Bilan NHL : la division Pacifique

Dernière escale du bilan NHL 2009/10, la division Pacifique a été une nouvelle fois sous la coupe réglée de San José. Les Sharks ont été suivis au classement par une surprenante équipe des Coyotes de Phoenix et par la jeune équipe montante des Kings de Los Angeles. En fond de classement, Anaheim a peiné suite au départ de Chris Pronger et Dallas cherche un nouveau souffle.



1. San José Sharks, 113 pointsLogo_SanJose_petit
Classement conférence : 1er
Classement ligue : 2ème
Attaque : 4ème de la ligue, 3,13 buts marqués par match
Défense : 8ème de la ligue, 2,55 buts encaissés par match
Parcours en playoffs : éliminés en finale de conférence par les Blackhawks de Chicago 4 matchs à 0
Meilleurs marqueurs : Joe Thornton (C) : 20 buts, 89 points
                                   Patrick Marleau (AG) : 44 buts, 83 points
                                   Dany Heatley (AD) : 39 buts, 82 points
                                   Dan Boyle (D) : 15 buts, 58 points
                                   Ryane Clowe (AG) : 19 buts, 57 points
En 2008/09 : 117 points, 1er de la division, 1er de la conférence, 1er de la ligue, éliminés en quart de finale de conférence par Anaheim 4 matchs à 2


Les franchises d’expansion ont toujours des destinées compliquées en NHL, ne parvenant à sortir de la médiocrité des résultats que difficilement et tardivement. Si les Sharks de San José ont eu aussi connu des saisons très difficiles à leur arrivée, au début des 90’s (avec un record de la ligue de 71 défaites en 84 matchs en 1992/93), ils ont rapidement relevé la tête et affiché des résultats très probants lors des années 2000. Ainsi, San José a toujours été dans les environs des 100 points lors de la dernière décennie, mis à part en 2003. Mais les Sharks n’ont jamais réussi à s’imposer dans les playoffs, chutant souvent au stade des demi-finales de conférence.

Cette année, l’équipe a atteint la finale de la conférence pour la deuxième fois de son histoire mais, comme en 2004, ils l’ont perdue. Cette fois, ce sont les futurs champions qui les ont battus en quatre matchs secs. Chaque année, les Sharks semblent prêts à remporter le titre mais ils échouent à chaque fois et le temps presse pour un effectif qui commence à vieillir.

L’équipe avait réussi le transfert de l’année en 2006 en faisant venir Joe Thornton de Boston, alors en délicatesse avec ce qui était le tout nouveau système de salary cap. Echangé avec peu de contreparties, « Jumbo Joe » avait montré qu’il était l’homme de la situation en remportant le trophée du MVP de la ligue. Cette année, San José a réussi un autre gros coup en faisant venir Dany Heatley d’Ottawa, contre Milan Michalek et le décevant Jonathan Cheechoo.

Heatley, qui jouait habituellement ailier gauche avec Spezza et Alfredsson à Ottawa, a été repositionné ailier droit pour pouvoir jouer sur la première ligne avec Marleau et Thornton. La ligne, baptisée HTML (pour Heatley Marleau Thornton Line) a été extrêmement productive, totalisant 103 buts sur les 264 que l’équipe a marqué.

Les trois joueurs ont nettement devancé leurs coéquipiers des autres lignes : le premier à les suivre, Ryane Clowe a 25 points de moins que Heatley et Marleau. Le seul joueur à vraiment se mettre en valeur a été Joe Pavelski. Le centre américain a ainsi inscrit 51 points en 67 matchs mais il a surtout été déterminant dans les playoffs. En effet, fidèle à son habitude, San José avait démarré les playoffs frileusement.

Face au Colorado lors du premier tour, la première ligne n’a pas beaucoup produit : Thornton a amassé 3 points en 6 matchs, Dany Heatley n’a marqué aucun but et Marleau n’a signé qu’un seul but. C’est la deuxième ligne Clowe – Pavelski – Setoguchi qui s’est chargé de la production, avec 9 buts en 6 matchs dont 5 pour le seul Pavelski. Les leaders offensifs ont toutefois repris les choses en main dès le tour suivant face à Detroit.

En défense, les Sharks ont pu compter sur Dan Boyle, qui figure toujours parmi les défenseurs offensifs les plus productifs de la ligue (4ème au classement des meilleurs marqueurs chez les défenseurs avec ses 58 points en 76 matchs). Il a été l’un des meilleur joueur lors des playoffs, en se rattrapant rapidement d’un terrible but gag qui avait donné une victoire au Colorado. Il termine ainsi avec 14 points en 15 matchs. Il a été associé pendant cette saison au rugueux suédois Douglas Murray, chargé d’apporter de la puissance physique à cette ligne.

L’impact de l’autre ligne principale de défense est venu du vétéran et capitaine Rob Blake pour sa vingtième saison dans la ligue. A 40 ans, il a annoncé sa retraite à la fin de la saison. Il évoluait lors de cette dernière saison avec le jeune Marc-Edouard Vlasic. Le Québécois de 23 ans n’a peut-être pas une contribution offensive très impressionnante (16 points en 64 matchs) et il n’est pas très physique mais il commet peu d’erreurs dans sa zone défensive.

Dans les buts, les Sharks ont pu compter sur Evgeni Nabokov pour sa dixième saison dans le club. Toutefois, il est devenu agent libre cet été et comme il s’est montré financièrement exigeant, il n’a pas resigné à San José et est parti à Moscou en KHL. C’est un changement important pour le club puisque le Russe était titulaire depuis 2001. Il laisse un souvenir mi-figue mi-raisin aux fans : autant il était constant et impeccable en saison régulière, lors des playoffs, ses performances baissaient nettement. Cela a fait que Nabokov a souvent été associé à la réputation de perdant de San José en playoffs.

Pour le remplacer, Doug Wilson, le manager général, a signé Antero Niitymaki. S’il est sans doute moins doué que Nabokov, le Finlandais a l’avantage d’être moins cher. De fait, les performances de Nabokov venaient en partie du bon travail des défenseurs qui lui simplifiaient la tâche. Wilson a donc considéré qu’il n’était pas utile de recruter un gardien trop cher. Les Sharks semblaient donc se diriger vers une doublette Antero Niitymaki – Thomas Greiss mais, après que Chicago ait laissé partir Antti Niemi, la rumeur a couru que San José serait parmi les équipes à faire une offre au gardien finlandais. De fait, à la surprise de nombreux fans, Niemi a effectivement signé aux Sharks et il disputera le poste de titulaire avec Niitymaki.


 

2. Phoenix Coyotes, 107 pointsLogo_Phoenix_petit
Classement conférence : 4ème
Classement ligue : 4ème
Attaque : 24ème de la ligue, 2,57 buts marqués par match
Défense : 3ème de la ligue, 2,39 buts encaissés par match
Parcours en playoffs : éliminés en quart de finale de conférence par les Red Wings de Detroit 4 matchs à 3
Meilleurs marqueurs : Shane Doan (AD) : 18 buts, 55 points
                                   Matthew Lombardi (C) : 19 buts, 53 points
                                   Radim Vrbata (AD) : 24 buts, 43 points
                                   Keith Yandle (D) : 12 buts, 41 points
                                   Ed Jovanovski (D) : 10 buts, 34 points
En 2008/09 : 79 points, 4ème de la division, 13ème de la conférence, 25ème de la ligue


C’est peu de dire que la performance de Phoenix cette saison a été une énorme surprise. Déjà, le fait qu’ils soient passés des 5 derniers de la ligue l’an passé aux 5 premiers en saison régulière est incroyable mais il faut en plus préciser que l’ambiance était loin d’être au beau fixe pour les Coyotes. En effet, en mai 2009, la franchise s’est retrouvée en situation de banqueroute, ce qui faisait suite au fait qu’elle perdait beaucoup d’argent depuis son installation en 1996.

Ironiquement, la franchise avait été transférée de Winnipeg à Phoenix parce que le nombre de spectateurs était insuffisant. Or, si le marché à Winnipeg pour une équipe NHL était trop petit, celui de Phoenix s’est vite révélé être lui aussi insuffisant (5450 abonnements à l’année en moyenne entre 2005 et 2009). La dette s’est élevée à 35 millions de dollars pour la seule saison 2008/09.

Le propriétaire de l’époque souhaitait alors vendre la franchise en banqueroute au milliardaire Jim Balsillie. Le plan du milliardaire canadien était simple : une fois qu’il aurait acheté la franchise en dépôt de bilan, il l’aurait transféré à Hamilton dans l’état canadien de l’Ontario, en utilisant le statut d’entreprise en faillite pour éviter de demander l’accord de la ligue pour la relocation. Il apparaissait en effet que la ligue n’aurait pas accepté de transférer la franchise vers Hamilton, pour éviter de quitter un « nouveau marché » et de saturer le sud-est du Canada, où jouent à proximité Toronto et, de l’autre côté de la frontière, Buffalo.

Pour contester cette vente, la ligue a proposé d’acheter l’équipe pour la gérer elle-même et surtout apurer les dettes. Finalement, l’affaire s’est terminée au tribunal et c’est la ligue qui l’a emporté, même si elle a été obligée de revoir son offre à la hausse. Evidemment, le fait que ce soit la ligue qui soit aux commandes d’une des équipes oblige à une gestion a minima donc pas de grosses signatures d’agents libres. Ajoutons à cela que Wayne Gretzky, qui faisait partie du précédent actionnariat, a laissé sa place derrière le banc à Dave Tippett, tout juste viré des Stars de Dallas.

Malgré cet environnement improbable, Phoenix a toutefois pleinement réussi sa saison sur le plan sportif. Non seulement ils ont réussi à faire beaucoup mieux que la saison dernière mais les Coyotes ont réussi la meilleure saison de l’histoire de la franchise. De plus, Phoenix est parvenu aux playoffs pour la première fois depuis 2002. Cette performance est d’autant plus étonnante que l’équipe n’a pas connu de changements majeurs dans son effectif. L’an dernier, elle avait la 25ème attaque de la ligue avec 2,5 buts marqués par match, elle a cette fois la 24ème avec 2,57 buts.

La clé du succès est venue principalement de la défense qui a considérablement amélioré ses performances sous la houlette de Tippett, reconnu pour son savoir-faire d'entraîneur pour la défense. Ainsi, Phoenix a généralement réussi à préserver son avantage quand ils marquaient en premier, terminant 1er de la ligue au pourcentage de victoire en marquant le premier but (85%). Les Coyotes ont également une bonne réussite lors des tirs aux buts et leurs quatorze victoires dans cet exercice sont le meilleur total de la ligue.

Parmi les artisans de la défense, le principal est le gardien Ilya Bryzgalov. Celui qui avait été opportunément récupéré sur les waivers d’Anaheim en 2007 n’est pas forcément très médiatisé. Toutefois, il a réussi une saison particulièrement probante, en se classant parmi les meilleurs de la ligue au niveau du pourcentage d’arrêts.

Face à lui, les défenseurs ont eux aussi fait le boulot, à commencer par la paire Ed Jovanovski – Zbynek Michalek. Le vétéran Jovanovski termine peut-être avec un différentiel peu flatteur (-12) mais il a eu le mérite d’apporter de l’offensive (34 points) à une équipe qui en manquait terriblement. Il a également pris deux fois moins de pénalités que l’an passé. Quant à Michalek, le physique défenseur tchèque s’est surtout révélé quand Pittsburgh l’a signé cet été pour 5 ans avec 4 millions par an, preuve de sa bonne saison.

En attaque, le bilan est plus contrasté. Shane Doan, le capitaine et dernier joueur à avoir évolué sous les couleurs des Jets de Winnipeg, donne l’exemple et est le meilleur pointeur de l’équipe, même si on note une baisse de ses performances. Ainsi, ses 18 buts sont son plus mauvais total depuis 1999 et il est passé de 73 points l’an passé à 55. En revenant à Phoenix l’été dernier, Radim Vrbata retrouvait l’équipe où il avait inscrit le meilleur total de buts dans sa carrière, en 2007/08. S’il n’a pas cette fois atteint les 27 buts, ses 24 réalisations lui permettent toutefois d’être le meilleur buteur du club.

La déception est venue de Peter Mueller. Drafté haut (huitième position) en 2006, Mueller n’a jamais réussi à combler les attentes du club et notamment à faire mieux que sa saison de rookie, où il avait totalisé 54 points, total alors prometteur. Pour sa troisième saison chez les Coyotes, le centre de 22 ans n’a accumulé que 17 points en 54 matchs avant d’être transféré vers le Colorado.

Certes, Mueller a connu une brillante réussite à L’Avalanche avec 20 points marqués en 15 matchs mais Phoenix a reçu en échange un des meilleurs ailiers du Colorado, le polonais Wojtek Wolski. Celui-ci a tout de suite trouvé ses marques et il a totalisé 18 points en autant de matchs avec son nouveau club en fin de saison régulière et 5 points (dont 4 buts) en 7 matchs de playoffs. Autre recrue intéressante pour les Coyotes : Lee Stempniak.

L’ailier droit a été transféré de Toronto à Phoenix pour cause d’inefficacité offensive avec 18 buts en 62 matchs. Il a terminé la saison en trombe avec les Coyotes avec une série impressionnante de 14 buts en 18 matchs (avec un pourcentage tirs/buts insoutenable sur le long terme de 29%). Ce pourcentage s’est effectivement avéré insoutenable puisque l’Américain a été muet en playoffs lors de la série face à Detroit.

Si les Coyotes ont effectivement été la grosse surprise de cette saison, leur élimination en playoffs n’a pas été une surprise, face aux expérimentés Red Wings. Toutefois, ils ont réussi à pousser Detroit jusqu’à un septième match, soutenus par un public enfin présent dans les travées de la glace de Phoenix.


 

3. Los Angeles Kings, 101 pointsLogo_LosAngeles_petit
Classement conférence : 6ème
Classement ligue : 9ème
Attaque : 9ème de la ligue avec 2,82 buts marqués par match
Défense : 9ème de la ligue avec 2,57 buts encaissés par match
Parcours en playoffs : éliminés en quart de finale de conférence par les Canucks de Vancouver 4 matchs à 2
Meilleurs marqueurs : Anze Kopitar (C) : 34 buts, 81 points
                                   Drew Doughty (D) : 16 buts, 59 points
                                   Dustin Brown (AD) : 24 buts, 56 points
                                   Ryan Smyth (AG) : 22 buts, 53 points
                                   Alexander Frolov (AG) : 19 buts, 51 points
En 2008/09 : 79 points, 5ème de la division, 14ème de la conférence, 26ème de la ligue


Même si l’élimination face à Vancouver a été difficile avec 25 buts encaissés lors des 6 matchs de la série, le bilan de la saison est nettement positif pour Los Angeles. L’équipe qui stagnait l’an passé à l’avant-dernière place de la conférence s’est transformée pour obtenir la sixième place de la conférence, réussissant presque le même tour de force que Phoenix. Toutefois, si la performance des Coyotes a été une surprise, celle des Kings est moins étonnante.

Les faibles performances de la franchise ces dernières saisons ont permis aux Kings de drafter très haut pendant la dernière décennie, se constituant ainsi un effectif avec de nombreux jeunes joueurs talentueux. Los Angeles n’avait alors plus qu’à attendre que le groupe mûrisse pour pouvoir être un prétendant sérieux. Parmi les objectifs du jeune groupe, il fallait revenir en playoffs, ce que le club n’a plus fait depuis 2002. Mission accomplie : beaucoup de ces jeunes joueurs ont découvert les playoffs cette année. Découverte difficile mais instructive.

Le symbole de l’équipe est évidemment Drew Doughty. Alors qu’il vient d’avoir 20 ans et qu’il ne joue que sa deuxième saison dans la ligue, il s’est déjà imposé comme l’un des défenseurs offensifs majeurs de la ligue, avec à la clé une nomination pour le trophée de défenseur de l’année. Il a également remporté la médaille d’or avec le Canada lors des Jeux Olympiques en impressionnant les observateurs par sa maturité. Sa capacité de passeur a été amplement mise à profit chez les Kings puisqu’il termine avec 43 assistances en 82 matchs. Il a été le plus souvent aligné avec Rob Scuderi, qui a apporté sa puissance et son expérience de champion avec Pittsburgh l'an passé.

L’autre jeune qui monte sur la ligne bleue, c’est Jack Johnson, 23 ans. S’il est moins doué que Doughty avec le palet, il est plus physique que ce dernier et il peut être efficace aussi offensivement (36 points) que défensivement. Terry Murray, l’entraîneur, n’a pas réussi à lui trouver un partenaire stable dans la saison, alternant à ses côtés sans grand succès Randy Jones et Sean O’Connell. Murray a même tenté une paire Doughty – Johnson, intéressante sur le papier, mais qui ne semble pas avoir donné satisfaction, sans doute du fait du manque d’expérience des intéressés.

Jeunesse dans les buts également avec Jonathan Quick, 24 ans, pour sa première saison complète comme titulaire. Quick s’était imposé lors de la saison dernière en profitant du transfert de Jason LaBarbera et d’une blessure d’Erik Ersberg pour jouer 41 des 52 derniers matchs de l’équipe. Le jeune gardien a poursuivi dans ce volume de travail en jouant 72 matchs cette saison. S’il a eu de bonnes performances en saison régulière, il a eu beaucoup plus de difficultés en playoffs, la faute sans doute en partie à la fatigue.

Si Ersberg a tenu le rôle de remplaçant en jouant à peine une petite dizaine de matchs cette saison, il n’a pas vraiment convaincu et son entrée en jeu lors des playoffs n’a été décisive pour l’équipe. Le nouveau remplaçant devrait être Jonathan Bernier, 22 ans, qui s’est montré à son avantage lors des 3 matchs qu’il a joué avec les Kings en saison régulière.

En attaque, c’est le slovène Anze Kopitar, 23 ans, qui a été le plus actif et ses 81 points sont le meilleur total de sa carrière. Il a été le plus souvent au centre de la première ligne avec à sa gauche le vétéran Ryan Smyth et à sa droite Justin Williams, jusqu’à ce qu’il se blesse, ou le capitaine Dustin Brown. Lors des playoffs, c’est Wayne Simmonds qui occupait l’aile droite de cette première ligne.

Dustin Brown a eu du mal à trouver l’alchimie avec Kopitar et il a disputé les playoffs sur la deuxième ligne avec Jarret Stoll et Alexander Frolov. Toutefois, Brown a réussi une bonne saison offensive avec ses 56 points et il s’est surtout illustré par ses mises en échec spectaculaires et son leadership. Simmonds est aussi, à 22 ans, un des jeunes pousses du club et ses 40 points cette année son prometteurs, ainsi que les 3 points en 6 matchs qu’il a inscrit en playoffs.

Quant à Alexander Frolov, il a été plutôt décevant en se montrant trop inconstant dans son travail défensif. De plus, sa production offensive a baissé régulièrement depuis ces dernières années, passant de 71 points en 2006/07 à 51 cette année. A 28 ans, l’ailier gauche russe arrivait en bout de cycle avec les Kings. L’équipe ne pensait pas le resigner pour se tourner vers son compatriote Kovalchuk. Comme cette transaction n’a pas abouti, les Kings ont pensé tenter de resigner Frolov mais ce dernier a préféré se diriger vers les Rangers de New York.


 

4. Anaheim Ducks, 89 pointsLogo_Anaheim_petit
Classement conférence : 11ème
Classement ligue : 17ème
Attaque : 7ème de la ligue, 2,84 buts marqués par match
Défense : 22ème de la ligue, 2,96 buts encaissés par match
Meilleurs marqueurs : Corey Perry (AD) : 27 buts, 76 points
                                   Ryan Getzlaf (C) : 19 buts, 69 points
                                   Bobby Ryan (AG/AD) : 35 buts, 64 points
                                   Saku Koivu (C) : 19 buts, 52 points
                                   Teemu Selanne (AD) : 27 buts, 48 points
En 2008/09 : 91 points, 2ème de la division, 8ème de la conférence, 17ème de la ligue, éliminés en demi-finale de conférence par Detroit 4 matchs à 3


Une page s’est tournée cette année dans la courte histoire d’Anaheim : trois des piliers de l’équipe qui avait remporté la coupe Stanley en 2007 ont quitté l’effectif. C’est tout d’abord le géant Chris Pronger qui a été transféré à l’intersaison vers Philadelphie. C’était sans doute une des acquisitions les plus importantes des Flyers l’été dernier, Pronger ayant été l’un de leurs joueurs majeurs dans leur parcours en playoffs.

Pendant la saison, le gardien Jean-Sébastien Giguere, héros des playoffs de 2007, a été transféré à Toronto à cause de l’émergence de Jonas Hiller. Enfin, Scott Niedermayer, l’un des meilleurs défenseurs de ces deux dernières décennies a fini par raccrocher les patins cet été après une carrière de 18 ans marquée par 4 coupes Stanley et sans nul doute une entrée au Hall of Fame dès qu'il sera éligible.

Le transfert de Pronger n’a pas été profitable à Anaheim dans l’immédiat car le joueur principal impliqué dans cet échange, Joffrey Lupul, s’est rapidement blessé et il n’a joué que 23 matchs cette saison. De plus, l’ailier droit de 26 ans devrait également manquer le début de la prochaine saison. L’autre joueur arrivé à Anaheim en échange de Pronger était le jeune défenseur italien Luca Sbisa. A 20 ans, il est encore un prospect et n’a joué que 8 matchs avec les Ducks avant de retourner en AHL.

La saison a été jugée décevante par les fans car l’équipe n’a pas réussie à atteindre les playoffs. Il faut dire que la saison 2008/09 s’était terminée idéalement par l’élimination du rival et grand favori San José en playoffs. Toutefois, le fait qu’Anaheim ait manqué les playoffs provient avant tout de la hausse du niveau de la conférence Ouest. Ainsi, alors qu’ils n’ont inscrit que 2 points de moins que l’an passé, ils ont rétrogradé de la 8ème à la 11ème place dans la conférence et de la 2ème à la 4ème place en division.

L’autre facteur qui a désavantagé les Ducks est la blessure de deux cadres de l’effectif pendant une partie de la saison : Ryan Getzlaf et Teemu Selanne. Getzlaf, qui avait marqué le plus grand nombre d’assistances dans la ligue l’an passé avec un total de 66, n’a ainsi joué que 66 matchs cette saison. Le centre de 25 ans était pourtant dans une bonne dynamique car il a accumulé 69 points malgré cette saison raccourcie à cause de problèmes à sa cheville gauche.

Quand il était présent, il menait une première ligne intéressante Bobby Ryan – Ryan Getzlaf – Corey Perry à la fois jeune (ils ont entre 23 et 25 ans) et extrêmement productive avec 81 buts à leur actif. Ryan a terminé comme meilleur buteur du club avec ses 35 réalisations même s’il s’est mis beaucoup de fans à dos au cours de sa renégociation de contrat qui a duré tout l’été, du fait de la difficulté de trouver un arrangement entre le club et le joueur. Perry est devenu le meilleur marqueur de l’équipe en l’absence de Getzlaf tout en continuant à jouer les agitateurs dans les lignes adverses (il est généralement le joueur des Ducks le plus détesté par les fans des autres équipes).

Teemu Selanne est l’un des joueurs qui a le plus marqué la franchise car il est le détenteur de la plupart des records offensifs de l’équipe. Durant la dernière intersaison, il a intercédé auprès du club pour signer Saku Koivu. Les deux joueurs avaient formé un duo efficace lors des jeux olympiques de 2006 pour la Finlande. Si Selanne a été absent de la glace un long moment pour cause de blessures (à la main gauche puis une dent cassée), il n’a pas perdu son sens du but puisqu’il a inscrit 27 buts pour 48 points en 54 matchs.

Koivu a été une bonne surprise pour Anaheim, l’ancien capitaine de Montréal se révélant être un centre de deuxième ligne compétent avec ses 52 points et un apport de leadership. L’entraîneur, Randy Carlyle, pensait sans doute former une deuxième ligne avec Selanne, Koivu et Lupul mais la longue blessure de ce dernier a contrarié ces plans. Après quelques tests, c’est le jeune et plutôt prometteur Dan Sexton, 23 ans, non drafté et signé comme agent libre au printemps 2009 qui a été un des meilleurs ailiers pour cette ligne. Il a apporté sa vitesse aux deux Finlandais et a inscrit 19 points en 41 matchs.

Si l’attaque des Ducks a été plus que satisfaisante malgré les blessures, le point faible de l’équipe a été la défense, une des plus mauvaise de la ligue. D’abord, le problème est venu de la ligne bleue. Le départ de Pronger a créé un vide terrible sur cette dernière car il avait un volume de jeu considérable au niveau du temps de glace. Pour le remplacer sur la première ligne aux côtés de Scott Niedermayer, Bob Murray, le manager général, a resigné James Wisniewski, arrivé à la deadline des transferts en mars 2009. Toutefois, Wisniewski n’avait sans doute pas le calibre pour jouer sur une première ligne avec une moyenne de temps de jeu de 24 minutes et il a été plutôt décevant aux côtés d’un Niedermayer vieillissant.

Si l’équipe était plutôt bien pourvu en matière de défenseurs offensifs (Niedermayer, Whitney) ce n’était pas le cas pour le travail purement défensif de talent, les vétérans Nick Boynton et Sheldon Brookbank ayant eu du mal face aux meilleures lignes adverses. Cela a permis à de jeunes joueurs d’avoir du temps de glace et une place dans l’effectif, comme Brett Festerling ou Brendan Mikkelson.

Dans les buts, Jean-Sébastien Giguère a définitivement cédé la place à Jonas Hiller, à cause d’un début de saison plutôt difficile. Ainsi, en 20 matchs, le gardien québécois n’a eu que 4 victoires pour une moyenne de 3,14 buts encaissés par match. Il a finalement été transféré vers Toronto où il a connu une fin de saison plus probante. Le suisse Jonas Hiller est alors devenu le titulaire du poste et il signe une saison plutôt honorable compte tenu des défenseurs devant lui avec un bon pourcentage d’arrêts de 91,8% et 30 victoires.


 

5. Dallas Stars, 88 pointsLogo_Dallas_petit
Classement conférence : 12ème
Classement ligue : 20ème
Attaque : 11ème de la ligue avec 2,80 buts marqués par match
Défense : 23ème de la ligue avec 2,98 buts encaissés par match
Meilleurs marqueurs : Brad Richards (C) : 24 buts, 91 points
                                   Loui Ericsson (AG) : 29 buts, 71 points
                                   James Neal (AG) : 27 buts, 55 points
                                   Mike Ribeiro (C) : 19 buts, 53 points
                                   Brenden Morrow (AG) : 20 buts, 46 points
En 2008/09 : 83 points, 3ème de la division, 12ème de la conférence, 23ème de la ligue


Comme pour Anaheim, c’est un page de l’histoire du club qui se tourne cette saison à Dallas. Anciennement les North Stars de Minnesota, les Stars de Dallas ont toujours réussi à se hisser dans les playoffs depuis leur relocalisation en 1993. Ils ont même été à une période une des meilleures équipes de la ligue, remportant une coupe Stanley en 1999 et en échouant en finale l’année suivante.

Parmi la pléthore de joueurs de qualité de cet effectif, le joueur phare de l’époque était Mike Modano. Or, cet été, le centre de 40 ans, qui a passé toute sa carrière dans la franchise, n’a pas été resigné par le club et est parti à Detroit. Autre départ important, le gardien Marty Turco, titulaire de longue date, est parti à Chicago.

Car l’équipe est depuis quelques années en perte de vitesse, consécutivement au vieillissement et au départ des cadres de la période glorieuse. Cela culmine avec une absence aux playoffs lors de ces deux dernières saisons, plaçant l’équipe dans une phase de reconstruction avec de nouveaux joueurs.

Le changement est d’abord venu du dehors de la glace avec l’arrivée comme manager général de l’ancien grand joueur des Stars qui avait participé au titre de 1999, Joe Nieuwendyk, et sur le banc de l’entraîneur Marc Crawford. Ce changement devait notamment se traduire par un jeu plus porté sur l’offensive et plus rapide. Malheureusement, ces bonnes résolutions ne sont pas allées beaucoup plus loin que les matchs de pré-saison.

Le meilleur joueur de l’effectif cette année est sans conteste Brad Richards. Le centre de 30 ans a signé sa première saison complète avec les Stars après avoir été transféré de Tampa Bay en 2008. En effet, la saison 2008/09 avait été pour lui émaillée de blessures, se cassant le poignet droit puis la main gauche. Il avait alors signé un total plus que correct de 48 points en 56 matchs.

Mais l’attente n’aura pas été vaine : cette saison, le meneur de jeu a signé le septième total de points de la ligue avec ses 91 points en 80 matchs. De bonne augure pour l’année prochaine, même si elle va être crispante pour les fans. C’est en effet la dernière année du contrat de Richards et il pourrait éventuellement quitter le club à la deadline si les résultats ne sont pas encourageants.

L'excellente vision du jeu de Richards a été particulièrement profitable à ses deux compagnons de lignes : Loui Eriksson et James Neal. Certes, Eriksson a marqué moins de buts cette saison que l’an passé (28 contre 36) mais il a marqué plus de points. Tout comme Neal qui a vu son total de points passer de 37 à 55.

La deuxième ligne était formée par le duo Mike Ribeiro – Brenden Morrow, qui s’est associé avec Jamie Benn ou Brendan Segal. Pour sa quatrième saison sous les couleurs de Dallas, c’est la première fois que Ribeiro ne termine pas en tête des meilleurs pointeurs du club et sa saison a été plutôt compliquée. D’abord, son style de jeu ne convenait pas au nouveau style que voulait donner Crawford à l’équipe. En effet, le centre québécois aime ralentir le jeu en zone offensive pour utiliser au mieux sa capacité de meneur de jeu là où Crawford attendait un jeu offensif rapide. Puis, il s’est blessé à la gorge et a manqué une quinzaine de match. Toutefois, son total de 53 points en 66 matchs reste honorable.

Si la saison du capitaine Brenden Morrow s’était terminée l’an passé au bout de 18 matchs à cause d’une blessure au genou, il a cette fois joué quasiment toute la saison. Son bilan n’est pas aussi positif au niveau des points et ses 46 points en 76 matchs sont son plus faible total depuis 2002. Sur l’aile droite de la ligne, le jeune rookie Jamie Benn, 21 ans, a été la bonne surprise de l’équipe avec ses 22 buts pour 41 points. Il lui a fallu ensuite passer au centre d’une autre ligne, ce qui a nécessité une période d’adaptation mais Benn a finalement trouvé ses marques à ce poste.

Le point faible de l’équipe cette année était clairement la ligne bleue. Certes, Stephane Robidas est un bon défenseur mais le vétéran de 33 ans ne serait sans doute pas sur la première ligne dans une autre équipe qui serait plus fournie en défenseur. Il était aligné avec Nicklas Grossmann, 25 ans, l’un des seuls défenseurs à pouvoir rivaliser physiquement avec les adversaires. La plupart des défenseurs était plutôt jeune, entre 24 et 26 ans, ce qui leur laisse encore une certaine marge de progression, comme le physique Mark Fistric.

Dans les buts, Marty Turco n’a pas eu une mauvaise saison avec son pourcentage d’arrêts de 91,3%, compte tenu de la défense devant lui, mais sa saison a été jugée décevante par beaucoup de fans. Pour compenser la perte de vitesse du vétéran de 35 ans, Nieuwendyk a fait venir Kari Lehtonen d’Atlanta. Le gardien finlandais avait été drafté en deuxième position en 2002 mais sa propension à se blesser l’a souvent écarté de la glace pour de longues période. Ainsi, quand il arrive à Dallas le 9 février, il n’a pas encore joué le moindre match dans la saison. Il parvient finalement à disputer 12 matchs plutôt bons, même si il est à craindre qu’il ait encore des problèmes de blessures.