Patric_Hornqvist

Cette victoire aurait été le tournant de la série : Nashville aurait alors mené 3 matchs à 2 avec un sixième match sur leur glace. Malheureusement pour eux, Patrick Kane égalise à 16 secondes la fin et Marian Hossa scelle la victoire de Chicago en prolongations. Nashville ne se relèvera pas de cet instant de relâchement et perd le dernier match à domicile 5 à 3.

Les Predators avaient l'une des plus mauvaises attaques des participants aux playoffs. La bonne surprise est venue du jeune Patric Hornqvist. L’ailier droit suédois de 23 ans, après avoir débuté en NHL l’an passé avec 7 points en 28 matchs, s’est révélé cette année et est le seul joueur de son équipe à atteindre le plateau des 30 buts. C’est une performance plutôt inattendue, et à confirmer, pour un joueur drafté au septième tour en 2005.

L’équipe a pu également compter sur les performances de Martin Erat et des vétérans Steve Sullivan et Jason Arnott. Ce dernier, capitaine de l’équipe avant son transfert à l’intersaison vers le New Jersey aurait sans doute mené le classement des marqueurs de son équipe sans une blessure qui l’a éloigné de la glace pendant une vingtaine de matchs.

NSH_Pekka_RinneSur la ligne bleue, la première paire Shea Weber – Ryan Suter a été plutôt solide, en tout cas plus que les autres. Dans les buts, le jeune Pekka Rinne, 27 ans, a montré qu’il était maintenant le titulaire incontestable du club pour sa deuxième saison complète avec 32 victoires en 58 matchs, même si ses statistiques sont en légère baisse. Il a notamment été très convaincant face à Chicago en playoffs même si cela n’a pas suffi.

L’équipe va devoir digérer le départ d'Arnott et il va falloir également se trouver un nouveau capitaine. Ce pourrait être Shea Weber qui prendrait le capitanat, afin de préparer sa re-signature la saison prochaine, même si pour le moment la solution la plus probable serait qu’il n’y ait pas de capitaine en titre.

Quant à la production offensive, le club espère sans doute que Hornqvist réitère ses performances de l’an passé et que les nouvelles têtes, comme le jeune Serguei Kostitsyn, débarqué de Montréal, apporteront une contribution importante.

 

 

 


 

4. St. Louis Blues, 90 pointsLogo_StLouis_petit
Classement conférence : 9e
Classement ligue : 15e
Attaque : 17e de la ligue, 2,66 buts marqués par match
Défense : 11e de la ligue, 2,66 buts encaissés par match
Meilleurs marqueurs : Andy McDonald (C) : 24 buts, 57 points
T.J. Oshie (AD) : 18 buts, 48 points
David Backes (AD) : 17 buts, 48 points
Alexander Steen (C) : 24 buts, 47 points
David Perron (AG) : 20 buts, 47 points
En 2008/09 : 92 points, 3e de la division, 6e de la conférence, 15e de la ligue, éliminés en playoffs en quart de finale de conférence par Vancouver 4 matchs à 0


Depuis 2006 et une place de dernier de la ligue avec 57 points, St. Louis est en phase de reconstruction. La première étape a été de drafter des jeunes joueurs de talent grâce aux mauvaises performances de l’équipe mais aussi une politique d’échange pour obtenir d’autres choix de premier tour. Ainsi, les Blues ont choisi plusieurs joueurs au premier tour en 2006 (Erik Johnson en première position et Patrik Berglund à la 25e) et en 2007 (Lars Eller à la 13e position, Ian Cole à la 18e et David Perron à la 26e). Après Erik Johnson, St. Louis a drafté un autre défenseur avec un choix de draft élevé en 2008, Alex Pietrangelo (4e position).

Maintenant, l’équipe attend que les jeunes mûrissent et forment un effectif compétitif. L’attente peut sembler longue mais St. Louis a réalisé une saison plutôt correcte, même s’ils n’ont pas accroché les playoffs. En effet, la conférence Ouest était plus relevée cette année que l’an passé et les 90 points étaient trop justes alors que 92 points leur avaient suffi la saison dernière pour obtenir une sixième place dans la conférence. Assez curieusement, il faut remarquer que l’équipe a été plus efficace à l’extérieur que sur sa glace.

STL_Erik_JohnsonEn fait, c’est surtout le début de saison qui a été difficile à domicile, les Blues ne remportant que 6 de leurs 19 premiers matchs chez eux entre octobre et décembre. Cela plombe le bilan de St. Louis qui est alors en 12e position de la conférence.

En janvier, l’équipe vire l’entraîneur Andy Murray pour le remplacer par l’entraîneur de leur équipe réserve d’AHL, Davis Payne. Arrivé comme intérimaire au poste, Payne a été confirmé cet été dans ses fonctions d’entraîneur des Blues grâce à la bonne fin de saison de l’équipe. En effet, St. Louis a remporté 23 des 42 derniers matchs et a été meilleur à domicile. St. Louis avait connu le même type de mésaventure l’an dernier avec un début de saison poussif mais une fin bien plus probante. La seule différence est que l’an passé les Blues avaient réussi à parvenir aux playoffs.

Si la reconstruction prend du temps, c’est avant tout parce que les joueurs sur lesquels le management de l’équipe compte le plus sont des défenseurs (Johnson et Pietrangelo), dont le développement est généralement plus lent que celui d’un attaquant. Erik Johnson, 21 ans, a connu une saison plutôt correcte avec 39 points mais avec seulement un différentiel de +1. Il a re-signé pour deux ans, la courte échéance servant sans doute à le motiver pour progresser puisqu’il n’a pas encore atteint le niveau que l’on attend d’un défenseur choisi en première position de draft. Quant à Alex Pietrangelo, 19 ans, il n'a pour l'instant joué que 17 matchs lors de ses deux premières saisons dans l’organisation.

L’escouade défensive est toujours composée du duo de vétérans Eric Brewer – Barret Jackman. Le premier déçoit quelque peu les fans avec l’un des plus mauvais différentiels de la ligue depuis le lockout de 2005 tandis que le second est toujours un défenseur physique de talent même s’il n’a pas confirmé le potentiel de son début de carrière (il avait remporté le trophée de meilleur rookie de la ligue en 2003).

Brewer a été le plus souvent aligné avec Johnson tandis que Jackman a joué la plupart du temps avec Roman Polak, un Tchèque de 24 ans jouant lui aussi dans un registre physique et qui a signé une bonne saison. Sur la troisième ligne, Carlo Colaiacovo a réussi une excellente saison avec 32 points et un différentiel de +8. Le Canadien de 27 ans a enfin réussi à avoir une année à peu près complète dans une carrière jusqu’alors marquée par les blessures à répétition car il n’a jamais disputé plus de matchs que les 67 qu’il a joués cette saison.STL_Keith_Tkachuk

L’attaque n’a pas été à la hauteur des espérances puisqu’elle ne s’est classée que 17e de la ligue. D’une part, les vétérans n’ont pas eu l’impact que l’on attendait d’eux. Le plus gros salaire du club depuis trois ans, le sniper canadien Paul Kariya, n’a jamais réussi à dépasser la barre des 20 buts avec St. Louis, loin du rendement que l’on attend d’un ailier à 6 millions de dollars annuels. En fin de contrat, il ne devrait logiquement pas re-signer. Un autre qui ne re-signera pas, c’est Keith Tkachuk. L’Américain prend sa retraite à 38 ans après dix ans passés sous les couleurs de St. Louis. Il figure à la cinquième place des meilleurs marqueurs de nationalité américaine dans l’histoire de la NHL avec plus de 1000 points marqués. Il devrait logiquement être introduit dans le Hall of Fame dans les prochaines années.

Les autres vétérans n’ont pas non plus beaucoup brillé : l’équipe attendait plus d’Andy McDonald, 32 ans, que 54 points en 79 matchs avec son contrat de 4,7 millions annuels qui court encore sur trois saisons, surtout qu’il restait sur des performances plus probantes depuis qu’il joue avec les Blues (80 points en 95 matchs sur une saison et demie). David Backes a quant à lui vu son total de buts baisser de 31 l’an passé à 17 cette année. Idem pour Brad Boyes, dont le total de buts ne cesse de baisser depuis sa première saison à St. Louis : 43 en 2008, 33 en 2009 puis 14 cette année.

Pour ce qui est des jeunes talents, il leur faut encore franchir des paliers. Ainsi, des joueurs de 22 ou 23 ans comme Patrik Berglund ou T.J. Oshie vont entrer dans leur troisième saison dans la ligue, la quatrième pour David Perron, et ils ne parviennent pas encore à porter l’offensive comme l’espère le club. Berglund a signé une année plutôt décevante avec seulement 26 points en 71 matchs et un différentiel de -5, loin de l’année précédente où il avait marqué 47 points en 76 matchs avec un différentiel de +19 et où il avait alors été choisi dans l’équipe all-star des rookies.

STL_TJ_OshieOshie est l’un des joueurs préférés des fans par son jeu énergique et puissant malgré sa petite taille, toutefois l'international américain ne parvient pas encore à être vraiment menaçant offensivement. Comme Berglund, il est en recul par rapport à sa saison de rookie avec 48 points en 76 matchs contre 39 en 57 matchs l’an passé. Néanmoins, un des points positifs de cette saison pour lui est qu’il s’est moins blessé. Perron n’arrive quant à lui pas à dépasser le stade des 20 buts (cette année) et 50 points (l’an passé), malgré un talent évident et des capacités de buteur comme de passeur. En conséquence, il a signé cet été, comme Erik Johnson, un contrat de deux ans afin de faire ses preuves avant peut-être un plus long contrat.

Dans les buts, le duo Chris Mason – Ty Conklin a été plutôt efficace, toutefois il ne sera pas reconduit. Mason n’a pas été re-signé, le club ayant préféré transférer Jaroslav Halak de Montréal. C’est sans doute une bonne opération pour les Blues car Halak est sans doute aussi bon que Mason et il est nettement plus jeune (25 ans contre 33). Certes, Halak n’aura pas forcément les performances qu’il a eu lors de l’incroyable parcours en playoffs des Canadiens, mais il avait signé auparavant une saison régulière un peu plus discrète et néanmoins très réussie. Quant à Conklin, il a lui aussi eu un pourcentage d’arrêts tout à fait satisfaisant pour un remplaçant.

 

 


5. Columbus Blue Jackets, 79 pointsLogo_Columbus_petit
Classement conférence : 14e
Classement ligue : 27e
Attaque : 20e de la ligue, 2,61 buts marqués par match
Défense : 24e de la ligue, 3,04 buts encaissés par match
Meilleurs marqueurs : Rick Nash (AD) : 33 buts, 67 points
Antoine Vermette (C) : 27 buts, 65 points
Kristian Huselius (AG) : 23 buts, 63 points
R.J. Umberger (AG) : 23 buts, 55 points
Jakub Voracek (AD) : 16 buts, 50 points
En 2008/09 : 92 points, 4e de la division, 7e de la conférence, 16e de la ligue, éliminés en quart de finale de conférence par Detroit 4 matchs à 0


Columbus avait été une des belles surprises de la saison dernière, parvenant à se qualifier pour les playoffs pour la première fois de l’histoire de la jeune franchise, créée en 2000. L’équipe était alors menée par l’ailier Rick Nash, l’un des joueurs offensifs les plus doués de la ligue, avec l’expérimenté Ken Hitchcock sur le banc et un surprenant rookie dans les buts, Steve Mason, qui avait reçu le prix du meilleur rookie de la saison. Malgré l’élimination en quatre matchs secs par ceux qui étaient alors les tenants du titre, Detroit, cette performance a permis aux fans de croire à un destin favorable pour une équipe qui a connu une première décennie difficile.

CBJ_Rick_NashMalheureusement pour eux, cette saison n’a pas été à la hauteur des attentes. Non seulement le club n’est pas parvenu à retourner aux playoffs mais, en plus, ils terminent à l’avant-dernière place de la conférence. La saison avait pourtant commencé plutôt correctement avec deux bons premiers mois. Ainsi, à la fin novembre, les Blue Jackets avaient remporté la moitié de leurs rencontres. Les choses se sont ensuite rapidement gâtées avec une chute brutale des performances de Mason derrière une défense plus que perméable. Le club est ainsi passé de la 9e défense de la ligue en 2008/09 (2,72 buts encaissés par match) à la 24e cette année (3,04 buts par match).

En février, Ken Hitchcock est renvoyé par le manager général Scott Hawson, et son assistant Claude Noël est promu entraîneur intérimaire. À l’intersaison, c’est finalement Scott Arniel, qui entraînait Manitoba en AHL, qui a été nommé comme nouvel entraîneur de Columbus. La fin de la saison a été plus réussie grâce notamment à de meilleures prestations de Mason.

Le problème du jeune gardien était sans doute plus d’ordre psychologique que technique. La pression psychologique est évidemment très forte sur les gardiens, dont le rôle est fondamental autant qu’individuel et les jeunes gardiens ont souvent des difficultés à supporter ce poids dans la ligue. Mason reste un des meilleurs jeunes gardiens de la ligue, il lui faudra juste une période d’adaptation suffisante pour devenir le gardien à la hauteur des espérances du club.

La défense n’a pas été d’une grande aide pour le jeune gardien. À sa décharge, les blessures ont perturbé les plans de Hitchcock puis Noël. Ainsi, le défenseur historique de la franchise (il a été le premier choix de draft de l’équipe en 2000) Rostislav Klesla, limité à 34 matchs en 2008/09 à cause d’une longue suite de blessures, a cette fois eu une déchirure à l’aine en décembre qui a mis un terme prématuré à sa saison.

La charge de mener l’escouade défensive est alors retombée sur les seules épaules de Mike Commodore et Jan Hejda, les seuls vétérans sur une ligne bleue très largement jeune et inexpérimentée. Commodore a été obligé de jouer plus qu’à son habitude, dépassant les 22 minutes sur la glace en moyenne alors qu’il se situait généralement aux environs des 19-20 minutes. Cela ne s’est pas arrangé quand son partenaire de ligne Jan Hejda s’est blessé à son tour en mars. Cela a obligé les entraîneurs à solliciter les défenseurs des dernières lignes de défense sur les premières, comme Fedor Tyutin, qui s’est soudainement retrouvé sur la première ligne, ou Anton Stralman. Ces joueurs ont évidemment connu de grandes difficultés face aux meilleurs joueurs adverses même s’ils ont pu apporter un soutien offensif (34 points pour Stralman, 32 pour Tyutin).CBJ_Steve_Mason

Face à cette difficulté flagrante sur la ligne bleue, il semblait logique que Hawson cherche à la renforcer à l’intersaison. L’occasion la plus intéressante était sans doute la draft où Columbus pouvait espérer attirer un des nombreux prospects défensifs prometteurs (Gudbranson, Gormley, Fowler). En fait, comme il apparaissait quasi certain que les Panthers prendraient Gudbranson avec leur troisième choix, tous les observateurs s’accordaient sur le fait que les Blue Jackets prendraient Fowler avec leur quatrième choix. Si les Panthers ont effectivement choisi Gudbranson, les Blue Jackets ont eux pris un centre, Ryan Johansen.

Il n’y a pas non plus eu de nouvel arrivant sur la ligne bleue avec les agents libres. Le seul nouveau joueur qui pourrait arriver en défense la saison prochaine est John Moore, 19 ans, drafté par l’équipe en 2009. L’équipe attendra également beaucoup de Kris Russell, 23 ans, pour occuper une place dans les premières lignes de défense. L’an prochain, la première ligne devrait logiquement être Commodore – Hejda tandis que Klesla devrait être le mentor de Moore ou être aligné avec Russell.

En attaque, la production n’a pas été flamboyante, en partie à cause du système défensif mis en place par les entraîneurs. C’est surtout la première ligne qui s’est mise en valeur, menée par le capitaine Rick Nash, permettant à Kristian Huselius et Antoine Vermette de signer une de leurs meilleures saisons. La deuxième ligne était généralement composée du trio R.J. Umberger – Derick Brassard – Jakub Voracek. Brassard, 22 ans, a quelque peu déçu cette année : on attendait de lui qu’il soit le futur centre numéro un du club mais il ne semble pas totalement confirmer ces attentes, d’où le choix de Johansen à la draft. Voracek, 20 ans, continue quant à lui à progresser dans son rôle d’ailier créateur de jeu, passant de 38 points lors de sa saison de rookie à 50.

Comme pour la défense, aucun nouveau joueur n'est en vue. Certes, Columbus a récupéré Ethan Moreau, l’ancien capitaine d’Edmonton, sur les waivers des Oilers, mais l’ailier ne sera sans doute pas d’un apport offensif important au vu de ses dernières années décevantes à Edmonton. Il apportera toutefois un leadership naturel et de l’expérience dans le vestiaire des Blue Jackets. La seule « arrivée » concerne l’ailier russe Nikita Filatov.

CBJ_Nikita_FilatovOn ne peut pas parler d’une véritable arrivée car Filatov (drafté par le club en 2008), 20 ans, a brièvement joué avec le club ces deux dernières saisons. Trouvant qu’il ne jouait pas assez à son goût, il a été prêté au CSKA Moscou à la mi-novembre, où il a marqué 22 points en 26 matchs. L’intéressé a expliqué son départ par le fait qu’il ne semblait pas entrer dans les plans d’Hitchcock.

De fait, l’ancien entraîneur « old school » des Blue Jackets n’a pas beaucoup utilisé l’ailier gauche russe, estimant qu’il ne s’investissait pas assez dans le jeu défensif. Son total de 6 buts en 21 matchs était plutôt prometteur car Filatov ne jouait qu’en moyenne 8 minutes par match et généralement sur la troisième ou quatrième ligne. On peut ainsi raisonnablement penser qu’il pourrait atteindre rapidement les 25 buts par saison s’il trouve sa place dans l’effectif.

Le retour de Filatov à Columbus a longtemps été incertain. Quand il était en Russie, il restait plutôt vague sur son avenir même si, en fin de saison, il a exprimé à un reporter de Columbus son envie de rejoindre le camp d’entraînement qui aurait lieu à la fin de l’été. Howson a alors envoyé le préparateur physique de l’équipe en Russie pour préparer le retour de Filatov. Le Russe s’est engagé à venir en Amérique du nord début août, six semaines avant le début du camp d’entraînement. Il a tenu parole après avoir discuté avec Arniel, dont le style de jeu semble plus offensif que celui d’Hitchcock, et qui a garanti au Russe de faire table rase sur ce qui s’est passé avant son arrivée.