Grenoble - Caen (Ligue Magnus, 7e journée)

Grenoble se fait des frayeurs

2010-10-30-grenoble-caen5Après la claque reçue il y a une semaine à Rouen, les Brûleurs de Loups ont eu le temps de revoir leurs gammes pendant la semaine, ne disputant pas de match mardi vu qu'ils sont exclus de la coupe de France pour la deuxième saison consécutive. Une semaine de travail qui a aussi permis de retrouver un certain nombre de joueurs dans l'effectif : Maxime Moisand, Julien Baylacq et Raphaël Papa font tous les trois leur retour de blessure ce soir ce qui devrait permettre à Jean-François Dufour de bénéficier d'un peu plus de profondeur de banc. En revanche Elie Raibon a rejoint pour sa part Vincent Llorca et Jason Crossman à l'infirmerie. Quant à Joris Bedin, il a été laissé à la disposition des U18 Elite qui avaient un match important à disputer face à Angers.

Du côté caennais, la première victoire de la saison contre Villard-de-Lans est déjà un lointain souvenir. Les Drakkars restent sur trois contre performances dans des matchs pourtant à leur portée : une défaite 1-4 à Chamonix la semaine dernière face à un concurrent direct pour le maintien et surtout deux défaites en coupe de la Ligue et en coupe de France face aux deux leaders de la division 1 (Neuilly et Brest). Une élimination de la coupe de France à domicile mardi qui fait désordre et qui appelle une réaction ce soir à Grenoble. Pour l'occasion, les Drakkars seront toujours privés de leur attaquant américain Jeremiah Cunningham, blessé à l'entraînement en début de semaine et déjà absent contre Brest mardi.

2010-10-30-grenoble-caen1Visiblement avides de se racheter, les Brûleurs de Loups se ruent à l'attaque dès les premières secondes du match. Arnaud Goetz, de retour dans sa ville d'origine, se distingue par plusieurs arrêts déterminants. Soumis à un feu nourri de tirs grenoblois, il repousse tous les palets qui viennent jusqu'à lui même s'il laisse souvent des rebonds dont ne peuvent se saisir les attaquants isérois. Parmi les attaquants les plus en vue côté Brûleurs de Loups, on note Graham Avenel, très actif pour les retrouvailles avec ses anciens coéquipiers et pas loin d'ouvrir le score à plusieurs reprises en bonne position. La première pénalité du match est à l'actif d'Arnaud Goetz qui accroche au passage un attaquant grenoblois qui lui passait dans le dos. Les Brûleurs de Loups jouent très bien la supériorité numérique, seul un but manque au bout des deux minutes pour concrétiser les nombreux tirs grenoblois. Les Drakkars, mis en difficultés dans leur zone défensive, commettent des fautes et Vladimir Urban rejoint à son tour la prison, moins d'une minute après le retour sur la glace de Pierre Bennett. Un nouveau power-play est bien négocié par les locaux avec cette fois l'apport du géant Maxime Suzzarini, placé devant la cage pour masquer la vue du gardien. Mais de nouveau il manque la petite pointe de réussite pour prendre l'avance au tableau d'affichage. Après dix minutes de jeu, Arnaud Goetz a déjà eu beaucoup de travail et tient son équipe à flot.

2010-10-30-grenoble-caen3Caen semble laisser passer l'orage et se trouve même tout près de marquer lorsque Jonathan Duchesneau, en très bonne position devant le but, met le palet au dessus de la barre d'Eddy Ferhi. Un Ferhi sollicité et qui doit rester vigilant face aux contres adverses. Et c'est au moment où la pression grenobloise semble se relâcher que Maxime Moisand parvient à trouver la faille d'un tir plus placé que puissant qui passe au milieu d'une forêt de jambes pour déjouer Arnaud Goetz (1-0, 13'45"). Avec ce but, Grenoble valide enfin sa nette domination dans le jeu. Pourtant les Grenoblois se font peur en fin de tiers lorsque Gillet se fait sanctionner. Rouleau fait le ménage de manière un peu trop vigoureuse devant son but et le rejoint en prison douze secondes plus tard. Les Drakkars bénéficient d'une opportunité énorme de revenir à hauteur au score : 1'48" de double supériorité numérique alors que Grenoble est privé de deux défenseurs d'expérience. Mais heureusement pour Grenoble, Amar et Wallin sont toujours là et ils vont parfaitement gérer la situation en neutralisant des tentatives caennaies guères tranchantes et manquant surtout de vitesse pour créer des décalages. Les hommes de Jean-François Dufour s'en sortent finalement sans dommage et peuvent aller souffler au vestiaire avec ce maigre avantage d'un but.

Les Drakkars vont rapidement regretter de ne pas avoir tiré profit de leur avantage numérique. Dès le début de la seconde période, une charge d'Erwan Pain est sanctionnée. L'engagement en zone offensive suffit à Grenoble pour installer le power-play : Christophe Tartari s'avance sans opposition : son tir est habilement dévié par Matthieu Le Blond dans la lucarne, au grand dam d'Arnaud Goetz qui ne peut que constater les dégâts (2-0, 20'35"). Avec ces deux buts d'avance, les Brûleurs de Loups maintiennent leur emprise sur un match qui ne semble pas devoir leur échapper. Les Caennais, assez limités offensivement, peinent à trouver des solutions dans le bloc défensif grenoblois. Et ils commettent des fautes à l'image de Jérémie Romand, pénalisé pour un accrocher. Cette fois, la défense caennaise évite de se faire surprendre. La tension va alors monter d'un cran avec un premier accrochage entre Colotti et Lebey. M.Hauchart envoie les deux protagonistes se calmer en prison mais la tension restera palpable jusqu'à la fin du tiers. Les Drakkars essaient de se montrer dangereux sur contre-attaques. Sur l'une d'entre elle, un deux contre un échoue de peu, le palet revient rapidement dans les crosses grenobloises qui ramènent le jeu dans la zone caennaise. La défense des Drakkars tarde à se replacer : Ludek Broz en profite pour s'infiltrer, il butte sur Goetz mais Alexandre Rouleau vient terminer le travail au rebond (3-0, 31'29").

A ce moment du match, les Brûleurs de Loups semblent dérouler tranquillement face à une équipe de Caen quelque peu à la peine. Le match semble même déjà plié. Ludek Krayzel se fait pénaliser pour un accrocher logique après avoir perdu un palet. Une faute bête mais sans conséquence tant le power-play caennais manque de percussion dans ce match. Passées les deux minutes d'infériorité, les Grenoblois reprennent leur marche en avant. Sivic déboule en zone offensive, couche le gardien, fait le tour de la cage vide mais est incapable de remettre le palet au fond ou de trouver un partenaire démarqué face au but grand ouvert. L'hésitation du Slovène va coûter cher : les Caennais récupèrent le palet, partent en contre et Jonathan Duchesneau trompe Ferhi d'un palet déposé en lucarne (3-1, 35'06"). D'un 4-0 qui leur tendait les bras, les Dauphinois se retrouvent avec une avance réduite à 3-1... une action qui à elle seule pourrait être un tournant dans ce match. Et cette réduction du score rend les Grenoblois inexplicablement nerveux, à l'image de Ludek Krayel qui subit deux fautes consécutives assez grossières étonnamment non sanctionnées par M.Hauchart. Le Tchèque ira passer sa frustration sur Antti Urpo et se fera lui pénaliser sur l'action. Le manque de décision de M.Hauchart agace les joueurs et chauffe les esprits. Tommy Lafontaine et Alexandre Rouleau sont à deux doigts d'en venir aux mains peu avant le coup de sirène et les deux équipes regagnent le vestiaire dans un climat très tendu.

Au début de la troisième période, Caen, toujours en supériorité numérique, se remet à croire en ses chances. Jonathan Duchesneau remonte le palet à toute vitesse et déborde une défense grenobloise qui avait encore laissé un patin au vestiaire. Son centre en retrait pour Kévin Da Costa est impeccable et permet à ce dernier de réduire le score au moment où Krayzel revenait sur la glace (3-2, 40'19"). Un autre match commence avec des Brûleurs de Loups plus crispés qui se sont remis une pression inutile sur les épaules alors qu'ils avaient trois buts d'avance. Un tir suite à un engagement en zone offensive est tout près de surprendre Arnaud Goetz : le palet passe entre ses jambières et vient mourir sur le poteau. Goetz sauvé, symbole de la réussite caennaise depuis la mi-match. Les Drakkars, sans complexe, tentent plus et sont parfois assez proche d'une égalisation qui relancerait tout le match. Heureusement pour Grenoble, Mitja Sivic va enfin se montrer au bon moment : très discret jusqu'à présent, l'international slovène fait le tour de la cage et effectue un tir croisé en pivot à ras de glace qui trompe Arnaud Goetz (4-2, 49'14"). Une libération pour Sivic qui peine à trouver ses marques en ce début de saison et qui restait sur une longue période de doute sans marquer.

2010-10-30-grenoble-caen2Ce but assez heureux fait du bien aux Grenoblois qui paraissent plus sereins avec leurs deux buts d'avance. Mais Krayzel, toujours aussi nerveux et frustré, finit par dire ses quatre vérités à M.Hauchart qui l'envoie se calmer dix minutes en prison. Les coéquipiers de Baptiste Amar vont se contenter de bien gérer leur avance lors des dix dernières minutes. Une pénalité de Da Costa leur donne même un peu plus d'air à trois minutes de la fin. Avant que Ludek Broz ne prenne le relai de Krayzel côté nervosité en s'expliquant avec Tommy Lafontaine. Bertrand Pousse tente quand même le coup et demande un temps mort à 1'21" de la fin. Le bon pressing grenoblois retarde la sortie de son gardien. Goetz finit par sortir avec trente-deux secondes à jouer. Insuffisant pour espérer marquer deux buts alors que Grenoble est tout près d'en inscrire un cinquième mais le malheureux Sivic trouve le poteau face à la cage vide, preuve que son but ne lui a pas encore permis de retrouver pleinement la confiance qui le fuit depuis le début de saison.

Cette rencontre ne restera dans doute pas dans les annales mais le principal pour Grenoble était de se rassurer après la déroute face à Rouen et de récupérer les deux points de la victoire pour ne pas se laisser distancer au classement. Mission en partie accomplie donc même si la victoire fut bien moins flamboyante que face à Briançon et Morzine. La faute à un relâchement coupable au deuxième tiers-temps qui a permis à Caen de revenir dans la partie, rendant ainsi le succès bien moins confortable qu'attendu alors que le score était de 3-0. Une fois encore, Grenoble a pu compter sur un bon Ferhi et sur un Rouleau de nouveau buteur pour faire la différence. Sivic a débloqué le compteur mais a encore beaucoup de mal à peser sur le jeu comme il pouvait le faire par le passé. Quant aux Tchèques, plutôt nerveux ce soir, ils n'ont pas eu leur rendement habituel. On retiendra en revanche la sérénité d'Amar et Wallin en défense, les deux arrières montant en puissance depuis le début de la saison. Mais l'ensemble reste encore fragile et demande confirmation lors des deux déplacements la semaine prochaine à Chamonix.

Caen repart de l'Isère avec une défaite honorable et aurait même pu espérer mieux à un moment du match. Arnaud Goetz a réalisé une prestation très contrastée : parfois infranchissable lorsqu'il est bombardé malgré de nombreux rebonds laissés, parfois fébrile et pas toujours irréprochable avec deux buts encaissés sur des tirs relativement faibles sans oublier le but casquette qu'il a été à deux doigts d'encaisser en laissant glisser le palet entre ses jambières. Pour le reste, on saluera la performance défensive d'ensemble des Caennais qui ont bien résisté au premier tiers avec une défense assez compacte et agressive sur le porteur du palet. L'absence de Cunningham a certainement pénalisé l'attaque caennaise qui a manqué de percussion, à l'exception d'Erwan Pain qui se démène comme un beau diable et n'hésite pas à aller au contact et de Jonathan Duchesneau, décisif sur les deux buts caennais. Les Drakkars ont maintenant une semaine pour se préparer à la réception d'Epinal, très importante en vue du maintien.

Désignés meilleurs joueurs du match : Alexandre Rouleau (Grenoble) et Jonathan Duchesneau (Caen)

(photos www.hockey-passion.com)


Commentaires d'après-match (d'après Le Dauphiné Libéré) :

Alexandre Rouleau (défenseur de Grenoble) : "On sentait que la pression était sur nous. On ne pouvait pas ne pas être à 100%. Mais même s'ils sont revenus à 3-2, on n'a pas eu peur. On est resté confiants dans nos moyens. On regarde le classement du coin de l'oeil, c'est sûr. Ces deux points, c'est important pour nous."

Maxime Moisand (défenseur de Grenoble) : "Ca fait plaisir [de marquer]. Mais je remarque qu'il me manque encore pas mal d'entraînements, du physique. J'ai besoin de matchs pour retrouver l'intensité, le rythme."

 

Grenoble - Caen 4-2 (1-0, 2-1, 1-1)

Samedi 30 octobre à 20h à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3500 spectateurs
Arbitrage de Alexandre Hauchart assisté de Gwilherm Margry et Frédéric Peurière

Pénalités : Grenoble 24' (4', 8', 2'+10'), Caen 16' (4', 8', 4')
Tirs cadrés : Grenoble 39 (16, 8, 15), Caen 26 (7, 13, 6)

Évolution du score :

1-0 à 13'45" : Moisand assisté de Krayzel et Avenel
2-0 à 20'35" : Le Blond assisté de Tartari et Gillet (sup. num.)
3-0 à 31'29" : Rouleau assisté de Broz
3-1 à 35'06" : Duchesneau assisté de Gomane
3-2 à 40'19" : Da Costa assisté de Duchesneau et Vigier
4-2 à 49'14" : Sivic assisté de Tartari et Amar

Grenoble

Gardien : Eddy Ferhi.

Défenseurs : Baptiste Amar (C) - Alexandre Rouleau (A) ; Viktor Wallin - Maxime Moisand ; Rémi Colotti - Aymeric Gillet.

Attaquants : Mitja Sivic - Christophe Tartari (A) - Mathieu Le Blond ; Ludek Krayzel - Ludek Broz - Graham Avenel ; Julien Baylacq - Loup Benoît - Nicolas Arrossamena ; Raphaël Papa ; Maxime Suzzarini.

Remplaçants : Sébastien Raibon (G), Jules Breton. Absents : Joris Bedin, Elie Raibon (blessé à l'épaule), Jason Crossman (blessé à l'épaule), Vincent Llorca (blessé à la main).

Caen

Gardien : Arnaud Goetz (sorti à 59'28").

Défenseurs : Samuel Gibbons - Tommy Lafontaine (C) ; Antoine Vigier - Aziz Baazzi ; Vladimir Urban - Alexis Gomane (A).

Attaquants : Antti Urpo - Erwan Pain - Jonathan Avenel (A) ; Jonathan Duchesneau - Kévin Da Costa - Jérémie Romand ; Julien Lebey - Pierre Bennett - Charles Geslain.

Remplaçants : Clément Fouquerel (G), Udo Marie, Raphaël Mazié. Absents : Jeremiah Cunningham (blessé), Olivier Vandecandelaere.