Épinal - Dijon (Coupe de la ligue, poule B, 5e journée)

Comme quoi, quand ils veulent...Agostini_Erwan_2

Pour l'ICE, jouer sur deux tableaux paraît difficilement concevable sachant la défense amoindrie par les absences de Gervais et Quessandier, auxquelles viennent s'ajouter celles de Fabien Leroy et Martin Charpentier.

Battus "à l'insu de leur plein gré" contre Amiens mardi dernier (2-7), les hommes de Santino Pellegrino ont ensuite failli à Strasbourg (3-5). Mais plus que la défaite en elle-même, c'est la manière qui a fortement déplu à l'Italo-Canadien, très remonté à l'encontre de ceux qui ne livrent pas la marchandise. Il n'en nommait aucun dans Vosges-Matin mais Maxime Boisclair, pas à la hauteur de son potentiel, pouvait se sentir visé...

Un sursaut d'orgueil ?

Peut-être piqué au vif par les critiques, Boisclair a enfin décidé de se remuer. Il forechecke à tout va et ouvre même le score en supériorité numérique, sur rebond qu'il est le plus prompt à exploiter (1-0 à 01'52"). Le Canado-Haïtien est sanctionné dans la foulée (03'21")... ce qui n'empêche pas Kuuluvainen de s'en aller battre Foliot d'un revers du plus bel effet (2-0 à 03'41"). Hasard ou coïncidence, ce sont les deux recrues offensives de l'intersaison, décriées par certains, qui se mettent d'entrée en évidence...

Voilà les Ducs cueillis à froid, eux qui sont d'ores et déjà éliminés... mais n'étaient à priori pas venus la fleur au fusil ! Surtout qu'ils comptaient sur ce match pour préparer la venue d'Amiens samedi. "De toute façon, si on monte à Épinal, c’est pour jouer au hockey, pas pour faire les touristes. La motivation est bien là " prévenait Daniel Maric dans le Bien Public. En tout cas, ses hommes se sont vite résignés après cette entame catastrophique...

Si Dijon n'y est plus, les Spinaliens, eux, jouent le coup à fond. Contrairement à mardi dernier. Leur public est d'ailleurs resté sur cette mauvaise impression et quelques invitations n'étaient pas de trop pour cacher la misère d'une tribune clairsemée...

Et Loïc Lacasse dans tout ça ? Eh bien le Canadien sort les arrêts qu'il faut lors des rares temps forts bourguignons de ce premier tiers temps, marqué par l'intensité retrouvée des "rose et bleus". Et comme le travail paye, Michal Petrak en remet une couche, punissant une défense étonnement permissive pour se jouer d'Andy Foliot en deux temps (3-0 à 14'21").

Visiblement, le sermon de Santino Pellegrino a porté ses fruits. La preuve : Boisclair, en embuscade, double son compteur (4-0 à 15'15") bientôt suivi par ce diable de PetrakGuttigAnthony. Jan Plch n'a pas complété son tour de cage qu'il remet sur le Tchèque, qui dégaine depuis le cercle d'engagement (5-0 à 16'42"). Le premier acte est un modèle du genre pour les Dauphins même si de forts doutes planent sur la réelle implication des Ducs de Dijon, ratatinés en moins de vingt minutes...

Forte d'une avance considérable, l'ICE n'a plus qu'à gérer. Pellegrino peut donc poursuivre ses remaniements, pénurie de défenseurs oblige. Cette fois c'est Guillaume Chassard, le capitaine, qui se voit repositionner derrière en lieu et place d'un Jan Simko retrouvant Michal Petrak et Jan Plch. Voilà l'emblématique ligne slave réactivée, comme au "bon vieux temps"...

S'il ne pèse plus autant sur le jeu, Jan Plch reste un formidable distributeur. Une vision du jeu partagée avec Jan Hagelberg, pas loin d'être le meilleur Spinalien de ce début de saison. Le Finlandais est en tout cas le meilleur relanceur vosgien et le prouve en répondant à l'appel d'Agostini. Mis sur orbite par cette passe précise, qui prend toute la défense à revers, ce dernier trouve à son tour l'ouverture (6-0 à 26'27").

Un relâchement coupable, mais nullement préjudiciable

Un coup de sifflet tardif prive Riendeau d'un joli but en lucarne (34'36"). Qu'à cela ne tienne, une pénalité "compensatoire" est accordée aux Ducs et le Québécois, dans sa position préférentielle (c'est à dire en entrée de zone, sur le côté gauche) prend sa chance et marque d'un tir des poignets (6-1 à 35'13"). Ce but n'est pas anodin puisqu'il permet aux visiteurs de faire illusion en profitant d'un petit relâchement de Spinaliens subitement devenus indisciplinés. Et surtout moins attentifs. Même Rob Jarvis y va de son rebond gagnant (6-2 à 38'22")...

Sur le coup, Loïc Lacasse laisse transparaître quelques petits signes d'agacement reproduits au retour des vestiaires, sur un coup de billard favorable à Anthony Guttig (6-3 à 41'59").

Revenus animés de meilleures intentions, les Ducs ont grignoté une partie de leur retard et se remettent presque à y croire. Mais voilà, si la couverture spinalienne vacille, Lacasse, lui, répond toujours présent. Il s'impose notamment devant Stephen Dugas, bien décalé au second poteau après une accélération de Riendeau (45e).

La victoire est acquise depuis longtemps. Restait à lui donner plus d'ampleur pour qu'elle reflète mieux la physionomie du match. Petrak et Plch combinent leurs efforts pour une septième réalisation, la première du Slovaque à domicile cette saison (7-3 à 46'26").

Andy Foliot n'est pas au bout de ses peines, lui qui croyait avoir saisi au vol un tir instinctif de Maxime Boisclair. Problème, sa mitaine n'est pas assez ferme sur ce coup et Agostini, bien placé, ne laisse pas filer l'aubaine (8-3 à 49'35"). Foliot boira le calice jusqu'à la lie, non sans avoir barré la route d'un Simko lancé à toute vitesse (52'01"). Il ne pourra en revanche rien face à Petrak, qui fera une dernière fois admirer sa dextérité en l'éliminant avec sang froid (9-3 à 59'58").

Le Tchèque signe là son premier triplé depuis son arrivée dans la Cité des Images (à l'été 2006). Désormais, avec 76 buts au compteur, il partage avec Jan Simko le titre de meilleur buteur spinalien de ces cinq dernières années... derrière l'inévitable Jan Plch, qui culmine lui à près de 116 réalisations !

Embellie durable ou éclaircie de courte durée ?

Cette victoire expéditive contre un adversaire vite démobilisé est bonne à prendre à quatre jours d'un rendez-vous crucial face à Chamonix. Le match piège par excellence...


Épinal - Dijon 9-3 (5-0, 1-2, 3-1).
Mardi 12 octobre à 20h15 à la patinoire provisoire de Poissompré. 152 spectateurs.
Arbitres : Jérémy Rauline assisté de Laurent Rouèche et David Courgeon.
Pénalités : 30' (2' + 26' + 2') contre Épinal ; 12' (2' + 6' + 4') contre Dijon.
Tirs : 39 (18 + 9 + 12) pour Épinal ; 36 (8 + 15 + 13) pour Dijon.

Évolution du score :
1-0 à 01'52" : Boisclair assisté de Plch (sup. num.)
2-0 à 03'41" : Kuuluvainen assisté de Slovak (inf. num.)
3-0 à 14'21" : Petrak assisté de Benchabane
4-0 à 15'15" : Boisclair assisté de Kuuluvainen et Chassard
5-0 à 16'42" : Petrak assisté de Rapenne et Plch
6-0 à 26'27" : Agostini assisté d'Hagelberg et Mäntylä
6-1 à 35'13" : Riendeau assisté de Dmytruk et Sadoun (sup. num.)
6-2 à 38'22" : Guttig assisté de Jarvis (sup. num.)
6-3 à 51'49" : Guttig assisté de Sanchez et Arnaud
7-3 à 46'26" : Plch assisté de Petrak et Simko
8-3 à 49'35" : Agostini assisté de Boisclair
9-3 à 59'58" : Petrak assisté de Plch (sup. num.)

Épinal

Gardien : Loïc Lacasse.

Défenseurs : Ján Šimko (puis Chassard à 20') - Guillaume Papelier ; Peter Slovák - Nathan Ganz ; Niko Mäntylä - Jan Hagelberg.

Attaquants : Timo Kuuluvainen - Maxime Boisclair - Guillaume Chassard (C, puis Benchabane à 20') ; Kévin Benchabane (puis Šimko à 20') - Michal Petrák (A) - Ján Plch (A) ; Anthony Rapenne - Erwan Agostini - Tarik Chipaux (puis Jonathan Gury de 33'14" à 43"14").

Remplaçant : Mathieu Perrin (G). Absents : Stéphane Gervais (convalescence), Benoît Quessandier (entorse du genou), Fabien Leroy (adducteurs), Martin Charpentier.

Dijon

Gardien : Andy Foliot.

Défenseurs : Andrej Mrena (A) - Michael Steiner ; Pierre Sanchez - Rob Jarvis ; Peter Strapatý - Rob Dmytruk.

Attaquants : Yanick Riendeau - Nicolas Ritz - Eddy Martin-Whalen ; Thomas Decock - Anthony Guttig (C) - Mathias Arnaud. ; Stephen Dugas (A) - Loïc Sadoun - Yassine Fahas.

Remplaçant : Mojmir Božík (G). Absents : Miroslav Kristin (dos), Gabriel Da Costa.