Interview de Kevin Hecquefeuille

HECQUEFEUILLE_Kevin-100509-175Deux mois après l'officialisation de son transfert à Amiens, Kevin Hecquefeuille retrouvait il y a quelques jours la petite glace avec ses nouveaux – et parfois anciens – équipiers. Cette maison amiénoise nommée Coliseum, Kevin l'avait quittée à la fin de la saison 2003-2004 pour la retrouver, de temps à autre, avec les Brûleurs de Loups grenoblois. Quatre années de bons et loyaux services dans les Alpes sont passées, puis le Français a franchi le pas : Un départ en Suède avant un séjour annuel à Cologne, le tout dans deux championnats réputés auxquels succède un retour chez son club formateur picard qui l'a accueilli les bras ouverts. Mais il ne s'agit pas d'un retour à la case départ pour le désormais défenseur des Roses.

Ce mercredi 18 aout, au sortir d'un match d'entraînement des Gothiques ouvert au public, le transfuge de Cologne prend le temps de répondre aux questions de Hockey Archives.

- Que retenez-vous de votre parcours sportif depuis votre départ à Grenoble ?

Une très bonne expérience. J'ai eu une année plutôt difficile en Suède où je suis tombé dans une petite organisation, dans un petit village (Nybro). Cela a changé mes petites habitudes et m'a fait du bien. J'ai vu autre chose et je suis plutôt ravi de cette expérience.

Après, en Allemagne, je suis arrivé dans une grosse organisation (Cologne) complètement opposée à celle de Suède. C'était également une bonne expérience mais malheureusement les dirigeants ne m'ont pas gardé une année de plus. Je pense y avoir cependant appris pas mal de choses au contact de bons joueurs et d'un bon entraîneur en deuxième partie de saison (Bill Stewart). Même si le courant n'est pas très bien passé avec lui, j'ai appris beaucoup.

- Vous revenez à Amiens après deux ans à l'étranger, cela change-t-il la vision que vous aviez de la Ligue Magnus avant votre départ ?

Honnêtement, je ne sais pas, c'est compliqué. Je pense qu'il y a toujours deux championnats dans cette élite avec les favoris et, derrière, des équipes plus faibles. Cela n'a pas dû trop changer depuis quelques années. Je ne connais pas tous les effectifs mais je sais que Rouen et Angers se sont beaucoup renforcés. Ensuite, Morzine-Avoriaz, nous, et quelques équipes dans le genre formeront un peloton. On a une bonne équipe cette année. Si on travaille ensemble et que chacun y met du sien, on peut aller loin.

- Avez-vous vécu un changement radical en passant de la Ligue Magnus à l'Allsvenskan ?

Oui, ce fut un changement radical avec plus de matchs et donc une plus grosse intensité. Je pense avoir appris beaucoup de choses avec énormément de temps de jeu, ce qui est selon moi le plus important pour un joueur. J'ai pu m'exprimer sur la glace et j'ai progressé.

- Vous êtes tombés sur un entraîneur réputé pour la préparation physique à Cologne...

Oui, j'avais Igor Pavlov comme entraîneur. Il aimait la préparation physique, et surtout courir (sic). C'est un changement aussi par rapport à ça. C'était dur pour l'organisme au début, puis on s'adapte au fil des semaines. J'ai fini par prendre le rythme.

- De fait, la préparation physique amiénoise vous parez plus facile cette année ?

Pour l'instant oui, ça paraît plus simple. C'est complètement différent de l'étranger mais je respecte ça. Je pense que notre préparateur Manu sait ce qu'il fait, qu'Antoine (Richer) sait ce qu'il fait.

- La DEL a des problèmes financiers cette saison. Avez-vous senti ces problèmes arriver en tant que joueur ?

Il y a eu quelques bruits de couloirs, mais rien de concret. Cette saison, quatre clubs ne se sont pas engagés ou étaient incertains durant l'été. L'incertitude n'a pas aidé, c'est sûr. Mais il n'y a pas que ça qui explique que Cologne ne m'ait pas conservé.

- Avant votre départ en Suède, il y avait déjà quelques joueurs étrangers qui venaient en Magnus. Vous revenez, et on en décompte à peu près autant. Avez-vous l'impression que ces joueurs haussent le niveau du championnat ?

Je suis pour le fait que des joueurs étrangers viennent à partir du moment où ils sont bons. S'ils ont le même niveau que des joueurs français, alors je ne vois pas pourquoi les faire venir. Je sais que Rouen a de bons joueurs, mais c'est peut-être dommage de ne pas laisser plus de temps de jeu à des bons joueurs français comme Loïc Lampérier. Après, c'est un choix des clubs. Amiens donne du temps de jeu à ses jeunes et je trouve que c'est une bonne chose.

- Je ferai une parenthèse sur votre partenariat avec Biockey dont vous êtes, comme Eddy Fehri, un ambassadeur. Pouvez-vous nous parler de ce partenariat ?

Biohockey a été crée par Kevin Ledoux, entre autres, avec qui je jouais en Équipe de France junior. La marque propose une gamme de polos plutôt sympathiques. Je ne fais pas ça pour l'argent, c'est juste dans l'esprit d'aider des copains et de participer à un projet sympa.

HECQUEFEUILLE_Kevin-20100511-4507- Pour en venir à l'Équipe de France, vos expériences à l'étranger vous ont également apporté quelque chose pour les matchs internationaux ?

Oui, ça aide de jouer avec des joueurs d'une nationalité que l'on rencontre ensuite au niveau international. C'est un plus.

- Et comment voyez vous le maintien des tricolores dans le groupe élite depuis trois ans maintenant ?

C'est une bonne chose, ça montre que le hockey français a progressé. On ne va jamais aux Mondiaux pour perdre. On se bat tous les ans pour éviter la relégation, chacun donne tout ce qu'il a. À force de jouer le maintien, on va pas dire qu'on aime ça, mais on a l'habitude. On sait à quoi s'attendre et on n'espère pas jouer les quarts de finale pour le moment.

- La motivation du groupe France est-elle un facteur important du maintien dans l'élite ?

Certainement. Les joueurs qui portent le maillot tricolore sont tous fiers de pouvoir jouer pour leur pays. En tout cas, je ne connais pas un joueur qui se moque de ça, et ce serait dommage.

- Sur les deux matchs d'entraînement ouverts au public, vous avez été aligné avec un équipier chez les bleus, Teddy Trabichet. On dirait que cela se passe plutôt bien ?

Oui, on s'entend bien avec Teddy. On était équipiers à Grenoble où je jouais à l'avant. Il est plutôt sympa et on s'entend bien à l'arrière.

- Je m'avance peut-être, mais on dirait que votre ligne serait composée de Trabichet avec Valentin Claireaux, Julian Marcos et Kevin Bergin lors des matchs officiels. Quels sont vos impressions avec ces équipiers ?

Ça marche plutôt bien ! Julian se donne à fond. Il aime ce club et il ne le laissera jamais tomber. Je ne connaissais pas Kevin, mais il joue bien aussi. C'est un joueur physique qui porte bien le palet. Et puis Valentin est là pour compléter la ligne. C'est un jeune qui a du potentiel et il doit nous le montrer. Il ne faut pas qu'il se cache derrière nous mais qu'il prenne sa chance.

- Vous vous reconnaissez en Valentin à son âge ?

Oui, c'était à peu près la même chose et c'est pour ça que j'ai ce recul.

- À part ces équipiers, que pensez vous des autres recrues ?

C'est pas trop mal et difficile à dire avec peu de matchs. On forme un bon groupe, les recrues se sont bien intégrés et il y a du niveau. J'espère sincèrement qu'on fera un bon championnat, et si possible qu'on remportera une coupe, ce serait bien.

- Pour finir, un mot sur les supporters. Ils étaient environ quatre cents à venir ces deux jours vous regarder jouer. Vous attendiez vous à autant de monde ?

Cela fait très plaisir. Je savais que des gens viendraient, mais quand je suis sorti du vestiaire le premier jour et que j'ai vu tout ce monde, waouh, je ne m'attendais pas à tant que ça. Et puis, le public joue le jeu. On s'est fait applaudir et on a pris plaisir à jouer devant ces spectateurs. Ça montre aussi que les supporters nous suivent de près et c'est une bonne chose.