Wasquehal - Dunkerque (Division 2, poule A, 6e journée)

Un derby au sommet

2010-11-06-wasquehal-dunkerque

Une fois n'est pas coutume, Wasquehal s'apprête à recevoir Dunkerque alors que les deux formations sont provisoirement installées sur le podium de la Division 2, même si Annecy peut mathématiquement, à la faveur d'un match en retard, contester ce classement. Forts d'une trentaine de buts, les Lions abordent le derby dans l'idée de mettre à mal une défensive menée de main de maître par Marc-André Martel et ses deux récents blanchissages (le dernier partagé avec Pierrick Boudot).

Mais il convient aussi pour les représentants de la Métropole de canaliser les assauts de Corsaires déterminés à préserver leur invincibilité en même temps que leur suprématie sur le hockey régional. Pour les y aider, les habitués de la patinoire Michel Raffoux sont venus en nombre envahir la petite enceinte de la banlieue lilloise. Avant même le début de l'échauffement, aucun siège n'est libre et certains doivent prendre de la hauteur pour éviter de suivre les débats collés au plexi.

Ricky Helmbrecht aurait aimé connaître cette chaude ambiance. Toutefois, les incontournables formalités administratives obligent la recrue américaine à prendre place derrière le banc de Wasquehal. Il aurait été bien utile pour s'opposer à François Rozenthal, le premier à employer Chardon d'un lancer puissant après contrôle et d'un tir croisé bien négocié par le portier des Lions.

Wasquehal réagit par Frédéric Nilly, à l'affût d'un palet perdu à la ligne bleue, puis sur un tir en hauteur, mais pas plus l'entraîneur-joueur que Nicolas Hamoudi, de plus loin, ne parviennent à tromper Marc-André Martel. Alors que leur danger numéro 1 François Rozenthal est contré par Haramis, un avis de tempête plane sur la tête des Corsaires lorsque Clément Thomas est le premier à subir les foudres du corps arbitral.

chabot_simonToutefois, Martel n'a à subir qu'un lancer puissant de Mathieu Mille, et c'est au tour d'Adam Haramis de regagner le banc de la prison... avant de commettre une deuxième faute en moins de deux minutes trente. Le jeu de puissance des Maritimes génère plus de danger, et Petr Zich, servi entre les deux cercles d'engagement, inquiète Fabien Chardon, contraint de laisser échapper un rebond, sans conséquences dommageables. Sur le moment, car l'autre recrue défensive de l'été, Simon Chabot, prépare un lancer précis à mi-hauteur de la gauche (0-1 à 13'26").

François Lenière-Piquet a beau se démener pour provoquer une faute dans la défense de son club formateur, Martel demeure imperturbable, au contraire de son homologue wasquehalien, sonné sur une accélération de Jiri Hanzal à l'issue de laquelle son masque est violemment percuté par une crosse (18'28"). Heureusement pour lui, Fabien Chardon se relève et voit ses équipiers reprendre des couleurs.

Au retour des vestiaires, une accélération de Thomas Fauchart, déséquilibré par Clément Thomas, est à l'origine du troisième avantage numérique des bleus. La pression se fait nettement plus intense sur la cage dunkerquoise, dont la défense a du mal à se donner de l'air. Toutefois, le sacrifice de certains et le bon positionnement d'autres aide Marc-André Martel, notamment lorsque Mickaël Bardet se retrouve en bonne position sur un rebond, avant que l'étau ne se referme sur lui. Les Corsaires annihilent ce nouveau jeu de puissance, mais sont débordés, à l'image de Grégory Dubois, par Lionel Wiotte, qui sert parfaitement Edmond Chan au centre (1-1 à 23'35").

Incapables de profiter à leur tour d'une faute de leur ancien défenseur Benjamin Louf, les Maritimes s'en remettent à François Rozenthal pour accélérer entre deux défenseurs et employer Fabien Chardon, bien en place. Wasquehal, sur la lancée de ce début de tiers convaincant, paraît en mesure d'enfoncer le clou comme il l'a souvent fait depuis le début de saison, face à des visiteurs plus timorés. Mais, comme le dit l'une des célèbres chansons du Carnaval, "on dit qu'Dunkerque est mort..." et il ne faut que trente et une secondes aux hommes de Marc Leroux pour assommer leurs voisins.

Mathieu Mille puni pour une charge trop virulente, Clément Thomas prend ses responsabilités, lance en force vers le but de Fabien Chardon, qui ne peut que repousser le disque, repris victorieusement par Petr Zich, décidément très porté sur l'offensive (1-2 à 29'40"). À peine l'engagement effectué, un palet envoyé au fond surprend la défense locale, Chardon compris, mais pas Benjamin Turpin, qui venait de faire son entrée, et qui se montre opportuniste devant la cage grande ouverte (1-3 à 30'11").

Dunkerque conforte sa position

Ce coup du sort oblige Frédéric Nilly à quémander un temps mort. Il fait alors entrer en jeu le gardien Julien Peyre, sous les applaudissements d'une partie du public reconnaissante envers ses longues années passées sous le maillot arborant à l'époque les deux sabres. Il se rappelle ainsi au bon souvenir de ses anciens partenaires sur un coup de force de Houque, insaisissable pour une défense saisie par le doute, et surtout par un bon placement devant Dubois, qui voit sa reprise échouer juste devant la ligne de but. Peyre conserve la marque intacte à la fin du tiers face à une première ligne déchaînée et relayée par les défenseurs Derepper et Chabot, dont les lancers lointains sont détournés.

Encore très à l'aise, Jiri Hanzal sera l'un des acteurs majeurs du dernier tiers. Il sème tout d'abord Hugo Picard pour venir à son tour se heurter au dernier rempart. Plus tard lancé par François Rozenthal, il feinte Peyre, contourne la cage mais ne peut surprendre la défense repliée à temps. Enfin, à la suite d'une énième accélération de son capitaine, contré, il fait preuve de sang-froid dans le dernier geste pour éviter le gardien (1-4 à 50'17").

C'en est trop pour Frédéric Nilly, auparavant déjoué dans une position idéale par un déplacement rapide de Marc-André Martel, et trop véhément à l'issue d'une prison appelée envers Lionel Wiotte. Sans leur mentor, renvoyé prématurément aux vestiaires, les Lions sont un peu plus désarmés, malgré les efforts de Mille, dont le tir tendu de la bleue est bien capté par le gant de Martel, et Bardet, encore privé d'un rebond dangereux par un retour en catastrophe de Dubois.

Comme un symbole, Wasquehal jette toutes ses forces dans les dernières minutes, place Mickaël Bardet derrière la cage, Lionel Wiotte dans l'enclave et Mathieu Mille en embuscade, sans succès face à une équipe dunkerquoise très disciplinée défensivement et appliquée à épargner un portier toujours aussi solide.

Les Corsaires reprennent la direction de la Cité de Jean Bart forts d'une sixième victoire de suite, acquise à l'issue d'une rencontre plutôt bien menée, hormis un passage à vide au deuxième tiers. Wasquehal attendra encore pour remporter le derby...

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Commentaires d'après-match

Marc-André Martel (gardien de Dunkerque) : "Ce match était spécial du fait des nombreuses amitiés entre les deux camps, mais il nous fallait imposer notre style. Wasquehal marque beaucoup et les limiter à un but est très bien pour nous. C'est le fruit de tout un travail d'équipe. La défense est bonne, sérieuse, et sur les quelques lancers où ma vue était masquée, elle a su être la première sur le rebond. Mais le hockey se joue à cinq dans chaque zone et les attaquants font aussi un gros boulot. Je ne suis pas surpris par ce début de saison car nous avons une bonne équipe, même si d'autres formations peuvent nous battre. Les petites différences au score montrent qu'il faut répondre présent à tous les matchs. Tout va bien pour moi, j'ai trouvé une ville agréable et des gens qui le sont tout autant, ainsi qu'un club sérieux et ambitieux."

 

Wasquehal - Dunkerque 1-4 (0-1, 1-2, 0-1).
Samedi 6 novembre 2010 à 18h30 à la patinoire Serge Charles. 440 spectateurs.
Arbitrage de Thierry Fraysse et Christian Maltaverne.
Pénalités : Wasquehal 45' (4', 6', 10'+25'), Dunkerque 20' (4', 2', 14').
Tirs : Wasquehal 39 (17, 7, 15), Dunkerque 44 (15, 17, 12).
Évolution du score :
0-1 à 13'26" : Chabot assisté de Folcke (sup. num.)
1-1 à 23'35" : Chan assisté de Wiotte et Bardet
1-2 à 29'40" : Zich assisté de Thomas (sup. num.)
1-3 à 30'11" : Turpin assisté de Zajac
1-4 à 50'17" : Hanzal assisté de Rozenthal et Thomas

 

Wasquehal

 Gardien : Fabien Chardon puis Julien Peyre à 30'11" (sorti de 56'10" à 57'25" et de 57'45" à 58'55").

Défenseurs : Mathieu Mille (C) - Hugo Picard ; Quentin Leclaire - Benjamin Louf ; Alexis Thomas (A) - Nicolas Hamoudi.

Attaquants : Mickaël Bardet (A) - Lionel Wiotte - Edmond Chan ; Adam Haramis - François Lenière-Piquet - Thomas Fauchart ; Valentin Vienne ou Axel Canaguier - Maxime Boschetti - Frédéric Nilly.

Remplaçant : Arthur Delbecque. Absent : Ricky Helmbrecht (non qualifié).

Dunkerque

 Gardien : Marc-André Martel.

Défenseurs : Grégory Dubois (A) - Petr Zich ; Simon Chabot - Ghislain Folcke ; Clément Derepper.

Attaquants : Clément Thomas (A) - Jiri Hanzal - François Rozenthal (C) ; Loïc Destoop - Antoine Houque - Arnaud Péan ; Aurélien Zajac - Christophe Eichenholc - Xavier Davranche ou Benjamin Turpin (à 20'00").

Remplaçants : Pierrick Boudot (G), Alexandre Delmotte. Absents : Benjamin N’Guyen et François Moretti (blessés), Benjamin Denis (suspendu).