Strasbourg - Épinal (Ligue Magnus, 4e journée)

Strasbourg fait son "grand huit"

Après avoir brisé l'invincibilité de Rouen, l'ICE espérait secrètement casser celle de l'Étoile noire. Mais voilà, Strasbourg, en pleine bourre, n'est pas leader par hasard et la dynamique alsacienne ne sera pas stoppée ce soir, par son voisin vosgien.

Et pourtant, tout avait bien commencé pour les visiteurs, qui ouvrent vite le score dès la première mise au jeu. Michal Petrak s'amène en zone offensive, s'ouvre une fenêtre de tir et lance à mi-distance. Un slap à ras de glace qui surprend Hiadlovsky (0-1 à 00'11").

Strasbourg se reprend vite grâce à Devin, qui s'extrait d'un marquage "élastique" aux abords de la cage (1-1 à 02'05"), et double la mise sur un travail en or de Bradley. Le Canadien, parti ligne de l'arrondi, repique au centre, fixant la défense pour mieux servir Cibula au second poteau (2-1 à 03'12").

Vladimir Hiadlovsky, de son côté, fait ce qu'il faut pour préserver le score. Le Slovaque repousse notamment une "mine" de Chassard en supériorité numérique et déboute Kuuluvainen, qui venait en force. Deux actions parmi d'autres qui n'empêchent pas les Alsaciens de tripler la mise grâce à leur première ligne. Une "dream line" emmenée par Cayer, Bradley et ce diable de Cibula, qui conclut opportunément le mouvement initié par les deux Canadiens (3-1 à 14'42").

Strasbourg accroît son avance au retour des vestiaires en supériorité numérique, grâce à l'opportunisme de Pierre-Antoine Devin seul devant Loïc Lacasse pour répercuter un tir de David Striz sur le poteau (4-1 à 20'52"). Un coup du sort qu'Épinal ne ruminera pas longtemps : Fabien Leroy expédiant un slap puissant en pleine lucarne (4-2 à 21'25"). Le score devient flatteur pour les hommes de Santino Pellegrino et le match, malgré les ratés alsaciens, paraît bel est bien plié. Et encore, Lacasse a limité les dégâts, chiffres à l'appui (18 arrêts sur 19 lancers reçus)...

Mais voilà, l'Étoile noire se mettra tardivement à l'abri, faute d'inscrire ce cinquième but libérateur. Au lieu de cela, c'est l'ICE qui revient à portée de fusil sur une déviation d'Anthony Rapenne, la révélation spinalienne de ce début de saison (4-3 à 43'51"). Une fois encore, c'est venu d'un tir (plutôt une passe ?) à la bleue d'un Fabien Leroy très en verve offensivement en ce début d'exercice, mais toujours très diminué physiquement.

Les Dauphins recollent au score et reprennent par la même du poil de la bête. Ils paraissent presque en mesure de réaliser un retour inimaginable quelques instants auparavant. Mais de hold-up (au regard de la physionomie du match) il n'y eût point. Une dernière interception d'Hugues Cruchandeau aux dépends de Tarik Chipaux enverra le défenseur alsacien dans un break conclu, avec un peu réussite, face à un Loïc Lacasse complètement figé sur sa ligne (5-3 à 57'19").

Strasbourg, toujours privé de Ziga Svete (blessé aux côtes après une charge de Boisclair en Coupe de la ligue) valide donc son "grand huit" et conserve son invincibilité toutes compétitions confondues. Non sans s'être causé quelques frayeurs "inutiles". Daniel Bourdages regrettait que ses attaquants fassent "la passe de trop", ce qui est, pour lui, "le signe d'une équipe en confiance."

Personne ne lui donnera tort comme personne n'osera contester la suprématie globale de l'Étoile noire dans ce derby, même si elle fut bousculée sur la fin. Un nouvel engouement semble se créer dans la capitale européenne, où le hockey a un bon coup à jouer avec la dégringolade du Racing, qui végète désormais en National.

Réactions d'après-match (dans les Dernières Nouvelles d'Alsace) :

Pierre-Antoine Devin (attaquant de Strasbourg, à propos de ce cinquième but si long à venir) : " C'est juste ce qui nous manque en ce moment. Déjà à Caen, on n'arrive pas à tuer le match. À Dijon mardi, on doit aussi faire la différence plus tôt. Du coup, on permet à l'adversaire de revenir. Il faut qu'on continue à gagner, chaque victoire nous rend plus fort. Il ne faut pas qu'on perde cette dynamique de victoires. On prend les matches les uns après les autres avec une seule envie : gagner. Le groupe est solidaire, on a tous cet état d'esprit."

Daniel Bourdages (entraîneur de Strasbourg) : " Notre équipe est solide parce que toutes les lignes travaillent dur. Quand je vois l'intensité de jeu de la troisième ligne, je ne peux qu'être satisfait. Le match se gagne là aussi. "

Jean-Pierre Hohnadel (président de Strasbourg) : " On perdra sans doute un jour, mais j'espère que ça sera le plus tard possible. J'ai confiance en nos joueurs parce que ce sont des combattants, ils ne lâchent rien. On est devenu l'équipe à battre, mais je sens que les joueurs sont prêts à relever ce défi."


Strasbourg - Épinal 5-3 (3-1, 1-1, 1-1)
Samedi 9 octobre 2010 à 17h30 à l'Iceberg. 1 533 spectateurs.
Arbitres : Jimmy Bergamelli assisté de Nicolas Crégut et Yann Furet.
Pénalités : 8' (4' + 0' + 4') contre Strasbourg ; 8' (4' + 4' + 0') contre Épinal.
Tirs : 38 (14 + 19 + 5) pour Strasbourg ; 23 (7 + 5 + 11) pour Épinal.

Évolution du score :
0-1 à 00'11" : Petrak assisté de Plch et Hagelberg
1-1 à 02'05" : Devin assisté de Dufournet et Marcos
2-1 à 03'12" : Cibula assisté de Bradley et Bougé
3-1 à 14'42" : Cibula assisté de Bradley et Cayer
4-1 à 20'52" : Devin assisté de Striz et Cesnek (sup. num.)
4-2 à 21'25" : Leroy assisté de Plch et Benchabane
4-3 à 43'51" : Rapenne assisté de Chipaux et Leroy (sup. num.)
5-3 à 57'19" : Cruchandeau assisté de Marcos et Tarantino (inf. num.)