Épinal - Chamonix (Ligue Magnus, 5e journée)

Deux points qui font du bien

TorgerssonAndersLes points perdus en route ne se rattrapant jamais, les Spinaliens se doivent maintenant d'engranger face aux adversaires supposés "à leur portée". Chamonix en fait partie, d'où la nécessité de s'imposer. Sans quoi le besoin deviendra vite urgent, surtout dans un championnat aussi serré...

Bien malin qui pouvait dire, avant ce match, quel visage montreraient les Dauphins, résolument constants dans l'inconstance, face à des Chamois qui ne leur réussissent pas tant que ça. Un CHC qui a défendu corps et bien samedi dernier pour ramener d'Amiens ses deux premiers points...

Stéphane Gros a plus d'un tour tactique dans son sac et annonce la couleur en opposant d'entrée sa troisième ligne à un trio Simko-Petrak-Plch enfin remis au goût du jour. Un Michal Petrak inaugurant par la même un très saillant "casque d'or" (enfin plutôt jaune "Viry") de top-scoreur...

L'opposition de style attendue a bien lieu. Du moins jusqu'à la première pénalité alpine, un retenir d'Emil Tobiasson-Harris (03'17") puni par une rapide installation du jeu de puissance et une reprise pleine lucarne de Guillaume Chassard, imparablement décalé par Michal Petrak. Un but sur lequel Florian Hardy ne semble pas exempt de tous reproches malgré son plongeon désespéré (1-0 à 04'49").

Épinal passe à la trappe...

L'ICE se devait de marquer rapidement pour désamorcer le piège annoncé et le plan de jeu élaboré par Stéphane Gros s'en retrouve contrarié, "Cham" devant maintenant se découvrir et prendre plus de risques. D'assaillis à assaillants, les Chamois partent aussitôt à l'abordage mais Loïc Lacasse fait bonne garde. Le Québécois ne pourra toutefois rien sur un tir de la bleue d'Anders Torgersson, qu'il ne voit pas venir à cause du trafic régnant dans le slot (1-1 à 10'46").

Les deux pénalités simultanément récoltées par Jan Simko et Jan Hagelberg s'avèrent donc lourdes de conséquences. Comme aurait pu l'être cette relance dans l'axe très mal assurée par Kuuluvainen mais qui ne profite pas à Veydarier, pourtant seul à bout portant (12e). Une fois ça va... Deux fois, bonjour les dégâts ! Carl Lauzon, récupérant un nouveau palet bêtement perdu en zone défensive, ne se fait lui pas prier pour l'expédier sous la barre (1-2 à 12'33"). Le meilleur buteur du championnat a encore frappé, avec l'inévitable complicité de Richard Aimonetto....

Après un petit temps d'adaptation en pré-saison, Lauzon a trouvé la bonne carburation. L'arme fatale des Castors d'Avignon ces deux dernières années est même devenue celle des Chamois depuis quelques semaines.

Chamonix peut maintenant tisser sa toile. Une trappe dans toute sa splendeur, avec ce qu'il faut d'échec-avant et de mouvement en zone neutre pour gêner toute forme de déploiement. Privés de solutions, les Vosgiens n'ont d'autres choix que de s'y empêtrer, ne s'en dépêtrant qu'au prix d'un exploit individuel. C'est à dire pas souvent dans cette fin de premier tiers marquée par la reconduction de cette stratégie ultra-défensive, qui fut payante sept jours plus tôt en Picardie.

... passe la seconde...

Santino Pellegrino et son coaching "caméléon", censé s'adapter à tout type d'adversaire, voit un véritable casse-tête se dessiner. Effectivement venu pour bétonner, Chamonix pose beaucoup de problèmes à ses hôtes, qui alternent jeu court et jeu long pour tenter de faire sauter le verrou. Une emprise qui va se desserrer au fil des minutes malgré l'assurance procurée par Brent Patry. Naturellement offensif, le Canadien vaut par sa première passe, fiable et précise, qui en faisait l'un des meilleurs défenseurs aux Pays-Bas ces deux dernières années. Ce qui ne l'empêchera pas de gâcher, en supériorité numérique, un shoot complètement ouvert (25e). Maxime Boisclair, lui, ne tergiverse pas et catapulte le palet en pleine lucarne (2-2 à 25'14").

Ce n'est dès lors plus le même match et Chamonix va progressivement baisser sa garde, ce qui accroît la vulnérabilité de FHardy_Florianlorian Hardy. L'ancien dijonnais s'impose devant Simko (27e) et remet ça devant Petrak, déplaçant sa cage au passage  (27e). Fort d'un style papillon efficace, Hardy tient "Cham" à bout de bras, repoussant inlassablement chaque tentative spinalienne. Des tirs de loin comme de près à l'image de ce revers de Boisclair (32e), qui semble s'être effectivement réveillé mardi.

Visiblement dans le dur, les coéquipiers de Laurent Gras s'en remettent tout entier à leur gardien... et à certaines décisions arbitrales litigieuses, comme ce but invalidé à Niko Mäntylä (33e).

Le public, venu nombreux au "hangar", gronde puis frémit, peu après, sur une interception de Brent Patry qui emmène le Canadien dans un face à  face avec Loïc Lacasse. Patry tente bien d'embarquer le gardien mais son compatriote a le dernier mot, évitant du coup le hold-up (34'09"). Lacasse se dresse d'ailleurs sur tous les contres chamoniards pendant que ses ouailles vident leur chargeur sur un Florian Hardy décidément intraitable.

... et se détache

Maîtres du palet, les Dauphins n'arrivent toujours à faire la différence au retour des vestiaires, malgré des données inchangées. Leur salut viendra d'une entrée de zone de Jan Plch, qui remet à sa gauche sur Jan Simko, plein axe, pour une reprise instantanée nettoyant le haut du filet (3-2 à 47'10"). Entre deux pénalités, Carl Lauzon n'est pas loin de l'imiter mais son slap à mi-distance s'écrase sur la barre (53e)...

Les Haut-Savoyards ont laissé passer leur chance et le temps tourne désormais en leur défaveur. Leurs efforts désordonnés font tanguer la défense spinalienne sans pour autant la faire craquer. Ne voyant pas d'autres solutions, Stéphane Gros sort alors son gardien, espérant secrètement refaire le coup d'Amiens. Mais voilà, l'histoire ne se répétera pas. Au lieu de ça, c'est Jan Plch, malgré l'opposition de Brent Patry sur sa ligne, qui creuse l'écart (4-2 à 58'50"). Timo Kuuluvainen, lui, classe l'affaire, toujours dans une cage désertée par son occupant (5-2 à 59'17"). Les parents du Finlandais, présents pour l'occasion, ne seront pas venus dans les Vosges pour rien !

Mardi, deux buts en quatre minutes avaient suffi à mettre les Ducs au pas. Ce fut un peu plus compliqué face à des Chamois accrocheurs et autrement plus déterminés que des Dijonnais désintéressés.

Comme toute série à une fin, l'invincibilité de Stéphane Gros à Épinal, qui courait depuis 2006 (avec Morzine-Avoriaz et Chamonix), a fini par s'achever. Et pourtant, ses troupes ont parfaitement appliqué les consignes en début de partie pour faire déjouer des Spinaliens ayant par la suite manifesté de belles ressources morales. Il fallait bien ça pour renverser la tendance. En s'adjugeant deux points précieux pour la suite des événements, les hommes de Pellegrino se sont replacés dans le haut du classement.

Au final, Santino Pellegrino n'aura peut-être qu'un seul regret, celui d'avoir perdu Jan Hagelberg sur blessure. Pas l'idéal avant un déplacement à Strasbourg en Coupe de la ligue et un voyage à haut risque à Morzine-Avoriaz...

 

Épinal - Chamonix 5-2 (1-2, 1-0, 3-0)
Samedi 16 octobre 2010 à 20h15 à la patinoire provisoire de Poissompré. 562 spectateurs.
Arbitrage d'Alexandre Bourreau assisté de Pierre Dehaen et Nicolas Crégut.
Pénalités : Épinal 10' (4' + 2' + 4') ; Chamonix 8' (2' + 4' + 2').
Tirs : Épinal 38 (10 + 17 + 11) ; Chamonix 28 (10 + 9 + 9).

Évolution du score :
1-0 à 04'49" : Chassard assisté de Petrak et Kuuluvainen (sup. num.)
1-1 à 10'46" : Torgersson assisté de Gras et Kevorkian (double sup. num.)
1-2 à 12'33" : Lauzon assisté d'Aimonetto et Hascoët (sup. num.)
2-2 à 25'14" : Boisclair assisté de Chassard
3-2 à 47'10" : Simko assisté de Plch et Lacasse
4-2 à 58'50" : Plch assisté de Slovak et Simko (cage vide)
5-2 à 59'17" : Kuuluvainen assisté de Chassard et Leroy (cage vide)

 

Épinal

Gardien : Loïc Lacasse.

Défenseurs : Niko Mäntylä - Jan Hagelberg ; Nathan Ganz - Fabien Leroy ; Peter Slovák - Guillaume Papelier.

Attaquants : Ján Šimko - Michal Petrák (A) - Ján Plch (A) ; Timo Kuuluvainen - Maxime Boisclair - Guillaume Chassard (C) ; Kévin Benchabane - Erwan Agostini - Tarik Chipaux.

Remplaçants : Nicolas Ravel (G), Martin Charpentier, Jonathan Gury. Absents : Stéphane Gervais (convalescent), Benoît Quessandier (entorse du genou).

Chamonix

Gardien : Florian Hardy [sorti de sa cage de 58'20" à 58'50" et de 58'56" à 59'17"].

Défenseurs : Brent Patry - Fabien Veydarier ; Anders Torgersson (A) - Damien Torfou ; Simo Pulkki - Maxime Claret-Tournier.

Attaquants : Arnaud Hascoët - Richard Aimonetto (C) - Carl Lauzon ; Vincent Kara - Laurent Gras (A) - Aram Kevorkian ; Thibault Geffroy - Emil Tobiasson-Harris - Alexandre Audibert.

Remplaçants : Tom Charton (G), Matthias Terrier.