Épinal - Mulhouse (Coupe de France, 16e de finale)

Pas la mêmeLacasse_Loc_2 catégorie...

Si la Coupe de la ligue n'était pas une priorité dans les Vosges, il n'est en revanche pas question de galvauder la Coupe de France. Trois ans après, Bercy est encore dans toutes les têtes et l'envie d'y retourner plus forte que jamais. L'ICE en a même fait l'un de ses objectifs. C'est dire l'importance de ce derby à domicile face aux Scorpions de Mulhouse.

Tirage géographique oblige, l'ICE ne pouvait que tomber sur l'une de ses vieilles connaissances. Beaucoup craignaient Strasbourg, voire Dijon, affrontés maintes fois ces dernières années, et rêvaient de retrouver Mulhouse. Pour que renaisse, le temps d'un match, cette fameuse rivalité qui enflammait chaque confrontation...

Cette jeune équipe mulhousienne, aux trois quarts renouvelée à l'intersaison, a connu un début de saison chaotique. Entre les retards administratifs, les défaites et le départ préjudiciable du gardien Mickaël Gasnier à Bordeaux (un concurrent direct qui lui offrait un statut de joueur professionnel), rien ne s'est passé comme prévu. Et comme si cela ne suffisait pas, l'international lituanien Dovydas Kulevicius s'est blessé au genou dès son premier match officiel...

Malgré ces temps économiquement (et sportivement) difficiles, Christer Eriksson n'a pas cédé au catastrophisme. Si ses troupes ont longtemps joué de malchance, elles valent mieux que leur classement, amélioré samedi en battant Avignon (6-1) dans un duel de mal classés.

Les Scorpions entendaient profiter de cette parenthèse Coupe de France pour "se faire plaisir" et éventuellement titiller un adversaire hiérarchiquement supérieur. Ce qui n'a pas été le cas lors du dernier affrontement à l'Illberg, en 2007. Les Alsaciens, alors promus en division 2, n'avaient pas pesé lourd face à Plch & cie (0-11). Et ce soir, ils ont encore pris de plein fouet le haut niveau français…

Feu de paille mulhousien...

Les hommes de Christer Eriksson sont pourtant bien rentrés dans le match, pressant très haut pour gêner le déploiement vosgien. Un travail de sape qui porte ses fruits d'autant que la zone neutre, bien quadrillée, agit comme un véritable filtre. Le palet passe... mais pas le bonhomme !

Joffrey Pingrit n'est donc pas spécialement inquiété, lui le numéro un "par défaut" depuis la défection de Mickaël Gasnier. Ce dernier avait d'ailleurs sorti tout un match à Colmar en août dernier, permettant aux Scorpions d'accrocher une formation spinalienne grandement diminuée. Une ICE toujours loin de sa configuration optimale puisque Gervais, Quessandier et Hagelberg, absents ce matin-là, le sont également ce soir, rejoints par un Šimko rentré blessé de Morzine. Timo Kuuluvainen, un grand ami de M. Barbez, est lui suspendu après sa pénalité de match récoltée en Haute-Savoie.

Mulhouse non plus n'a jamais joué au complet cette saison. Dernièrement recruté, le gardien Radovan Hurajt n'est pas encore qualifié et Christer Eriksson, toujours en quête d'un défenseur, doit employer Ludvig Claesson à l'arrière. Le Suédois y côtoie Dustin Hatlelid en soutien des David Croteau, Julien Aubry et autres Kevin Gadoury.

ChassardGuillaumeChrister Eriksson, qui espérait d'eux un "match référence", ne s'attendait pas à voir ses leaders aussi impuissants offensivement. Voire insignifiants en supériorité numérique, un domaine où Mulhouse dispose d'une grosse marge de progression. Le pire powerplay de division 1, incapable de s'installer en zone offensive, devient vite la proie des contre-attaques et Guillaume Chassard, parti côté gauche, en profite pour ouvrir le score d'un shoot puissant (1-0 à 08'54").

L'ICE peut commencer à gérer, laissant les Scorpions se jeter dans la gueule du loup. Les Mäntylä, Leroy et autres Charpentier, particulièrement réactifs, ne tolèrent en effet aucune intrusion et repoussent inlassablement leurs assaillants. Les Alsaciens, tous combatifs qu'ils soient (à l'image de leur capitaine Julien Aubry), ne pourront rien contre ça...

... et feu d'artifice spinalien !

Car Épinal, même décimé par les absences, ne boxe pas dans la même catégorie. Une impression qui se confirme au retour des vestiaires, avec un tir sur le poteau à bout portant de Chassard (20'47") suivi d'un débordement gagnant de Petrák. Une véritable démonstration du Tchèque, qui file côté droit, éliminant Hatlelid au passage pour mieux repiquer dans l'axe et se jouer de Pingrit, non sans l'avoir préalablement couché sur sa ligne (2-0 à 21'35").

Toujours pas inquiétés en infériorité numérique, les Lorrains font tranquillement valoir la différence de niveau. La domination des Scorpions est stérile, la faute à un jeu de passe approximatif et surtout bien décrypté par des défenseurs intraitables. Voire imbattables dans les duels, à l'image de Fabien Leroy. Bref, pas de quoi déstabiliser Lacasse...

Joffrey Pingrit, lui, mange son pain noir, restant à la merci de fortes individualités capables de faire la différence à tout moment. Michal Petrák et Ján Plch, largement au-dessus du lot, ont d’ailleurs fait la pluie et le beau temps. Comme sur cette mauvaise remise de Tromeur -alors que Mulhouse évoluait en supériorité numérique- interceptée par Plch. Une accélération qui met la défense sans dessus-dessous, forçant Pingrit à vainement se démultiplier face aux duettistes slaves (3-0 à 29'32"). Trois buts en trois contre attaques. Il n'en fallait pas plus, ce soir, pour mettre Mulhouse au pas...

Des Scorpions encore châtiés, en désavantage numérique, par ce diable de Petrák. Le Tchèque, légèrement excentré, fusille Pingrit sur un décalage imparable de Leroy (4-0 à 32'32").

Pas de quoi décourager les Ultras, qui n'ont jamais cessé d'encourager leurs protégés ce soir. Comme ils les ont toujours suivi ces dernières années, des fastes de l'élite aux affres de la division 3...

Ján Plch donne, par séquences, toute la mesure de son talent, comme pour mieux accabler des Scorpions inefficaces. Ce n'est pourtant pas faute d'essayer mais rien n'ébranle la sérénité de Loïc Lacasse. Cela profite évidemment à Plch et Petrák, déconcertants de facilité sur un une-deux d'école (5-0 à 42'15").

Ce diable de Plch en remet une couche, sur un jaillissement côté droit maladroitement freiné par l'arbitre, mais qui permettra au Slovaque de trouver Ganz à l'opposé (6-0 à 56'30"). Maxime Boisclair en profite même pour s'ajouter au pointage... avec la complicité fortuite de Pingrit  (7-0 à 57'14") !

Net et sans bavures

La qualification est donc acquise avec, cerise sur le gâteau, le premier blanchissage de Loïc Lacasse en "rose et bleu". Le Québécois a donc gardé sa cage inviolée, non sans une dernière frayeur sur une infiltration plein axe de Kíška, qui voit le cadre se dérober (59'31")...

Trop limités pour contrarier des Spinaliens bien regroupés en défense, les Scorpions furent rapidement pris au piège des contre-attaques. L’ICE n'a donc pas forcée son talent, jouant intelligemment en optant pour une tactique attentiste. Les absences n'auront donc pas pesé dans la balance et les Dauphins  peuvent garder Bercy à l'esprit...

Mulhouse n'aura finalement pas grand chose à regretter. L'aventure s'arrête-là pour les nouveaux coéquipiers de Tomáš Kukučka, qui disputait son premier match sous ses nouvelles couleurs. Une arrivée pas étrangère à la présence de Matej Kíška, avec qui il formait le duo de choc des Aigles pyrénéens à Font-Romeu en 2006/07.

Épinal - Mulhouse 7-0 (1-0, 3-0, 3-0).
Mardi 26 octobre 2010 à 20h15 à la patinoire provisoire de Poissompré. 250 spectateurs.
Arbitres : Stéphane Rousselin assisté de Benjamin Gremion et Matthieu Loos.
Pénalités : 10' (2' + 4' + 4') contre Épinal ; 10' (2' + 4' + 4') contre Mulhouse.
Tirs : 32 (11 + 12 + 7) pour Épinal ; 35 (5 + 12 + 15) pour Mulhouse.

Évolution du score :
1-0 à 08'54" : Chassard assisté de Ganz (inf. num.)
2-0 à 21'35" : Petrák assisté de Chassard
3-0 à 29'32" : Plch assisté de Petrák (inf. num.)
4-0 à 32'32" : Petrák assisté de Leroy et Chassard (sup. num.)
5-0 à 42'16" : Plch assisté de Petrák et Charpentier
6-0 à 56'31" : Ganz assisté de Plch et Mäntylä
7-0 à 57'14" : Boisclair assisté de Ganz

Épinal

Gardien : Loïc Lacasse.

Défenseurs : Nathan Ganz [jusqu'à 20'] - Fabien Leroy ; Peter Slovák - Guillaume Papelier ; Niko Mäntylä - Martin Charpentier.

Attaquants :  Kévin Benchabane - Michal Petrák (A) - Ján Plch (A) ; Jonathan Gury [puis Ganz à 20'] - Maxime Boisclair - Guillaume Chassard (C) ; Anthony Rapenne - Erwan Agostini - Tarik Chipaux.

Remplaçant : Nicolas Ravel (G). Absents : Ján Šimko (aine), Timo Kuuluvainen (suspendu), Jan Hagelberg (hanche), Stéphane Gervais (convalescent), Benoît Quessandier (entorse du genou).

Mulhouse

Gardien : Joffrey Pingrit.

Défenseurs : Dustin Hatlelid - Ludvig Claesson ; Yann Marez - Lilian Prunet (A) ; Aleš Černý - Maximilien Tromeur.

Attaquants : David Croteau - Julien Aubry (C) - Kevin Gadoury ; Tomáš Kukučka - Adrien Dufournet (A) - Matej Kíška ; Jonathan Boehrer - Mans Papaux - William Ohlund ; Antoine Delhostal.

Remplaçants : Sylvain Haenlin (G), Michaël Marchand, Benoît Salvin, Maxime Mathieu. Absents : Radovan Hurajt (pas qualifié), Dovydas Kulevicius (genou).