Kovalchuk signe avec les Devils avec l'aval de la ligue

Alors que le mois de septembre démarre, il est temps de clore les feuilletons de l’été et même celui concernant l’ailier gauche russe a fini par trouver son terme. Après deux mois d’attente, cette fois, c’est fait : Ilya Kovalchuk est bel et bien signé aux Devils du New Jersey.

La ligue a fini par accepter le nouveau contrat soumis par l’équipe à la fin août. Même s’il y avait au fond assez peu de suspense, la ligue a maintenu le doute sur son accord en négociant un report de la décision avec le syndicat des joueurs. Alors que la décision devait être prise lundi dernier, puis vendredi à 17 heures, elle n’a été officialisée que vendredi à 20 heures.

En fait, ce n’est pas vraiment le cas Kovalchuk qui occupait la NHL et le NHLPA (le syndicat des joueurs) car la ligue avait conditionné son accord. Elle n’accepterait d’entériner le contrat que si le syndicat acceptait un amendement au Collective Bargain Agreement (CBA), le document juridique qui règlemente les contrats dans la ligue, et c’est sans doute cette négociation-là qui a justifié les reports. Ainsi, dans le courant de la journée de vendredi, plusieurs observateurs révélaient que la ligue avait déjà statué favorablement sur le cas du Russe.

Le contrat final de Kovalchuk est de 100 millions sur 15 ans. C’est assez proche des 102 millions sur 17 ans que la ligue avait auparavant refusé mais, cette fois, New Jersey a mis un peu d’eau dans son vin. L'équipe a notamment évité un trop grand écart entre les années avec un salaire maximum et celles avec un salaire minimum. Cela leur avait été reproché lors de l’arbitration de Richard Bloch. Au final, l’impact de l’ailier russe sur l'équipe sera de 6,67 millions par an, contre 6 pour le contrat refusé.

Les Devils ont donc revu a minima la modification du contrat et cela a payé puisque la ligue l’a estimé conforme au CBA. Il faut dire que Kovalchuk faisait peser une menace importante dans la balance : son possible départ en KHL où Medvedev l’attendait les bras ouverts. Il était ainsi possible que, en cas de refus de la ligue, Kovalchuk signe au SKA Saint-Pétersbourg pour l’ouverture de la saison qui avait lieu ce samedi. Ce départ aurait été une défaite terrible pour la NHL car cela aurait été la première star au sommet de sa carrière à rejoindre la ligue concurrente, ce que la ligue ne pouvait permettre.

Les ennuis de New Jersey ne sont pas forcément terminés puisque cette signature les place au dessus du cap pour un montant de 3 millions avec 21 joueurs signés. Il y a donc encore du mouvement à venir pour les Devils.

L’enjeu de la négociation de ces derniers jours se situait donc plus au niveau de la teneur de l’amendement au CBA. L’objectif de la ligue était d’empêcher des contrats cherchant à réduire artificiellement l’impact sur la salary cap et cela était plus crucial pour la ligue que le cas du Russe. En effet, dans deux ans, la ligue et le NHLPA vont se retrouver pour négocier un nouveau CBA et les discussions seront sans doute âpres, comme en 2005 où une grève d’un an avait précédé l’introduction du CBA actuellement en usage. Il s’agissait donc d’une sorte de round d’observation avant la grande bataille.

Finalement, la ligue a accepté le contrat de Kovalchuk et abandonne les investigations sur les contrats de Marian Hossa, Roberto Luongo, Marc Savard et Chris Pronger contre un changement de la règle de comptabilisation des contrats à long terme (cinq ans ou plus) signés dorénavant sur le salary cap. Si le contrat dépasse les 41 ans du joueur, les années au-delà de cette date ne compteront plus dans le calcul du salaire moyen, qui détermine le poids sur le salary cap. Ce sont effectivement les années au-delà de la quarantaine qui servaient aux équipes pour réduire artificiellement le poids financier du joueur.

De plus, pour les contrats dépassant 5,75 millions sur le cap, le salaire du joueur ne pourra pas être inférieur à un million pour les saisons où il aura entre 36 et 40 ans. Le fait que, dans le contrat refusé de Kovalchuk, celui-ci perçoive le salaire minimum de la ligue (500 000 dollars) pour les dernières années avait été jugé excessif par Richard Bloch, lors de ses conclusions du 9 août. Cette issue est sans doute une victoire pour la ligue, qui a réussi à contraindre le syndicat à changer les règles du CBA.