Brest - Bordeaux (Division 1, 6e journée)

Nouvelle tornade bretonne au Rïnkla Stadium.

Stéphane Tartari, l’entraîneur bordelais, déclarait avant le match : « Je trouve cela étonnant qu’ils (les Brestois) mettent autant de buts par match, on va aller s’en rendre compte par nous-mêmes. » Les Bordelais sont venus, ils ont vu et ils ont été vaincus par un nouveau festival offensif. Pourtant les Boxers représentaient la première « sérieuse » opposition rencontrée depuis le début de saison par les Albatros.

Bordeaux est en effet une équipe de haut de tableau et son parcours depuis le début de saison en témoigne : une seule défaite lors de la première journée face au relégué de Magnus Neuilly. De son côté Brest réalise un sans-faute, même en tournant à 5 défenseurs en attendant le retour de Nathan Ansell. Serge Toukmatchev effectue son retour dans l’effectif après une très longue suspension. Du côté du banc brestois, on apprend une bien mauvaise nouvelle en début de match puisque André Péloffy ne peut être présent. L’entraîneur local a été victime d’un accident à l’entraînement et s’est cassé une côte. Le coaching est donc « collégial » et est assuré dans les faits par Martin Gascon qui est décidément au four et au moulin depuis son arrivée.

Une efficacité redoutable

Le début de rencontre est équilibré et se déroule dans une bonne ambiance grâce à la présence des kops brestois mais aussi bordelais. Les Boxers expédient quelques tirs dont deux arrivent directement sur le masque de Macrez et l’abîment. Ce dernier est obligé de porter temporairement le masque de Pierre Pochon. Brest a du mal à se créer de franches occasions. La défense bordelaise est bien en place et résiste bien aux attaquants adverses qui tournent autour du but de Gasnier. Les Albatros vont alors faire preuve d’un réalisme implacable. À 7’44’’ Alexandre Gagné est envoyé en prison pour un faire trébucher. Petricko gagne la mise en jeu et envoie derrière lui à Gascon. Le capitaine trouve son autre compère de ligne, Gauthier, qui expédie d’un tir fulgurant le palet dans le haut de la cage de Gasnier (1-0). Le powerplay n’aura mis que 9 secondes pour être concrétisé.

Les Boxers réagissent en bénéficiant à leur tour d’une supériorité numérique. Mais alors que celle-ci prend fin, Gauthier entre en zone offensive et donne un retrait à Vorobel, fraîchement sorti de prison, qui marque d’un slap limpide (2-0). Bordeaux semble un peu groggy et il faut toute la vigilance de Gasnier pour que Brest n’alourdisse pas le score sur des tentatives de Petricko (11’) et Vargas Dias (13’). Ce dernier effectue d’ailleurs un travail du tonnerre le long de la bande. Il résiste à pas moins de trois Bordelais qui finissent à en venir à bout par une méchante charge dans le dos de François Paquin qui va en prison. Vorobel se charge de lui faire payer en signant un doublé (3-0). 2 prisons concédées et 2 buts pris : voilà le bilan des Boxers qui semblent perdus à l’image de Lassalle et Lambert qui se rentrent copieusement dedans quelques secondes après la mise en jeu. Dian contourne facilement les deux joueurs étalés par-terre et porte la marque à 4-0.

Réaction bordelaise

Le deuxième tiers débute sur ce lourd score de 4-0, trop lourd même. Stéphane Tartari décide de changer de gardien et envoie Julien Leclerc dans la mêlée. Les Bordelais ont à cœur de montrer qu’ils valent mieux que ça, surtout devant leurs nombreux supporters ayant fait le déplacement. Cela se vérifie dès l’entame de la période par Cadren et Gagné qui sont tout près de battre Macrez. Ce n’est que partie remise puisque, quelques secondes plus tard, c’est Cyril Lambert qui s’engouffre en zone offensive. Il effectue une passe qui bute sur un Holik couché et qui revient finalement dans sa crosse. Le jeune attaquant français tire et trompe un Macrez hors position pour avoir anticipé la passe initiale (4-1). Un but un peu heureux mais qui vient logiquement récompenser le travail des visiteurs.

Les deux équipes jouent l’offensive et c’est un régal pour les yeux des spectateurs. Leclerc, le nouvel entrant, est efficace face à Petricko (23’). Son homologue n’est pas en reste face au duo Masson-Leclerc, tout simplement excellent sur ce match, qui n’arrive pas à mener à terme leur 2 contre 1 (24’). C’est ensuite au tour de Larrieu de venir taper à la porte de Macrez mais l’attaquant bordelais ne parvient pas à le dribbler.

Le pressing bordelais fait enfin mouche sur un but assez invraisemblable. Alors que Brest évolue en supériorité numérique, Leclerc continue son show et déboute à bout portant Alexey Volkov. Les Bordelais récupèrent le palet et partent en contre. Lassalle, à l’instar de Lambert sur le premier but, veut effectuer un centre. Cette fois ce n’est pas un Holik couché que la passe trouve mais Lefebvre qui, en voulant l’intercepter, l’expédie directement au fond de son propre filet… (4-2)

Les Albatros redéploient leurs ailes

Face à cette remontée bordelaise, un moment de flottement s’installe, et c’est au tour des Albatros d’être un peu groggy. Cela se ressent à travers quelques pertes de palet. Heureusement pour les supporters locaux, le doute ne s’installe pas vraiment longtemps et la machine se remet en marche. Holik reprend tout d’abord un rebond laissé par Leclerc sur un tir de Gascon (5-2). Lefebvre effectue ensuite un magnifique numéro de dribble et enrhume complètement Cyril Boubé. L’attaquant français effectue un tir, le filet bouge, les arbitres indiquent but tandis que Leclerc fait signe qu’il a arrêté le palet. Le palet est-il rentré ou pas ? Les opinions divergent. Toujours est-il que cela porte la marque à 6-2 et que Lefebvre s’est racheté de son but contre son camp.

L’écart est donc de nouveau porté à 4 buts mais ça ne décourage pas les Boxers qui repartent à l’attaque sous l’impulsion du duo Masson-Lambert, une nouvelle fois très dangereux. Macrez déboute Lambert (35’) et remet ça face à Gagné d’un poke-check qui revient sur Vincent Cadren qui allume l’ancien gardien de Lyon à bout portant (36’). Et pourtant c’est bien Landry Macrez qui a le dernier mot et il le montre à nouveau en sortant une superbe mitaine face à Lassalle lors d’un jeu de puissance visiteur (37’). On en reste là pour ce tiers mené tambour battant par deux équipes spectaculaires. Un vrai régal pour les spectateurs.

Une fin de match maîtrisée

Les Albatros en « autogestion », vont afficher une plus grande sérénité dans cette dernière période. Les Bordelais multiplient les fautes en ce début de tiers aux yeux des arbitres (qui ont le sifflet léger) et se font sanctionner. À 5 contre 3 ça devient mission impossible. Sur un jeu en triangle tout en vitesse et précision, Prosvic dévie un centre millimétré de Dian au fond du but (7-2). Les fautes continuent de s’enchaîner pour Bordeaux. À nouveau en jeu de puissance les Albatros portent la marque à 8-2 grâce à un Ballet qui était esseulé plein axe.

Les prisons vont ensuite changer de camp et ça sera au tour des visiteurs de mettre le feu dans la défense adverse lors des supériorités numériques. Macrez résiste à Lassalle et Courally (51') mais cède en toute fin de match suite à un cafouillage concrétisé par Lambert (l’homme du match côté bordelais) du revers. 8-3 score final.

Les Albatros ont donc remporté haut la main ce premier gros test de la saison, essentiellement grâce à un très solide premier tiers temps. « Orphelins » de leur entraîneur, les joueurs ont appliqué à la lettre son schéma tactique. Le jeu collectif était bien meilleur que face à Courbevoie mais il reste quelques problèmes défensifs. Les Bordelais n’ont pas démérité et ont montré de belles choses. La ligne Lambert-Lassalle-Masson a fait de l’excellent travail de même que Leclerc dans les buts qui a sorti quelques arrêts somptueux. Bref deux belles équipes qui ont offert un très beau match dans une ambiance très fair-play.

Le prochain match des Brestois en coupe de France sera l’occasion de retrouver l’adversaire de la dernière finale de D1 : Caen. Entre une équipe en plein doute et une équipe invaincue, les Albatros peuvent espérer créer la surprise.



Brest – Bordeaux 8-3 (4-0, 2-2, 2-1)
Samedi 23 octobre 2010 à 18h40 au Rïnkla Stadium. 840 spectateurs.
Arbitrage de Stéphane Rousselin assisté de Jérémie Douchy et Romain Herrault.
Pénalités : Brest 12' (6', 2', 4'), Bordeaux 16' (4', 4', 8’).
Évolution du score :
1-0 à 7’53’’ : Gauthier assisté de Gascon et Ballet (sup. num.)
2-0 à 10’37’’ : Vorobel assisté de Gauthier et Lemoine
3-0 à 17’32’’ : Vorobel assisté de Petricko et Gascon (sup. num.)
4-0 à 17’43’’ : Dian assisté de Prosvic et Lefebvre
4-1 à 21’05’’ : Lambert assisté de Lasalle et Majercak
4-2 à 26’22’’ : Lassalle assisté de Dratzen et Leclerc (inf. num.)
5-2 à 30’12’’ : Holik assisté de Gascon et Gauthier
6-2 à 31’58’’ : Lefebvre assisté de Dian
7-2 à 43’28’’ : Prosvic assisté de Dian et Vorobel (sup. num.)
8-2 à 49’20’’ : Ballet assisté de Gauthier et Gascon (sup. num.)
8-3 à 59’26’’ : Lambert assisté de Masson et Lassalle (sup. num.)

Brest

Gardien : Landry Macrez

Défenseurs : Vladimir Holik – Francis Ballet ; Slavomir Vorobel – David Hennebert ; Alexey Vokov.

Attaquants : Matus Petricko – Martin Gascon (C) – Sébastien Gauthier ; Alexandre Lefebvre – Jaroslav Prosvic (A) – Michal Dian ; Nicolas Motreff (A) – Nelson Vargas Dias – Tristan Lemoine ; Jérémy Cormier ; Serge Toukmatchev.

Remplaçant : Pierre Pochon (G). Absent : Nathan Ansell (retour au Canada)

Bordeaux

Gardien : Mickaël Gasnier puis Julien Leclerc à 20’.

Défenseurs : Martin Karafiat – François Paquin ; Cyril Boube – Jan Majercak ; Fredrik Dratzen – Nicolas Courally.

Attaquants : Vincent Cadren – Alexandre Gagné – Raphaël Larrieu ; Cyril Lambert – Xavier Lassalle – Romain Masson ; Jean-François Savage – Dmitri Lavrov – Nicolas Mariage.

Remplaçant : Florent Poigt. Absents : Alexandre Boirie, David Castaings, Romain Horrut, Louis Moreau, Thomas Ramonatxo.