Bilan NHL : la division Nord-Ouest

La pré-saison de NHL ne démarre que le 21 septembre et, en attendant, les fans n'ont que des tournois de rookie à se mettre sous la dent. De notre côté, revenons sur la saison 2009/10 dans la division Nord-Ouest.

La rivalité de l'état canadien de l'Alberta entre Edmonton et Calgary a été particulièrement faible cette année, la faute à une saison décevante pour les deux équipes. La troisième équipe canadienne de la division, Vancouver, a quant à elle prouvé qu'elle était l'équipe à battre de cette division même si ses espoirs de performances en playoffs ont été contrecarrés par Chicago. La saison s'annonçait difficile pour le Colorado et Minnesota, les deux équipes américaines étant dans une phase de reconstruction ou de transition. Pourtant, le Colorado a créé la sensation en se qualifiant pour les playoffs.


1. Vancouver Canucks, 103 pointsLogo_Vancouver_petit
Classement conférence : 3e
Classement ligue : 5e
Attaque : 2e de la ligue, 3,27 buts marqués par match
Défense : 12e de la ligue, 2,66 buts encaissés par match
Parcours playoffs : éliminés en demi-finale de conférence par les Blackhawks de Chicago 4 matchs à 2
Meilleurs marqueurs : Henrik Sedin (C) : 29 buts, 112 points
                                   Daniel Sedin (AG) : 29 buts, 85 points
                                   Ryan Kesler (C) : 25 buts, 75 points
                                   Alexandre Burrows (AD) : 35 buts, 67 points
                                   Mikael Samuelsson (AD) : 30 buts, 53 points
En 2008/09 : 100 points, 1er de la division, 3ème de la conférence, 7ème de la ligue, éliminés en demi-finale de conférence par Chicago 4 matchs à 2


On a souvent noté qu’à l’ère post-lockout (depuis 2005) l’avantage était donné à l’attaque. Si la meilleure attaque de la ligue (Washington) a rapidement été éliminée des playoffs, Chicago, la troisième attaque de la ligue a eu le succès que l’on sait. La deuxième attaque de la saison était Vancouver, qui a échoué comme l’année dernière en playoffs face à Chicago. Pourtant, les Canucks avaient gardé un bon rythme offensif et ils terminent les playoffs avec la meilleure attaque en terme de moyenne de buts avec 3,58 buts par match.

Parmi les artisans de cette importante production, il y a en premier lieu les jumeaux Sedin. Dès leur choix lors du premier tour de la draft de 1999, les deux frères suédois étaient annoncés comme les futures stars de l’équipe. S’ils ont très rapidement eu un impact positif, Daniel l’ailier gauche et Henrik le centre ont toutefois pris une dimension supérieure après le départ de Markus Näslund en 2008. Leur compatriote avait été le capitaine de l’équipe et la principale menace offensive de l’effectif entre 1999 et son départ. Les deux frères ont donc pris en main la production offensive du club depuis l’an dernier, où Daniel et Henrik avaient tout les deux inscrit 82 points en 82 matchs.

Malgré leur importance dans l’équipe, ils ne sont pas toujours épargnés par les critiques. Un des points les plus soulignés par les fans est leur manque de jeu physique. Avant leur émergence dans l’équipe, la ligne qui avait marqué le début de la décennie 2000, la « West Coast Express » (Näslund – Morrison – Bertuzzi) ne rechignait pas à s’employer physiquement. Toutefois, les deux frères ont suivi un entraînement en Suède spécifiquement axé sur le physique lors de la dernière intersaison qui leur a permis d’être plus résistants face aux charges adverses, même s’ils ne se sont évidemment pas soudainement transformés en power forwards.

Les réticences vis-à-vis des Sedin ont surtout été tempérées cette année par leur formidable production offensive : Henrik a effacé le record de points du club avec ses 112 points, dépassant les 110 de Pavel Bure en 1993. Outre le titre de meilleur marqueur de la ligue, il a également reçu le trophée de MVP de la ligue en battant Ovechkin et Crosby. Daniel a quant à lui collecté 85 points, bien qu’il ait manqué 19 matchs à cause d’une jambe cassée en début de saison. S’il ne s’était pas blessé, il partait sur les bases d’une saison à 110 points.

Pour la première fois de leur carrière en NHL, les deux frères ont été séparés sur la glace pendant assez longtemps (deux mois) à cause de la blessure de Daniel. Beaucoup d’observateurs étaient alors curieux de voir ce que Henrik le passeur produirait sans Daniel le buteur à sa gauche. Si le centre suédois a effectivement vu sa production légèrement décroître, il n’est pas descendu sous la barre d’un point par match en moyenne.

Pour compléter la ligne des jumeaux, Mike Gillis, le manager général des Canucks, avait signé à l’intersaison Mikael Samuelsson. Si l’ailier droit suédois n’avait pas réussi à percer à Detroit à cause d’un pourcentage de tirs trop faible (jamais au-dessus de 7,4% lors de ses trois dernières saisons chez les Red Wings), les Canucks voyaient surtout en lui celui qui avait formé une ligne très convaincante avec les jumeaux Sedin pour la Suède lors des JO de Turin en 2006. Samuelsson n’a toutefois pas réussi à retrouver cette alchimie à Vancouver en début de saison, et les frères Sedin ont retrouvé leur partenaire de ligne de l’an passé, Alexandre Burrows.

Burrows est un partenaire de ligne intéressant pour les Sedin dans la mesure où il apporte une fougue et un impact physique que le duo n’a pas. Il s’est aussi révélé efficace offensivement avec le meilleur total de buts de l’équipe (même s’il aurait sans doute été dépassé par Daniel Sedin si ce dernier ne s’était pas blessé). Toutefois, sa capacité à agacer les adversaires et à prendre de mauvaises pénalités (121 minutes cette saison) peut être néfaste à son équipe. De plus, il a une nouvelle fois disparu en playoffs : après avoir inscrit 4 points en 10 matchs l’année dernière, il n’en a marqué que 6 en 12 matchs cette saison.

EHRHOFF_Christian-Allemagne-20100516-859Samuelsson n’est pour autant pas à mettre dans la catégorie des déceptions de l’année : repositionné par la suite sur la deuxième ligne avec Mason Raymond et Ryan Kesler, il a eu la meilleure saison de sa carrière avec 30 buts. Mais son principal fait d’armes reste les playoffs, avec 8 buts et 15 points en 12 matchs, ce qui lui a valu de retrouver les Sedin en première ligne.

Mason Raymond a été également une bonne surprise en attaque, le rapide ailier gauche ayant dépassé la barre des 20 buts et 50 points pour la première fois de sa carrière alors qu’il disputait sa troisième saison en NHL. Après une saison 2008/09 en demi-teinte, Ryan Kesler, le centre défensif de la deuxième ligne (et leader sur la glace), a réussi une saison plus probante, gratifiée par une nomination au trophée Selke (qui récompense le meilleur attaquant défensif de la ligue) et 75 points marqués.

Au niveau de la ligne bleue, la saison a été plutôt compliquée. L’équipe avait perdu à l’intersaison son meilleur défenseur Mathias Ohlund. La charge de mener la défense reposait alors sur les épaules de Sami Salo. Le vétéran suédois a toutefois eu une nouvelle fois une saison raccourcie par les blessures, tout comme Willie Mitchell, l’autre vétéran de la ligne bleue qui a manqué la fin de saison et les playoffs.

Le jeune Alexander Edler, maintenant privé de son mentor et compatriote qu’était Ohlund, a réalisé une saison en demi-teinte, repositionné maintenant le clair de la saison avec Salo. Ainsi, s’il a obtenu le meilleur total de points de sa carrière avec 42 et qu’il mène son équipe au niveau des tirs contrés, il termine avec un différentiel de 0. Cela s’explique par le fait qu’il a beaucoup été utilisé par Alain Vigneault, l’entraîneur. En effet, avec plus de 22 minutes en moyenne par match, la pression était forte sur le Suédois de 23 ans.

Aligné le plus souvent avec Mitchell pour une paire plutôt physique, Kevin Bieksa a lui aussi été longtemps absent, entre décembre et mars, ne jouant que 55 matchs. Il a lui aussi connu une saison décevante avec un différentiel de -5 et une tendance à prendre de mauvaises pénalités. Seul l'Allemand Christian Ehrhoff a eu une saison réussie sur la ligne bleue des Canucks avec ses 44 points et un différentiel de +36. Il a également été productif pendant les playoffs avec 7 points en 12 matchs.

Des rumeurs de transfert avaient circulées lors de la précédente intersaison au sujet du gardien Roberto Luongo, mais le club l’a conforté avec un contrat de 12 ans. Le gardien canadien a commencé lentement la saison, puis a connu une bonne période en décembre et janvier avec 19 victoires en 27 matchs. Les Jeux Olympiques ont été excellents pour Luongo puisqu’il remporte la médaille d’or en ayant gardé les buts de son pays en finale. La fin de saison fut plus difficile : lors des 21 derniers matchs de la saison, il remporte certes 11 victoires mais encaisse 3,23 buts par match en moyenne. Cette tendance se confirme lors des playoffs avec un premier tour difficile face à Los Angeles puis une contre-performance face à Chicago.

Vancouver a rarement brillé lors de ses trois décennies dans la ligue : ils ne sont parvenus en finale de la coupe Stanley que deux fois (1982 et 1994) et seule l’équipe de 1994 semblait vraiment taillée pour gagner la compétition. Suite au départ de Pavel Bure, l’équipe de Näslund n’a jamais été performante dans les playoffs. Les Canucks ont peut-être en ce moment une des meilleures équipes de leur histoire, mais ils ne parviennent toujours pas à être des prétendants sérieux. Cette année, la défense et Luongo ont plié face à l’attaque des Blackhawks (en particulier le géant Byfuglien).


2. Colorado Avalanche, 95 pointsLogo_Colorado_petit
Classement conférence : 8e
Classement ligue : 12e
Attaque : 6e de la ligue, 2,89 buts marqués par match
Défense : 17e de la ligue, 2,78 buts encaissés par match
Parcours en playoffs : éliminés en quart de finale de conférence par les Sharks de San José 4 matchs à 2
Meilleurs marqueurs : Paul Stastny (C) : 20 buts, 79 points
                                   Chris Stewart (AD) : 28 buts, 64 points
                                   Matt Duchesne (C) : 24 buts, 55 points
                                   Wojtek Wolski (AG) : 17 buts, 47 points (transféré à Phoenix)
                                   Milan Hejduk (AD) : 23 buts, 44 points
En 2008/09 : 69 points, 5e de la division, 15e de la conférence, 28e de la ligue


Tout était réuni pour que la saison soit très mauvaise au Colorado : l’équipe démarrait sa reconstruction avec un coach novice et jouait pour la première fois depuis 20 ans sans son capitaine emblématique Joe Sakic. Le but de la saison était d’éviter la dernière place de la conférence, comme en 2008/09. Pourtant, à la surprise générale, l’Avalanche a signé une saison inespérée qui l'a conduite jusqu’aux playoffs.

Peu d’observateurs avaient pensé que les jeunes pousses offensives de l’Avalanche réussiraient le grand saut vers la NHL. Finalement, Colorado termine à la sixième place de la ligue au niveau de l’attaque, loin de l’an passé où leurs 2,32 buts marqués par match leur avait valu la dernière place de la ligue pour l’offensive. Si Joe Sakic a raccroché les patins, Colorado a pu compter sur la présence de Paul Stastny, le grand espoir du club au centre, qui avait manqué beaucoup de matchs ces deux dernières saisons. Il a cette fois réussi à être en bonne santé toute la saison et termine en première position des marqueurs de son équipe.

DUCHENE_Matt-20100508-003Stastny devient en outre le dernier lien historique du club avec son passé. Sakic était (avec Adam Foote) le dernier joueur du Colorado à avoir évolué avec les Nordiques du Québec, avant la relocation de l’équipe en 1995. Toutefois, le père de Paul Stastny et deux de ses oncles ont joué avec les Nordiques dans les années 80, formant une des lignes les plus productives de l’époque. Paul perpétue ainsi le lien familial avec la franchise.

Si Stastny mène l’attaque du Colorado, il ne faut pas oublier qu’il n’a que 24 ans et qu’il n’a joué que 4 saisons dans la ligue. Pourtant, il fait figure de vétéran par rapport à Chris Stewart (22 ans, deux saisons dans la ligue) ou Matt Duchene (19 ans, rookie) qui le suivent dans le classement des marqueurs du club. Il faut compter également sur T.J. Galiardi, 22 ans et 39 points, et Ryan O’Reilly, 19 ans et 26 points.

Duchene et O’Reilly sont les parfaits exemples de cette insolente réussite des jeunes joueurs au Colorado : à peine draftés, Duchene au premier tour en troisième position et O’Reilly au deuxième tour, ils intègrent l’équipe première et jouent une saison complète avec succès. De plus, Duchene termine comme meilleur marqueur parmi les rookies avec ses 55 points.

Même les renforts en cours de saison n’étaient pas beaucoup plus expérimentés : Wojtek Wolski a été transféré à Phoenix contre Peter Mueller (22 ans), choix de premier tour de draft en 2006 alors en perte de vitesse. Contre toute attente, Mueller a lui aussi été frappé par la réussite de ses jeunes coéquipiers et a marqué 20 points en 15 matchs sous ses nouvelles couleurs contre 17 lors des 54 premiers matchs de sa saison à Phoenix avec un pourcentage de tirs insoutenable dans la durée (25,7%). Malheureusement pour l’Avalanche, Mueller n’a pas pu participer aux playoffs à cause d’une blessure mais il a resigné pour deux ans.

L’autre point faible de la précédente saison avait été le poste de gardien, où le duo Peter Budaj – Andrew Raycroft n’avait pas brillé, le premier ne parvenant pas à assumer la charge de gardien de numéro 1. Pour tenter de combler le manque, Greg Sherman, le manager général de l’équipe, est allé chercher le remplaçant de Vokoun à Florida : Craig Anderson. L’objectif a été largement dépassé puisque Anderson a signé la meilleure saison de sa carrière.

Il a ainsi été l’un des principaux artisans du départ en trombe de l’équipe qui avait signé lors du premier mois de la saison 10 victoires (dont 6 à l’extérieur) en 14 matchs, ce qui permettait alors au Colorado de caracoler en tête de la conférence à la surprise générale. Comme le reste de l’équipe, Anderson a ensuite été plus discret et l’Avalanche a lentement glissé au classement pour accrocher finalement la huitième place de la conférence. Pour expliquer la baisse de forme d’Anderson, il y a notamment le fait qu’il a beaucoup été utilisé par Joe Sacco, jouant lors de 71 matchs alors qu’il aurait sans doute pu être davantage remplacé par Budaj, meilleur que l’an passé.

Sacco a néanmoins fini par laisser Anderson au repos pendant quelques matchs juste avant les playoffs. La manœuvre s’est avérée payante : Anderson a été le joueur majeur de l’Avalanche face aux Sharks, réalisant notamment un blanchissage avec 51 arrêts durant la série. L’équipe du Colorado aura sans doute des difficultés à retourner en playoffs cette année car ils ne pourront peut-être pas bénéficier de la même dynamique qui les a porté aussi haut de manière aussi inattendue. Toutefois, même si l’Avalanche manque les playoffs, ce ne serait pas un désastre puisque les jeunes joueurs de l’équipe n’ont pas encore atteint leur meilleur niveau de jeu.


3. Calgary Flames, 90 pointsLogo_Calgary_petit

Classement conférence : 10e
Classement ligue : 16e
Attaque : 29e de la ligue, 2,45 buts marqués par match
Défense : 5e de la ligue, 2,48 buts encaissés par match
Meilleurs marqueurs : Jarome Iginla (AD) : 32 buts, 69 points
                                   René Bourque (AG) : 27 buts, 58 points
                                   Daymond Langkow (C) : 14 buts, 37 points
                                   Olli Jokinen (C) : 11 buts, 35 points (transféré aux Rangers de New York)
                                   Curtis Glencross (AG) : 15 buts, 33 points
En 2008/09 : 98 points, 2e de la division, 5e de la conférence, 10e de la ligue, éliminés en quart de finale de conférence par Chicago 4 matchs à 2


Calgary avait démarré la saison avec beaucoup d’espoir, signant durant l’été un des agents libres les plus demandés : Jay Boumweester. L’arrivée de l’ancien défenseur offensif de Floride boostait une ligne bleue déjà très fournie avec de solides joueurs comme Dion Phaneuf, Robyn Regehr ou Mark Giordano. Si la saison de Boumweester n’a pas été aussi concluante que ce que pouvait espérer Darryl Sutter, le manager général, la défense est le principal point positif de la saison à Calgary.

BOURQUE_Rene-20100508-116Si les défenseurs ont été plutôt efficaces, l’équipe se classant dans les dix premières de la ligue en ce qui concerne les tirs cadrés reçus, la bonne performance défensive est également à mettre au crédit de Miikka Kiprusoff. Le portier de 33 ans des Flames a encore réussi une saison probante, réalisant les arrêts décisifs pour son équipe lors des moments cruciaux et parvenant à être plus constant que l’année précédente. Il réalise ainsi son meilleur résultat statistique depuis 2006, la saison où il avait remporté le trophée du meilleur gardien de la ligue.

Si la défense a été satisfaisante à Calgary, on ne peut pas en dire autant de l’attaque, anémique, qui se place à l’avant-dernière place de la ligue. Les deux seuls joueurs offensifs à s’être mis en avant sont l’inoxydable Jarome Iginla et René Bourque. Si Iginla n’a pas forcément réussi une saison flamboyante avec un des plus mauvais totaux de sa carrière, ce qui a entraîné des rumeurs de transfert à la fin de la saison et des questionnements des fans sur l’âge du capitaine, il n’en reste pas moins qu’il reste l’un des principaux atouts offensifs de son équipe. Il a ainsi franchi une nouvelle fois le seuil des trente buts marqués et reste le meilleur buteur de son équipe.

Un de ses problèmes cette saison a été le perpétuel changement de ses coéquipiers de ligne : il commence par être associé avec Jokinen et Lundmark, qui remplace Cammalleri parti à Montréal. La ligne ne parvient à avoir le succès espéré et Jokinen est envoyé aux Rangers. Il a ensuite été aligné avec Stajan et Hagman, transfuges de Toronto.

En effet, si le début de saison est plutôt satisfaisant, à la fin janvier, Calgary est sur la mauvaise pente. Les Flames subissent alors une série de 9 défaites d’affilée (dont 6 dans le temps règlementaire) et dégringolent au classement. Darryl Sutter, le manager de l’équipe, décide alors de modifier l’effectif en envoyant Dion Phaneuf à Toronto contre Stajan et Hagman, et Jokinen aux Rangers contre Kotalik et Higgins.

L’arrivée de ces quatre joueurs ne se révèle pas probante et Calgary reste l’une des plus mauvaises attaques de la ligue. Outre Iginla, l’autre arme offensive de l’équipe était René Bourque qui a signé la meilleure saison de sa carrière. Il formait un duo efficace avec Daymond Langkow sur la deuxième ligne même si ce dernier a vu sa saison écourtée par une blessure au cou.

Curieusement, Sutter a choisi de faire revenir cet été Jokinen ainsi que Alex Tanguay, deux joueurs qui ont porté récemment le maillot des Flames. La nouvelle du retour de Jokinen a été accueillie très froidement par les fans, tandis que Tanguay reste sur deux saisons décevantes depuis qu’il a quitté Calgary.


4. Minnesota Wild, 84 pointsLogo_Minnesota_petit
Classement conférence : 13e
Classement ligue : 22e
Attaque : 22e de la ligue, 2,61 buts marqués par match
Défense : 21e de la ligue, 2,92 buts encaissés par match
Meilleurs marqueurs : Mikko Koivu (C) : 22 buts, 71 points
                                   Andrew Brunette (AG) : 25 buts, 61 points
                                   Martin Havlat (AD) : 18 buts, 54 points
                                   Marek Zidlicky (D) : 6 buts, 43 points
                                   Antti Nieminen (AD) : 20 buts, 42 points
En 2008/09 : 89 points, 3e de la division, 9e de la conférence, 19e de la ligue, pas de participation aux playoffs


Année de transition difficile au Minnesota. La jeune franchise avait terminé sa première décennie au sein de la ligue en se séparant de deux de ses cadres à l’été dernier : l’entraîneur Jacques Lemaire et l’ailier gauche Marian Gaborik. Les deux étaient présents dès l’introduction de l’équipe en 2000.

Suite au départ de Lemaire, le management avait envie de voir un jeu plus marqué à l’offensive que celui de l’homme qui avait popularisé la « trappe ». Il a été remplacé par Todd Richards, qui était l’an passé entraîneur adjoint à San José. Pour remplacer Gaborik, Chuck Fletcher, le manager général, a signé le Tchèque Martin Havlat. Comme Gaborik, Havlat a souvent vu sa productivité offensive être affectée par de nombreuses blessures. Il restait toutefois sur une bonne saison avec Chicago (77 points), ce qui lui a permis d’avoir un bon contrat avec le Wild.

BACKSTROM_Niklas-2005-1090967Si Havlat a déçu cette année, ce n’est pas à cause des blessures car il n’a manqué que 9 matchs. Son total de 54 points n’est cependant pas ce qu’il a fait de mieux dans sa carrière, avec en prime un différentiel de -19. L’attaque a ainsi beaucoup déçu mais le fait que l’équipe a dû se passer pendant quasiment toute la saison du troisième marqueur de l’effectif de 08/09 n’a pas aidé.

En effet, dès le premier match de la saison, Pierre-Marc Bouchard a subi une commotion cérébrale qui l’a conduit à manquer toute la saison. Il avait déjà manqué plusieurs matchs pour la même raison lors des saisons précédentes mais il avait tout de même réussi à marquer 46 points en 71 matchs l’an passé. Heureusement pour lui et son équipe, il devrait normalement être présent pour l’ouverture de la saison.

L’attaque a pu néanmoins compter sur son capitaine, Mikko Koivu, meilleur marqueur de l'équipe qui a vu son contrat allongé de sept ans cet été. Son nouveau salaire annuel (plus de 7 millions) le place parmi les centres les mieux payés de la ligue, ce qui peut paraître étonnant, dans la mesure où il n’a jamais eu une production offensive extraordinaire, n'atteignant jamais un point par match.

Toutefois, ce n’est pas vraiment surprenant puisqu’il a surtout joué jusqu’à présent dans des tactiques à dominantes défensives. De plus, le salaire prend également en compte le leadership du frère cadet de Saku Koivu et sa grande qualité pour le jeu défensif. Autre élément offensif important, le Québécois Guillaume Latendresse a relancé sa saison après son transfert. L’ailier gauche de 23 ans n’avait marqué que 2 buts pour 3 points en 23 matchs avec les Canadiens mais il a inscrit 25 buts pour 37 points en 55 matchs avec le Wild.

Si l’équipe s’est renforcée au niveau des attaquants à l’intersaison, ce n’est pas pour autant l’attaque qui s’est améliorée. Ainsi, en embauchant Matt Cullen, John Madden et Eric Nystrom, l’équipe s’est surtout renforcée au niveau des attaquants défensifs et plus précisément au centre (avec Madden et Cullen). Car si Minnesota a été discret au niveau de la production offensive, ce n’est guère nouveau pour l’équipe. En effet, le Wild a marqué 219 cette saison, exactement comme l’an dernier pour la dernière saison de Lemaire. Elle termine en plus à la dernière place de la igue au niveau des tirs cadrés par match.

En revanche, les chiffres défensifs sont inhabituels pour l’équipe. L’an dernier, Minnesota s’était classé deuxième de la ligue pour la défense avec 2,4 buts encaissés par match. Or, cette année, l’équipe a encaissé 42 buts de plus, la conduisant à la 22e place de la ligue. Pour la première fois depuis qu’il est au Minnesota, le gardien Niklas Bäckström termine avec un pourcentage d’arrêts en dessous des 92%, flirtant cette fois avec les 90%.


 

5. Edmonton Oilers, 62 pointsLogo_Edmonton_petit
Classement conférence : 15e
Classement ligue : 30e
Attaque : 27e de la ligue, 2,51 buts marqués par match
Défense : 30e de la ligue, 3,39 buts encaissés par match
Meilleurs marqueurs : Dustin Penner (AD) : 32 buts, 63 points
                                   Sam Gagner (C) : 15 buts, 41 points
                                   Gilbert Brule (AD) : 17 buts, 37 points
                                   Shawn Horcoff (C) : 13 buts, 36 points
                                   Patrick O’Sullivan (AG): 11 buts, 34 points
En 2008/09 : 85 points, 4e de la division, 11e de la conférence, 21e de la ligue


Depuis l’entrée d’Edmonton dans la ligue en 1979, la franchise a connu une trajectoire de montagnes russes, passant d’une domination quasiment sans partage dans les années 80 à vingt ans dans le ventre mou ou les profondeurs du classement, culminant cette année avec une dernière place de la ligue. Ainsi, si les Oilers ont remporté 5 coupes en 7 ans entre 1984 et 1990, la dynastie a été rapidement démantelée à cause de l’inflation rapide des salaires à l’époque.

Une partie des joueurs a alors rejoint les Kings de Los Angeles autour de Wayne Gretzky, culminant avec une finale de coupe Stanley en 1993, alors qu’une autre partie de l’équipe s’est retrouvée chez les Rangers de New York autour de Mark Messier, formant le noyau de l’équipe qui a remporté la coupe en 1994. Alors que les anciens joueurs tutoyaient les sommets, l’équipe coula rapidement avec un total de 60 points en 1992/93, le pire de l’histoire de la franchise.

Même si elle parvient ponctuellement à se qualifier pour les playoffs, l’équipe d’Edmonton a ensuite été beaucoup plus discrète. Pourtant, contre toute attente, elle réussit à atteindre la finale de la coupe en 2006 avec la huitième place de la conférence, en écartant au premier tour Detroit. Malheureusement, ils ont échoué au septième match face à Carolina.

Cette performance n’aura pas de lendemain, car là aussi l’équipe est rapidement dispersée. En effet, quatre ans après cette finale, il ne reste que trois joueurs qui y ont participé et qui sont encore dans l’équipe (Hemsky, Horcoff et Jacques). Ce septième match de finale est d’ailleurs leur dernier match de playoffs à ce jour.

Les Oilers ont donc une nouvelle fois touché le fond cette année avec un total de 62 points et la 15e place de la conférence (avec 17 points de retard sur Columbus, le 14e). L’intersaison a été marquée, à Edmonton, par l’arrivée du vétéran Nikolai Khabibulin (37 ans) dans les buts pour remplacer le non moins vétéran Dwayne Roloson (40 ans) parti aux Islanders de New York et surtout par le transfert raté de Dany Heatley.

Ainsi, l’ailier canadien avait demandé à son club d’alors, Ottawa, un transfert. Le manager général des Senators, Bryan Murray, avait trouvé un accord avec son homologue des Oilers, Steve Tambellini, pour envoyer Heatley à Edmonton contre Andrew Cogliano, Dustin Penner et Ladislav Smid. Toutefois, comme Heatley bénéficiait dans son contrat d’une clause de non mouvement, il ne souhaitait pas être transféré à une équipe qui ne serait pas en position de briguer le titre et il a donc refusé le transfert.

PAAJARVI-SVENSSON_Magnus-100511-535La saison avait pourtant commencé de manière correcte, avec 7 victoires en 14 matchs en octobre. Les affaires se compliquent pourtant rapidement avec la blessure de Khabibulin à la mi-novembre. Il est remplacé par Jeff Deslauriers et les Oilers ne remportent que 3 des 13 matchs du mois. Tout s’aggrave ensuite entre décembre et janvier où l’équipe ne remporte qu’un match sur 21 ! L’équipe d’Edmonton est alors définitivement vouée à la dernière place, qu’elle ne quittera plus.

Parmi les rares points positifs de l’équipe, on peut noter la belle prestation de Dustin Penner. Le physique ailier gauche a signé la meilleure saison statistique de sa carrière en dominant aisément le classement des meilleurs buteurs et passeurs de son équipe. De plus, son différentiel de +6 est probant, alors que son équipe a encaissé 70 buts de plus qu’elle n’en a marqué. Autre joueur à s’être mis en avant, Sam Gagner signe sa troisième saison dans la ligue alors qu’il n’a que 21 ans.

Les jeunes vont avoir une place encore plus importante l’année prochaine avec l’arrivée d’un nouveau trio de joueurs récemment draftés : Taylor Hall (18 ans, AG), Magnus Päärjärvi (19 ans, AG) et Jordan Eberle (20 ans, C), tous draftés entre 2008 et cette année au premier tour. Hall était l’un des joueurs les plus en vue de la dernière draft et il a été choisi en première position par l’équipe grâce à sa dernière place au classement.

Päärjärvi n’a été drafté qu’en 10e position en 2009 car, comme il évoluait dans le championnat suédois, les scouts des équipes de NHL ont sans doute quelque peu mésestimé son potentiel (comme peut-être Mikael Granlund cette année pour Minnesota). En tout cas, Edmonton n’a sans doute pas regretté son choix puisque il s’est illustré lors des championnats du monde.

Au vu des nombreux départs cet été de l’effectif des Oilers (notamment Mike Comrie, Ethan Moreau, Fernando Pisani, Robert Nilsson et Patrick O’Sullivan), ils devraient pouvoir trouver une place dans l’équipe après le camp d’entraînement de septembre. Toutefois, il ne faudrait pas non plus précipiter leur arrivée car le passage du junior à la ligue nationale est toujours compliqué.