Brest - Montpellier (Division 1, 8e journée)

Brest à l’arraché !

AGNEL_Fabrice-101009-538Ce sont des Vipers peu en confiance qui débarquent au Rïnkla Stadium après cinq défaites consécutives. Tout le contraire de leur adversaire toujours invaincu depuis le début de saison. À ces mauvais résultats s’ajoutent le départ pour Villard-de-Lans d’Antti Pusa, la suspension de Joshua Boileau pour 2 mois, et la blessure de Quentin Garcia.

Cependant du côté brestois tout n’est pas au beau fixe non plus. L’entraîneur André Péloffy est toujours convalescent, Ansell n’est toujours pas rentré du Canada, Volkov et Gauthier sont blessés. Pour palier à ces problèmes Sébastien Oprandi assure l’intérim pour le coaching tandis que Clément Gonzales a été rappelé de la réserve. Les deux équipes sont donc amoindries, mais le banc héraultais en souffre moins. L’équipe des Vipers, malgré ces absences, alignent trois blocs complets, ce qui n’est pas le cas des Brestois.


Des Albatros timorés

Brest se fait sanctionner d’entrée de jeu par le corps arbitral. Ballet va au cachot après 27 secondes tandis que Holik y est fort justement envoyé pour 4 minutes quelques instants plus tard suite à une crosse haute sur Danilics (4’25’’). Les Vipers seront à leur tour sanctionnés mais les Brestois n’en profiteront pas plus que leurs homologues...

L’impression générale de ce début de match n’est pas terrible du côté breton. S’il est normal de ne pas vraiment créer de jeu en infériorité numérique, cela est plus surprenant à 5 contre 5 et surtout en supériorité numérique. Face à la justesse du banc qui provoque des perturbations sur les lignes et leurs ententes, les joueurs locaux semblent un peu « à côté de leurs patins ». Les attaques sont plus molles et bien moins construites qu’à l’accoutumée. Les joueurs semblent à l’économie, surtout pour les lignes défensives qui tournent à 4 joueurs seulement ! Dur dur pour le physique.

Montpellier se rend bien compte que les Albatros ne sont pas dans un bon jour et croit de plus en plus en ses chances. Le duo Danilics-Zbriger affole une première fois la défense adverse en infériorité numérique sur un contre rondement mené mais Macrez s’interpose avec sa jambière (9’20’’). Zbriger fait ensuite parler sa technique en s’infiltrant dans la défense brestoise mais il expédie le palet au-dessus.

La domination est clairement visiteuse pour cette fin de première période. Landry Macrez est mis sur le grill mais s’en sort efficacement à l’image d’un arrêt extraordinaire sur Chauvière qui avait la cage grande ouverte. L’ancien gardien lyonnais se couche sur la glace et réalise l’arrêt on ne sait trop comment (14’53). Le pressing sudiste est enfin récompensé après un cafouillage devant la cage bretonne. C’est Tanaka qui pousse un rebond laissé par Macrez au fond de la cage (0-1 à 15’10’’). Billard peut même doubler la mise en supériorité numérique en bénéficiant d’un shoot ouvert mais il n’est pas cadré (17’27’’). Montpellier est la première équipe du championnat à remporter un tiers-temps face à Brest.

Vent de révolte sur le Rïnkla

Les Albatros reviennent sur la glace avec de meilleures intentions. Serge Toukmatchev, peu efficace sur la première ligne, échange de position avec Tristan Lemoine sur le troisième bloc. Les Albatros mettent la pression sur la cage adverse d’entrée. Ballet envoie un tir mal capté par Agnel qui ricoche sur la barre transversale (20’20’’) puis le portier héraultais sort sa mitaine face à Vorobel (22’07’’).

Brest pousse bien plus qu’en première période mais il reste du déchet dans le jeu brestois. Pour remédier à cela plusieurs joueurs locaux cherchent la solution sur des percées individuelles (Hennebert et Dian par exemple). Un symptôme éloquent d’un manque de jeu collectif. Montpellier tient le coup et cherche le contre. Fournier part en échappée à la stupeur des spectateurs, mais il échoue face à Macrez (28’).

Brest montre des signes d’agacements à l’image d’un Holik qui enguirlande Toukmatchev (31’). Les pénalités pleuvent en leur défaveur et peu à peu on sent une colère monter dans les gradins. Signe de fébrilité locale, les Albatros sont victimes d’un surnombre. Tournant à quatre défenseurs (Gonzales n’obtient qu’un temps de jeu très sporadique) ils vont en perdre deux de plus. Holik écope d’un 2’+10’ (33’23’’) et Vorobel le rejoint quelques instants plus tard pour faire trébucher (33’59’’). Cette dernière pénalité est très litigieuse, un joueur des Vipers ayant exactement fait le même geste sur Prosvic quelques secondes auparavant sans être inquiété par les arbitres. C’en est trop pour la foule qui « explose » de colère.

Les spectateurs, plutôt calmes jusqu'à présent, vont en effet crier leur mécontentement face à ces décisions arbitrales très hasardeuses. C’est un véritable vent de révolte rarement vu qui souffle dans les gradins du Rïnkla. L’arbitre en chef Juret est copieusement conspué. Les supporters locaux réagissent par des encouragements très fournis des envers leurs joueurs. Bien qu’à 3 contre 5 les Albatros semblent regonflés à bloc par ce vacarme dans la patinoire aux cris des « Albatros Albatros ! » et autre « Ici c'est Brest ». Ils vont alors se faire justice en tuant admirablement ces pénalités.

BRAKSS_Janis-101009-411Le match dégénère un peu plus lorsque Dian en se dirigeant vers la cage adverse trébuche et entraîne avec lui dans sa chute de manière bien involontaire le gardien Agnel. Brakss n’apprécie pas du tout et agresse littéralement Dian. L’arbitrage n’est plus à une incohérence près et donne un 2’+2’ à Dian et seulement 2’ pour Brakss (36’02’’). L’ambiance est survoltée face à cette nouvelle décision litigieuse. Poussé par la foule, Brest tient une nouvelle fois héroïquement en infériorité avec un Macrez extraordinaire auteur de deux très beaux arrêts consécutifs sur Delisle et Zbriger (36’).

Galvanisés par la foule qui joue parfaitement son rôle de sixième homme, les Albatros repartent à l’assaut du but adverse une fois revenus au complet. Sur un jeu en triangle entre Gascon, Motreff et conclu par Petricko ils égalisent (1-1 à 38’48’’). Un but qui tombe à pic en cette fin de tiers à l’ambiance explosive.

Les Vipers tiennent la marée

Bien décidé à tenir le score pour repartir avec au moins un point, Montpellier joue la prudence dans ce dernier tiers en évitant à tout prix de commettre des erreurs. Les Vipers laissent venir leurs adversaires et cherchent à procéder en contre. La domination est largement brestoise mais malgré un léger mieux le collectif reste bien en deçà des performances habituelles. L’efficacité offensive habituelle n’est pas au rendez-vous ce soir. Prosvic envoie au-dessus un palet pourtant idéalement mis en profondeur par Dian (44’). Puis Petricko et Lemoine mettent le feu sur la cage d’Agnel (47’) mais ce diable de palet ne veut pas rentrer.

Le pressing brestois est de tous les instants. On pense que Brest prend l’avantage lorsque Dian envoie le palet sous la barre. La rondelle ressort aussi rapidement qu’elle est rentrée sans bruit métallique mais Monsieur Juret, bien placé, n’indique pas but. Agnel est ensuite sauvé par sa cage qui bouge au bon moment face à Lefebvre qui avait la cage grande ouverte (52’).

Montpellier ne fait pour l’essentiel que défendre et rentre rarement en zone offensive adverse. Tout juste une mitaine de Macrez est à signaler sur Croz (52’30) dans cette période dépourvue de pénalités. Est-ce une compensation du corps arbitral après un deuxième tiers où il a sifflé à tout va ? Toujours est-il que le temps défile et que les Vipers tiennent bon jusqu’à la fin du temps réglementaire.

Lefebvre en héros

Une prolongation au Rïnkla stadium, voilà qui n’est pas commun. De mémoire cela n’était pas arrivé depuis la saison 2003-2004 en Super 16 lors d’un match Brest-Mulhouse. La domination locale se poursuit tout au long de la prolongation. Elle se traduit essentiellement sur des exploits personnels. Vorobel dribble à lui seul quasiment toute l’équipe adverse mais son revers est mal ajusté et passe à côté (63’30’’). L’ambiance est électrique et vibre tout autant une minute plus tard lorsque Dian dribble lui aussi l’ensemble de ses adversaires, mais il échoue lui aussi sur la conclusion (64’40’’).

Le but de la délivrance intervient au moment où la foule s’attend à assister à la loterie des tirs au but. Alors qu’il ne reste qu’une poignée de secondes, Lefebvre récupère un palet expédié par Gascon derrière la cage. L’attaquant français contourne le but et propulse la rondelle au-dessus de l’épaule gauche d’un Agnel masqué (2-1 à 69’59’’). La patinoire exulte dans une ambiance euphorique jamais atteinte pour un match de saison régulière. Le banc brestois se rue vers le héros du soir tandis que les Montpelliérains sont abattus sur la glace par ce but inscrit à 1 seconde 3 dixièmes de la fin de la prolongation !

Une fin de match digne d’un scénario hollywoodien dans une ambiance indescriptible. Les deux équipes sortent sous les vivas de la foule. Quelle communion avec le public ! L’ambiance est digne d’un match de play-off. Cerise sur le gâteau les joueurs brestois font une photo de groupe avec Miss Bretagne 2011, brestoise d’origine.

Les Vipers sont déçus par l’issue du match mais ils repartent avec un point mérité. Ils ont su profiter d’une équipe brestoise en méforme et ensuite tenir efficacement en défense. Certes c’est une nouvelle défaite par un but d’écart (la sixième de rang) mais elle est encourageante et montre que cette équipe mérite mieux qu’une septième place.

Pour les Brestois la fin de match euphorique fait quelque peu oublier une prestation en demi-teinte au niveau du jeu créé. Les Albatros ont trop cherché à s’en sortir par des solutions individuelles, un péché de la saison dernière qu’on aimerait ne pas se voir reproduire. Les raisons à cela peuvent être multiples : une équipe qui commence peut-être à souffrir de l’absence de son entraîneur, des lignes perturbées par les absences, un banc court qui use le physique de courageux défenseurs au temps de jeu démentiel… Ce qui est sûr c’est que l’équipe a encore fait preuve d’un incroyable caractère et a su aller chercher les deux points avec son cœur.

 

Brest – Montpellier 2-1 a.p. (0-1, 1-0, 0-0, 1-0)
Samedi 06 novembre 2010 à 18h40 au Rïnkla Stadium. 807 spectateurs.
Arbitrage de Thibaud Juret assisté de Florian Tocqueville et Charlotte Girard.
Pénalités : Brest 30' (8', 12'+10’, 0'), Montpellier 10' (6', 4', 0’).
Évolution du score :
0-1 à 15’10’’ : Tanaka assisté de Brakss et Billard
1-1 à 38’48’’ : Petricko assisté de Motreff et Gascon
2-1 à 69’59’’ : Lefebvre assisté de Gascon et Vorobel


Brest

 Gardien : Landry Macrez.

Défenseurs : Vladimir Holik – Francis Ballet ; Slavomir Vorobel – David Hennebert ; Clément Gonzales.

Attaquants : Matus Petricko – Martin Gascon (C) – Serge Toukmatchev (Lemoine à 20’) ; Alexandre Lefebvre – Jaroslav Prosvic (A) – Michal Dian ; Nelson Vargas Dias – Nicolas Motreff (A) – Tristan Lemoine (Toukmatchev à 20’ puis Jérémy Cormier à 40’).

Remplaçant : Pierre Pochon (G). Absents : Nathan Ansell (retour au Canada), Aleksei Volkov, Sébastien Gauthier (blessés).

Montpellier

Gardien : Fabrice Agnel.

Défenseurs : Juhani Kaisjoki – François Delisle ; Janis Brakss – Yohan Orsoni ; Ivan Bohin.

Attaquants : Valérian Croz – Mike Zbriger – Raimonds Danilics ; Sébastien Aris (A) – Yoann Chauvière (A) – Quentin Fournier ; Cale Tanaka – Alexis Billard (C) – Quentin Guineberteau.

Remplaçants : Thibault Saez (G), Martin Barnay. Absents : Joshua Boileau (suspendu), Quentin Garcia (blessé).