Amiens - Angers (Ligue Magnus, 6e journée)

Soirée nez rouges

4-11Premier gros test à Amiens ce samedi 23 octobre. Un temps de chien dehors qui invite à rentrer dans l'antre du Coliseum. Seulement, le rayon de soleil ne sera pas non plus dans le Dôme pour les locaux.

Pourtant, tout le monde est au rendez-vous, et bien sûr le chargé de communication du club picard Baptiste Levasseur dont nous vous reparlerons cette semaine dans un papier annexe. Tout le monde ? Non ! Une poignée de joueurs absents à Angers (le gardien Peter Aubry, Charlie Doyle, Per Braxenholm, Pierre-Luc Laprise) et le premier match sans le coach Kevin Constantine forcent les visiteurs à des remaniements : le blessé Brice Chauvel dans les hauteurs des travées picardes pour observer les schémas adverses, Martin Lacroix prenait les rênes du banc, enfin une rêne d'autorité du moins car le président Mickaël Juret se dressait également sur le banc des Ducs.

Côté amiénois, l'occasion semblait excellente pour défaire un adversaire jamais battu depuis un an et demi au Coliseum. Affaiblis de « seulement » Paul Deniset et Valentin Claireaux, Antoine Richer donnait du galon à Aïna Rambelo.

Soixante minutes plus tard, on passe de l'optimisme au pessimisme. La faiblesse apparente par le nombre d'Angers s'est transformée en force : de la cohésion, une solidarité défensive et une efficacité offensive des blancs mènent à un cinglant 1-5, et l'impression que l'addition aurait pu être plus lourde .

Seul rayon de soleil pour les Picards ce soir, les sourires dans les travées d'un partenaire un peu spécial ce soir : L'association cirqu'onflex (dont les combats se mènent loin de la glace) se battent chaque jour pour donner le sourire à des enfants hospitalisés. 3000 nez rouges distribués au public qui devait les porter au premier but des gris. Partenariats de cœur mais porte malheurs ? Peut-être, si l'on se rappelle en décembre dernier le lancer de peluches au premier but des Gothiques contre Gap et la défaite amiénoise 1-4...

2-16Un coup dans le pif

Mais les suppositions des après-matchs sont loin des certitudes du jeu : à peine le temps de se mettre dans l'ambiance qu'Angers ouvre le score, profitant d'un changement de ligne plutôt lent des locaux : Jonathan Bellemare décale Éric Fortier qui pousse le palet au fond des filets (0'48, 0-1). Les Ducs dominent et doublent vite le score. Toujours ce diable de Bellemare qui initie une entrée en zone offensive pour une conclusion de Marc Belanger (8'02, 0-2). Pas de doute, Amiens n'y est pas, et Antoine Richer prend son premier temps mort de la saison officielle après ce second revers.

La première réaction picarde vient de Kevin Hecquefeuille, de retour au centre pour la soirée, qui trouve le second gardien des angevins Lucas Normandon. Deux minutes de pénalité contre Pavol Mihalik permettent aux gris de poursuivre la domination sans pour autant  décocher de tir. Par la suite, Miroslav Pazak initie une belle offensive et temporise seul face à quatre Angevins, le temps que ses équipiers arrivent. Cependant, il y a quelque chose qui cloche dans l'attaque amiénoise et les hors-jeu sont nombreux. Le président des visiteurs veut même aider les arbitres de ligne : placé devant la ligne bleue, Juret impose de sa personne en levant le bras identiquement au zèbre de ligne. Synchronisation parfaite, tout comme les mouvements offensifs de ses joueurs qui, jusqu'à la fin du tiers, étouffent Amiens.

3-11Angers a de la gueule

Il faut attendre la pause pour voir de belles occasions des Amiénois... mini-pousses ! Dans le cadre du tournoi U9 organisé à Amiens, les jeunes Gothiques et Ducs se sont affrontés quelques minutes devant un public attendri et encourageant. Mais là encore, c'est Angers qui l'emporte un but à zéro. Un surfacage et les « grands » reviennent en piste.

Les joueurs d'Anjou dominent deux minutes puis Brian Henderson se montre chez lui en lançant sur le poteau avant que Thompson ne se jette sur la rondelle pour récupérer le rebond. Piqués au vif, les locaux repartent de l'avant et la ligne Tomasek-Hecquefeuille-Bergin rate l'immanquable.

S'ensuivent alors des échanges virils et Tomas Baluch en vient aux mains avec Kevin Bergin. L'Angevin n'est pas déçu du voyage et se retrouve plaqué à terre, ne devant son salut qu'à l'intervention des arbitres. Les deux hommes en prison, Baluch écope cependant de deux minutes supplémentaires pour avoir provoqué l'altercation. Amiens en supériorité réagit alors par son capitaine Vincent Bachet : Le défenseur monte au créneau avec le puck et freine devant le but de Normandon po ur pousser le précieux au fond (27'13, 1-2).

Le match se débride alors entre Gothiques qui poussent et Angevins qui contrent bien trop souvent en surnombre. Le public fait des séries d'apnées que Thompson interrompt à chaque fois en écartant le danger. Des petites frayeurs, notamment sur des tirs de Juho Jokinen ou Marc Belanger. Suite à ce tir, Julian Marcos se fait alors remarquer en prenant deux minutes de pénalités parfaitement inutiles pour une charge incorrecte quand le jeu est à l'autre bout du glaçon et qu'Amiens n'en a pas besoin. Qu'Amiens gère la pénalité, passe encore, mais Angers ne loupe pas l'occasion. À onze secondes de la sortie du 93 local, Brian Henderson dévie habilement un palet depuis un tir de la bleue de Daniel Carlsson (37'43, 1-3). Le but fait mal et il en faut de peu qu'un autre soit marqué si Thompson n'avait pas serré les jambes sur un lancer vicieux de Pavol Mihalik.

6-5La défense amiénoise enrhumée

Il faut alors deux buts à Amiens pour rentrer dans la partie et arrêter de courir après le score. Oui, mais voilà, les deux buts seront pour Angers. Thompson glisse à droite pour dévier un palet du bouclier. Un marquage serré pousse le gardien vers l'issue de secours et Henderson n'a plus qu'à pousser le palet dans le but vide (40'55, 1-4).

Amiens arrête alors de jouer, se résignant à quelques contres. Seul Kevin Bergin (qui aura encore fait une belle impression ce soir) tente encore et manque de chance en touchant la transversale de Normandon. Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas : Angers multiplie les assauts, et creuse encore le score en supériorité. Baluch se fait oublier au second poteau et fusille un Thompson dépité (49'43, 1-5). Angers lève alors le pied et Amiens ne se montre pas plus pressant que cela. Le score reste inchangé malgré des tentatives de Pazak, puis Offret clôt les occasions amiénoises. Chaque fois, un arrêt de Normandon qui aura fait une belle partie ce soir.

Fin de match et remise des récompenses : Henderson pour Angers divise le public local entre sifflets et applaudissements, puis Marcos - pour on ne sait quelle(s) raison(s) - vient également chercher son lot de meilleur joueur amiénois.

Le public quitte les travées et Teddy Trabichet part très rapidement, apparemment pour aller passer des radios. Plus tard, c'est Kevin Bergin qui sort à cloche-pied. Le 21 picard souffre d'une entorse à la cheville droite et a pris un coup au cœur - de façon figurée. Devant des vieux adversaires, l'Amiénois a perdu avec son équipe.

Angers poursuit donc et a démontré ce soir à Amiens que, même en sous-effectif, les favoris peuvent l'emporter. Bien dans leur peau, bien dans leurs patins, les Ducs seront encore des candidats sérieux en Magnus et Coupe de la Ligue. Pour les Amiénois, il faudra se relancer rapidement avec trois déplacements cette semaine pour trois compétitions différentes.

Adrien Lhermitte / Photos Élie Lefebvre

Avec Déborah Lüder

Galerie photo de la rencontre : Amiens-Angers

Commentaires d'après match :

Antoine Richer (entraîneur d'Amiens) : « Dur dans la mesure où on jouait à domicile. On est pas dans le rythme, du mal à rentrer dedans. Après, on essaye de réagir physiquement dans le deuxième tiers mais c'était un peu tardif. On est resté sur un faux rythme qu'on avait jamais eu depuis le début de la saison. Je ne sais pas si c'est l'adversaire ou la pression qui a fait cela mais on a pas pesé assez. »

Martin Lacroix (entraîneur d'Angers) : « Comment ne pas être heureux ce soir ? Je lève mon chapeau aux joueurs car je suis entraîneur chef depuis deux matchs et je les ai vu à chaque fois se défoncer. Je devais m'assurer qu'il n'y ait pas de relâchement entre ces deux matchs et il n'y en a pas eu. Pour cela je les remercie car c'est du respect aussi. En espérant que ça continue. Ce soir ce sont deux gros points face à une belle équipe d'Amiens qui était devant nous au classement. Le score de 5-1 tombe comme ça, aucun 'tarif unique' par rapport à Rouen. Là, on mène 2-0 au bout de vingt minutes sans avoir énormément de lancers. C'est une victoire d'équipe, mais je suis particulièrement content pour Brian Henderson : il était un peu nerveux avant le match et il a fait un super game. Pareil pour Lucas Normandon, notre deuxième portier, qui a tenu le choc comme il fallait. [...] Je ne sais pas si je resterai coach, j'ai des discussions quotidiennes avec le président et toutes les options ont été envisagées. On va se donner le temps, mais ce n'est pas moi le patron. Je fais ce que l'on me demande de faire, mais je serai très heureux de rester coach toute la saison après Kevin Constantine. »

(Et on laisse alors Martin Lacroix répondre au téléphone. Au bout du fil ? Justement, Kevin Constantine qui demande le résultat du soir et donne le sien : deuxième victoire consécutive avec le club suisse. Devant nous, le coach des Ducs fait alors un résumé en anglais du match et des joueurs d'une belle façon)

Paul Deniset (attaquant d'Amiens, non aligné ce soir) : « C'est dur comme résultat, mais on s'arrête de jouer dès le quatrième but. Angers a des bons attaquants et on n'a pas été assez bon défensivement. Mon nez va de mieux en mieux. J'espère rejouer la semaine prochaine et ça devrait se faire. »

Kevin Bergin (attaquant d'Amiens) : « On courait partout, gaspillait notre énergie pour rien. C'est beau d'être combatif, mais si c'est pas dans le bon placement de jeu, ça sert à rien. Angers a attendu et a contré quand il fallait. Je cherche comment dire ça en bon québécois pour résumer : On était comme une poule sur la glace. J'ai pris un coup au premier tiers et là ça me fait mal en me refroidissant. On verra si je m'entraine ou pas, comment l'entorse 'évolue'. J'espère pour nous que je ne prendrai pas le relais de Paul sur les blessures. J'essaye d'être le plus poli, mais on a perdu 5-1 contre des gars que je connais bien, que j'ai déjà affronté plusieurs fois. C'est dur. »

 

Amiens – Angers 1-5 (0-2, 1-1, 0-2).
Samedi 23 octobre 2010 à 20h au Coliseum d'Amiens. 2700 spectateurs.
Arbitrage de Alexandre Bourreau assisté d'Aurélien Smeeckaert et Nicolas Piedigrossi.
Pénalités : Amiens 10' (0', 6', 4'), Angers 10' (2', 6', 2').
Évolution du score :
0-1 à 00'48" : Fortier assisté de Bellemare et Bélanger
0-2 à 08'02" : Bélanger assisté de Bellemare et Fortier
1-2 à 27'13" : Bachet assisté de Pazak et Kowalczyk (sup. num.)
1-3 à 37'43" : Henderson assisté de Carlsson et Irani (sup. num.)
1-4 à 40'55" : Henderson assisté de Jokinen et Carlsson
1-5 à 52'43" : Baluch assisté d'Albert et Henderson (sup. num.)


Amiens

Gardien : Billy Thompson

Défenseurs : Pavel Kowalczyk – Vincent Bachet (C ) ; Thomas Roussel – Teddy Trabichet ; Julian Marcos – Romail Bault ; Maxim Belov

Attaquants : Grégory Béron – Anthony Mortas – Miroslav Pazak ; Martin Tomasek – Kevin Hecquefeuille (A) – Kevin Bergin (A) ; Aïna Rambelo (puis Yannick Offret 40') – Florent Neyens – Simon Petit

Remplaçants : Léo Bertein (G). Absents : Louis Boucherit, Marius Serrer, Valentin Claireaux (fracture au poignet), Paul Deniset (convalescence)

Angers

Gardien : Lucas Normandon

Défenseurs : Lauri Lahesalu – Daniel Carlsson ; Mickaël Irani – Pavol Mihalik ; Simon Lacroix - Valentin Michel.

Attaquants : Éric Fortier – Marc Belanger – Jonathan Bellemare ; Thierry Poudrier – Tomas Baluch – Mathieu Frecon ; Juho Jokinen – Julien Albert – Brian Henderson ; Nicolas Hebert

Remplaçants : Alexis Neau. Absents : Peter Aubry (G), Charlie Doyle (entorse au rachis cervical), Per Braxenholm (adducteurs), Brice Chauvel (adducteurs), Pierre-Luc Laprise (genou).