Anglet - Reims (Division 1, 7e journée)

Aux Phoenix le Thriller basque !

Rossés en milieu de semaine par Strasbourg (10-1) à l’occasion du 1er tour de la Coupe de France, Reims s’attaque à un autre adversaire en confiance avec le promu angloy, à l’occasion du choc de la 7ème journée de Division 1. Les Basques marchent sur l’eau en ce début de saison (5v-1d), notamment grâce à un calendrier qui leur a permis de jouer 6 fois sur 7 à domicile. En effet, à domicile, les Basques s’avèrent intraitables sur leur petite glace et tous s’y cassent les dents. Pour Reims, la mission s’avère donc périlleuse et la formation de François Dusseau doit s’appuyer sur ses bases pour ramener des points précieux.

Dès les premiers instants, l’Hormadi impose son rythme et va chercher haut les Rémois dans leur zone. Toutefois, ceux-ci savent à quoi s’attendre et parviennent à repousser le danger sans soucis. Pourtant, pour preuve de la confiance qui habite les locaux actuellement, une action anodine va leur permettre de prendre les devants. A la 3ème, Patard gagne un engagement et transmet à Bellier, dont le lancer de la bleue termine en pleine lucarne (1-0 à 02’06"). Un but concédé rapidement, le match ne peut pas plus mal commencer pour les Phénix, qui ne veulent pas croire, à cet instant, au remake de mardi. La réaction des Phénix est timide et Drouot s’interpose avec sérénité sur les essais de Gervais ou encore Savoie. A l’inverse, Anglet continue sur sa lancée et pousse pour creuser l’écart. Le duo Maréchal/Daramy passe tout prêt de faire trembler les cordages rémois à la 6ème. Le 1er sert le capitaine angloy et il faut une parade réflexe de Kubis à bout portant pour éviter le pire aux Phénix.

Reims comprend que le 2ème n’est pas loin pour les locaux et tente de revenir à égalité au plus vite. Seulement, la défense basque est solide dans cette première moitié de tiers et Jérémy Sabatier, en deux fois, n’arrive pas non plus à trouver la faille. Jusque-là, le rythme est toujours aussi élevé et la rencontre agréable à suivre. Pourtant, un vent de folie va s’abattre en l’espace de deux minutes sur la patinoire. Tout d’abord à la 13ème, Maréchal part en débordement sur l’aile droite et, à proximité des buts de Kubis, repère dans le slot Daramy, dont la reprise fait mouche (2-0 à 12’40"). Avec ce 2ème but, la situation devient critique pour les Phénix, mais ce but semble paradoxalement les réveiller. Sur la mise en jeu suivante, Desrosiers contourne la défense locale, fait le tour de la cage et vient compter dans un trou de souris (2-1 à 12’59").

Reims croit faire le plus dur en réduisant la marque, mais Anglet en remet une couche à peine une minute plus tard. A la 15ème, le duo Cyr/Lafrancesca sème le trouble dans la défensive adverse et, après un cafouillage aux abords des cages, Cyr est le plus vif pour pousser le puck au fond (3-1 à 13’40"). Anglet pense avoir fait un break intéressant, sauf que la ténacité des Rémois va les replacer dans le match. 22 secondes après le but, Desrosiers décale Prochazka sur la droite, le Tchèque s’avance tranquillement et nettoie la lucarne d’un Drouot médusé sur le coup (3-2 à 14’02"). Les locaux en prennent un coup sur la tête et Reims en profite instantanément. Sur un bon travail dans la bande de Rouillard et Czubernat, Vigners récupère la rondelle et mystifie le cerbère angloy d’un tir au ras du poteau pour l’égalisation rémoise (3-3 à 14’46") !

Après cette période quelque peu fofolle, les deux équipes semblent vouloir reprendre leur souffle. Plus rien à signaler jusqu’à la 17ème où Reims se voit sanctionner sévèrement d’un retard de jeu. Sur la supériorité, Anglet ne parvient pas à créer le danger, Reims fermant parfaitement les espaces. En toute fin de période, les Rémois se mettent à nouveau à la faute (19’38"), sans concéder de but jusqu’à la sirène. Au repos, malgré une domination locale, Reims parvient à rester à hauteur de son adversaire, préservant ses chances intactes.

Au retour sur le glaçon, il reste un bout de pénalité à tuer pour les Phénix. Hélas, cela va être suffisant pour les hommes de Patrice Bellier. Parfaitement lancé par Molia, Cyr parvient à fausser compagnie à la défense rémoise et trompe en deux temps Kubis (4-3 à 21’10"). Décidemment, Anglet entame ces tiers de la meilleure des façons et Reims tire de nouveau de l’arrière. Les Phénix tentent de réagir immédiatement, mais Drouot veille au grain. Les Basques se reposent sur ce but d’avance et comptent sur leurs flèches Cyr ou encore Daramy pour placer quelques banderilles en contre. Les débats s’équilibrent au fil des minutes. Malgré tout, Anglet reste le plus dangereux à l’image d’un centre de Cyr repris par Lafrancesca à la 31ème, sur lequel Kubis réalise un arrêt réflexe pour éviter ainsi un break au score.

A 31’44", les Rémois obtiennent un nouveau jeu de puissance, mais Anglet montre qu’elle n’a pas le meilleur pourcentage en infériorité numérique par hasard dans ce championnat. Pourtant, les Rémois ne relâchent pas leurs efforts et vont trouver récompense à 4 minutes du buzzer. Après un travail de sape de ses partenaires de ligne Rehor et Florian Sabatier, Vrielynck réalise un petit festival sur Bellier et tente un tour de cage, qui s’avère victorieux (4-4 à 35’49"). Reims a persévéré pour égaliser et Anglet voit son hôte revenir encore à hauteur. Ce match, toujours aussi rythmé et au scénario imprévisible, va connaître un énième rebondissement. A la 39ème, sur une action rondement menée, Cyr réalise un numéro sur l’aile, trouve au centre son partenaire Lafrancesca, qui devance son adversaire direct et trompe Kubis entre les jambes (5-4 à 38’49"). Le moral des Rémois est soumis à rude épreuve dans ce match, puisque, pour la 3ème fois de la soirée, Anglet repasse en tête. Cette fois-ci, Reims ne refait pas le coup du 1er tiers et regagne sa chambre en retard d’un but.

A l’aube du 3ème tiers, tout reste possible pour la troupe de François Dusseau en dépit de ce retard au score. Et d’entrée, Reims obtient une supériorité pour niveler la marque (41’35"). Sur la supériorité, Anglet parvient à contenir l’attaque massive des Phénix, mais va se faire surprendre peu après. Le jeu revenu à égalité, Reims parvient à rester en situation de supériorité numérique, Vrielynck repère à la bleue Prochazka, dont le puissant lancer fait mouche (5-5 à 43'39") ! Anglet fait fi de cette égalisation et repart au combat, tout en se méfiant des percées rémoises tout aussi dangereuses. A la 48ème, sur une attaque des locaux, le corps arbitral donne un coup de sifflet, l’action se poursuit dans une certaine confusion et Rousselin croit redonner l’avantage aux siens. L’arbitre, qui a accordé le but dans un premier temps, consulte son assesseur et annule le but, en cause un hors-jeu au préalable sur l’entrée de zone. Cette décision provoque la colère de Bellier, qui se voit sanctionner d’une méconduite. Curieusement, l’arbitre sanctionne aussi Reims sur le coup et Anglet voit là une occasion de se faire justice (47’22").

Comble de malheur, une minute plus tard, Prochazka rejoint aussi le banc de la prison, alors que Kubis est chargé sur l’action et croit à une pénalité en sa faveur. A deux hommes de plus, l’opportunité est trop belle pour les Basques et Rousselin fait fructifier cela d’un missile en one-timer (6-5 à 48’49"). Le public de la Barre explose de joie sur l’action et croit, enfin, voir ses protégés se diriger vers la victoire. Mais les Rémois ne lâchent rien non plus de leur côté et vont le montrer dans l’adversité. A la 51ème, Desrosiers s’échappe sur l’aile gauche et adresse un dur lancer que Drouot repousse au 2ème poteau dans la palette de Jérémy Sabatier, qui n’a plu qu’à pousser la rondelle dans le but grand ouvert (6-6 à 50’31"). Stupeur pour le public angloy, qui n’en croit pas ses yeux avec une 4ème égalisation des visiteurs. Tout reste à faire, et, à 10 minutes du terme, l’indécision la plus totale règne. Reims a le puck du match à six minutes du terme (54’24"). Tous dans la patinoire retiennent leur souffle et la tension est à son comble dans les deux camps. La supériorité rémoise ne donne rien et le match semble se diriger vers une prolongation pour trouver son vainqueur. Une dernière poussée des Angloy dans les dernières secondes ne donnera rien et on a le droit à dix minutes en plus dans ce match hitchcockien.

La prolongation repart toujours sur un rythme intense et Reims a la 1ère occasion de la période par Desrosiers, mais tombe sur un Drouot solide. Anglet va avoir son occasion à la 61ème, et quelle occasion. Sur un palet récupéré par Cyr à la bleue défensive, Lafrancesca part seul au but. Il faut un retour salvateur de Rehor pour contrarier l’avant basque, qui ne peut que proposer un tir faible, que Kubis stoppe avec brio. Reims a eu chaud et va saisir finalement sa chance une minute plus tard. Suite à un relais de son frère en zone neutre, Jérémy Sabatier parvient à s’avancer en zone offensive et décoche un slap ravageur qui finit entre les jambières de Drouot (6-7 à 62’10"). Le banc rémois explose de joie et s’en va féliciter son buteur décisif, qui permet à Reims de repartir de son périple avec les deux points de la victoire.

Mené tout au long du match, Reims a fait preuve de caractère pour revenir au score 4 fois et arracher un succès en prolongation face à des redoutables adversaires que sont les Angloys. Ce succès permet à Reims de conserver sa 3ème place au classement, avant la réception des Castors d’Avignon la semaine prochaine à Bocquaine.

Compte-rendu du site officiel des Phoenix de Reims


Anglet - Reims 6-7 (3-3, 2-1, 1-2, 0-1).
Samedi 30 octobre 2010 à 20h30 à la patinoire de La Barre.
Arbitrage de Laurent Garbay assisté de Guillaume Barthe et Florian Tocqueville.
Pénalités : Anglet 16' (0', 2', 4'+10', 0'), Reims 10' (4', 2’, 4', 0').
Évolution du score :
1-0 à 02'06" : Bellier assisté de Patard
2-0 à 12'40" : Daramy assisté de Maréchal
2-1 à 12'59" : Descrosiers
3-1 à 13'40" : Cyr assisté de Lafrancesca
3-2 à 14'02" : Prochazka
3-3 à 14'46" : Vigners assisté de Czubernat et Rouillard
4-3 à 21'10" : Cyr assisté de Molia (sup. num.)
4-4 à 35'49" : Vrielynck
5-4 à 38'49" : Lafrancesca assisté de Cyr et Wiart
5-5 à 43'39" : Prochazka assisté de Vrielynck et F. Sabatier
6-5 à 48'49" : Rousselin assisté de Grenier et Daramy (double sup. num.)
6-6 à 50'31" : J. Sabatier assisté de Desrosiers
6-7 à 62'10" : J. Sabatier