Caen - Strasbourg (Ligue Magnus, 3e journée)

Clement_Fouquerel

La meilleure défaite possible

Strasbourg et Caen ont plus d'un point en commun. En plus de se retrouver sur la glace, ils développent des stratégies de développement d'équipe sur le long terme similaires. Ce qu'a construit l'Étoile noire dans le temps, Caen souhaite également le réaliser en Magnus.

De même, les échanges de joueurs entre les deux formations sont fréquents. Pierre-Antoine Devin et Michal Cesnek ont porté le maillot bleu et rouge avant la descente des Drakkars. De l'autre côté, le nouveau coach caennais assistait Daniel Bourdages l'année dernière, et il a emmené le très prometteur Aziz Baazi dans ses bagages. Sur le plan sportif, l'avantage est aux jaune et noir puisqu'ils signent un démarrage de saison sans faute alors que Caen redécouvre tout juste l'élite du hockey français.

Le match débute avec entrain et un engagement physique visible. Les dernières recrues locales rentrent sur le premier bloc puisqu'elles ont enfin trouvé quelques automatismes. Les deux équipes jouent prudemment afin d'éviter les contres, et l'attaque strasbourgeoise ne tarde pas à faire parler d'elle grâce à une incursion de Pierre-Antoine Devin, complètement démarqué mais qui ne parvient pas à cadrer son tir. L'ex-Caennais cherche-t-il à impressionner ses anciens coéquipiers ? Quoi qu'il en soit, il continue à se faire dangereux en récupérant un palet envoyé derrière le but. Il transmet à Edouard Dufournet seul devant la cage. Le gardien caennais paraît battu mais réussit à troubler le tir de son adversaire en se mettant à terre.

En face, Jonathan Duchesneau joue le 10e homme et rentre sur chaque relais. Le rapide Québécois apporte sa vitesse à ses coéquipiers, permettant de passer la bleue. Après c'est une autre histoire, il recentre vers Jérémie Romand devant le but mais ce dernier ne peut contrôler. Pas de problème pour Duchesneau. Il revient sur le palet et ouvre le score d'un tir du poignet (1-0 à 06'37"). Caen prend donc l'avantage dans un premier tiers équilibré.

ROMAND_Jeremie_100925_033Il n'en va pas de même à la reprise. Quelques secondes suffisent à l'attaque alsacienne pour littéralement s'installer en zone offensive. Les Drakkars ne parviennent à tenir qu'en ayant recours au dégagement interdit. Et malgré un festival d'arrêt de Clément Fouquerel, Elie Marcos vient enfoncer un tir de Maxime Mallette échoué entre les patins du portier (1-1 à 22'30"). Caen revient un peu dans la partie, mais relâche sa vigilance. Un placement défensif un peu haut, et une nouvelle fois, Devin sort du lot. Au changement de ligne il récupère une longue passe de Tarantino dans le dos de la défense et s'élance face au gardien. Il arme au cercle d'engagement et croise le palet le long du poteau gauche (1-2 à 27'25").

Alors, pour concrétiser cette domination, David Striz vient subtiliser le palet en zone médiane, s'offrant un 2 contre 1 face à Antoine Vigier. Malgré la présence du défenseur, Striz assure la passe à Édouard Dufournet qui fait trembler les filets (1-3 à 33'01"). La jeune équipe du HCC est un peu assommée. Elle relance son attaque au point de mettre son adversaire à la faute par deux fois. Mais le moral a pris un coup et la créativité s'en ressent, donnant lieu à un double avantage numérique gâché.

Le troisième tiers vient confirmer ce retour dans le jeu. La pause a donné de l'envie aux Normands qui repartent à l'assaut. Il faut quand même réussir à passer Vladimir Hiadlovsky et sa défense en bon ordre. C'est donc au moment le plus inattendu que l'engagement paie. Alors que Pierre Bennett purge une pénalité pour crosse haute, Erwan Pain vient chahuter le palet dans les crosses strasbourgeoises. Du bout de la crosse, il parvient à lancer Jérémie Romand qui a suivi l'action. L'échappée vers le but se conclut en glissant le palet entre les jambières (2-3 à 46'23"). La confiance est retrouvée et les attaquants mettent une nouvelle fois Strasbourg à la faute. Cette fois-ci, Tommy Lafontaine profite d'un masque sur le gardien pour trouver une ouverture (3-3 à 51'02").

Malgré la remontée caennaise, Strasbourg n'a pas baissé les bras, et les deux équipes se livrent à beau un va et vient offensif en prolongation. Les attaques de l'Étoile Noire, plus audacieuse sont repoussées par l'excellent travail du gardien caennais. Mais au premier relâchement, Fouquerel ne peut rien sur cette situation de deux contre un. Udo Marie suit Pasi Petriläinen mais n'empêche pas la passe à Lionel Tarantino qui crucifie le jeune portier ainsi que les chances de victoire des Drakkars (3-4 à 66'38").

En conclusion, si le match est resté ouvert, la bonne forme de Strasbourg s'est confirmée et l'Étoile noire se hisse à la deuxième place du championnat. Au HCC, les joueurs portent sur leur visage la déception de ne pas l'avoir emporté, mais ce point était important à gagner et l'objectif est en partie atteint. En produisant le jeu des premiers et troisième tiers, l'équipe pourra trouver les points nécessaires au maintien.

Commentaires d'après-match (dans Ouest France)

Tommy Lafontaine (capitaine de Caen) : "Après le premier but, on était plus défensifs, moins agressifs, mais ce n'est pas notre jeu. C'est notre problème depuis le camp d'entraînement. Dans le deuxième, on a du mal. Si on apprend à bien le gérer, on aura plus de résultats par la suite. Dans le troisième tiers, on revient plus fort même si physiquement ce n'est pas normal. On a mis du rythme, du vent dans les voiles, on voulait les deux points de la victoire. Depuis deux, trois matches, on fait de gros progrès. On n'est pas encore au sommet mais on est de plus en plus en place. Je ne suis pas inquiet et même confiant dans notre équipe."

 


Caen – Strasbourg 3-4 (1-0, 0-3, 2-0 ;1-0)
Pénalités : Caen 14' (2', 0', 2'+10', 0’) ; Strasbourg 20' (2', 4'+10', 4', 0').
Arbitrage de Marc Mendlowitcz assisté de Nicolas Cregut et Aurélien Smeeckaert.
Samedi 2 octobre 2010 à 20h00 à la patinoire de Caen-la-Mer. 770 spectateurs.
Évolution du score :
1-0 à 06'37" : Duchesneau assisté de Romand et Pain
1-1 à 22'30" : Marcos assisté de Mallette
1-2 à 27'25" : Devin assisté de Tarantino
1-3 à 33'01" : Dufournet assisté de Striz
2-3 à 46'23" : Romand assisté de Pain (inf. numérique)
3-3 à 51'02" : Lafontaine assisté de Gibbons (sup. numérique)
3-4 à 66'38" : Tarantino assisté de Petrilainen et Marcos

Caen

Gardien : Clément Fouquerel.

Défenseurs : Samuel Gibbons – Tommy Lafontaine (C) ; Antoine Vigier – Aziz Baazi ; Alexis Gomane (A) – Udo Marie ; Olivier Vandecandelaere

Attaquants : Antti Urpo – Jeremiah Cuningham - Jonathan Avenel (A) ; Erwan Pain - Kevin Da Costa – Jérémie Romand ; Charles Geslain - Pierre Bennett - Julien Lebey ; Jonathan Duchesneau

Remplaçant : Arnaud Goëtz (G). Absent : Vladimir Urban (blessure),

Strasbourg

Gardien : Vladimir Hiadlovsky.

Défenseurs : Michal Cesnek – David Striz ; Hugues Cruchandeau (A) – Maxime Mallette ; Pasi Petriläinen – Julien Burgert ; Pierre Bougé.

Attaquants : Thimothée Franck – Jan Cibula – David Brissette Cayer ; Elie Marcos (C) – Édouard Dufournet – Pierre-Antoine Devin (A) ; Lionel Tarantino – Juho Lehtisalo – Paul Andrew Bradley.

Remplaçants : Gilles Beck (G), Noé Gersanois. Absent : Ziga Svete (côte cassée).