Épinal - Amiens (Ligue Magnus, 7e journée)

Les Gothiques étaient plus réalistes...Bault_Romain

La Coupe de la ligue n'a jamais été un vrai révélateur des forces en présence. Aussi la (très) large victoire des Gothiques d'Amiens, obtenue ici-même il y a trois semaines, n'a jamais remise en cause le potentiel des Dauphins. Surtout que l'ICE, même amoindrie, reste compétitive comme en témoigne ce point ramené de Morzine samedi dernier (2-3 a.p.) et cet écueil mulhousien franchi sans coup férir en Coupe de France (7-0).

Si les Dauphins ont récupéré quelques-unes de leurs forces vives (dont Kuuluvainen et Hagelberg, pourtant annoncé absent), les Gothiques ont quant à eux retrouvé Paul Deniset, la sensation de ce début de saison. L'absence du Franco-Manitobain, qui est doté d'un sens du but exacerbé, commençait à peser lourd dans la balance. Sans lui, Amiens restait sur deux défaites consécutives à domicile, dont une particulièrement contrariante face à Angers samedi dernier (1-5).

Deniset a repris en douceur, mardi en Coupe de France, retrouvant pour l'occasion Miroslav Pazak et Grégory Béron, aujourd'hui blessé. Antoine Richer, déjà privé de Valentin Claireaux, a donc promu Martin Tomášek sur la première ligne aux-côtés de Pazak et Deniset.

Le Tchèque se signale rapidement d'un faire trébucher à l'encontre de Petrák, ce qui lui vaut la première pénalité de la soirée (00'34"). Les locaux n'en profitent pas mais tiennent tout de même Thompson en haleine, sur deux essais à bout portant de Kuuluvainen (2e) et Plch (3e).

Les Gothiques, eux, ouvrent le score sur leur première véritable occasion. Un rebond favorable à Kevin Bergin sur un lancer de Romain Bault (0-1 à 03'20").

Petrák, l'opportuniste

L'entame spinalienne est des plus laborieuses malgré l'enchaînement des pénalités picardes. Celle de Tomášek (déjà sa deuxième !) n'est même pas achevée que Bachet le rejoint en prison, coupable d'un accrocher (06'49"). Petite cause grands effets puisqu'un tir de Chassard, effleuré du gant par Thompson, profite à Petrák, en embuscade au point de chute (1-1 à 06'58").

Le Tchèque remet ça peu après, bien aidé par une défense amiénoise aussi flottante que le palet traînant devant son gardien (2-1 à 08'03"). La réponse du berger à la bergère ne se fait pas attendre mais l'excellent Kévin Hecquefeuille, qui a retrouvé son rôle d'attaquant à plein temps, trouve porte close (9e).

Les deux buts de Michal Petrák ont totalement relancé les Dauphins dans ce match. Les voilà qui basculent même vers une position d'attente qui force les Gothiques à se découvrir. Ce qui n'était pas spécialement dans les plans d'Antoine Richer avant ce déplacement dans l'Est. L'ex-international craignait au plus haut point la vitesse d'exécution des Dauphins symbolisée, ces derniers temps, par l'insolente réussite d'un duo Plch-Petrák retrouvé. Ces deux-là sont d'ailleurs dans tous les bons coups, comme sur cette remise de Petrák vers Plch, pour un revers en hauteur gobé in-extremis par Thompson (15'33").

Question association de "malfaiteurs" au fort pouvoir de nuisance, Amiens n'est pas en reste avec Deniset, Pazak et Tomášek. Ce dernier impose sa puissance dans les duels et conclut une belle triangulation initiée par ses soins, quelques instants plus tôt, avec ses deux acolytes (14e). Lacasse n'a qu'à bien se tenir : il n'en faudra pas beaucoup à ces gaillards, ce soir, pour les mettre au fond...

Tomášek met d'ailleurs une cinquantaine de secondes après le retour des vestiaires pour y parvenir, profitant d'une rondelle "oubliée" en zone défensive (2-2 à 20'54").

Une reprise particulièrement délicate pour les Vosgiens, acteurs passifs d'un débordement mené côté droit par le jeune Aïna Rambelo, qui fixe Hagelberg et Agostini pour servir un Anthony Mortas plongeant dans le dos de Nathan Ganz (2-3 à 23'31"). En deux temps trois mouvements, les Picards ont repris la main...

Loïc Lacasse est mis à forte contribution ce soir. Mais pas autant que Billy Thompson. Si le Québécois était aux portBilly_Thompson_Ext_2es de la NHL il y a deux ans, Thompson, lui, l'a connu l'espace de deux soirées, comme doublure de Ray Emery à Ottawa. C'était en mars 2006. Depuis, le Canadien de l'ouest a roulé sa bosse en AHL, aux Pays-Bas (Tilburg) et en Italie (Cortina) avant de s'imposer en France comme l'un des tout meilleurs à son poste. Qu'il retrouve ce soir après l'avoir cédé à Léo Bertein au Havre et à Dijon, pour un match sans enjeu en Coupe de la ligue.

À leurs actes manqués

Opportunistes à souhait mardi en Coupe de France, les Spinaliens sont nettement moins en réussite ce soir. Ils se livrent pourtant sans compter mais leurs efforts restent vains face à un Billy Thompson inspiré. Les deux portiers sont d'ailleurs mis en avant dans ce tiers médian, où les temps forts sont majoritairement spinaliens... sans rien enlever à la virulence des contres amiénois, qui nécessitent toute la vigilance de Lacasse.

Avec Deniset et Pazak, Amiens peut démontrer un visage technique et spectaculaire. Mais Kevin Bergin rappelle que l'intensité physique peut aussi tenir un rôle prépondérant dans le jeu picard. Légèrement bousculé par Niko Mäntylä, l'ancien dur à cuire des Nottingham Panthers réplique d'un slashing l'envoyant directement à la case prison... en compagnie du Finlandais (32'19") !

Deux de plus en moins sur la glace, ça libère des espaces. Ján Plch, l'homme en forme du moment, fait d'ailleurs parler son coup de patin (et de rein) en débordant côté droit pour ensuite repiquer dans l'axe, cherchant une lucarne qu'il ne trouvera pas (33'10"). Le Slovaque ne sera pas plus en réussite sur ce dégagement de Petrák, qui se transforme en quasi passe décisive. "Quasi" seulement puisque Hecquefeuille revient pour le gêner dans son approche. Penalty !

Ján Plch se charge de la sentence, déportant Thompson sur sa droite sans parvenir à lever suffisamment son palet (39'06"). Sur ce coup, le vétéran a délaissé son revers fétiche, qui était autrefois son "arme fatale" dans les duels singuliers...

Les Spinaliens ont un bon coup à jouer, même menés d'un but à l'entame du troisième tiers-temps. Ils n'entendent donc pas rendre les armes mais frisent la correctionnelle sur un dégagement amiénois. Loïc Lacasse, comme à son habitude, sort de sa cage mais se loupe complétement en relançant sur Paul Deniset (42'56").

Un avertissement sans frais avant le coup de poignard asséné par Tomášek sur un but de "raccroc", pas spectaculaire pour deux sous mais qui creuse un peu plus l'avance des visiteurs (2-4 à 44'50"). Et dire que Billy Thompson, quelques secondes auparavant, s'était fendu d'une mitaine très photogénique devant Guillaume Chassard (44'22")...

Oui, l'ICE peut enrager d'avoir raté autant d'occasions dans ce match. Le temps maintenant en défaveur des Lorrains, qui jettent leurs dernière forces dans la bataille, sans parvenir à déjouer ce diable de Thompson. Jusqu'à ce shoot claqué de la bleue par Fabien Leroy, en supériorité numérique. Un slap non cadré mais qui a la bonne idée de revenir sur Ján Plch (3-4 à 58'17").

De la frustration à revendre

"Poissompré bis" s'enflamme mais ce semblant d'espoir est tué dans l’œuf. Une décision arbitrale litigieuse compliquant un peu plus la tâche des locaux, dès lors contraints d'évoluer en double infériorité numérique. Ce qui n'empêche pas Maxime Boisclair d'y aller d'un déboulé rageur côté droit, qui termine encore dans la mitaine de Billy Thompson (59'14").

Épinal a laissé passer sa dernière chance et s'en prend un dernier, pour la route, signé de l'inévitable Tomášek (3-5 à 59'43"). De quoi maintenir, chez les Vosgiens, un degré élevé de frustration...

Dans ce match, qui s'est finalement joué à peu de choses tant les débats furent équilibrés, Épinal peut nourrir d'immenses regrets. La manière y était, une fois de plus, mais la matière, elle, n'y est pas. Cela commence à faire beaucoup de points perdus, raison pour laquelle l'ICE reste engluée dans le ventre mou du championnat. Elle n'aura même pas la satisfaction d'en être quitte sans blessés; Anthony Rapenne ayant quitté les siens prématurément.

Antoine Richer souhaitait rentabiliser ce voyage et ramener deux points indispensables pour continuer à regarder vers le haut. Mission accomplie puisque ses hommes sont repartis avec la totalité des gains, sans avoir réellement impressionné. Mais en ayant mis les buts qu'il fallait. À méditer...


Épinal - Amiens 3-5 (2-1, 0-2, 1-2).
Samedi 30 octobre 2010 à 20h15 à la patinoire provisoire de Poissompré. 550 spectateurs.
Arbitres : Savice Fabre assisté de Benjamin Gremion et Jérémy Rauline.
Pénalités : 16' (0' + 6' + 10') contre Épinal ; 16' (6' + 4' + 6') contre Amiens.
Tirs : 39 (12 + 13 + 14) pour Épinal ; 38 (7 + 14 + 17) pour Amiens.

Évolution du score :
0-1 à 03'20" : Bergin assisté de Bault et Hecquefeuille
1-1 à 06'58" : Petrák assisté de Boisclair et Kuuluvainen (sup. num.)
2-1 à 08'03" : Petrák assisté de Slovak et Chassard
2-2 à 20'54" : Tomášek
2-3 à 23'31" : Mortas assisté de Rambelo et Petit
2-4 à 44'50" : Tomášek assisté de Bergin et Marcos
3-4 à 58'17" : Plch assisté de Leroy et Chassard (sup. num.)
3-5 à 59'43" : Tomášek assisté de Deniset (double sup. num.)

 

Épinal 

Gardien : Loïc Lacasse.

Défenseurs : Peter Slovák - Guillaume Papelier ; Niko Mäntylä - Fabien Leroy ; Nathan Ganz - Jan Hagelberg.

Attaquants :  Tarik Chipaux - Michal Petrák (A) - Ján Plch (A) ; Timo Kuuluvainen - Maxime Boisclair - Guillaume Chassard (C) ; Kévin Benchabane - Erwan Agostini - Anthony Rapenne [puis Ganz].

Remplaçants : Mathieu Perrin (G), Jonathan Gury, Martin Charpentier. Absents : Ján Šimko (aine), Stéphane Gervais (convalescent), Benoît Quessandier (entorse du genou).

Amiens

Gardien : Billy Thompson.

Défenseurs : Thomas Roussel - Pavel Kowalczyk ; Vincent Bachet (C) - Romain Bault ; Julian Marcos - Teddy Trabichet.

Attaquants : Martin Tomášek - Paul Deniset - Miroslav Pazak ; Aïna Rambelo - Anthony Mortas - Simon Petit ; Kevin Bergin (A) - Kévin Hecquefeuille (A) - Yannick Offret.

Remplaçants : Léo Bertein (G), Maxim Belov, Florent Neyens. Absents : Grégory Béron (double entorse de la cheville gauche), Valentin Claireaux (poignet).