Strasbourg - Mulhouse (Eurotournoi, 1re journée)

Pour cette deuxième édition de l'Euro-tournoi (rebaptisé challenge Yannick Bohn , en hommage au reporter-photographe du quotidien l'Alsace, décédé fin 2009), les quatre équipes de la précédente édition avaient répondu présentes. S'y étaient joints les voisins mulhousiens et une sixième équipe, baptisée Edge US, composée d'anciens universitaires nord-américains en quête d'un club sur le vieux continent. Le challenge était donc devenu mondial, comme ne le disait pas son appellation !

Pour les deux compétiteurs, c'était le tout début de la saison : deuxième match pour les hommes de Christer Eriksson (battus la veille 5-3 à l'Illberg par... Edge US). Les boys de Daniel Bourdages venaient eux de battre les Phénix de Reims 6-1 à l'Iceberg.

Aussi, ce tournoi, c'était pour les deux équipes une aubaine pour roder plus rapidement les alignements, voire faire d'ultimes essais, notamment pour Mulhouse avec l'ancien défenseur castelvirois (et aussi champion de D1 avec Strasbourg) Stanislav Mistrik, ainsi qu'avec l'attaquant tchèque Ondrej Pekarik.

La patinoire est plutôt bien remplie pour ce derby alsacien, dont les « anciens » dans les tribunes se remémorent encore quelques duels très physiques (notamment à Colmar il y a 6 ans lors d'une rencontre pourtant amicale au profit d'une association caritative).

En fait, tout le monde s'attend à voir logiquement Strasbourg dominer son adversaire qui évolue une division en dessous. Certes, l'Étoile Noire, à l'effectif pas trop changé durant l'intersaison, se trouve un peu mieux sur la glace. Certes, les Bas-Rhinois sont un peu plus rapides et plus opportunistes dès que l'occasion se présente. Certes, ils scorent les premiers, lorsque Paul Bradley s'enfuit à la bleue pour prendre tout son monde de vitesse et loger la rondelle sous la barre de Joffrey Pingrit (1-0 à 5'59"). Mais Mulhouse joue de façon très énergique, simple et attentive. Et comme son adversaire bas-rhinois n'est pas très rigoureux dans ses relances et son placement défensif, Pekarik profite d'une grossière relance pour tromper Gilles Beck du revers (1-1 à 9'11).

Au fur et à mesure de la rencontre, Strasbourg prend significativement l'ascendant sur son voisin mais s'expose aux contres déterminés d'un Kevin Gadoury déjà bouillonnant (22'40" et 31'11"). C'est pourtant de nouveau Bradley qui s'illustre en logeant le palet dans un trou de souris (2-1 à 26'17").

Mulhouse aura la possibilité de revenir au score en début de dernier tiers sur un contre de Kulevicius (43'55) puis lorsque ce diable de Gadoury, pourtant à bout portant, rate son prolongement face à Beck (44'20"). Dans la continuité, la paire Bradley-Cayer part en trombe vers Pingrit. L'ex-portier annécien ne peut rien sur l'envoi sous la barre du Canadien (3-1 à 44'38").

Strasbourg prend, dès lors, définitivement les rênes de la partie, que ce soit par la paire Cibula-Franck (49'17"), sur un raid Cibula-Cayer (le Canadien arrive un poil trop tard pour reprendre le centre du Slovaque, à 51'31"), sur un contre de "Captain Elie" (53'49") ou lors d'une ultime supériorité bas-rhinoise où Julien Burgert rate sa reprise à bout portant (55'38").

Pas de gros enseignements à tirer de cette rencontre. C'est l'une des premières de la saison, les organismes sont encore peu rodés, les alignements sont sans doute à peaufiner, notamment pour Mulhouse.

Pour Christer Eriksson, l'effectif 2009-2010, qu'il souhaitait conserver à 80%, l'est en fait à 20% maximum. Presque tout est à reconstruire chez les Scorpions. L'effectif est (très) jeune, donc forcément inexpérimenté mais fougueux. Cependant, les "cadres" que sont Tromeur, Cerny ou "Papy" Prunet en défense, et Gadoury et Aubry devant, devraient permettre l'épanouissement des Papaux, Boehrer, Barnay ou des minots alsaciens. Seule inconnue : comment situer cet effectif par rapport à l'ancien, et surtout quelles seront les ambitions ? Le maintien est le minimum, une place en play-offs devrait être un objectif jouable.

Pour Strasbourg, il reste encore des réglages défensifs à effectuer, pour éviter notamment des dégagements et des relances pas encore très nettes. Devant, les deux lignes habituelles de gratteurs invétérés sont soutenus par la ligne de jeunes du cru, et surtout par une première ligne dont on pressent déjà un fort potentiel. Cette ligne Cibula-Bradly-Cayer respire l'énergie et la vitesse, en plus des passes (cependant pas encore tout à fait) millimétrées... Le retour des Famous Five est annoncé !

 

Strasbourg - Mulhouse 3-1 (1-1, 1-0, 1-0)
Jeudi 19 août 2010 à 20h30 à Colmar. 600 personnes.
Arbitrage de Gilles Durand.
Tirs : Strasbourg 26 (10, 6, 10) ; Mulhouse 20 (10, 4, 6).
Pénalités : Strasbourg 6' (2', 2', 2') ; Mulhouse 8' (4', 2', 2').

Évolution du score :
1-0 à 05'59" : Bradley assisté de Cibula
1-1 à 09'11" : Pekarik assisté de Mathieu et Delhostal
2-1 à 26'17" : Bradley assisté de Devin
3-1 à 44'38" : Cayer assisté de Bradley


Strasbourg

Gardien : Gilles Beck

Défenseurs : Michal Cesnek  - Ziga Svete ; Maxime Mallette – Pasi Petrilainen ; Hugues Cruchandeau – David Striz

Attaquants : Jan Cibula – Paul Bradley – David Cayer ; Édouard Dufournet – Elie Marcos (C) – Pierre-Antoine Devin ; Juho Lehtisalo – Lionel Tarantino – Julien Burgert ; Jérémy Quillier ou Pierre Bougé – Noé Gersanois – Thimothée Franck.

Remplaçant : Vladimir Hiadlovsky (G)

Mulhouse

Gardien : Joffrey Pingrit.

Défenseurs : Maximilien Tromeur – Ales Cerny ; Stanislav Mistrik – Lilian Prunet ; Yann Marez – Martin Barnay.

Attaquants : Adrien Dufournet – David Croteau –  Dovydas Kulevicius ; Julien Aubry (C) – Kevin Gadoury – Dave Bertrand ; Jonathan Boehrer – Mans Papaux – Michael Marchand ; Ondrej Pekarik – Maxime Mathieu – Antoine Delhostal.