Épinal - Dijon (match amical)

Seul Riendeau avait la clé

Petrak_MichalC'est un grand classique. Un rendez-vous jadis incontournable en pré-saison avant les choses sérieuses du championnat (ou des coupes nationales). Et pourtant, cela faisait trois ans que cette rivalité ancestrale, qui était son paroxysme au début des années 80, ne s'était plus exercée à ce stade de la préparation.

Ce derby donne aussi l'occasion d'assister aux grands débuts de Maxime Boisclair et Loïc Lacasse, arrivés ce week-end pour vivre leur première expérience européenne. Dépaysement garanti pour ces deux gaillards rompus aux ligues mineures faute d'avoir goûté à la NHL.

Loïc Lacasse, 24 ans, est très attendu à un poste fragilisé, ces dernières années, par l'absence d'un titulaire indéfectible. Il ne sera pas de trop pour soulager une arrière-garde ne comptant plus que trois défenseurs de métier avec Leroy, Slovak et Mäntylä. Ils n'étaient pas plus à La Chaux-de-Fonds mardi dernier, pour un match aux allures de mission impossible face à un ténor de LNB. Après cette raclée (4-11) prévisible face à un HCC fort d'une préparation plus avancée, l'ICE s'apprête à relever son premier test grandeur nature au complet, sur une glace déjà mise à rude épreuve.

La double confrontation avec Reims laisse entrevoir de belles promesses chez les Ducs. Une complicité naissante s'opère entre Mathias Arnaud, Yanick Riendeau, la recrue star de l'été, et le jeune prodige Nicolas Ritz. Un trio détonant qui réunit les hommes en forme du moment. Riendeau a d'ailleurs marqué trois fois la semaine passée. Ritz, lui, à quatre reprises. De quoi faire oublier l'indisponibilité de Miroslav Kristin et l'absence, ce soir, d'Anthony Guttig...

Loïc, c'est la classe !

Qu'à cela ne tienne, Épinal détient l'antidote contre ce genre de poisons. Son nom : Loïc Lacasse. Un gardien qui va faire parler de lui. Sans lui, l'ICE ne s'en serait sûrement pas tirée à si bon compte, ce soir, face à des Dijonnais accrocheurs et toujours aussi difficiles à manœuvrer. C'est qu'il y a beaucoup d'activité en zone neutre... et souvent un Mrena, un Jarvis ou un Strapaty pour faire opposition derrière ! Sans oublier Riendeau & cie, toujours prompts à exploiter de nombreuses relances mal assurées. D'où l'importance de Loïc Lacasse, en qui l'ICE a véritablement souscrit une assurance tous risques.

Le Canadien est un grand gardien, au propre comme au figuré d'ailleurs puisqu'il prend beaucoup de place devant le filet. C'est aussi un habile manieur de rondelle dans ses sorties "crosse en main". Pour sûr, ça change de ses prédécesseurs...

Dans son genre, Mojmir Bozik n'est pas mal non plus. Contrairement à Loïc Lacasse, le Slovaque devra faire avec Andy Foliot, Daniel Maric ayant pris le contre-pied de Santino Pellegrino en choisissant deux portiers d'égale valeur. Et si Bozik survolait les divisions inférieures à Brest, il lui faudra faire ses preuves en Ligue Magnus. Ce soir, de beaux réflexes et quelques tirs non cadrés lui ont permis de garder sa cage inviolée face à des attaquants rivalisant de maladresse.

Maxime Boisclair, lui, prend doucement ses marques dans son nouvel environnement. Le Canadien d'origine haïtienne ne passe pas inaperçu, c'est le moins qu'on puisse dire, et son imposant gabarit lui permet d'optimiser sa protection de puck. Dans les coins, il faudra aller le lui prendre...DecockThomas2

Reste que Boisclair, l'ailier droit de formation (qui frise les 400 points et les 200 buts en quatre ans de LHJMQ), doit s'adapter à un poste inhabituel. Celui de centre. Cela ne se fera pas du jour au lendemain, surtout qu'il manque encore de repères pour jouer de concert avec ses nouveaux coéquipiers, Jan Plch et l'explosif Timo Kuuluvainen, de retour à son poste de prédilection, sur l'aile gauche.

Avec Lacasse et Boisclair, les pièces du pièce du puzzle commencent à se mettre en place. Mais parmi les absences du moment, celle de Stéphane Gervais est peut-être la plus préjudiciable car elle influe sur tous les secteurs du jeu. Elle prive notamment le powerplay de son tireur d'élite. Le public vosgien doit donc prendre son mal en patience : le Franco-Canadien ne sera pas opérationnel avant un bon mois selon certaines sources...

En attendant, Épinal n'a pas d'équivalent. Il y a bien Fabien Leroy, mais son slap instinctif est plus puissant que précis. Du coup, le dispositif à cinq attaquants, si cher à Pellegrino, est toujours d'actualité en supériorité numérique. Mais la réussite, elle, n'est pas au rendez-vous. La faute à Bozik, mais pas seulement. Lorsque l'approximation, qui gangrène le jeu spinalien, se combine à une récurrente inefficacité offensive, on ne peut rien espérer...

Mais heureusement, Lacasse est arrivé et montre, sur ce match, qu'il est bien la pointure attendue. À bout portant devant Nicolas Ritz (20e) ou sous la mitraille bourguignonne, le Québécois assure et rassure. En fait, il retarde surtout l'échéance; ce diable de Riendeau trouvant l'ouverture d'un tir en pivot légèrement dévié (0-1 à 33'46"). Un but plein d'opportunisme, caractéristique d'un véritable "renard des surfaces". C'est aussi dans ce registre-là qu'on attendra Boisclair.

Le meilleur est à venir

Seuls les gardiens se mettent en valeur dans ce match brouillon, empreint d'imprécisions. Bref, typique d'une rencontre de pré-saison. On dira donc que le temps va jouer pour des Dauphins n'ayant pas encore évolué une seule fois au complet. La cohésion est perfectible mais le potentiel est là. On le sait, deux semaines de préparation ne suffisent pas à instaurer un véritable fond de jeu. Même si l'équipe a peu évolué durant l'intersaison, ce qui est le cas d'Épinal.

L'important sera surtout de ne pas ramener de blessés supplémentaires du périlleux déplacement qui s'annonce à Bâle vendredi. Les Vosgiens, envoyés au casse pipe à la "Tchaux" sept jours plus tôt, paraissent cette fois mieux armés pour résister à une valeur montante de LNB. Surtout que Lacasse est bien arrivé...

 

Épinal - Dijon 0-1 (0-0, 0-1, 0-0)
Mardi 31 août à 18h00 à la patinoire provisoire de Poissompré. 150 spectateurs.
Arbitres : Gilles Durand assisté de Guy Zaëgel et Christophe Moncozet.
Pénalités : 10' contre Épinal ; 10' contre Dijon.

Évolution du score :
0-1 à 33'46" : Riendeau assisté de Mrena et Arnaud

 

Épinal

 Gardien : Loïc Lacasse.

Défenseurs : Peter Slovak - Fabien Leroy ; Niko Mäntylä - Yvan Charpentier ; Guillaume Papelier (A).

Attaquants : Jan Simko - Michal Petrak (A) - Guillaume Chassard ; Timo Kuuluvainen - Maxime Boisclair - Jan Plch (C) ; Nathan Ganz - Erwan Agostini - Kévin Benchabane ; Anthony Rapenne - Tarik Chipaux - Jonathan Gury.

Remplaçant : Mathieu Perrin (G). Absents : Stéphane Gervais (ménisque), Benoît Quessandier (blessé), Jan Hagelberg (traumatisme crânien), Nicolas Ravel.


Dijon

 Gardien : Mojmir Bozik.

Défenseurs : Andrej Mrena - Michael Steiner ; Peter Strapaty - Rob Dmytruk ; Rob Jarvis.

Attaquants : Nicolas Ritz - Yanick Riendeau - Mathias Arnaud ; Eddy Martin-Whalen - Stephen Dugas - Loïc Sadoun ; Gabriel Da Costa - Thomas Decock - Valère Vrielynck.

Absents : Andy Foliot (?), Miroslav Kristin, Anthony Guttig.