GCK Lions - Strasbourg (Eurotournoi, 3e journée)

L'enjeu de cette rencontre était simple : le vainqueur jouait la « grande » finale du lendemain, au vaincu la « petite » à 13h30. Les Suisses partent favoris après avoir sérieusement étrillé les Scorpions mulhousiens la veille sur le score de 13-1 (trois matches en trois jours pour les Mulhousiens, ça fait peut-être beaucoup à cette période de l'année) alors que les Strasbourgeois avaient remporté leur duel contre les Haut-Rhinois sur un score plus serré (3-1) au terme d'une partie relativement disputée.

Attention quand même au complexe de supériorité que nos voisins helvètes ne peuvent s'empêcher d'avoir vis-à-vis de leurs voisins. De temps en temps, les troupes françaises savent y faire pour leur rappeler qu'ils ne sont pas non plus des... « bleus » en hockey.

D'ailleurs, la partie commence sur un tempo très rapide : ça patine vite, ça gratte sec, ça joue déjà des coudes. Bref, un hockey vivant est proposé au public encore venu en nombre dans les gradins. Pourtant, les entrées en zone sont difficiles de part et d'autre, ce qui n'empêche pas « Vlad' » Hiadlovsky de détourner d'un arrêt réflexe un premier gros brulôt zurichois (7'59"). Dans la continuité de l'action, c'est la paire Bradley-Cayer qui part en trombe mais leur envoi est arrêté in extremis sur la ligne suisse (8'20").

Un nouvel essai de l'ancien « Lion » Pascal Tiegermann laisse augurer une nouvelle phase de la rencontre : sur cette action, « Vlad' » contre, d'un habile poke-check, le palet (10'12"), mais c'est bien Zurich qui prend rapidement l'ascendant sur son adversaire. Les GCK pressent sensiblement plus haut, jouent plus rapidement et encore plus physiquement, si bien que Strasbourg ne lancera plus vers le gardien adverse jusque la fin du tiers. L'Étoile Noire se contentera de contenir tant bien que mal les assauts suisses. 0-0 à la fin du tiers, c'est pas si mal après tout pour l'Étoile Noire.

Pourtant, en rentrant aux vestiaires, « Danny le canadien » n'est pas content de l'arbitre et le lui fait savoir : M. Durand vient par deux fois de sanctionner son équipe. Une première fois lorsque Ziga Svete s'est pris impunément un violent coup de coude au visage (« la charge vient du tronc, donc pas faute ! »). Puis presque dans la foulée lorsque Captain Elie s'est fait sanctionner d'un « trébucher » plutôt léger alors qu'Édouard Dufournet venait par contre de se prendre un « accrocher » caractérisé non sanctionné...

La deuxième période recommence donc en supériorité suisse : pas longtemps puisqu'un palet mal repoussé par la défense alsacienne permet à Niki Altorfer de reprendre à mi-zone et d'allumer Vlad' (1-0 à 20'48"). Zurich change progressivement de tactique et joue de plus en plus la provocation, dans un premier temps devant la cage de Hiadlovsky, ce qui permet au GCK d'exploiter une nouvelle supériorité:  Husler double la mise de près (2-0 à 28'03"). Déjà les esprits commencent à s'échauffer un peu partout, Bradley et le n°71 suisse sont priés de se calmer durablement sur le banc des infamies.

La partie retrouve un peu de sérénité, mais qu'il est dur de rentrer en zone adverse, comme peut en témoigner Lionel Tarantino : l'ex-Rouennais arrive à percer en break mais se fait contrer d'un méchant cinglage (32'09). Il faut dire que les Zurichois gardent l'emprise sur le match, notamment au niveau des duels physiques. Strasbourg s'énerve trop et gâche ses rares moments de supériorité, comme lors de ce double avantage numérique théorique d'une minute trente, rapidement annulé par une indiscipline de Pierre-Antoine Devin. Même Thimothée Franck rate deux reprises consécutives à bout portant (34'10"). Les Zurichois sont en train de gagner leur partie sur tous les niveaux : hockey, physique et psychologique. Pourtant, il reste encore un tiers à jouer.

Dès le retour des vestiaires, Strasbourg paie une nouvelle fois un geste d'énervement de fin de période de Devin : Altorfer score une troisième fois de près, en double supériorité (3-0 à 41'25"). La tâche se complique mais l'Étoile Noire produit encore de bons essais, notamment ce break où Jan Cibula laisse parler le métier : le Slovaque possède suffisamment d'expérience pour résister aux deux cerbères collés à ses basques et bien protéger son palet, mais il ne peut rien lorsqu'en bout de course on le fait trébucher (49'35"). De nouveau, Strasbourg joue en supériorité, voire double supériorité, mais les Suisses sont bien regroupés devant leur gardien qui reste impeccable (50'30").

Zurich represse vers Vlad', tout en continuant les provocations incessantes... jusqu'à cette charge inutile sur le gardien slovaque qui vient de geler le palet (55'30"). Dès lors, les coups volent de partout, on en profite pour régler ses comptes... L'histoire retiendra qu'au moins sur ce point, les Alsaciens auront pris le dessus, mince consolation. On retiendra aussi l'intervention au micro d'un des organisateurs du tournoi pour rappeler à l'ordre les protagonistes et resituer "les ébats" : c'est un tournoi amical et sans enjeu. L'arbitre ne sanctionnera que l'instigateur du pugilat et la tension retombera aussitôt. Le match se termine alors de façon anodine car le hockey n'a pas beaucoup été roi durant 40 minutes, et les cinq minutes restantes ne produisent plus grand chose d'intéressant.

On ressort donc de la patinoire sur un sentiment mitigé : on a vu de la vitesse, de l'engagement, des duels physiques, des bagarres... un bon match de hockey alors? Et bien non.

Zurich était sans conteste le plus fort au niveau vitesse, précision, engagement physique, mais a misé sur le hockey provocation pour parvenir à ses fins... C'est bien dommage car des joueurs comme Yannick Hüsler ou Reto Schäppi produisent des choses intéressantes.

Du côté strasbourgeois, on sait au moins qu'au niveau physique, on sait répondre. Pour le reste, le bon alterne avec le moins bon. Le « moins », c'est de céder aux provocations et à l'énervement (deux doubles supériorités gâchées). Le positif, c'est de constater que les recrues ont montré de bonnes qualités défensives et offensives : Petrilainen plutôt calme et concentré, Tarantino en harceleur infatigable, Svete en déménageur-relanceur et Cibula séduisant pour sa polyvalence « devant comme derrière ». Finalement, la soirée n'aura pas montré que du mauvais !

 

GCK Lions - Strasbourg 3-0 (0-0, 2-0, 1-0)
Samedi 21 août 2010 à 20h30 à la patinoire de Colmar. 500 personnes.
Arbitrage de Gilles Durand assisté de Laurent Rouèche et Sueva Torribio.
Pénalités : Zurich 32' (4', 10'+10', 8') ; Strasbourg 34' (6', 12'+10', 6').
Tirs : Zurich 25 (11, 7, 7) ; Strasbourg 23 (4, 7, 12).
Évolution du score :
1-0 à 20'48" : Altorfer assisté de Tiegermann et Hüsler (sup num.)
2-0 à 28'03" : Hüsler assisté d'Altorfer (sup num.)
3-0 à 41'25" : Altorfer assisté de Kukan et Geiger (double sup num.)


Strasbourg

Gardien : Vladimir Hiadlovsky.

Défenseurs : Michal Cesnek - Ziga Svete ; Maxime Mallette – Pasi Petriläinen ; Hugues Cruchandeau – David Striz.

Attaquants : Jan Cibula – Paul Bradley – David Cayer ; Édouard Dufournet – Élie Marcos (C) – Pierre-Antoine Devin ; Juho Lehtisalo – Lionel Tarantino – Julien Burgert ; Jérémy Quillier (ou Pierre Bougé) – Noé Gersanois – Timothée Franck.

Remplaçant : Gilles Beck (G).

GCK Lions

Gardien : Lukas Meili.

Défenseurs : Marc Geiger - Renato Schwartz ; Sami El-Assaoui - André Signoretti (A) ; Remo Breu – Dean  Kukan ; n°71.

Attaquants : Claudio Micheli (C) - Reto Schäppi – Tim Ulmann ; Niki Altorfer – Yannick Hüsler -  Pascal Tiegermann ; Mike Wolf – Chris Baltisberger – Martin Wichser ; Luca Cunti, Patrick Faic.

Remplaçant : Remo Trüb (G).