Viry-Châtillon - Amnéville (Division 2, poule B, 6e journée)

Difficile retour à la D2

FrachonThomasLes équipes de division 1 peuvent parfois être tentés de prendre de haut la D2 : elles se fondent sur leurs souvenirs d'une division de faible compétitivité, sans rythme et sans discipline de jeu. Ce qu'elles ne savent pas forcément, c'est que la D2 a évolué entre-temps et qu'elle devient de plus en plus sérieuse. Les relégués de D1 n'ont donc pas la partie facile : Viry-Châtillon s'en était rendu compte l'an passé, et cette année c'est au tour d'Amnéville de s'en rendre compte.

Les Mosellans restent sur une fessée (2-10) à domicile contre Lyon. Les Jets, eux, viennent de subir deux courtes défaites frustrantes. Avec quatre points en cinq journées, ils partagent au classement une position ambiguë qui deviendra franchement inconfortable en cas de défaite.

Anthony Kodyjasz, qui avait effectué une rentrée en douceur la semaine passée, est placé cette fois en première ligne et place une accélération sur l'engagement pour un premier tir. Un exemple de la bonne dynamique qui semble engagée à Viry en ce début de match. Contrairement au dernier match à Meudon, les défenseurs tournent à six et non plus à quatre, ce qui devrait faciliter le maintien de la vigilance sur soixante minutes.

Cette bonne impression est confirmée par l'utilisation de la première supériorité numérique, pour un surnombre d'Amnéville : David Layne tire dans le cercle droit puis prend son rebond dans l'axe face au gardien au sol (1-0, 05'59").

L'occasion d'égaliser est tout de suite donnée à Amnéville, qui joue 53 secondes à 5 contre 3. Les défenseurs lorrains s'appuient beaucoup sur Lukas Hanzal côté gauche, qui dispose d'une vitesse d'exécution intéressante. Mais son tir direct est paré par Marcon et ses passes fortes dans le slot ne trouvent pas preneur.

Le match est engagé, avec de bonnes mises en échec de part et d'autre. Les charges de Viry sont parfois moins dans le tempo du jeu et se font alors siffler. C'est le cas de celle de Costes, qui part en prison pour obstruction. Amnéville finit par concrétiser un jeu de puissance : Stepan Klimec trouve Filip Krahulec près de la cage qui contourne facilement le gardien (1-1, 16'14"). C'est ensuite au tour de Martin Tkac d'être sanctionné pour une obstruction en zone offensive sur Kerneis. Viry reste installé pendant 1'47" sans trouver l'ouverture. Le gardien Michal Stierenka ne lâche pas de rebonds sur deux lancers puissants de la bleue de Kerneis et Dugas.

LayneDavid2Abattus au sifflet

Sur ce premier tiers-temps, Viry-Châtillon semble capable de prendre la mesure de son adversaire. Mais cela fait deux semaines que l'on a cette impression après vingt minutes, et qu'elle ne se confirme pas. Ce qui a gêné les Jets dans leur emprise sur le match, ce sont les pénalités.

Une minute avant la pause, Thomas Frachon s'est fait sanctionner pour une "obstruction" sur un attaquant qui avait perdu le palet et l'équilibre sur un virage trop brusque devant la cage (19'03"). Viry remonte donc sur la glace à quatre, et Alexis Gautron va au pressing en zone offensive... où il se fait pénaliser pour retenir. "À un moment il faut arrêter", s'exclame Olivier Monneau sur son banc. Killian Dufaut doit être moins poli : le seul joueur de réserve du banc virois purge une méconduite (20'20").

Amnéville est donc à 5 contre 3, s'installe... et l'arbitre lève le bras pour une obstruction de Guillaume Jeannette qui a poussé un adversaire loin de l'enclave ! Viry encaisse le choc... et le but ! Un lancer rasant de Hanzal (1-2, 20'43"). Selon les nouvelles règles, la pénalité différée est appliquée et la pénalité la plus ancienne est annulée, ce qui promet presque deux minutes de plus pour Viry à trois. Les sifflets ont rendu tous les Jets amorphes, et un tir de la bleue de Hanzal glisse dans un espace étonnant entre Marcon et son poteau (1-3, 21'05").

Tout juste revenu sur la glace, Gautron retourne au pressing en zone offensive... et reprend une pénalité ! Pire, le second arbitre siffle en même temps un cinglage de Kerneis (21'42"). Geoffroy Marcon cafouille le palet sur un tir anodin de la bleue de Marek Bais, comme s'il s'agissait d'une savonnette que seul Mathieu Veres maîtrise (1-4, 21'51"). Antoine Thomas est sanctionné pour une obstruction sur le gardien virois, et à 4 contre 3, Veres marque d'un beau lancer dans le haut du filet (1-5, 22'38").

Marcon, excédé, écope d'une méconduite et est remplacé par Nicolas Cargou. Celui-ci connaît le même sort, quand Arnaud Disnard sert un caviar à Klimec dans une cage grande ouverte (1-6, 23'19"). Agacé d'abord envers lui-même de sa faute de marquage, David Layne charge le buteur en retard. Donc, nouvelle supériorité numérique, et donc, nouveau but, toujours un tir de la bleue (1-7, 24'48"). Six buts en cinq minutes, voilà de quoi assommer n'importe quelle équipe.

Peut-on oublier et redémarrer ?

Vient le temps où, comme on pouvait s'y attendre, les coups de sifflet changent de camp. Viry passe en avantage numérique, mais Hanzal intercepte le palet à la ligne bleue devant Layne et s'échappe. Cargou réussit son poke-check, mais Kerneis est sanctionné pour avoir accroché l'attaquant : tir de pénalité... dans les bottes du gardien (25'36"). Les Jets bénéficient au total de trois pénalités de suite. Deux d'entre elles se recoupent légèrement pendant deux secondes. Un piège : Amnéville gagne l'engagement et Hanzal envoie le palet à Tkac qui sort de prison et peut donc battre tranquillement Cargou en un contre un (1-8, 29'26").

Encore "heureux" que Klimec et Tkac aient raté totalement leurs breaks en infériorité : cela pourrait déjà faire 1-10... En fait, il suffit d'attendre la pénalité suivante, une charge incorrecte sifflée contre Kerneis. Hanzal feinte le lancer et sert Antoine Thomas entre les cercles pour une déviation à ras glace (1-9, 34'44").

MarconGeoffroyPour la troisième période, Marcon reprend place dans les cages. Viry feut faire comme si rien n'avait existé et comme si l'on pouvait redémarrer un nouveau match. On aura au contraire une impression de déjà-vu : Viry joue à 3 contre 5 en permanence, et Amnéville ne se casse pas la tête en jeu de puissance : il suffit de tirer de la bleue et ça rentre tout seul, avec rebond si besoin. Score final : 1-13. Les joueurs d'Amnéville se congratulent alors que leur entraîneur considère avec circonspection cette large victoire dont son équipe a hérité trop facilement.

Le paradoxe est qu'on a assisté pendant vingt minutes à un vrai match, qui s'annonçait serré, prometteur et intéressant. Ensuite, l'équipe de Viry a été détruite psychologiquement par des sanctions arbitrales qui n'ont pas fait preuve de la moindre aménité. On a rarement vu une telle avalanche de pénalités s'abattre en si peu de temps sur des joueurs qui n'ont pas eu d'intentions méchantes ni de vilains gestes.

Dans un tel contexte, on a souvent vu une formation péter les plombs, ou alors le public. Pas de danger, les tribunes avaient rarement été aussi vides qu'en cette triste soirée pluvieuse d'automne. Les Jets, eux, n'ont pas eu de mauvaise réaction, mais la vérité est qu'ils n'ont pas eu de réaction du tout. Choqués, paralysés, ils ont lâché prise et ont ensuite livré un non-match complet.

Seule la rentrée de joueurs frais mentalement aurait pu permettre à Viry de réagir, mais ils n'étaient pas là car le banc était raccourci ce soir.

Commentaires d'après-match

Olivier Monneau (entraîneur de Viry) : "Honnêtement, je n'ai jamais vu ça. On ne pouvait pas lever le petit doigt. C'était un cataclysme, une déferlante de pénalités. C'était déstabilisant, je suis abasourdi. Même à 1-4, à 1-7, les mecs étaient volontaires. Oui, il y a eu des pénalités méritées, parmi d'autres inexistantes. Après, la période où on a des powerplays sans mettre de buts, c'est de notre responsabilité à nous tous. [...] J'avais essayé de resserrer l'effectif pour dynamiser les choses, mais je n'avais pas prévu que ça pourrait se terminer comme ça."

Lubomir Pichonsky (entraîneur d'Amnéville) : "On a bien joué à 5 contre 4 et 5 contre 3. On a marqué quatre ou cinq buts de suite et ça a cassé le match. On gagne là-dessus et sur la discipline. La semaine dernière contre Lyon, on a mal joué défensivement et on a pris quatre buts en quatre minutes, c'était pareil. J'espère que ce match fera du bien à notre équipe très jeune, où le plus âgé a 27 ans."

 

Viry-Châtillon - Amnéville 1-13 (1-1, 0-8, 0-4)
Samedi 6 novembre 2010 à 20h30 à la patinoire des Lacs. 120 spectateurs.
Arbitrage de Fabien Linek et Frédéric Massé.
Pénalités : Viry 62' (10', 12'+10'+10', 10'+10'), Amnéville 24' (10', 14', 0').
Tirs : Viry 26 (14, 10, 2), Amnéville 48 (9, 8+15, 16).
Évolution du score :
1-0 à 05'59" : Layne assisté de Kodyjasz et Marouillat (sup. num.)
1-1 à 15'35" : Krahulec assisté de Klimec et Disnard (sup. num.)
1-2 à 20'43" : Hanzal (double sup. num.)
1-3 à 21'05" : Hanzal assisté de Veres (double sup. num.)
1-4 à 21'51" : Veres assisté de Bais (double sup. num.)
1-5 à 22'38" : Veres (sup. num.)
1-6 à 23'19" : Klimec assisté de Disnard et Bais
1-7 à 24'48" : Klimec assisté de Krahulec et Bais (sup. num.)
1-8 à 29'36" : Tkac assisté de Hanzal (inf. num.)
1-9 à 34'44" : Thomas assisté de Hanzal et Dutkovic (sup. num.)
1-10 à 42'32" : (double sup. num.)
1-11 à 43'03" :
1-12 à 49'24" : (double sup. num.)
1-13 à 51'10" : (sup. num.)


Viry-Châtillon

Gardien : Geoffroy Marcon [remplacé par Nicolas Cargou de 22'38" à 40'00"].

Défenseurs : Yvan Kerneis (C) – Guillaume Jeanette ; Romain Costes - David Layne ; Thomas Frachon - Bertrand Danton.

Attaquants : Alexis Gautron - Kévin Dugas (A) - Anthony Kodyjasz ; Loïc Lemoine - Mickaël Denis (A) - Mickaël Marouillat ; Karl Gilbert - Antoine Cohen - Felix Chougui ; Killian Dufaut.

Absents : Giovanni Lelièvre (luxation de l'épaule), Virgil Ponticelli (raisons professionnelles), Benjamin Aubry, Éric Blossier, Mehdi Belhassen, Gautier Rauline (non alignés).

Amnéville

Gardien : Michal Stierenka.

Défenseurs : Martin Tkac - Lubomir Dutkovic (A) ; Nicolas Biasion - Marek Bais.

Attaquants : Lukas Hanzal - Antoine Thomas (A) - Mathieu Veres ; Stepan Klimec - Arnaud Disnard (C) - Filip Krahulec.

Remplaçants : Vincent Carmé (G), Mathieu Munch, Adrien Maurer, Julius Koval, Franck Stroppolo, Jérémy Tisselin, Charly Aubry.