Interdiction aux mineurs de partir au Canada ?

Au congrès IIHF, le président de la fédération canadienne Bob Nicholson a dû faire face à un front commun inattendu.

Les douze grandes fédérations européennes (Russie, République Tchèque, Suède, Finlande, Slovaquie, Allemagne, Suisse, Bélarus, Norvège, Danemark, Lettonie et Autriche) ont en effet demandé que les ligues juniors canadiennes n'autorisent plus qu'un joueur européen par équipe (au lieu de deux actuellement), mais aussi qu'elles aient interdiction de recruter des renforts étrangers de moins de 18 ans.

Ce sujet a suscité un vif débat un peu partout en Europe. Le discours de Slavomir Lener, rappelé dans notre article d'ouverture du championnat tchèque, n'en est pas le seul exemple.

En Russie, une étude d'Igor Kuperman (directeur pour l'Europe du site de statistiques Pointstreak) a démontré que seuls 12 joueurs russes sur 226 (5%) ont réussi à atteindre la NHL en passant par le junior majeur, dont aucune superstar. Le meilleur de ces 12 n'était "que" Valeri Bure, le petit frère.

Même l'Allemagne s'est inquiétée d'un phénomène nouveau pour elle en voyant plusieurs de ses espoirs (notamment les deux juniors de Landshut, Erich Kühnhackl et Tobias Rieder) attirés par le rêve canadien cet été alors qu'ils bénéficiaient de bonnes perspectives chez eux avec du temps de jeu intéressant en 2e Bundesliga et une intégration en DEL. Des cas de plus en plus fréquents, en dépit des chiffres qui prouvent que ces choix de carrière sont contre-productifs.

Nicholson a opté pour la prudence. Il s'est donné le temps de la réflexion et a réservé sa réponse pour les prochaines semaines.