Chronique d'un jeune Français au Québec (octobre)

rmi-beauvillainOctobre arrive, la saison reprend

Rêver d'aller à l'étranger pour l'amour du hockey est chose aisée. Réaliser ce souhait est chose plus compliquée.

Depuis le Québec, l'ancien gardien amiénois des catégories juniors Rémi Beauvillain est pourtant venu vers Hockey Archives pour faire part de son aventure Outre-Atlantique. Du temps de glace, un mode de vie tout autre, et de nombreuses découvertes qu'il compte bien nous faire partager sous forme de chroniques mensuelles.

S'il insiste sur sa présentation pour le mois d'octobre, le néo-gardien des Archers compte bien nous parler plus longuement de la région francophone dans laquelle il vit maintenant. Bonne lecture...

Les débuts amiénois

« J’ai commencé le hockey à l’âge de 15 ans au Hockey Club d’Amiens Somme, parmi les Gothiques, en catégorie minime dernière année. Durant cette saison j’ai suivi une bonne progression, ça a été ma plus belle année de hockey sur glace, je me suis vraiment donné du plaisir et ça m’a motivé pour continuer. L’année suivante je suis passé en cadet excellence et j’ai été admis au pôle espoir du HCAS, cette saison fut assez difficile car j’ai eu du mal à gérer les cours et le hockey, de ce fait je ne suivais pas le rythme sur la glace.

Pour ma troisième année je suis monté en cadet élite, toujours au pôle espoir. Cette saison là fut pour moi une très bonne saison : j’étais second gardien, derrière Sébastian Ylönen avec qui j’ai passé la saison. J’ai eu du bon temps de glace et de bons moments, surtout dans les phases finales.
rmi-beauvillain-4Et ma dernière saison à Amiens,  junior, fut satisfaisante au début, et j’ai pu commencer à m’entraîner avec l’équipe première, ce qui donne une toute autre expérience et diffère surtout du monde junior. Le calibre des joueurs est différent, leur lecture et leur intelligence de jeu sont beaucoup plus poussées, et les trois gros facteurs qui m'ont surpris au début de mes entraînements avec eux sont le changement de vitesse, la puissance et la précision des tirs. Cela a vraiment été très plaisant de pouvoir toucher la glace avec l’équipe pro, sans pour autant avoir disputé de match officiel avec eux.

La suite de ma saison se complique, une sorte de coup de grace : Je me suis fait opérer le 6 janvier 2010 pour une récidive d’un pneumothorax qui m’a valu une longue et épouvantable semaine à l’hôpital, 1 mois et demi de repos chez moi et, bien entendu, cela m’a coûté le reste de ma saison de hockey. »

L’ambition québécoise

« Depuis le mois de novembre, j’étais entré en contact avec Michaël Dupuis, coach des juniors AA des Archers de St Gabriel de Brandon et maintenant rendu coach des Pionniers de Lanaudière bantam AA. rmi-beauvillain-2Il faut savoir qu’ici ce sont les mêmes catégories mais nommées différemment : en France ce sont moustiques, poussins, benjamins, minimes, cadets et espoirs qui ont comme équivalences atomes, novices, pee wee, bantams, midgets et juniors au Québec.

J’avais alors mis en route toutes mes démarches pour pouvoir jouer avec ce club. Un départ pour prendre de l'expérience au Québec où le hockey est le sport national, mais aussi avoir plus de temps de glace.

Je suis donc arrivé au Québec le 18 juillet 2010 pour des vacances à travers le pays avec mes parents. Vacances qui ont duré presque 1 mois et qui m’ont permis de découvrir une bonne partie du Québec et de L’Ontario.

Après cette période, je me suis rendu à Joliette, pour terminer mes démarches (compte en banque, téléphone, assurance…) et j’ai rencontré mon entraîneur avant le départ de mes parents. Je peux dire que j’ai vraiment été très bien accueilli : il m’avait lui-même fait une chambre tout comme le reste du mobilier pour ma propre vie. Actuellement, je vis dans une jolie maison du Québec, à Saint-Thomas, à proximité de Joliette.

Mes parents partis, commence maintenant pour moi la vie seul chez mes « parents adoptifs » du Québec. Je suis très bien installé et j’ai rencontré énormément de monde, tous aussi sympathiques, c’est vraiment le ‘’fun’’ ! (surtout les belles Québécoises…) »

L’aventure commence…

« Venons-en au hockey : Mon camp d’entraînement et de sélection a commencé le 21 août. J’ai suivi un assez bon camp malgré une remise à niveau crescendo. J’ai donc été sélectionné avec deux autres gardiens de but. Mon intégration s’est super bien passée : les gars sont sympas et l’ambiance est vraiment différente de celle en France. Le hockey au Québec a cet avantage d'être une véritable culture.

Arrive alors mon premier match avec le Junior AA des Archers de St Gabriel le 5 septembre dernier contre les Cobras de Laval, mon premier match depuis décembre 2009. Le manque de forme s’est fait sentir : je n’ai joué qu’une seule période, ayant accordé 3 buts sur des rebonds qui coûtent chers, et ayant subi 11 shoots, ce qui est une prestation très médiocre. Pour les trois matchs suivants, j’ai joué avec le Junior A, qui a - à peu de choses près - le même jeu, sauf que le contact n’est pas autorisé. Je finis avec une bonne prestation le 17 octobre dernier en ayant encaissé 4 buts pour 38 lancers.

À coté de ça je travaille dans un restaurant à Joliette, se nommant Eggsquis. Mon salaire me permet de payer ma pension, de soulager mes parents financièrement et surtout d’en placer ! »

rmi-beauvillain-3… et n’est pas prête de se terminer !

« Pour finir avec cette première chronique, j’ai vécu un mauvais début de saison dû à mon opération, mais cela revient petit à petit. Le junior dans lequel je joue ainsi que le hockey, ici au Québec, sont des jeux complètements différents de celui de la France : c’est bien plus rapide et collectif que le jeu français. J’ai eu la chance de voir un match du Junior AAA de Joliette et le niveau est déjà très élevé, la vitesse de jeu est vraiment supérieure à celle du junior élite en France et pour finir le jeu est vraiment beaucoup plus violent. Les arbitres ne sont pas tolérants du tout, il y a vraiment "full" contact, même dans le junior AA (je vous approfondirai ça à notre rencontre à Noël…).

En tout cas j’adore la vie ici et je vais sûrement rester une coupe d’années au Québec !

On se retrouve pour le prochain mois qui s’avère froid : la température descend déjà jusqu’à -1°C le matin et on est seulement mi-octobre ! Du coup, je vous emmènerai au chaud assister à un match du Canadien de Montreal depuis les tribunes. »

Un projet de Rémi Beauvillain et Emilie Enault
Avec l’aide d’Adrien Lhermitte et Elie Lefebvre
Photos : Jean Marc Poulin