Épinal - Amiens (Coupe de la ligue, poule B, 4e journée)

À vaincre sans péril, Amiens triomphe sans gloireBilly_Thompson_Ext

Décidément, les matchs se suivent et... ne se ressemblent pas ! Mardi dernier, l'ICE s'imposait de haute lutte à Amiens avant de se payer Rouen dans la foulée. Samedi, tous les ingrédients étaient réunis pour un exploit... ce qui n'était pas le cas ce soir. Aux absences prolongées de Gervais et Quessandier se sont ajoutées celles de Simko (dos) et Mäntylä (cuisse). Mais surtout celle de Loïc Lacasse, qui fut "fatal" aux Picards la semaine passée et se ressent actuellement d'une douleur à l'aine. Connaissant son importance dans le dispositif spinalien, Santino Pellegrino n'a voulu prendre de risques... quitte à "sacrifier" ce match de Coupe de la Ligue.

On pouvait en effet craindre le pire avec deux gardiens inexpérimentés (Mathieu Perrin et Nicolas Ravel) et une défense "peau de chagrin". Antoine Richer, qui regrettait l'inefficacité de ses attaquants mardi dernier, a donc pu admirer toute leur réussite dans un match qui avait tout d'amical. Pas de rythme, aucune intensité et surtout pas d'enjeu palpable même si la deuxième place qualificative de la poule B était en jeu, justement !

L'IC Épinal avait sorti le grand jeu face aux Dragons, y laissant au passage beaucoup d'énergie. De quoi faire passer la Coupe de la Ligue au second plan, voire même aux oubliettes. L'usure physique est compréhensible. La volonté de ne pas se "griller" en vue des prochaines échéances aussi. Reste que le spectateur lambda aura déboursé huit euros pour une parodie de match...

Fallait pas être en retard...

Les courageux à s'être déplacés n'auront néanmoins pas tout perdu. Ils auront notamment vu le premier but de Maxime Boisclair à domicile, qui commençait à se faire attendre. La demi-minute n'est pas encore passée que le Canadien d'origine haïtienne profite d'une mauvaise appréciation de Billy Thompson sur un centre-tir de Fabien Leroy (1-0 à 00'28").

Le ton est donné et la riposte presque immédiate sur un débordement côté droit de Teddy Trabichet, qui repique au centre pour égaliser... sans avoir jamais été inquiété (1-1 à 00'40"). Une mauvaise relance de Thomas Roussel, interceptée par Fabien Leroy en zone neutre, permet ensuite à Michal Petrak d'ajuster la lucarne (2-1 à 05'54").

Oui, c'est "soirée portes ouvertes" et Pavel Kowalczyk en profite pour faire admirer ses qualités reconnues de relanceur. Sa vision du jeu est une arme presque fatale, surtout que les Dauphins ne sont pas très regardants sur leurs placements. Une longue ouverture du vétéran tchèque, d'une précision chirurgicale, lance ainsi Béron dans le dos de la défense, qui fait aussitôt parler la poudre (2-2 à 07'00").

C'en est (déjà !) trop pour Mathieu Perrin, remplacé par un Nicolas Ravel rapidement livré à lui-même et bientôt battu, sur un tir à bout portant d'Anthony Mortas (2-3 à 10'08"). Pour un gardien de division 3, Ravel ne s'en tirera pas si mal que ça par la suite, se substituant tant bien que mal à une défense "courants d'air". L'imposant Martin Tomasek lui volera toutefois un rebond en fin de période (2-4 à 19'41").

En ce match s'est surtout apparenté à un terrain d'expérimentation grandeur nature. Histoire de préserver un Fabien Leroy qui a beaucoup donné cette semaine, Santino Pellegrino s'est autorisé une petite "fantaisie". Celle d'intégrer Maxime Boisclair, qui n'a décidément rien d'un buteur (et encore moins d'un leader offensif, comme quoi les CV sont parfois trompeurs), aux rotations défensives... Nathan Ganz, qui faisait banquette depuis quelques semaines, en a d'ailleurs profité pour grapiller quelques minutes de temps de glace.

C'est un retour aux sources pour Kévin Hecquefeuille, revenu dans son club formateur en temps que défenseur. Pour l'international rapatrié de Cologne (DEL), c'est une évolution naturelle puisqu'il estime apporter davantage en occupant un poste défensif qu'il découvrit lors de son passage en Suède voilà deux ans. Reste que ce soir, Hecquefeuille a retrouvé un poste de centre aux-côtés d'un autre polyvalent patenté, l'ex-Spinalien Julian Marcos. Quant à l'absence de Paul Deniset (qui s'est cassé le nez à l'entraînement la veille) elle permet à Antoine Richer de réactiver sa meilleure ligne de la fin de saison passée, avec le retour d'Anthony Mortas au centre de Grégory Béron et d'un Miroslav Pazak gavé d'espaces jusqu'à plus soif.

Les Gothiques n'ont pas eu à forcer leur talent ce soir, se contentant de laisser venir dès l'entame de l'acte médian. Des Spinaliens sans génie et surtout sans défense leur ont offert une multitude de contre-attaques. Sur l'une d'entre elle, Pazak et Kowalczyk se retrouvent seuls devant Ravel pour un "une-deux" imparable (2-5 à 25'26"). Ces deux-là furent décidément dans tous les bons coups. L'un par sa propension à se créer des occasions. L'autre, Kowalczyk, par la qualité de ses relances. On retrouve d'ailleurs la rampe de lancement tchèque à l'origine du break de Martin Tomasek, repoussé du bouclier par Nicolas Ravel (28e).

Et puis "l'événement" de la soirée. Cette reprise de Kévin Hecquefeuille filant sous la barre, que les visiteurs tiennent pour poteau rentrant. Contrairement aux arbitres qui laissent le jeu se dérouler jusqu'à la réduction du score d'Hagelberg. Du moins le pense t-on puisque la réalisation du Finlandais est annulée après d'interminables palabres. Les zèbres venant en fait de se rendre compte de la légitimité du but d'Hecquefeuille quelques secondes plus tôt... et qui sera accordé au retour des vestiaires !

Inutile de s'attarder sur un troisième tiers encore plus insipide que les deux autres, que l'assistance clairsemée (forte d'environ 150 âmes) aura vite fait d'oublier. Et dire que trois jours plus tôt, d'en d'autres circonstances, l'ICE remportait l'un des plus grands matchs de son histoire face aux Dragons de Rouen.  Mieux vaut donc rester sur ce (beau) souvenir et ne rien retenir de cette parodie de match, où seul l'inévitable Hagelberg, au four et au moulin, aura véritablement surnagé côté vosgien.


Épinal - Amiens 2-7 (2-4, 0-2, 0-1)
Mardi 5 octobre 2010 à 20h15 à la patinoire provisoire de Poissompré. 150 spectateurs.
Arbitrage de Benjamin Gremion assisté de Sébastien Geoffroy et Mathieu Loos.
Pénalités : Épinal 8' (6' + 2' + 0') ; Amiens 10' (2' + 6' + 2').
Tirs : Épinal 21 (5 + 10 + 6) ; Amiens 33 (13 + 12 + 8).

Évolution du score :
1-0 à 00'28" : Boisclair assisté de Leroy et Petrak
1-1 à 00'40" : Trabichet assisté de Bergin
2-1 à 02'54" : Petrak assisté de Leroy
2-2 à 07'00" : Béron assisté de Kowalczyk (sup. num.)
2-3 à 10'08" : Pazak assisté de Mortas et Kowalczyk (sup. num.)
2-4 à 19'41" : Tomasek assisté de Marcos (sup. num.)
2-5 à 25'26" : Pazak assisté de Kowalczyk
2-6 à 31'11" : Hecquefeuille
2-7 à 59'57" : Marcos assisté d'Hecquefeuille


Épinal

Gardien : Mathieu Perrin [puis Nicolas Ravel à 07'34"].

Défenseurs : Peter Slovák - Fabien Leroy [puis Maxime Boisclair à la 35e] ; Guillaume Papelier - Jan Hagelberg ; Martin Charpentier.

Attaquants :  Kévin Benchabane - Timo Kuuluvainen - Guillaume Chassard (C) ; Maxime Boisclair [puis Nathan Ganz à la 35e] - Michal Petrák (A) - Ján Plch (A) ; Anthony Rapenne - Erwan Agostini - Tarik Chipaux.

Remplaçant : Jonathan Gury. Absents : Ján Šimko (dos), Loïc Lacasse (aine), Niko Mäntylä (cuisse), Stéphane Gervais (convalescent), Benoît Quessandier (entorse du genou).

Amiens

Gardien : Billy Thompson.

Défenseurs : Thomas Roussel - Pavel Kowalczyk ; Maxim Belov - Teddy Trabichet ; Vincent Bachet (C) - Romain Bault.

Attaquants : Grégory Béron - Anthony Mortas - Miroslav Pazak ; Kevin Bergin (A) - Martin Tomášek - Yannick Offret ; Julian Marcos - Kévin Hecquefeuille (A) - Simon Petit.

Remplaçants : Quentin Kello (G), Florent Neyens, Aina Rambelo, Marius Serer. Absents : Paul Deniset (nez cassé), Valentin Claireaux et Léo Bertein (équipe de France U20).