Amiens - Strasbourg (Coupe de la Ligue, Poule B, 5e journée)

Amiens : Les points sur les « i », la main sur les points

Kevin_HecquefeuilleAprès une défaite amère face à la lanterne du championnat (2-3 contre Chamonix, ndlr), les Picards accueillaient de nouveau le leader de la Magnus au Coliseum. Sauf que, cette fois, ce n'est plus Amiens mais Strasbourg qui est aux commandes de l'élite. Une équipe de tête qui a de quoi faire peur : huit matchs depuis le début de la saison et autant de victoires, toutes compétitions confondues. Devant 2300 personnes, l'Étoile noire comptait poursuivre sa série et se qualifier définitivement pour les quarts de finale de la Coupe de la Ligue.

Seulement voilà, en face de cet effectif rodé et au complet se dressait Amiens et ses doutes. Sans son buteur fétiche Paul Deniset toujours à l'infirmerie, les hommes d'Antoine Richer se devaient de réagir à domicile, de relever la tête. À cela s'ajoutait l'envie de prendre une revanche après la défaite à l'aller en Alsace, lors du premier match de la saison (4-5).

Alors ce soir, oui, les Gothiques ont remis les points sur les « i » avec leurs supporters et Strasbourg. Certes, ce match serré s'est achevé sur le score de 3-2, mais il ne fallait pas s'attendre à un plus grand écart, et la victoire fait un bien fou aux locaux. Si les Alsaciens sont tombés, les ex-Amiénois Elie Marcos et David Cayer se seront tout de même montrés sur leur ancien glaçon. Une fin de série qui n'a pas l'air d'abattre les jaunes et blancs plus que cela. Après soixante minutes morcelées de pénalités sifflées des deux côtés, les Alasaciens savent que leur invincibilité tient toujours en championnat, et qu'une victoire contre Epinal en coupe leur assurerait une place pour les quarts.

Mais nul doute qu'Amiénois et Strasbourgeois auront encore bien des choses à se dire cette saison.

Pas de grève offensive pour Amiens
But_Amiens-StrasbourgDès l'engagement, le second gardien Gilles Beck - qui garde les cages en Coupe - file récupérer un palet dans sa zone mais ne peut le toucher. La raison ? Le portier glisse tout seul, sans pression. Signe précurseur de la chute des siens ou simple anecdote, il n'empêche que le gardien se montre à son avantage en ce début de match. Quelques incursions de part et d'autres, et déjà deux minutes de pénalités dans chaque camp pour Martin Tomasek (1'36) et David Cayer (6'07). Les équipes dominent tour à tour mais Amiens prend le meilleur : Après un bon travail derrière la cage, Beck - qui faisait l'essuie-glace sur sa ligne – laisse entrer le puck dans sa zone. Le destinataire de la passe n'est autre que Tomasek qui fusille le portier adverse (7'22, 1-0). Un premier tiers où les Strasbourgeois semblent mal réveillés. Des approximations techniques, des passes à l'adversaire, et Tomasek rate un break à quatre contre quatre, ne parvenant à prendre Beck à contre-pied.

De l'autre côté, Édouard Dufournet part seul, pendant que David Striz sort de prison, et trouve Billy Thompson. Encore quelques minutes de supériorité pour voir Jan Cibula se heurter lui-aussi au gardien amiénois, et la fin de tiers intervient.

Des prisons avec du jeu en option

Amiens-Strasbourg_1Autant prévenir tout de suite : Le temps de glace avec les deux équipes au complet fut faible. Déjà ressenti en première période, l'impression se confirme au tiers médian. Illustration d'un match crispé ? Peut-être, car les occasions manquées des deux côtés lors d'unités spéciales sont innombrables. À vrai dire, les équipes jouent au début et à la fin de ce deuxième tiers. Au milieu, pas grand chose à dire.

La première occasion de ces vingt nouvelles minutes est la bonne. On prend les mêmes et on recommence quand Kowalczyk lance une attaque amiénoise depuis sa zone. Kevin Bergin reçoit et porte bien le palet, si bien qu'il franchit la bleue et attire l'attention de tous les défenseurs pour laisser Tomasek démarqué. Ce coup-ci, c'est la bonne, et le Tchèque signe son doublé (21'10, 2-0). Et ce colosse amiénois, on le retrouve quelques minutes plus tard à terre, au contact d'Élie Marcos. Accident ou non, le capitaine strasbourgeois est envoyé au cachot pour dix minutes (23'54, méconduite) et campe juste à côté d'une banderole amiénoise « Élie, on t'aime ». Le moment ou jamais d'en profiter pour Amiens, sauf que les Picards ne sont pas en reste non plus côté pénalités. Valentin Claireaux, Vincent Bachet, Thomas Roussel... Un incroyable défilé qui rappelle presque l'indiscipline de l'an passé. Durant ces quelques moments d'isolement, les jaunes et blancs tentent de faire plier Thompson et sa défense. D'abord Cibula, puis Juho Lehtisalo tentent leurs chances. Sans réussite, l'Étoile Noire profite d'une double supériorité pour débloquer son compteur. Une entrée de zone côté gauche de Cayer et une montée au second poteau apporte le surnombre. On pense à la passe transversale, mais Lionel Tarantino déboule devant Thompson et dévie habilement le puck (27'58, 2-1). Amiens-Strasbourg_3

Les visiteurs repartent de l'avant et créer le danger, jusqu'à de nouvelles pénalités, notamment Pasi Petriläinen qui échange quelques propos depuis son banc avec l'arbitre principal et se retrouve au cachot (33'41). Les minutes passent et Lehisalo force le portier picard à s'assoir sur le caoutchouc pour le geler. Les deux équipes au complet musclent leur jeu, puis Tarantino et Paul Andrew Bradley rejoignent le banc des pénalités (38'34 et 39'11). Une double supériorité qui fait admirer la puissance de frappe de Pavel Kowalczyk. Côté droit, l'autre Tchèque des Gothiques slape correctement pour une déviation devant le but signée Vincent Bachet (39'56, 3-1).

« Faites pas les cons ! »

La phrase résonne dans le Coliseum pendant la pause et ressort telle quelle au retour des vestiaires. Le break est fait, mais chacun reste méfiant envers des Alsaciens qui ne sont pas invaincus pour rien, et les amiénois qui pourraient vite retomber dans leurs travers. La partie reprend par une autre pénalité contre Yannick Offret (41'12), et seul Maxime Mallette décoche un lancer sur Thompson. Par la suite, les visiteurs subissent le jeu contre la bande des Amiénois. Se faire dominer pour mieux contrer, la stratégie fonctionne avec ce quatre contre un strasbourgeois tranchant. Bradley n'a qu'à décaler David Cayer devant le but pour que l'ex Gothique se fasse siffler par son ancien public (47'09, 3-2).

 Le suspense revient, la tension monte, et le tableau des pénalités s'affole : de part et d'autre on ne joue presque jamais au complet. Des unités spéciales peu construites quand le stress vient s'en mêler. On pense d'abord à défendre, puis Amiens laisse Strasbourg dominer. Les altercations suivent quand, entre temps, Kevin Hecquefeuille trouve la botte de Beck. Les Alsaciens rétorquent, et Petriläinen sollicite Thompson.

Amiens-Strasbourg_2À trop attaquer, Strasbourg tombe dans l'excès et Amiens prend l'espace. Grégory Béron fait résonner le plastron du portier adverse puis Striz prend deux minutes pour dureté (56'30). Contraint d'attendre, Daniel Bourdages demande finalement à Beck de sortir. Six contre cinq, et la pression pousse à la faute. Nous sommes dans la dernière minute et le zèbre du soir garde le bras levé pour signaler la pénalité à venir côté strasbourgeois. C'est alors l'opération défense de la cage vide, et Thompson reste tranquillement dans la sienne. Pour ce soir c'est fini. Amiens fait tourner le palet de son côté et la sirène retentit.

Ce n'est qu'un aurevoir

Strasbourg, Amiens, Épinal, voilà pour l'instant le tiercé dans l'ordre de cette Poule B de coupe. Les équipes se tiennent en deux points, et il n'y a que deux places à prendre pour la suite. En attendant d'aller mardi à Dijon pour Amiens, et à Strasbourg de recevoir Épinal, le championnat reprend une nouvelle fois ses droits. Les adversaires du soir porteront les statuts de leader et dauphin ce week-end où ils seront chacun en déplacement. Pour les Gothiques, direction déjà Dijon quand l'Étoile Noire devra se relancer au Mont-Blanc. Mais les débats entre ces deux équipes ne sont pas de si tôt finis.

Adrien Lhermitte / Photos : Élie Lefebvre

Avec Émilie Enault

Galerie photo de la rencontre : Amiens-Strasbourg

 

Récations d'après match :

Vladimir Hiadlovsky (2ème gardien de Strasbourg ce soir) : « C'était un très bon match et notre série s'arrête, ce qui est dommage pour nous. Je pense que l'on a pas joué à notre meilleur niveau ce soir. C'est une bonne claque pour nous, ça nous réveille. Je ne connais pas de joueur qui aime perdre mais cette défaite a quelque chose de positive, en espérant commencer une nouvelle série de victoire.

Durant le match, j'ai conseillé certains défenseurs sur le type de jeu d'Amiens, donner quelques conseils.

Comme prévu, je continue à garder les cages en Magnus et j'espère qu'on ira l'emporter au Mont-Blanc. »

David Cayer (attaquant de Strasbourg élu meilleur joueur de la rencontre) : « Je ne prend pas mal les sifflés, je m'y attendais un peu. Amiens a bien joué et nous on a moins bien exécuté notre système de jeu, ce qui nous coute la victoire.

Je suis en prison sur le premier but amiénois et ça fait un peu mal de voir ça de là-bas. La pénalité était méritée, j'ai répondu à un coup auquel je n'aurai pas du. Après, il restait du temps encore du temps dans la rencontre et je savais que ce ne serait pas le but déterminant.

J'avais entouré cette date sur le calendrier et ça fait toujours plaisir de marquer un but ici, même si c'est pour l'équipe adverse. J'aurai aimé gagné ce soir mais bon...On a pas appliqué notre système de jeu et on a couru après le score toute la partie, ça nous coûte la victoire. Il faut absolument se relancer à Mont-Blanc, qui nous attend comme les autres équipes. Tout comme Amiens contre Chamonix, on doit se servir de cette défaite pour remettre les choses en place par la suite.

Être dans le fauteuil de leader n'est qu'une demi-surprise car on a vraiment fait un bon recrutement. Je pense à Bradley, Cibula et d'autres. Ce sont des bons joueurs qui apportent leurs expériences. Après on s'attendait pas forcément à enchainer ces huit victoires. Oui, on peut dire que l' Étoile Noire est sur orbite (rires), mais après la saison est longue, il n'y a rien de gagner ! Si on continue dans cet état d'esprit, ça se passera bien. »

Grégory Béron (attaquant d'Amiens) : « On n'aurait jamais du perdre le match contre Chamonix. C'est sûr qu'après ce match, on ne pouvait pas être content. Tandis que ce soir on gagne 3-2 et avec une bonne ambiance dans l'équipe. On en a parlé et tout le monde est content. Ça fait vraiment plaisir de battre Strasbourg qui est premier de la Ligue Magnus et de la Coupe de la Ligue. Donc c'est toujours un point positif. L'absence de Paul se fait sentir parce que c'est notre meilleur buteur en ce moment. Mais comme on dit avec Miro : On ne trouve pas encore la faille sur le but et on ne marque pas assez, il faut qu'on trouve nos automatismes, mais je pense que ça va venir, enfin j'espère au plus vite.

Ce soir encore j'ai neuf shoots sur la cage je crois mais bon je n'ai pas réussi à marquer, et ça commence à être long. Je fais quand même une passe à Pavel ce soir. Mais c'est vrai que même Antoine attend plus de moi, il attend que je marque beaucoup de points cette année et j'espère que ça arrivera le plus rapidement possible. L'idéal serait samedi à Dijon. »

Martin Tomasek (attaquant d'Amiens élu meilleur joueur de la rencontre) : « Certes, j'ai marqué deux fois ce soir mais le plus important c'est qu'on ait gagné le match. On joue en équipe et pas avec un seul joueur, tout le monde a aidé à gagner la rencontre.

On se concentre sur chaque match, que ce soit Strasbourg ou une autre équipe, mais bien sûr que ça nous fait plaisir d'avoir gagné ce soir.

Je me rappelle du premier match contre Dijon, et chaque équipe est différente : nous devons nous tenir prêts et jouer un bon hockey pour pouvoir prendre deux points.

Oui, j'apprends le Français (sic). Billy et moi nous sommes ici depuis deux mois et nous commençons les cours. Nous connaissons quelques mots mais je ne pense pas pouvoir parler français la semaine prochaine ! L'année prochaine, peut-être, sans pour autant affirmer que je serai encore en France, mais nous pensons surtout que c'est une langue très difficile pour nous. Essayez d'apprendre le tchèque et vous verrez ! (rire) »

Amiens – Strasbourg 3-2 (1-0, 2-1, 0-1)
Mardi 12 octobre 2010 au Coliseum d'Amiens. 2380 spectateurs.
Arbitrage de Damien Bliek assisté de Nicolas Cregut et Thomas Caillot.
Pénalités : Amiens 22' (8', 8', 6'), Strasbourg 36' (6', 6'+10'+10', 4').
Évolution du score :
1-0 à 7'22 : Tomasek assisté de Bergin et Hecquefeuille (sup num)
2-0 à 21'12 : Tomasek assisté de Bergin et Kowalczyk
2-1 à 27'58 : Tarantino assisté de Cayer et Bradley (double sup num)
3-1 à 39'56 : Bachet assisté de Kowalczyk (double sup num)
3-2 à 47'09 : Cayer assisté de Bradley et Tarantino


Amiens :

Gardien : Billy Thompson.

Défenseurs : Pavel Kowalczyk – Thomas Roussel ; Teddy Trabichet – Kevin Hecquefeuille (A) ; Vincent Bachet (C) - Romain Bault

Attaquants : Grégory Béron – Anthony Mortas – Miroslav Pazak ; Martin Tomasek – Kevin Bergin (A) – Yannick Offret ; Julian Marcos – Valentin Claireaux – Simon Petit.

Remplaçants : Léo Bertein (G), Aïna Rambelo, Florent Neyens, Marius Serrer. Absent : Paul Deniset (nez cassé).

Strasbourg

Gardien : Gilles Beck.

Défenseurs : Michal Cesnek – David Striz ; Hugues Cruchandeau (A) – Maxime Mallette ; Pasi Petriläinen – Julien Burgert ; Pierre Bougé.

Attaquants : Paul Andrew Bradley – Jan Cibula – David Brissette Cayer ; Elie Marcos (C) – Édouard Dufournet – Pierre-Antoine Devin (A) ; Lionel Tarantino – Juho Lehtisalo – Timothée Franck

Remplaçants : Vladimir Hiadlovsky (G), Noé Gersanois, Ziga Svete.