Annecy : Interview de Cédric Boldron

boldron_cedric-2L'ancien Briançonnais est devenu l'entraîneur-joueur des Chevaliers du Lac, relégués en Division 2 après une saison difficile.

Y a-t-il du positif à retenir de la dernière saison ?

Le groupe a su rester soudé malgré une mauvaise entame et une longue série de matchs sans victoire. La deuxième partie de saison fut intéressante, avec des victoires face à des adversaires directs. L'équipe a su se battre jusqu'au dernier match face à AMnéville, bien que se sachant condamnée.

Le mea culpa public de l'ancien Président Richard Golaz a surpris. Comment l'avez-vous vécu ?

Je trouve dommage qu'il prenne toute la responsabilité de l'échec, car c'est quelqu'un que j'aime beaucoup et pour qui j'ai du respect. C'est Monsieur Golaz qui m'a fait venir à Annecy, et je regrette que nous n'avons pas pu poursuivre avec lui. Il n'était pas sur la glace, et joueurs et entraîneurs avaient leur responsabilité.

Venant de Ligue Magnus, avez-vous ressenti une attente particulière, voire une certaine pression ?

Je n'ai pas ressenti de pression particulière. J'étais là pour faire la différence, mais il m'a fallu du temps pour m'adapter à la Division 1. En Ligue Magnus, chaque joueur tient un rôle particulier. Là, il m'a fallu créer plus de jeu et être plus présent dès le départ des actions, par des initiatives et des remontées de palet. Une fois mon adaptation réalisée, cela s'est mieux passé pour moi et pour l'équipe.

Avez-vous à certains moments regretté d'avoir quitté Briançon ?

Non, jamais. Même si les Diables Rouges gagnent la Coupe de France l'année où je pars, alors que j'ai perdu plusieurs finales avec eux...  J'ai beaucoup joué au haut niveau. C'était un peu difficile sur un plan personnel, car je travaille à côté, et le nombre d'entraînements est conséquent. De plus, mon temps de glace et la confiance du coach ont connu une dégradation sensible.

Votre fin de parcours vous conforte-t-il dans l'idée que la place d'Annecy est en Division 1 ?

Nous avons beaucoup de regrets, car sans un mauvais début de saison, nous ne serions pas en Division 2 actuellement. Nous avons battu Nice, ainsi que les équipes parisiennes, qui ont réussi à nous battre en début de saison, lorsque nous n'étions pas au mieux.

boldron_cedricEst-il important pour le club de briller dans l'optique de la candidature aux Jeux Olympiques de 2018 ?

Nous souhaitons briller tout court, faire remonter Annecy en Division 1. La candidature n'a pas besoin de nous pour sa publicité. Mais la Mairie nous soutient, car notre sport est fortement représenté aux Jeux Olympiques.

Le recrutement s'est orienté vers des défenseurs, notamment pour combler les départs de Bonnard et Pulawski, et des habitués des championnats français.

L'an passé, le grand souci se situait en défense, même si l'attaque n'était pas très prolifique. Il fallait combler la perte de ces joueurs majeurs, par des étrangers dont l'intégration serait facilitée. Nos recrues ont pas mal de temps de glace, mais la défaite à Dunkerque montre qu'il reste du travail. Il faut qu'ils aient une bonne mentalité et s'adaptent au système de jeu demandé.

Tout autre résultat qu'une remontée serait-il perçu comme un échec ?

L'équipe apprend à connaître la Division 2. Si nous perdons en demi-finale, il est certain que cela serait ressenti comme un échec. On apprend de nos erreurs, donc il faut remonter au plus vite, sans perdre trop de temps dans cette division.

Sur un plan personnel, comment parvenez-vous à allier votre rôle de coach et celui de joueur ?

Il est certain que c'est plus simple quand il y a quelqu'un derrière le banc. Avec nos moyens financiers, il n'était pas possible de recruter un entraîneur, donc j'ai accepté d'assumer ce rôle. Je dois faire le moins d'erreurs possible.

Comment avez-vous vécu les péripéties estivales des Diables Rouges ?

Nous étions concernés, car la situation briançonnaise pouvait avoir des répercussions sur Annecy. Maintenant je pense que les Diables Rouges vont tenir le coup, car apparemment des aides extérieures sont venues les renforcer. Je suis la situation de plus loin désormais.